Transcription — Jonathan Borlée : la face cachée d'une famille de champions
Transcription de l'épisode de Coucou Ma Biche avec Jonathan Borlée, publié le et animé par Brice Boland : 15 chapitres résumés et horodatés.
Transcription produite automatiquement à partir de la bande son, puis relue : les noms propres et le découpage en chapitres ont été vérifiés à la main. Des approximations subsistent ; en cas de doute, la vidéo fait foi (nouvel onglet). Les horodatages ouvrent la vidéo à l'instant correspondant, dans un nouvel onglet.
0:00 Teaser et publicité avant l'interview
Extrait avancé de l'interview servant d'accroche : Jonathan Borlée évoque la barre de lactate et la résistance comme la difficulté la plus dure à travailler pour un sprinteur de 400 mètres. Le passage enchaîne directement sur une lecture publicitaire par Brice pour la marque de sandales belge Nuoceans, fabriquées à partir de tongs recyclées collectées sur les plages et transformées en Espagne. Aucun contenu propre à l'entretien avec Jonathan ne commence avant ce point.
Jonathan Borlée 0:00 Plus dur à aller chercher, c'est la résistance.
Jonathan Borlée 0:02 Essayer d'amener cette barre de lactate très très haut.
Jonathan Borlée 0:05 D'ailleurs, si on fait une prise de sang après un entraînement, et qu'on montre ça à un médecin, il nous envoie aux urgences tout de suite.
Jonathan Borlée 0:11 Cette idée que le sportif de haut niveau doit tout donner, tout le temps, se lever à 4h du matin pour être le meilleur, qu'il faut aller dormir à 8h, c'est un peu un mythe.
Jonathan Borlée 0:20 Je pense qu'il faut surtout pouvoir s'écouter, prendre les bonnes périodes de repos.
Jonathan Borlée 0:24 En tout cas, nous, ça a été notre philosophie d'axer tout notre entraînement sur la qualité de l'entraînement mais aussi de l'entourage et avant une compétition je sais pas bêtement j'ai bien couru avec telle paire de chaussettes je m'obligeais à changer de paire de chaussettes pour être sûr que si imaginons je me mets toujours dans cette dynamique le jour où j'arrive à une compétition importante et j'ai pas les chaussettes qu'est-ce qu'il va se passer donc je m'obligeais toujours à éviter de rentrer dans ces habitudes
Brice Boland 0:47 C'est quoi la vitesse de pointe ?
Jonathan Borlée 0:49 Je dirais 37 km heure après 100 mètres
Brice Boland 0:52 Est-ce que tu bats Jérémy Doku qui était à 36 là sur un match ?
Brice Boland 1:00 Avant de commencer cet épisode, je dois vous parler de mode, de soleil et d'océan.
Brice Boland 1:03 Est-ce que vous vous êtes déjà demandé où finissent les millions de tongs abandonnés chaque année ?
Brice Boland 1:07 Beaucoup terminent leur vie dans nos rivières, nos océans, devenant l'un des déchets les plus polluants de la planète.
Brice Boland 1:11 Et si je vous disais qu'une marque a décidé de transformer ce désastre écologique en une solution pleine de style ?
Brice Boland 1:16 Cette marque, c'est Nuoceans.
Brice Boland 1:18 Là, je les ai au pied, c'est ultra-confo.
Brice Boland 1:20 Ils prennent ce que le monde a jeté pour en faire quelque chose de beau et d'utile.
Brice Boland 1:23 Ils collectent ces tongs perdus, les nettoient, les broient, les transforment en une semelle unique, vibrante et multicolore.
Brice Boland 1:28 Chaque paire de nuit océan que vous portez retire environ 300 grammes de déchets de tongs des océans.
Brice Boland 1:33 C'est concret, mesurable et surtout, ça a un impact direct.
Brice Boland 1:37 Elles sont totalement éthiques, 100% véganes et fabriquées en Espagne dans des conditions de travail justes.
Brice Boland 1:41 Avec Nuoceans, vous ne choisissez pas juste une paire de sandales, vous choisissez de porter une histoire, un engagement.
Brice Boland 1:46 Alors si vous aussi, vous pensez qu'on n'a pas besoin de chaussures sur une planète morte, rejoignez le mouvement.
1:51 Présentation de Jonathan Borlée
Brice accueille Jonathan Borlée, hésite sur la prononciation de son prénom puis le lance sur sa présentation. Jonathan se décrit comme un sprinteur international retraité, spécialiste du 400 mètres pendant seize ans, ayant représenté la Belgique dans les plus grandes compétitions internationales. Brice évoque les autres sportifs déjà reçus au podcast (Tom Boon, Ryad Merhy) et son goût pour les thématiques sportives.
Brice Boland 1:51 John, je ne sais pas si on dit Joe ou John.
Brice Boland 1:53 Joe.
Brice Boland 1:53 C'est Joe, ok.
Brice Boland 1:54 Joe, coucou ma biche.
Brice Boland 1:56 Hello.
Brice Boland 1:56 Bienvenue au podcast.
Brice Boland 1:57 merci de me faire l'honneur de prendre du temps ici j'aime toujours parce que je suis plus axé là dessus on a fait des trucs sur l'art je suis plus axé sur le sport je suis de prime abord plus à l'aise donc j'aime beaucoup on a fait quelques-uns de tes petits copains Tom Boon que tu connais certainement on a fait un gars en basket on a fait un boxeur Ryad donc moi c'est des thématiques que j'aime beaucoup donc comme je te le disais ce matin en partant
Brice Boland 2:22 de la maison je disais à mon fils que j'allais interviewé un des gars les plus rapides du monde, slash de Belgique c'est quand même un skill assez incroyable je sais pas si ça marche en date par exemple, où tu dis voilà les gars coucou, moi en fait je suis le plus rapide du monde, c'est ce que je fais un peu sur le côté
Jonathan Borlée 2:42 ça dépend de quoi on parle j'imagine
Brice Boland 2:43 c'est bien donc voilà, en deux mots certaines personnes te connaissent, d'autres peut-être un peu moins, mais si tu dois résumer qui es-tu et ce que tu fais, ton oeuvre
Jonathan Borlée 2:54 mon oeuvre vous parlez de moi en tant qu'oeuvre tout ça j'ai jamais fait mais voilà je suis jeune sportif international retraité j'ai été sprinter pendant 16 ans 400 mètres ma spécialité j'ai représenté la Belgique lors des plus grandes compétitions internationales
Brice Boland 3:15 comment tu te spécialises sur le 400 comment tu te dis tiens je suis mieux là dessus que sur du 8 ou du 2
3:19 Le 400 mètres, une épreuve à part
Jonathan explique pourquoi le 400 mètres est considéré comme l'épreuve la plus dure de l'athlétisme : le mur du lactique survient vers 300 mètres alors qu'il reste 100 mètres à courir à un rythme déjà intenable. Il détaille le rôle du lactate, la difficulté de maintenir sa vitesse maximale sans pouvoir accélérer en fin de course, et l'entraînement en hypoxie mis en place en fin de carrière pour repousser cette limite. Il évoque aussi le faible kilométrage réel parcouru à l'entraînement comparé à un coureur d'endurance, et le fait qu'un pratiquant lambda pourrait le battre sur 10 km.
Jonathan Borlée 3:19 déjà c'est le challenge depuis que je suis tout petit mes parents ont fait de l'athlétisme mais on parlait du 400 mètres c'est l'épreuve la plus dure c'est vrai que c'est une épreuve très dure
Brice Boland 3:30 pourquoi le 400 c'est plus dur que le 800 ?
Jonathan Borlée 3:32 c'est un peu la même chose que le 800 maintenant nous si on allait courir un 200 mètres c'était des vacances c'est clairement moins difficile de se mettre dans les blocs on sait qu'on va courir à fond on essaie de bien le faire mais le 400 mètres il y a ce petit stress du lactique qui arrive au 300 mètres on est vraiment face à un mur et on doit encore parcourir 100 mètres et une fois qu'on est dans les blocs on ne sait pas si ça va
Jonathan Borlée 3:57 bien se passer donc il y a toujours ce côté nerveux avant la course qui rajoute énormément de stress
Brice Boland 4:03 C'est marrant ce que tu dis parce que il y a des gars qui font des marathons et qui ont peur du lactique au 32ème et toi tu fais 400 mètres et tu me parles d'avoir peur du lactique au 300ème
Jonathan Borlée 4:13 Oui parce qu'en fait on est vraiment face à un mur, il n'y a plus rien qui fonctionne nos muscles n'ont plus envie de se contracter et pourtant on doit essayer de garder notre technique jusqu'à la fin pour avoir ce petit centième qui fait la différence
Brice Boland 4:28 tu pousses ton corps à fond directement, c'est ce qui se passe
Jonathan Borlée 4:32 donc le 400 mètres c'est essayer d'atteindre sa meilleure vitesse le plus tôt possible et de la maintenir parce qu'après 100 mètres on commence à ralentir et le but c'est d'essayer de maintenir sa vitesse le plus longtemps possible
Brice Boland 4:44 donc quoi qu'il arrive, il n'y a pas de reverse splits, tu ne peux pas être plus rapide au 300-400 que au 100-200
Jonathan Borlée 4:50 c'est impossible
Brice Boland 4:51 alors ça veut dire que t'as pas été à fond
Jonathan Borlée 4:52 voilà et de toute façon si t'as pas été à fond dans les 200 premiers mètres
Brice Boland 4:56 et ces images de gars qu'on voit revenir comme ça finalement
Jonathan Borlée 5:01 c'est juste qu'ils craquent moins que les autres mais ils n'accélèrent plus c'est impossible
Brice Boland 5:06 c'est impossible d'accélérer
Jonathan Borlée 5:08 donc le but c'est d'atteindre sa vitesse maximale et d'essayer de la maintenir le plus longtemps possible
Brice Boland 5:14 et comment tu sens ça que t'as ta vitesse maximale
Jonathan Borlée 5:17 mais c'est l'expérience c'est le nombre de courses avant les championnats où on prend nos marques mais tout est fait à la sensation parce qu'on parle de quelques centièmes, voire un ou deux dixièmes, si on a un rythme aux 200 mètres un dixième, deux dixièmes trop rapide, on va le payer à la fin de la course, donc c'est essayer de trouver le rythme et voilà c'est pas simple mais avec l'expérience ça devient de plus en plus facile je dirais pas mais c'est presque inné à partir d'un
Jonathan Borlée 5:50 moment
Brice Boland 5:51 C'est quoi le corps idéal pour être un bon coureur de 400 ?
