Accueil / Épisodes / Dépassement de soi / Hooligan, ses bagarres les plus folles

Dépassement de soi

Hooligan, ses bagarres les plus folles

Invité anonyme ·

En bref

Un supporter de football belge raconte, sous couvert d'anonymat, le monde du hooliganisme — ses affrontements, ses codes, et ce qui l'a poussé à s'en éloigner. Un témoignage brut.

« Hooligan, ses bagarres les plus folles » est un épisode de Coucou Ma Biche, le podcast vidéo belge animé par Brice Boland, avec un invité anonyme, publié le . Durée : 47:25. Terrain : Dépassement de soi. Transcription intégrale en 11 chapitres résumés et horodatés.

Coucou Ma Biche reçoit un supporter de football belge qui a accepté de lever le voile sur le hooliganisme, un monde souvent fantasmé mais rarement compris de l'intérieur. Par respect du choix éditorial de l'invité, aucun nom n'est publié pour cet épisode.

Un supporter de football belge masqué d'une cagoule noire, micro en main, aux côtés de l'animateur Brice Boland — l'invité de cet épisode a témoigné sous couvert d'anonymat, aucun visage ni nom ne lui est associé. 47:25

Les questions qui tuent

  1. 15:49 Comment tu l'expliques à ta femme, à tes proches, à tes meilleurs amis, ou tu l'expliques pas ? Lire la réponse : Free fight : loin des stades, dans les bois
  2. 37:54 Participer à la plus grosse bagarre de la saison ou assister au premier match de foot de votre fils ? Lire la réponse : Match ou vie : le jeu des dilemmes
  3. 28:40 Ce coût, il est porté par toi, par moi, par les habitants, etc. Si t'entends ce genre de commentaires, qu'est-ce que tu réponds ? Lire la réponse : Le hooliganisme en chiffres

Les temps forts

  1. 0:00 Bande-annonce, publicité et retrouvailles

    L'épisode s'ouvre sur un extrait où l'invité définit ce qu'est un hooligan et évoque les bagarres collectives. Suit une séquence publicitaire pour la marque de sandales NuOcéan, fabriquées à partir de tongs recyclées. L'animateur Brice Boland accueille ensuite l'invité, plaisante sur sa tenue, puis annonce le thème de l'épisode : démystifier le hooliganisme.

  2. 1:52 Le hooliganisme, une culture née du football

    L'invité raconte avoir grandi dans les stades avec son grand-père, sans lien avec la rue au départ. Il situe l'origine du mot dans la culture anglaise et son association au personnage de Patrick Hooligan, tout en précisant que le phénomène existe aussi dans d'autres sports et pays (basket, Grèce, pays de l'Est). Il compare les règles très encadrées du MMA à l'absence totale de règles d'un combat de rue. Il explique enfin pourquoi la pratique gagne en visibilité via les réseaux sociaux.

  3. 6:09 Ultras, hooligans et rapport à la police

    L'invité distingue les ultras, qui animent les tribunes, des groupes hooligans, plus discrets et organisés autour d'un local (« QG »). Il détaille comment la police connaît ces locaux et surveille les groupes via des indicateurs, des drones et des « spotters » dédiés, rendant les affrontements de rue de plus en plus difficiles à organiser. Il évoque aussi les rivalités belges, notamment entre Anderlecht et Bruges, tout en rappelant que le Standard reste la plus grande rivalité historique.

  4. 10:39 Free fight : loin des stades, dans les bois

    Face à la difficulté de se croiser en rue, les affrontements se sont déplacés vers des « free fights » organisés en pleine nature, sur le modèle de KOTS (King of the Streets), diffusés sur YouTube. L'invité évoque le livre « Gang of Brussels » de Barthélémy Gaillard et Louis Dabir, consacré au groupe supporter BCS, et explique la hiérarchie interne des groupes, structurés autour d'un ou plusieurs leaders. Il détaille le déroulement type d'un combat encadré, en dix contre dix, dans des lieux reculés choisis pour éviter les passants et la police, jusqu'à ce qu'un camp abandonne.

  5. 22:26 Blessures, adrénaline et anecdotes de combat

    L'invité relate sa blessure la plus sérieuse, une double fracture à la main qu'il n'a pas ressentie sur le moment tant l'adrénaline était forte, et affirme que cette adrénaline suffit, sans recours à des substances, même si certains groupes en consomment. Il décrit un combat où, déjà en position de soumission, plusieurs adversaires supplémentaires lui sont tombés dessus, l'obligeant à abandonner. Il indique que les victoires sont comptabilisées de façon informelle, avec un classement européen partagé sur les réseaux, et estime que des combattants professionnels de MMA resteraient supérieurs dans leur propre discipline.