Brice Boland 5:57 Je parle de taille, je parle de carrure, je parle de pied je parle de tout en fait question très ouverte
Jonathan Borlée 6:05 Il y a tellement de différences dans le corps humain qu'avant avant Usain Bolt tout le monde disait il faut des petits gabarits, maintenant les gabarits des sprinteurs de 100 mètres sont de plus en plus grands
Brice Boland 6:17 Petit de taille ?
Jonathan Borlée 6:18 Petit de taille, plutôt musculeux Maintenant c'est la même chose avec la perche Avant il fallait être grand, balèze Et puis Renaud Lavillenie est arrivé Il était tout petit et rapide Et maintenant on voit la même chose avec Duplantis
Brice Boland 6:32 Pourquoi ?
Brice Boland 6:32 Parce que c'est plus technique Que dans la performance musculaire ?
Jonathan Borlée 6:36 Non, pas forcément Je pense que C'est la façon Peut-être Que font les athlètes de s'adapter aux disciplines je suis un fan de perche mais on me dit t'as pas le gabarit on a quand même envie d'essayer et on trouve des moyens de pouvoir plier cette perche et comme on a pas la force on le fait avec la vitesse par exemple
Brice Boland 6:57 ce que j'aime beaucoup avec l'athlétisme c'est que ça reste un sport classique, accessible, tu peux courir dans la rue, quoi qu'il arrive et c'est accessible à tout le monde c'est un sport qui peut paraître boring dans le sens où il n'y a pas tellement de créativité en tout cas on n'a pas l'impression qu'il y a de la créativité derrière effectivement il y a certains athlètes qui ont créé des méthodes Fosbury typiquement le plus connu, enfin il y a peut-être d'autres connus mais est-ce que dans la
Brice Boland 7:21 course, dans le sprint il y a des techniques qui ont fondamentalement évolué ?
Jonathan Borlée 7:27 Des techniques biomécaniques pas forcément maintenant des techniques d'entraînement oui, nous tout au long de notre carrière on a essayé de se réinventer, de se renouveler avec mon père, avec le staff qui nous entourait essayer de trouver de nouvelles méthodes pour venir titiller le corps pour qu'il essaie de s'adapter et d'être meilleur.
Jonathan Borlée 7:49 Par exemple, à la fin de notre carrière, on a commencé à faire des entraînements en hypoxie où on raréfie l'oxygène dans une pièce et on fait des enchaînements de sprint
Brice Boland 8:01 par exemple.
Brice Boland 8:01 En quoi c'est reconnu ?
Jonathan Borlée 8:05 Nous, en fait, le but c'est d'essayer une fois qu'on a utilisé toute notre énergie de pouvoir repousser la limite du lactique voilà c'est peut-être technique
Brice Boland 8:16 Donc toi ta contrainte on va dire, ta limite c'est le lactique quoi qu'il arrive, ça c'est ton ennemi
Jonathan Borlée 8:19 Oui et non, en fait c'est un équilibre qu'il faut essayer de trouver il y a de l'aérobie, il y a de l'anaérobie il y a du sprint et la difficulté du 400 mètres c'est qu'il faut essayer de maximiser un peu toutes les sources d'énergie, mais je dirais que la plus dure à aller chercher c'est la résistance donc essayer d'amener cette barre de lactate très très haut d'ailleurs si on fait une prise de sang après un entraînement et qu'on montre ça à un médecin, il nous envoie
Jonathan Borlée 8:46 aux urgences tout de suite parce que notre pH est tellement bas, notre lactate qui est la dernière source d'énergie du corps humain quand il est en détresse
Brice Boland 8:55 c'est vrai qu'on n'a pas vulgarisé c'est quoi le lactate ou c'est quoi l'acide lactique ?
Jonathan Borlée 9:00 donc c'est entre guillemets une source d'énergie qui une fois qu'il n'y a plus d'oxygène qui arrive dans les muscles pour faire fonctionner le corps humain le lactate prend le dessus et nous c'est ce qui nous arrive dans notre dernière ligne droite où l'oxygène n'arrive plus dans les muscles ils n'arrivent plus à se contracter et donc il y a de la siglactique qui arrive mais voilà ça devient...
Brice Boland 9:20 Et comment t'évites ça ?
Brice Boland 9:21 Ah t'évites pas !
Brice Boland 9:22 C'est de la respiration ?
Jonathan Borlée 9:23 Ah t'évites pas !
Brice Boland 9:24 C'est hasardeux ?
Brice Boland 9:26 C'est aléatoire c'est quoi ?
Brice Boland 9:27 Est-ce qu'il y a des athlètes qui sont plus...
Jonathan Borlée 9:29 Oui il y a des athlètes qui vont être plus résistants mais le but c'est d'amener cette résistance le plus loin possible
Brice Boland 9:35 Ok, c'est quoi l'impact ?
Brice Boland 9:37 C'est quoi l'effet ?
Brice Boland 9:38 Ça picote ?
Jonathan Borlée 9:38 Ouais ça fait très mal très mal aux jambes, une fois qu'on termine ce genre d'entraînement ça nous arrive de rester couché une quarantaine de minutes avec des douleurs aux jambes
Brice Boland 9:48 t'as déjà eu ça en compète ?
Jonathan Borlée 9:49 en compète, oui quand même mais ça arrive le plus souvent à l'entraînement
Brice Boland 9:54 t'as déjà eu une grosse compète où t'as senti soit aller au dessus, soit se dire c'est impossible
Jonathan Borlée 10:00 c'est à chaque compète on arrive aux 300 mètres, bon il y a des meilleurs jours que d'autres mais aux 300 mètres on a plus de jambes
Brice Boland 10:09 ça pourrait m'arriver, imagine moi je suis dans la rue je fais 400 mètres et je cours à fond ça pourrait m'arriver que j'ai
Jonathan Borlée 10:14 du lactique ?
Jonathan Borlée 10:14 Oui maintenant étant donné qu'il n'y a pas l'entraînement derrière le corps va s'arrêter l'entraînement qu'on fait va nous aider à aller de plus en plus loin dans cette suite d'efforts
Brice Boland 10:30 je te pose une question, je te jure que t'as pas la réponse tu crois que t'as fait combien de kilomètres dans ta vie ?
Jonathan Borlée 10:35 vraiment aucune
Brice Boland 10:36 t'as fait que ça en fait ?
Jonathan Borlée 10:37 Quand on parle à quelqu'un qui ne connaît pas grand-chose aux 400 mètres, il nous demande si on fait souvent des 10 km.
Jonathan Borlée 10:46 Non.
Jonathan Borlée 10:46 Nous, à l'entraînement, le maximum qu'on court en continu, en effort, c'est peut-être 1200 mètres.
Jonathan Borlée 10:55 Jamais plus.
Jonathan Borlée 10:56 C'est en hiver quand on fait le fond, la base.
Brice Boland 11:01 Donc là, tu n'occupes pas dire que quelqu'un de lambda peut te battre sur 10 ?
Jonathan Borlée 11:07 une grande chance d'ailleurs moi là je fais beaucoup plus de sport d'endurance je suis quelqu'un de entre guillemets presque lambda
Brice Boland 11:14 tu fais quoi là maintenant ?
Jonathan Borlée 11:16 beaucoup de vélo
Brice Boland 11:17 tu es avec Eden ?
Jonathan Borlée 11:21 non mais maintenant on pourrait faire une sortie ensemble pourquoi pas j'ai pas roulé avec lui
Brice Boland 11:28 et pourquoi vélo ?
Jonathan Borlée 11:30 c'est un sport que j'aime beaucoup que je pouvais pas faire en tant que sprinter parce que voilà c'est pas les mêmes les mêmes efforts, les mêmes muscles donc il faut éviter
11:41 Fratrie, gènes et palmarès
Jonathan revient sur les sports qu'il a dû éviter pendant sa carrière pour préserver son corps, comme le ski ou les sports mécaniques, et sur la dimension familiale et génétique de sa réussite : toute la fratrie Borlée a un bon niveau sportif, et il s'est entraîné toute sa carrière avec son frère jumeau dans une émulation sans rivalité destructrice. Brice et Jonathan reconstituent ensuite son palmarès : bronze avec l'équipe de Belgique, sixième place olympique à Londres 2012 derrière son frère et le Bahaméen Chris Brown, et record de Belgique du 400 mètres détenu pendant plusieurs années avant d'être battu par Alexander Doom. Jonathan précise qu'il est retraité depuis presque un an tout pile, après une blessure à l'ischio-jambier début juillet de l'année précédente.
Brice Boland 11:41 il y a quand même des sports à éviter pendant ta carrière parce que je me rappelle on était parti au ski avec les amis qu'on a en commun avec ta soeur et ta soeur ne pouvait pas faire de ski
Jonathan Borlée 11:51 parce que c'est trop dangereux
Brice Boland 11:53 pour la carrière
Jonathan Borlée 11:54 on se pète les genoux
Brice Boland 11:56 il y a d'autres sports que tu n'as jamais fait et que tu dis j'ai quand même raté ça dans ma vie
Jonathan Borlée 12:01 raté pas du tout c'est sûr que le ski c'est quelque chose que j'adore et que je devais éviter maintenant oui le sport auto la moto ce genre de choses oui clairement j'ai évité de le faire pendant ma carrière
Brice Boland 12:16 il y a un côté familial il y a un côté génétique tu as eu de la chance on va dire par rapport à ça vous êtes combien en tout dans la famille ?
Jonathan Borlée 12:24 oui frères et soeurs
Brice Boland 12:24 et tous à un très bon niveau quand même au niveau athlétisme ?
Jonathan Borlée 12:29 tous pas mais je pense que sportivement oui on a tous des qualités
Brice Boland 12:33 tu as ton frère jumeaux, à qui tu t'entraînes encore beaucoup vous êtes sur la même longueur d'onde, sur le type d'entraînement la méthodologie, les targets les objectifs, la façon d'y arriver
Jonathan Borlée 12:44 ouais, vraiment on a été tout au long de notre carrière aligné sur comment on voulait faire les choses et on s'est beaucoup entraîné tout au long de notre carrière je dis toujours, tout le monde veut un sparring qui t'aide mais qui ne te bat pas, mais avec mon frère on se battait l'un l'autre en fonction des semaines et ça nous poussait à chaque fois se dépasser mais sans jamais aucune...
Jonathan Borlée 13:11 enfin un désengueulade si mais voilà on se tapait pas sur la gueule on était toujours heureux pour l'autre quand ça allait bien donc c'était il y a toujours eu une très bonne entente ok
Brice Boland 13:23 on a pas fait ton palmarès donc on a essayé de le faire et tu disais toi-même que t'étais pas trop au courant de ton palmarès tu savais pas trop où étaient tes médailles c'était quelque part dans la maison mais on va quand même le faire parce que de nouveau moi j'aime bien dire que alors un tu fais partie des personnes les plus rapides que je connaisse mais au monde quasi au monde
Jonathan Borlée 13:44 oui j'ai fait partie des athlètes les plus rapides au monde en tout cas sur 400 mètres
Brice Boland 13:50 oui tout à fait médaille de bronze sur 400 c'était Berlin ça ?
Brice Boland 13:55 à Berlin les JO ta meilleure performance c'était quoi ?
Jonathan Borlée 13:59 6ème en 2012
Brice Boland 14:00 ok ça c'était à Londres
Jonathan Borlée 14:02 à Londres ok
Brice Boland 14:03 c'était qui cinquième et quatrième ?
Jonathan Borlée 14:05 cinquième mon frère jumeau deux centièmes quatrième un Bahaméen Chris Brown le chanteur ?
Brice Boland 14:14 le chanteur Chris Brown
Jonathan Borlée 14:16 non non non le chanteur ?
Brice Boland 14:20 non non le Bahaméen
Jonathan Borlée 14:22 oui oui oui je connais on a fait une bonne partie de notre carrière ensemble
Brice Boland 14:28 ça a un peu niche quand même toutes ces personnes de ta même génération vous connaissez en fait ?
Jonathan Borlée 14:32 Oui, mais là, sur la fin, on était les derniers de notre génération.
Jonathan Borlée 14:37 T'as quel âge maintenant ?
Jonathan Borlée 14:37 37.
Brice Boland 14:39 Et là, t'es retraité depuis ?
Jonathan Borlée 14:41 Depuis un an.
Brice Boland 14:42 Depuis un an, ok, c'est pas mal ça.
Jonathan Borlée 14:43 Dans deux jours, ça fera tout pile un an.
Brice Boland 14:46 Tu fais un petit drink ?
Jonathan Borlée 14:47 Non, je sais que c'était début juillet l'année passée où je me suis déchiré l'ichio.
Brice Boland 14:53 Donc il y a une sorte de communauté entre athlètes, même de différents pays ?
Brice Boland 14:57 Là, tu parles du Bahamas.
Jonathan Borlée 14:58 Oui, on se croisait tout le temps dans les compétitions en Diamond League ou les compétitions internationales on était chaque fois plus ou moins les mêmes athlètes à se battre pour les mêmes places
Brice Boland 15:11 Si tu l'appelles lui, Chris Brown il t'invite au Bahamas pour...
Jonathan Borlée 15:17 Oui, je pense
Brice Boland 15:18 Je pense qu'il m'inviterait au Bahamas Tu me diras Record de Belgique donc t'as eu le record de Belgique de 400 mètres 44,43 secondes ouais ok ça a été battu depuis ?
Jonathan Borlée 15:30 ça a été battu depuis
Brice Boland 15:31 ouais c'est combien ?
Jonathan Borlée 15:32 maintenant c'est 44,15
Brice Boland 15:33 44,15 ouais ok d'accord c'est qui ?
Jonathan Borlée 15:37 c'est Alexander Doom
Brice Boland 15:38 ok c'est un gars jeune génération ?
Jonathan Borlée 15:41 je crois que c'est 97 donc 27 ans
Brice Boland 15:43 d'accord ok donc lui il a encore on va dire 10 ans de carrière devant lui plus ou moins potentiellement ?
Jonathan Borlée 15:47 ça dépend ça dépend un peu tout le monde je pense que ça dépend de la méthodologie et de comment on aborde les séances d'entraînement et l'entraînement nous par exemple on a toujours privilégié la qualité à la quantité et donc voilà je pense que c'est une des raisons pour lesquelles on a pu durer aussi longtemps
16:04 Longévité et santé mentale
Jonathan déconstruit le mythe du sportif de haut niveau qui devrait tout sacrifier en permanence : selon lui, la clé de la longévité tient davantage à l'écoute de soi, à la qualité de l'entraînement plutôt qu'à la quantité, et à une routine perçue comme une base rassurante plutôt qu'une contrainte rigide. Il explique que lui et son frère ont conservé, même en fin de carrière à 36 ans, l'ambition de battre leurs records personnels, condition selon lui indispensable à la motivation de s'entraîner.
Brice Boland 16:04 C'est quoi justement les types de carrières ?
Brice Boland 16:08 Il y a des gars qui performent pendant 2-3 ans et puis on n'entend plus parler d'eux et puis d'autres dans la longévité peut-être ils ont gagné moins de trucs mais ils ont gagné finalement plusieurs trucs pendant plus longtemps Je ne sais pas
Jonathan Borlée 16:16 s'ils ont gagné moins de trucs mais il y a cette idée que le sportif de haut niveau doit tout donner tout le temps, se lever à 4h du matin pour être le meilleur boire, je sais pas moi tous les jus de curcuma et de tous les jours, tout le temps, non-stop qu'il faut aller dormir à 8h avec un pyjama qui t'aide à mais voilà je pense que c'est un peu un mythe et je pense qu'il faut surtout pouvoir s'écouter prendre les bonnes périodes de repos et
Jonathan Borlée 16:46 en tout cas nous ça a été notre philosophie d'axer toute notre notre entraînement sur la qualité de l'entraînement mais aussi de l'entourage et c'est ce qui nous a permis non seulement d'être en bonne santé aussi longtemps mais aussi mentalement de ne pas être en burnout
Brice Boland 17:07 Donc toi le succès ou la réussite derrière sur la longévité c'est pas spécialement d'avoir une routine c'est de pouvoir écouter les cycles que tu aurais
Jonathan Borlée 17:18 Oui mais la routine si on a eu une routine, notre routine en fait c'est créer une base on se sent en sécurité avec cette base on sait comme ça dans les moments plus difficiles, on sait toujours s'appuyer sur cette base, sur cette routine qu'on a quotidiennement pour pouvoir rebondir et retrouver un peu ce CSP ce que certaines personnes ont besoin, c'est aussi important de pouvoir changer le quotidien changer les méthodes d'entraînement, changer parfois les personnes avec qui on travaille pour créer une adaptation qui nous permet
Jonathan Borlée 17:54 de progresser et d'aller parce que c'est ça le but finalement on commence pas la saison en disant j'espère que je vais être dans les mêmes chronos même à 36 ans on a commencé notre dernière saison en espérant pouvoir battre nos records avec cette mentalité là évidemment que ça va pas arriver chaque année mais si on a pas cette mentalité, on a pas la motivation de s'entraîner
18:17 Géographie mondiale du sprint
La discussion part des lieux de préparation des sprinteurs (Afrique du Sud, Lanzarote) pour aborder les spécialisations sportives par pays : les Etats-Unis dominent le sprint grâce à leurs infrastructures et au système universitaire, la Jamaïque en a fait un sport quasi national qui lui permet de repérer tous les talents, et les Kenyans dominent les longues distances. Jonathan cite l'exemple du hockey belge, devenu numéro un mondial après avoir capitalisé sur l'engouement des Jeux de 2008 en continuant l'effort sur la durée plutôt qu'en s'arrêtant après les premiers résultats.