  6. 26:44 Le hooliganisme en chiffres

    L'animateur cite des chiffres sur les interdictions de stade en Belgique (environ 200 en 2024, un total multiplié par cinq depuis le durcissement de la loi football) ainsi que sur les arrestations et blessés lors des incidents. L'invité relativise ces chiffres, les jugeant faibles au regard de son seul club, et affirme n'avoir personnellement rien contre la police malgré des accrochages ponctuels. Il aborde aussi le coût économique du phénomène, en référence aux dégâts causés dans les transports en commun lors de la finale de la coupe de Belgique 2025, estimés à 50 000 euros par la STIB.

  7. 29:10 Le parcours personnel de l'invité

    Interrogé sur son absence d'engagement dans la police ou l'armée malgré son goût pour la violence encadrée, l'invité retrace son parcours : initié au football très jeune par son grand-père, il rejoint un groupe vers 15-16 ans après s'être fait des amis en tribune et avoir ressenti la frustration des décisions arbitrales. Il précise qu'aucun art martial n'est imposé à l'entrée mais que la plupart des membres pratiquent le MMA pour se préparer, et que le recrutement ne dépend ni du gabarit ni du niveau technique mais du courage. Il donne l'exemple d'un grand groupe supporter comptant plusieurs centaines de membres dont un noyau dur restreint, avant de conclure par une anecdote marquante : un bus de supporters adverses s'étant trompé de chemin devant leur local, suivi d'un affrontement.

  8. 35:40 Mythe ou réalité : argent, famille, délinquance

    Dans un jeu de vrai ou faux, l'invité déconstruit plusieurs clichés : les hooligans ne sont pas des chômeurs mais souvent des personnes bien insérées professionnellement (policiers, militaires, avocats) qui se défoulent le week-end ; être hooligan n'empêche pas d'être père de famille ; l'argent n'est pas une motivation et il n'existe pas de sponsoring des combats. Il affirme que la loyauté envers le groupe est comparable à celle envers la famille, illustrée par une anecdote où il quitte un repas en famille pour rejoindre ses « frères ». Il conteste enfin l'idée que les hooligans seraient d'anciens délinquants ou d'anciens élèves en difficulté.

  9. 37:44 Match ou vie : le jeu des dilemmes

    Dans ce jeu de choix rapides opposant une situation liée au hooliganisme à un moment de vie personnelle, l'invité choisit d'assister au premier match de son fils plutôt qu'à la plus grosse bagarre de la saison, et privilégie un déplacement pour un match en Angleterre à l'achat d'une voiture. Il choisirait aussi le mariage d'un meilleur ami, membre du même groupe, plutôt qu'une confrontation, et une réunion professionnelle décisive plutôt qu'une reconnaissance dans le milieu hooligan, tout en plaisantant sur la tentation inverse dès qu'il s'agit d'un « groupe rival ».

  10. 39:13 Rivalités historiques et film de bagarre préféré

    L'invité et l'animateur évoquent les grandes rivalités du football belge, avant que l'invité ne devine son film de bagarre préféré, identifié comme « Road House », l'histoire d'un videur venu remettre de l'ordre dans un établissement. S'ensuit une série de duels imaginaires où l'invité se compare à des combattants et personnalités connus : il estime ne pas pouvoir battre un combattant encore actif, reconnaît qu'un boxeur comme Ryad Merhy ou un judoka de haut niveau auraient l'avantage dans leur discipline, mais affirme avoir toutes ses chances face à un membre d'un gang bruxellois.

  11. 42:33 Et après ? Réflexions sur l'avenir et message final

    L'invité évoque une possible reconversion vers la sécurité ou le travail de videur, une activité déjà pratiquée sans vouloir en faire un métier. Il envisage d'arrêter le hooliganisme le jour où une nouvelle génération sera prête à prendre la relève, plutôt que d'un coup. Interrogé sur le contraste entre son comportement calme au quotidien et la violence qu'il décrit, il explique s'imposer un rôle d'apaisement pour éviter que les tensions ne dégénèrent, et présente le hooliganisme comme un exutoire lui permettant de rester « cool » le reste de la semaine, en écartant les rage rooms comme alternative jugée trop artificielle. L'épisode se termine sur des remerciements mutuels.

Lire la transcription complète

Écouter et regarder partout YouTube Spotify Apple Podcasts Ausha Deezer