Brice Boland 18:17 il y a des bootcamps un peu spécifiques typiquement les runners de fond ils vont faire des bootcamps au Kenya etc vous je pense que vous allez à Lanzarote pour être en inversion là-bas
Jonathan Borlée 18:28 oui on a fait ça un peu partout moi le c'est quoi
Brice Boland 18:31 la mecque du sprint c'est la Jamaïque par exemple
Jonathan Borlée 18:33 énormément de sprinteurs européens allaient s'entraîner en Afrique du Sud d'accord en janvier donc là un peu tout le monde se retrouvait
Brice Boland 18:40 c'est un peu pour la météo sinon
Jonathan Borlée 18:41 oui la météo donc c'est l'été et donc on se retrouvait un peu là-bas.
Jonathan Borlée 18:46 Maintenant, je dirais que la nation du sprint reste quand même les Etats-Unis, avec leur infrastructure.
Jonathan Borlée 18:53 Mais s'il y a un pays où le sport national c'est l'athlétisme, oui, c'est bien la Jamaïque.
Brice Boland 18:59 Pourquoi ?
Brice Boland 18:59 C'est culturel ?
Jonathan Borlée 19:01 C'est culturel, j'imagine.
Jonathan Borlée 19:02 Là-bas, tout le monde court.
Jonathan Borlée 19:05 Ça leur permet d'aller un peu piocher dans tous les talents.
Brice Boland 19:08 On m'expliquait hier soir, j'étais une soirée, je disais qu'on se voyait.
Brice Boland 19:13 Il me dit, Brice, je ne sais pas si tu as vu, ça va te faire rire, il y a Maintenant en Corée, ils organisent de plus en plus de courses, ce qui n'était pas du tout le cas en fait.
Brice Boland 19:21 Ils ont fait un 10 km, le gagnant a gagné à 47 minutes.
Brice Boland 19:25 Il est nul.
Jonathan Borlée 19:28 On aurait pas le niveau international, c'est sûr.
Brice Boland 19:30 Donc c'est vraiment des tendances, des cycles, des saisonnalités ou des sports qui arrivent dans d'autres pays.
Brice Boland 19:36 Ça se trouve, ces gars-là, ils ne se sont jamais dit on va courir 10.
Brice Boland 19:38 Ça se trouve, il y en a qui couraient 10, mais qui ne se sont pas inscrits.
Brice Boland 19:40 En tout cas, ce n'est pas ancré.
Brice Boland 19:42 Et qu'est-ce qui fait qu'il y a des pays, bon on va dire aux Etats-Unis effectivement il y a beaucoup d'argent qui est mis dans les infrastructures il y a un mindset sportif il y a le côté universitaire il y a le côté bourse aussi finalement il y a d'autres pays où par exemple badminton c'est Corée Danemark c'est quand même une raison pour laquelle derrière badminton les mecs sont hyper doués là-dessus la course il y a des pays sur lesquels donc les Kenyans on parle des longues
Brice Boland 20:06 courses 20, 40 ils sont très très forts Jamaïque effectivement on pense aux sprinters il y a Usain Bolt il y a Asafa Powell j'en oublie certainement une dizaine qu'est-ce qui fait qu'un pays est plus fort dans un sport ou culturellement il y a quelque chose qui prédomine
Jonathan Borlée 20:24 mais je pense que d'abord il faut cet effet de mode et puis derrière il faut aller aller recruter et aller voir ce qui se passe dans les écoles par exemple on l'a vu ici en Belgique avec le hockey ils ont lancé une tendance pour les jeux de 2008 et ils ne sont pas arrêtés derrière, ils ont continué à essayer de faire évoluer le sport, ils ont tourné tout ça vers l'équipe nationale qui était la vitrine, qui est toujours la vitrine et maintenant on est la meilleure
Jonathan Borlée 20:55 nation mondiale mais je pense que ce qui était important surtout c'est de continuer l'effort après les premiers résultats et pour le moment ça reste un sport en évolution et qui continue de grandir en Belgique
Brice Boland 21:12 C'est quoi la date de péremption d'un athlète, d'un sprinter ?
Jonathan Borlée 21:16 Difficile à dire
Brice Boland 21:17 Parce que toi finalement t'es considéré comme un vieil athlète ?
Jonathan Borlée 21:21 Oui, un vieil athlète Maintenant je pense que dans tous les sports ça évolue Parce que justement on tend plus vers la qualité que la quantité Et on donne plus d'importance aussi au mental Pour éviter les burn-out et on est plus à l'écoute des besoins mentaux des sportifs et ce qui leur permet aussi de repartir dans des cycles.
Jonathan Borlée 21:48 Avant, c'est non, tu es un sportif de haut niveau, tu dois être dur, on s'en fout de ce qui se passe à côté, c'est l'entraînement et les athlètes à un moment n'en peuvent plus.
Jonathan Borlée 21:59 Ici, on arrive à lâcher du lest et à laisser les sportifs de haut niveau souffler un peu plus et ce qui leur permet aussi de durer plus longtemps.
22:07 Rituels et gestion du stress avant course
Jonathan décrit sa routine d'échauffement fixe mais explique qu'il évitait volontairement de s'attacher à des habitudes superstitieuses, de peur de paniquer le jour où les conditions changeraient. Il détaille le protocole strict de la chambre d'appel (interdiction des écouteurs, du téléphone et parfois de la montre) et raconte l'anecdote du jardinage comme rituel d'avant-combat du boxeur Ryad Merhy. Il évoque enfin la longueur éprouvante d'une journée de finale olympique, entre visualisation et gestion du stress à l'hôtel loin de chez lui.
Brice Boland 22:07 Ok.
Brice Boland 22:07 C'était quoi ta petite routine, justement, pour sortir de ce côté sportif, carrière, tout le temps, etc., performance ?
Brice Boland 22:17 C'était quoi ?
Brice Boland 22:17 C'était du moment en famille ?
Brice Boland 22:17 C'était lire un bouquin ?
Brice Boland 22:17 C'était écouter de la musique ?
Brice Boland 22:17 C'était quoi ?
Jonathan Borlée 22:24 Je dirais que pour moi, ça n'a pas toujours été simple.
Jonathan Borlée 22:27 Je dirais que c'est devenu plus simple de laisser le sport de côté à la naissance de ma fille.
Jonathan Borlée 22:34 où là en fait on relativise plus et voilà mais ça n'a jamais été simple parce que moi je suis un fan de sport c'est vraiment une passion, ça n'a jamais été un job et j'ai toujours voulu progresser, essayer de m'améliorer et ça n'a pas toujours été simple surtout quand ça ne se passait pas forcément bien mais je dirais que la naissance de ma fille, j'ai pu un peu
Brice Boland 22:57 souffler En parlant de routine, c'était quoi tes routines en arrivant à une compétition ?
Brice Boland 23:04 je donne 2-3 pistes typiquement t'as Rafael Nadal qui met ses chaussettes toujours d'un côté qui jette des balles parce qu'il en veut pas limite des tocs tu vois
Jonathan Borlée 23:11 j'ai ma routine d'échauffement et j'essaye vraiment donc elle est programmée avant et ça j'y tiens
Brice Boland 23:17 tout le temps même c'est cadencé c'est rythmé voilà maintenant
Jonathan Borlée 23:20 je sais qu'il faut pouvoir s'adapter parce que tu sais jamais ce qui va se passer en chambre d'appel ou ce genre de choses mais donc la chambre d'appel on s'échauffe et puis on a une demi-heure de chambre d'appel où des officiels vont checker nos sacs si on n'a pas des sponsors qu'on a envie de mettre en avant et eux ne voudraient pas qu'on les mette en avant, ce genre de choses, pas d'écouteurs, pas de la dimension des pointes.
Brice Boland 23:43 Pas d'écouteurs ?
Jonathan Borlée 23:44 Non, interdiction.
Brice Boland 23:46 En pré-game, enfin en pré-cours ?
Jonathan Borlée 23:48 Ouais, interdiction d'avoir des écouteurs, téléphone.
Brice Boland 23:50 Ah ouais ?
Brice Boland 23:50 Pourquoi ?
Brice Boland 23:50 C'est considéré comme du dépêche ?
Jonathan Borlée 23:52 Ah non, pas du tout.
Jonathan Borlée 23:54 La raison exacte, je ne la connais pas, mais on ne pouvait pas avoir.
Jonathan Borlée 23:57 Dans la chambre d'appel, on devait donner tout ce qui était électronique.
Brice Boland 24:01 parce qu'il y a des gars comme ça qui sont sur la ligne de départ
Jonathan Borlée 24:04 non ça c'est les nageurs
Brice Boland 24:07 ah t'as raison c'est les nageurs
Jonathan Borlée 24:09 en athlète c'est interdit on peut pas avoir maintenant ça commence à évoluer mais avoir notre montre ce genre de choses c'était interdit
Brice Boland 24:14 là tu cours avec ta montre maintenant ?
Jonathan Borlée 24:17 on peut parler de sponsoring vouloir mettre ta montre parce que c'est important pour le sponsor
Brice Boland 24:23 t'as de l'audience bien sûr
Jonathan Borlée 24:24 et pour les athlètes c'est aussi comme ça qu'ils arrivent à financer leur carrière 100% mais bon la fédération interdisait ce genre de choses et donc la chambre d'appel est là pour checker pour être sûr que tout le monde respecte les règles
Brice Boland 24:37 donc on parlait des routines justement
Jonathan Borlée 24:39 donc ouais la routine ma routine d'échauffement c'était toujours plus ou moins la même en tout cas je savais ce que j'allais faire avant une compétition maintenant j'essayais vraiment de ne pas m'attacher à quelque chose avant une compétition je sais pas bêtement j'ai bien couru avec telle paire de chaussettes je m'obligeais à changer de paire de chaussettes pour être sûr que si imaginons je me mets toujours dans cette dynamique le jour où j'arrive à une compétition importante et j'ai pas les chaussettes qu'est-ce qu'il va se passer
Jonathan Borlée 25:07 donc je vais m'obliger toujours à éviter de rentrer dans dans ces habitudes
Brice Boland 25:11 mais on en parlait avec Ryad Merhy je disais ouais c'est quoi ta routine d'avant match avant combat et il me disait moi je fais du jardinage je lui dis bah tu rigoles quoi tu vas faire couper tes plantes comme ça 5 heures avant il me fait si si moi c'était ma bulle c'est comme ça que je m'évadais aussi un petit peu et je faisais du petit jardinage après je sais pas si c'était des grosses cultures de haies mais en tout cas c'était sa manière à lui
Brice Boland 25:36 de sortir pour après y rentrer 100%
Jonathan Borlée 25:41 pour le coup t'es à l'étranger comment tu fais ?
Jonathan Borlée 25:45 tu vois j'ai le voisin
Brice Boland 25:45 tu vois le truc à l'hôtel
Jonathan Borlée 25:47 clairement c'est pas les moments les plus fun on essaie de changer les idées on regarde Netflix on écoute un podcast ce genre de choses mais quand tu te lèves le matin d'une finale olympique et que tu cours à 22h la journée est très très longue parce que tu penses régulièrement à l'échéance et il faut essayer de mettre le stress, de gérer ce stress en faisant de la visualisation et en te concentrant sur ce que tu as à faire et non pas sur les pensées parasites qui
Jonathan Borlée 26:19 pourraient émerger dans ta tête et donc c'est pour ça que c'est presque même très éreintant de tenir toute une journée comme ça
Brice Boland 26:28 comment est-ce que tu restes sportif le plus longtemps possible comment tu fais gaffe entre guillemets pour rester bien et performant le plus longtemps possible
Jonathan Borlée 26:39 mais je pense que c'est comme je disais plus tôt c'est vraiment te concentrer sur la qualité et alors le mental est super important pour garder la motivation il faut avoir envie d'être à l'entraînement si ça devient un job et qu'on a plus envie d'être là pour moi la performance surtout avec l'âge elle ne peut plus être on ne peut plus être au bout de la préparation je pense que je n'ai pas de réponse ça dépend un peu de chaque individu de chaque sportif mais moi je
Jonathan Borlée 27:06 dirais la qualité et le mental
27:11 Technologie et stratégie de course
Jonathan situe le rôle de la technologie dans sa discipline : l'arrivée du carbone dans les chaussures depuis 2021 compense la défaillance musculaire en fin de course, tandis que les montres connectées et le monitoring du sommeil se généralisent chez les athlètes sans qu'il les ait lui-même beaucoup utilisés, préférant se fier à ses sensations. Interrogé sur l'analyse des adversaires façon pre-game en basket ou en football, il affirme n'avoir jamais étudié la course des autres, chaque 400 mètres se courant en couloir et de façon individuelle.
Brice Boland 27:11 Quel est le rôle de la technologie ?
Brice Boland 27:15 Quel est le rôle de l'évolution des objets ?
Brice Boland 27:18 Imaginons une chaussette plus confortable il y a 15 ans des chaussures, on parle de carbone dans le running je ne sais pas si tu utilises le carbone ou c'est plutôt sur des longues distances ou la légèreté des chaussures
Jonathan Borlée 27:29 la légèreté pas tellement mais le carbone depuis 2021 a fait son entrée dans la course à pied et c'est surtout pour le running surtout le running sur route d'ailleurs il y a des marathoniens qui peuvent dire si je mets mes chaussures de marathon j'irai plus vite qu'avec mes spikes sur 10 km par exemple le carbone vient aider en 400 mètres 800 mètres par exemple il vient compenser cette défaillance musculaire sur le les derniers 100 mètres ou cette défaillance biomécanique avec avec le carbone on perd on
Jonathan Borlée 28:03 perd moins de vitesse
Brice Boland 28:11 moins de vitesse qu'avant par exemple c'est quoi justement les évolutions qui a eu dans toute la carrière est ce que l'espace est différent des pistes étaient différentes les pistes pas tellement
Jonathan Borlée 28:21 les pistes n'ont pas vraiment évolué je dirais qu'il ya de plus en plus de technologies les les athlètes utilisent de plus en plus les montres, les montres connectées ou essayer de monitorer leur nuit.
Brice Boland 28:33 Pour donner de l'analyse statistique finalement.
Jonathan Borlée 28:35 Je dirais que le data est vraiment rentré dans le sport.
Jonathan Borlée 28:41 Mais moi qui ai toujours été un athlète qui me basait sur mes sensations, ce n'est pas quelque chose que j'ai beaucoup utilisé.
Brice Boland 28:48 Quand tu avais une course, prenons les JO, tu savais que tu allais tomber sur des athlètes.
Brice Boland 28:53 Tu analysais, comme il y a des pre-game visualizations en basket, en foot, etc tu as analysé la course des autres ou pas ?
Brice Boland 29:01 Jamais.
Brice Boland 29:01 Pourquoi pas ?
Jonathan Borlée 29:03 Déjà nous on est en couloir donc ça n'a pas vraiment d'intérêt
Brice Boland 29:06 Non mais tu sais que cet athlète là souvent il redépasse après
Jonathan Borlée 29:12 On doit être conscient de ce qui peut se passer mais l'athlète qui ne sait pas faire sa course par lui-même ne va jamais y arriver
Brice Boland 29:24 Ok, donc c'est individuel quoi qu'il arrive.
Jonathan Borlée 29:26 Oui, ça je suis intimement persuadé parce que tout le monde n'a pas le même rythme de passage aux 200 mètres, tout le monde n'a pas la même façon de démarrer, tout le monde n'a pas la même façon d'accélérer enfin, utilise les mêmes marques au sol pour accélérer en tout cas changer l'intensité.
29:43 Vitesse de pointe et running clubs
Jonathan chiffre sa vitesse de pointe à 37 km/h après 100 mètres, comparée à celle de Jérémy Doku, et souligne l'explosivité des premiers appuis comme clé de la performance d'un joueur de football. La conversation bascule sur l'engouement actuel pour les running clubs, que Jonathan juge avant tout social plutôt que compétitif, porté par l'effet de groupe qui aide les gens à sortir de leur canapé, sans grand rapport technique avec le sprint pur.
Brice Boland 29:43 C'est quoi la vitesse de pointe ?
Jonathan Borlée 29:45 Je dirais 37 km heure après 100 mètres.
Brice Boland 29:48 Est-ce que tu bats Jérémy Doku qui était à 36 là sur un match ?
Brice Boland 29:53 C'est quoi la distance d'un terrain de foot ?
Jonathan Borlée 29:54 Je pense que c'est entre 90 et 110
Brice Boland 29:57 au moins.
Jonathan Borlée 29:59 Maintenant, ce qui est impressionnant chez Jérémy Doku et ce qui est très important chez un joueur de foot, c'est ses premiers pas.
Jonathan Borlée 30:07 Sa façon d'accélérer est incroyable.
Jonathan Borlée 30:10 Ses premiers appuis...
Brice Boland 30:11 C'est quoi ça ?
Brice Boland 30:11 C'est de la puissance ?
Jonathan Borlée 30:14 C'est du muscle ?
Jonathan Borlée 30:14 C'est tout.
Jonathan Borlée 30:14 C'est de la puissance, de l'explosivité, arriver à utiliser sa musculature pour bouger.
Jonathan Borlée 30:21 Mais ça doit être un athlète très explosif
Brice Boland 30:25 Tu penses quoi des running club ?
Brice Boland 30:28 C'est hyper tendance
Jonathan Borlée 30:29 C'est hyper tendance
Brice Boland 30:30 Il y a une trend incroyable sur le running ça doit percoler chez toi ça doit quand même entrer en adéquation avec ton métier, avec ton sport
Jonathan Borlée 30:39 Oui même si le sprint et le running n'ont pas grand chose à voir ensemble
Brice Boland 30:43 Moi j'aime bien, ça j'adore parce que finalement t'as raison mais c'est pas très différent non plus dans le sens où s'il y a deux sports qui se correspondent ça reste la course ça reste mettre un pied devant l'autre le plus rapidement possible
Jonathan Borlée 30:54 oui d'accord maintenant la différence c'est que nous on a besoin d'une piste la plus grande partie du temps et puis tu dis à quelqu'un tu vas faire 6 fois 300 à fond avec 3 minutes de récup voilà il va peut-être être moins tenté de sortir de chez lui alors que si on lui dit viens on va faire une balade de 45 minutes avec 30 personnes le mec va être plus motivé
Brice Boland 31:20 ça maintenant, justement il y a 4-5 ans même 3 ans, c'était pas trop le cas là il n'y a jamais eu autant d'inscrits au 20 km de Bruxelles, il n'y a jamais eu autant de running club qui rassemble 200-250 personnes je sais que tu connais bien Vincent pour Octane, vous avez fait d'ailleurs un petit un petit combo
Jonathan Borlée 31:37 le côté social aide les gens, parfois sortir de son canapé après une journée de boulot, les gens n'ont pas tellement envie et puis là on se rend compte, il y a un tel, il y a un tel et c'est l'effet de groupe et j'espère que sur la durée ça tiendra et que les gens vont pas retourner dans leur canapé
Brice Boland 31:56 Pour toi ça reste social de base plutôt que compétitif mais ça fait sens parce que les gens ils bougent leur cul ils sortent et ils font du sport et toi vu que t'aimes bien le sport tu te dis il vaut mieux faire ça que rien
Jonathan Borlée 32:10 et puis il y a peut-être moins ce côté performance et les gens font ça à leur rythme
32:17 Rendre l'athlétisme attractif, puis le jeu du Duel
Jonathan estime que l'athlétisme doit se réinventer sur les réseaux sociaux en remettant la performance elle-même au centre plutôt que le buzz, et en la rendant plus lisible par comparaison avec le quotidien (un poids de 7 kg lancé à 23 mètres, un javelot qui traverse un terrain de foot). Il propose même une plateforme de streaming dédiée façon pay-per-view. Brice enchaîne avec un jeu maison, "le Duel", confrontant Jonathan à des animaux (lévrier, guépard, cheval, lièvre) sur 100 puis 400 mètres ; Jonathan perd systématiquement sur la vitesse pure mais souligne le relâchement musculaire des animaux comme modèle pour les athlètes.
Brice Boland 32:17 tu dirais quoi toi qui voudrais attirer potentiellement des gens à faire de l'athlétisme que ce soit de la course ou autre chose tu dirais quoi pour rendre le sport attractif ou visible
Jonathan Borlée 32:28 je pense que l'athlétisme doit un peu se réinventer surtout avec aujourd'hui les réseaux sociaux Instagram, je pense qu'ils essayent mais ils essayent continuellement de créer du buzz sur un ou une athlète qui s'est tollé à l'arrivée je pense qu'il faut essayer de créer du contenu sur la performance même et remettre un peu la performance au centre mais les gens ne comprennent pas forcément ce que ça représente un mec qui lance le javelot quand t'es dans un stat et tu vois qu'il le balance à 90 mètres
Jonathan Borlée 33:01 c'est super impressionnant mais quand t'es à la télé tu comprends pas ce qu'il se passe et donc peut-être essayer de par exemple là j'ai dit que je pouvais atteindre une vitesse de 37 kmh dans un 400 m 37 kmh ça fait pas forcément mais si tu leur montres quelque chose du quotidien par exemple un poids de 7 kilos qu'on envoie à 23 mètres il va dire oh il l'a lancé loin mais quand tu sais que c'est plus de 7 kilos c'est super impressionnant et peut-être mais
Jonathan Borlée 33:30 c'est clair qu'il y a de moins en moins de personnes qui s'intéressent à l'athlétisme et que l'athlétisme doit essayer de trouver un moyen de se réinventer et pourquoi pas essayer d'accélérer parce que parfois c'est un peu lent quand on regarde la télé on ne sait pas ce qui se passe et d'avoir pourquoi pas leur propre plateforme de streaming avec un pay-per-view
Brice Boland 33:51 c'est bien parce que ça enchaîne sur mon jeu une petite animation que j'ai faite dont tu n'es pas au courant c'est bon enfant tu verras c'est le duel j'appelle ça le duel, c'est pour imaginer justement la performance Joe, tu cours 100 mètres relais contre un livrier à ton avis qui gagne et qu'est-ce que tu pourrais après ces 100 mètres apporter à la course du lévrier soit pour le battre ou non
Jonathan Borlée 34:22 c'est le lévrier qui gagne
Brice Boland 34:24 il fait combien le lévrier
Jonathan Borlée 34:26 il s'approche des 60 km heure 72
Brice Boland 34:29 il est deux fois pire que toi il t'explose en fait c'est comme toi tu m'exploses je suis peut-être à 20 c'est-à-dire que lui il est deux fois plus mais par contre effectivement il ne sait pas tenir tellement longtemps
Jonathan Borlée 34:44 peut-être pas, maintenant ce qui est impressionnant c'est le relâchement avec lequel ils exécutent le geste en tant qu'athlète on essaie de trouver le relâchement ultime tout en pouvant contracter nos muscles finalement puisqu'on en a besoin et le relâchement c'est toujours quelque chose chez les animaux qui m'a toujours impressionné
Brice Boland 35:05 j'ai demandé à un modèle IA de modéliser les 400 mètres contre un cheval de course toi contre un cheval de course à Donavie qui gagne 400 mètres un cheval ouais pourquoi sachant qu'il va rester sur sa ligne il pourrait partir en couille
Jonathan Borlée 35:25 un cheval au galop oui d'office
Brice Boland 35:28 donc effectivement ton record 44, 78, 75
Jonathan Borlée 35:33 43
Brice Boland 35:33 ici ChatGPT dit c'est époustouflant bravo face à un cheval de course au galop qui peut maintenir 60 à 70 km heure sur une distance significative effectivement 400 mètres pour lui c'est significatif donc effectivement il va faire ça entre 20 et 22 secondes donc ça te donne une nouvelle perspective de pouvoir battre un cheval mais effectivement c'est bien j'aime bien que tu dises que la fédération devrait rendre ça un peu plus tangible parce que moi personnellement j'ai jamais vu de compétition en stade et je me pose
Brice Boland 36:02 souvent la question pourquoi j'irais je vais moins bien voir comme le foot ou le tennis tu peux te dire ça de tout mais là tu viens de le dire un mec qui balance un javelot à 90 mètres c'est à dire qu'il fait tout un terrain de foot c'est lunaire ça reste hyper impressionnant
Jonathan Borlée 36:21 effectivement il faut dessiner 8m50 au sol un sauteur en hauteur saute ça c'est juste super impressionnant c'est des athlètes incroyables mais on ne se rend pas toujours compte à la télé de ce que ça représente
Brice Boland 36:42 bon et si j'avais aussi modélisé il y a 8
Jonathan Borlée 36:46 8 ou 9 couloirs
Brice Boland 36:48 donc là j'avais modélisé une course complète avec un guépard, une autruche une gazelle de thompson donc c'est un sprigbok un gnu, un zèbre, un lévrier et un lièvre et t'arrives dernier malheureusement ils sont tous entre 65 et 80 kmh
Jonathan Borlée 37:02 le lièvre aussi sur 400 mètres ou en vitesse de pointe ?
Brice Boland 37:06 le lièvre 70 kmh Jusqu'à 70 km Donc il mettrait entre 25 et 32 secondes C'est pas mal hein ?
Jonathan Borlée 37:13 Oui oui oui Mais est-ce qu'il tient à 400 mètres ?
Brice Boland 37:17 C'est marrant que tu dises Tiens le lièvre J'ai testé avec tout le monde Le lièvre j'avoue que j'ai pas fait Même le lièvre il me bat Ok J'ai aussi quelques anecdotes là Sur le sprint Il faut que tu me dises C'est vrai ou faux Aux Etats-Unis Il existe une piste d'athlétisme Dont les couloirs Ne font pas tous la même longueur Ce qui donne un avantage A certains sprinters
37:18 Vrai ou faux : légendes et mythes du sprint
Brice teste Jonathan sur une série d'anecdotes vraies ou inventées : l'existence réelle d'une piste américaine (Hayward Field, Oregon) aux couloirs légèrement inégaux, l'origine des starting-blocks remplaçant des trous creusés au talon, le record du 100 mètres en costume-cravate d'Usain Bolt réalisé au Mémorial Van Damme à Bruxelles, la légende inventée des sprinteurs s'entraînant avec des tigres en laisse, et le fonctionnement du pistolet de départ électronique relié à des baffles derrière les blocs plutôt qu'un simple coup de feu.
Jonathan Borlée 37:35 C'est peut-être vrai mais c'est pas une piste officielle
Brice Boland 37:38 ok toi tu te dis ça n'a aucun sens c'est peut-être vrai donc c'est vrai effectivement c'est le cas du Hayward Field dans l'Oregon qui est reconstruit sur une ancienne piste pour des raisons d'espace et d'aménagement donc ils ont fait des couloirs de 200 et 400 mètres qui n'étaient pas rigoureusement égaux donc effectivement celui de 400 enfin le de 200-400 t'arrivais à 398 et l'autre à 197 au final de la course et d'autres couloirs qui n'étaient pas bien pas bien fait l'origine du faux départ tu connais
Brice Boland 38:06 ou pas ?
Brice Boland 38:08 pas du tout donc à l'origine de l'athlétisme moderne les coureurs n'avaient pas de starting block et devaient creuser des petits trous dans la piste avec leur talon pour prendre appui ce qui causait de nombreux faux départs c'est vrai ou faux ?
Jonathan Borlée 38:22 vrai
Brice Boland 38:22 ouais c'est vrai c'est pour ça qu'on l'appelait des faux holes donc effectivement les sprinters creusaient des petits trous dans la terre pour s'élancer cela rendait les départs imprévisibles et parfois un peu chaotiques le record inattendu de Usain Bolt donc en plus de ses records en sprint, Usain Bolt détient aussi le record du monde de 100 mètres le plus rapide en costume cravate
Jonathan Borlée 38:41 ok
Brice Boland 38:43 est-ce que c'est vrai ou faux ?
Brice Boland 38:45 Est-ce que Usain Bolt a fait le record du 100 mètres en costume cravate ?
Brice Boland 38:48 Faux ?
Brice Boland 38:48 Non c'est vrai c'était un acte promotionnel d'ailleurs c'était à Bruxelles au Mémorial Van Damme
Jonathan Borlée 38:54 ok
Brice Boland 38:54 où il a fait une pub pour un truc de costard et donc il a rendu ce record après officiel de nouveau c'est anecdotique la légende du tigre Vrai ou faux ?
Brice Boland 39:05 Les sprinteurs olympiques s'entraînent parfois en courant avec des tigres en laisse pour améliorer leur prouesse en vitesse de pointe
Jonathan Borlée 39:13 Ils l'ont peut-être fait mais non
Brice Boland 39:16 C'est faux C'est un truc que j'ai totalement inventé Le son du départ Le pistolet de départ utilisé en athlétisme a été conçu pour faire un bruit si fort qu'il peut provoquer une légère onde de choc qui aide les sprinteurs à réagir plus vite
Jonathan Borlée 39:31 Si c'est vrai je ne l'ai jamais ressenti cette onde
Brice Boland 39:33 Non c'est faux le pistolet de départ est conçu pour assurer que le son soit entendu simultanément par tous les coureurs donc en fait ils ont
Jonathan Borlée 39:40 maintenant il y a de toute façon des baffles dans les compétitions officielles derrière les starting blocks parce que maintenant c'est un son presque électronique, il n'y a plus ce coup de feu, c'est un son électronique qui est en fait juste derrière le bloc
39:57 L'écart entre les meilleurs, dopage et records
Jonathan commente l'écart infime (0,22 s) entre le record du monde d'Usain Bolt et le dixième meilleur temps de l'histoire, qu'il choisit de vivre comme une motivation à se dépasser plutôt qu'une fatalité, tout en saluant les qualités hors normes de Bolt. Il raconte une anecdote de course où, seul à ne pas s'arrêter malgré un bras de caméra traversant la piste, il a fini la course pour rien. La discussion aborde ensuite l'écart entre records masculin et féminin du 100 mètres (Florence Griffith-Joyner, 10,49 s) et le très ancien record du 800 mètres féminin de la Tchèque Jarmila Kratochvílová, que Jonathan relie à l'ère du dopage d'État des années 1980, avant de conclure sur le temps de réaction au départ et sur Usain Bolt comme GOAT incontesté de l'athlétisme.
Brice Boland 39:57 j'ai noté ici quelques faits pour nourrir la discussion, entre le record du monde du 100 mètres du Usain Bolt, 9,58 et le dixième meilleur temps de l'histoire souvent autour de 9,80 il y a environ 0,22 secondes donc sur une course de 100 mètres c'est l'épaisseur d'un cheveu mais ça représente un gouffre entre le meilleur et un très grand athlète comment tu vis ça toi le fait que tu peux être au top et en fait il y a des gars qui sont 0,0001% derrière toi et en
Brice Boland 40:27 fait finalement tu les exploses et vice versa
Jonathan Borlée 40:29 si tu prends mal ce genre de choses tu peux ou bien le tourner de façon positive, essayer de bosser pour réduire cet écart ou bien t'arrêtes moi ma philosophie ça a toujours été de me concentrer sur moi essayer de me dépasser moi de trouver ma limite et d'aller au-delà le jour J mais oui clairement il y a des athlètes qui sont surdoués en plus des athlètes du top niveau Usain Bolt pour moi c'est clairement quelqu'un qui a des qualités hors normes Et je pense qu'il faut,
Jonathan Borlée 41:01 voilà, il faut juste applaudir.
Jonathan Borlée 41:04 OK.
Brice Boland 41:05 Vous connaissez un peu Aikusani ?
Brice Boland 41:07 Il va quitter ou pas ?
Brice Boland 41:09 Vous parlez un peu ?
Jonathan Borlée 41:10 Oui, oui, on a déjà couru ensemble.
Jonathan Borlée 41:12 On a parlé quelques fois.
Jonathan Borlée 41:14 Maintenant, voilà, c'est...
Brice Boland 41:15 Let's go for a run.
Jonathan Borlée 41:16 Non, non, non.
Jonathan Borlée 41:17 Lui, non, non.
Jonathan Borlée 41:18 Lui, il courait le 100 mètres après.
Brice Boland 41:20 C'est vrai ?
Jonathan Borlée 41:21 Non, mais c'est un gars très naturel et très sympa.
Jonathan Borlée 41:24 et il pouvait parfois paraître un peu peut-être hautain mais je pense que ça c'est son caractère un peu de showman et toujours très respectueux finalement de ses adversaires
Brice Boland 41:38 T'as des petites anecdotes comme ça justement avec des gars du circuit avec des trucs soit avant dans les vestiaires ou après des petites anecdotes, que ce soit positif ou négatif
Jonathan Borlée 41:49 je sais pas avec d'autres athlètes mais bon par exemple en 2010 j'ai un bras de caméra donc on est dans les meilleures compétitions du monde en Diamond League et j'ai un bras de caméra qui traverse qui est devant moi et je le vois seulement les 10 derniers mètres avant d'arriver on est aux 200 mètres et dernier moment je passe en dessous et je me retourne je pense que le bras de caméra il fait toute la piste je me retourne, je regarde si les autres athlètes continuent
Jonathan Borlée 42:13 de courir et ils continuent de courir et je dis ah merde moi aussi je vais continuer de courir donc je vais jusqu'au bout je fais un temps de merde, les autres me prennent une seconde mais je me rends compte qu'en fait les deux gars ici à côté de moi ont arrêté parce que le bras de caméra était dans leur couloir mais bon j'étais le seul le seul stupide à continuer la course
Brice Boland 42:37 mais ça du coup il faut recommencer non ?
Jonathan Borlée 42:39 ah non non non on recommence pas on essaye de pas trop en parler c'est vrai ?
Jonathan Borlée 42:43 ouais pourquoi ?
Jonathan Borlée 42:44 tu regardes un match je sais pas moi de Champions League et il y a un truc complètement aberrant qui arrive l'équipe adverse marque un goal c'était complètement absurde on s'attend pas à ça quand on est dans les meilleures compétitions du monde mais voilà ça arrive
Brice Boland 43:02 un autre fait l'écart entre le record du monde masculin et féminin c'est qui c'est en 100 mètres ?
Jonathan Borlée 43:10 en 100 mètres c'est Joyner
Brice Boland 43:13 ouais exactement 10.49 donc la différence entre les deux c'est 0.91 seconde ouais donc c'est quand même un écart significatif à ce niveau de performance c'est quoi l'idée derrière que c'est inatteignable finalement pour une femme pour être aussi performant que c'est physique c'est impossible
Jonathan Borlée 43:35 c'est impossible d'aller chercher le record du monde même si demain je pense que les femmes vont pouvoir progresser aussi avec la technologie le chrono va descendre un jour ce sera la même chose chez les hommes et je pense que c'est un des avantages de l'athlétisme c'est qu'il n'y a pas cette comparaison évidemment si on regarde le chrono final oui mais si on regarde un 100 m je pense que ce sera tout aussi impressionnant de regarder un 100 m féminin qu'un 100 m masculin parce que cette
Jonathan Borlée 44:04 différence de vitesse on ne la voit pas réellement et la densité des athlètes présents feront que le combat sera toujours
Brice Boland 44:13 attrayant.
Brice Boland 44:13 Justement, à contrario on parlait de technologie, de dopage ou d'autres produits pour se préparer ou d'autres types d'activités pour se préparer il y a le plus vieux record en athlée c'était 800 mètres, c'est une femme qui date de 83 tu vois de quoi je parle ?
Brice Boland 44:33 une 53 c'est la tchèque Jarmila Kratochvílová c'est toujours elle qui détient ce record, c'est plus de 40 ans comment tu expliques ça ?
Jonathan Borlée 44:45 je pense que certains effets de produits qui peuvent améliorer la performance ont plus d'effet sur certaines personnes et voilà je pense que dans ces années là ça arrivait souvent et donc clairement maintenant il y a des défis qui s'en rapprochent mais encore une fois je pense que c'est la technologie des pointes qui aide à ce que les femmes actuelles se rapprochent de ce record du monde et qui va peut-être être battue prochainement mais oui à l'époque je pense que
Brice Boland 45:25 donc on parle de temps de réaction et parfois de temps donc toi t'as perdu contre ton frère à combien de secondes ?
Jonathan Borlée 45:33 j'ai raté une médaille au championnat du monde pour 2 centièmes
Brice Boland 45:35 pour 2 centièmes voilà ici on disait que le temps de réaction humain moyen en coup de pistolet de départ en sprint c'est d'environ entre 0.15 et 0.18
Jonathan Borlée 45:43 ouais
Brice Boland 45:44 est-ce que tu peux t'entraîner à ça ?
Jonathan Borlée 45:47 les sprinteurs s'entraînent à ça et d'ailleurs je pense sincèrement qu'il y a des des sprinteurs qui ont déjà réussi à avoir un temps de réaction de 0,99 et qui ont eu un faux départ parce que le temps admis c'est 0,1
Brice Boland 46:05 et donc c'est quoi c'est un peu de la chance ou tu
Jonathan Borlée 46:07 quand on regarde les vidéos ralenties le coup de feu n'a pas encore été donné enfin c'est après le coup de feu qu'il réagit mais nous en tant que qu'athlète de 400 mètres oui on travaille à notre réaction mais c'est pas oui évidemment si tu perds pour 200ème tu te poses des questions est-ce que j'aurais pu changer quelque chose c'est rarement le départ qui est pointé du doigt, on va plus regarder la façon dont on accélère à quel moment on a changé l'intensité et ce genre de
Jonathan Borlée 46:41 choses le relâchement ce genre de choses mais pas forcément le départ
Brice Boland 46:47 c'est qui selon toi le GOAT de l'athlète ?
Brice Boland 46:51 Usain Bolt c'est lui que tu considères comme Michael Jordan
Jonathan Borlée 46:55 aussi parce que c'est un peu ma génération et je l'ai vu en action toute ma carrière c'est vraiment un athlète qui m'a énormément impressionné
Brice Boland 47:04 après il est grand il est balèze
Jonathan Borlée 47:07 on le regarde courir c'est juste magique
47:10 Plus beaux souvenirs et raison de courir
Interrogé sur son plus beau souvenir de carrière, Jonathan cite moins des résultats que des moments partagés : les Jeux de Pékin, la présence d'une partie de sa famille aux Jeux de Rio, et le titre de champion d'Europe avec ses frères. Il explique que ce qui l'a toujours poussé, c'est le dépassement de soi et l'envie de progresser jour après jour, un moteur qu'il retrouve aujourd'hui dans le vélo.
Brice Boland 47:10 c'était quoi ton plus beau moment dans ta carrière d'athlète ?
Jonathan Borlée 47:17 J'en ai eu pas mal, mais clairement, je me souviens des moments moins que des résultats.
Jonathan Borlée 47:27 C'est les Jeux de Pékin, quand on part une partie de la famille aux Jeux de Rio, quand on est champion d'Europe avec mes frères.
Jonathan Borlée 47:38 Ça, c'est des moments que je vais chérir toute ma vie.
Brice Boland 47:43 c'est quoi ton why ton ta raison finalement de dire que tu fais ça pour telle raison et que tu veux continuer à le faire ou que tu aurais pu arrêter c'est quoi le why de te dire chaque année je continue en fait
Jonathan Borlée 47:58 je pense que ce qui m'a vraiment poussé c'est le dépassement de mes capacités essayer de me dépasser jour après jour et de trouver cette limite cette envie, parce que je suis un fan de sport j'ai toujours voulu faire du sport maintenant mes qualités physiques ont fait que je me suis tourné vers l'athlée mais cette envie de progresser, de trouver qui m'a vraiment boosté encore aujourd'hui maintenant je fais du vélo et me dépasser c'est vraiment quelque chose que j'aime faire
48:31 Après la carrière : vélo, coaching et athlètes à suivre
Jonathan revient sur sa VO2 max, testée à 72 en 2006 contre 64 aujourd'hui à vélo, sport qu'il pratique désormais pour le plaisir plutôt que la performance, comme lors d'une course dans les Dolomites récemment. Il évoque ses débuts timides dans le padel et sa reconversion dans le coaching aux côtés de ses frères, encadrant un groupe d'une dizaine d'athlètes dont Dylan Borlée, Jonathan Sacoor, Daniel Segers et une athlète chilienne. Il cite enfin Remco Evenepoel et surtout Nafi Thiam, repartie pour une nouvelle olympiade après trois titres olympiques, comme figures sportives qu'il suit avec attention.
Brice Boland 48:31 C'est quoi ta VO2 Max ?
Jonathan Borlée 48:33 VO2 Max, je l'ai testé une fois en 2006
Brice Boland 48:38 Ah ouais ?
Brice Boland 48:39 T'as passé sur la montre ?
Brice Boland 48:41 t'es anti-montre ?
Jonathan Borlée 48:44 non je suis pas anti-montre mais j'utilise pas vraiment donc je l'ai testé en 2006, j'avais une VO2 max de 72 maintenant à vélo mon mon polar me dit 64
Brice Boland 49:00 ok tu voudrais entraîner ça ou pas ?
Brice Boland 49:05 non
Jonathan Borlée 49:05 là maintenant l'objectif c'est de prendre du plaisir mais quand je fais une sortie à vélo il y a toujours un moment où je vois une côte ou un truc comme ça et ça me fait plaisir de me dépasser à ce moment là mais j'ai plus envie de rentrer dans un objectif de absolument aller chercher le petit dernier carrage, c'est de prendre du plaisir et me lancer des objectifs comme une course dans les Dolomites que j'ai fait il y a deux semaines
Brice Boland 49:32 tu faisais ça ou tu faisais ça ?
Jonathan Borlée 49:35 on avait ça un groupe de 16, il y avait 4000 participants mais c'était une chouette ambiance
Brice Boland 49:38 et puis là maintenant t'as une carrière dans le paddle qui arrive
Jonathan Borlée 49:41 elle est encore loin là parce que comme t'as pu voir ma qualité de raquette de coup de raquette n'est pas
Brice Boland 49:47 moi j'ai pas compris dès que je te regardais je me dis ok il gagne et puis tu m'as dit je suis tout perdu
Jonathan Borlée 49:51 ouais bien résumé
Brice Boland 49:53 c'est quoi le le next step
Jonathan Borlée 49:57 en fait ce qui est difficile c'est que j'ai pu vivre de ma de ma passion pendant tant d'années et c'est trouver quelque chose qui me donne autant de satisfaction et de plaisir.
Jonathan Borlée 50:08 Là, on a commencé un peu de coaching parce que des athlètes nous ont demandé de les encadrer jusqu'au championnat du monde et ça se passe plutôt bien et donc voilà peut-être sur les 400 mètres et voilà si ça prend bien pourquoi pas continuer.
Brice Boland 50:27 Est-ce qu'il y a du coach du coup là ?
Jonathan Borlée 50:28 Là pour le moment, on a un groupe de 10, il y a des jeunes athlètes, il y a Dylan notre frère, Jonathan Sacoor, Daniel Segers il y a une athlète chilienne et voilà on est plus ou moins 10 et voilà pour le moment la dynamique est bonne ça se passe plutôt bien ok et donc voilà
Brice Boland 50:46 qui selon toi que ce soit dans l'athlète ou autre en tout cas dans le sport qui est à suivre soit en début de carrière soit ça t'impressionne et tu dis ok et tu peux pas mener Remco qui fait le Tour de France dans quelques jours même si on va suivre Remco
Jonathan Borlée 51:00 ouais ouais bien sûr on va suivre Remco
Brice Boland 51:03 qui a une VO de max à 77
Jonathan Borlée 51:04 seulement
Brice Boland 51:06 au repos en dormant
Jonathan Borlée 51:09 voilà maintenant pour ne pas parler de mon groupe d'entraînement je ne sais pas dans les jeunes c'est difficile moi ce qui m'intéresse là maintenant c'est peut-être voir Nafi à LA, c'est une athlète incroyable ce qu'elle a fait est incroyable elle est restée motivée pour aller encore jusque là et je pense que c'est quelque chose à suivre
Brice Boland 51:33 parce qu'elle a enfin
Jonathan Borlée 51:36 beaucoup d'athlètes auraient dit en fait stop elle a toujours cette envie, cette motivation elle est repartie pour une Olympiade après 3 titres olympiques et là pour le coup on parlait du mental et le mindset est incroyable
51:52 Argent, mot de la fin et contacts
Jonathan aborde frontalement la question financière : au sommet de sa carrière vers 2012, le revenu moyen d'un athlète de son niveau équivalait à celui d'un joueur de D1 belge de football, soit environ 250 000 euros, et il plaide pour que les fédérations travaillent à rendre l'athlétisme plus attractif pour les sponsors plutôt que de comparer les sports entre eux. Il conclut sur son absence de regrets, ayant toujours tout donné, avant que Brice ne remercie Jonathan pour cet échange et ne le charrie une dernière fois sur son duel perdu face aux animaux.
Brice Boland 51:52 petite question qui peut être un peu piquante mais c'est pas du tout le but il y a beaucoup de gens qui me disent J'aime bien parce que tu poses toutes les questions que tout le monde se pose.
Brice Boland 52:04 Finalement, c'est quoi la carrière financière et combien ça gagne un athlète de ton niveau, du top niveau ?
Brice Boland 52:10 Et quoi en faire finalement par la suite ?
Brice Boland 52:11 Est-ce que tu pourrais arrêter ?
Brice Boland 52:13 Est-ce que tu peux continuer ?
Jonathan Borlée 52:15 Non, arrêter, non.
Jonathan Borlée 52:18 J'ai essayé d'investir ce que j'ai gagné le mieux possible.
Jonathan Borlée 52:24 Maintenant, il y avait une étude, je pense que c'est dans mes meilleures années, en 2012, qui montraient que notre revenu moyen était 250 000 euros, qui était l'équivalent d'un joueur du championnat belge de football.
Jonathan Borlée 52:41 Mais ça, c'était dans les meilleures années.
Brice Boland 52:43 Alors que tu étais au top niveau de ton sport.
Brice Boland 52:46 Pas très logique.
Jonathan Borlée 52:47 Logique, oui, mais là, pour le coup, je pense que c'est le rôle de la Fédération internationale de l'athlétisme, de la Fédération belge, d'essayer de promouvoir notre sport et de le rendre attrayant pour amener plus d'argent, plus d'infrastructures et ce genre de choses donc je pense que c'est pas une bonne chose de comparer les sports, je pense que c'est à chaque instance de se poser les bonnes questions et d'essayer de promouvoir du mieux possible
Brice Boland 53:15 après c'est ça je pense que c'est aussi dans la promotion je parlais à des basketteurs de D1 ou qui jouaient en D1 qui maintenant vont faire des mini championnats c'est aussi dans le hockey donc Tom il fait un mini-championnat en Inde t'as des gars qui font faire des mini-championnats en Chine là, c'est des championnats de 1 à 2 mois ultra condensés et en fait ils gagnent un an de salaire en un mois après ils sont partis pendant un mois, ils font leur mini-championnat mais c'est aussi
Brice Boland 53:44 parce que le sport est un peu plus promu il est mis en avant et en fait t'as une audience derrière
Jonathan Borlée 53:47 Ouais mais là ils ont essayé de lancer un grand slam en athlétisme qui était majoritairement aux Etats-Unis et dans les Caraïbes où ils ont signé des athlètes pour faire le...
Jonathan Borlée 54:00 Mais là, ils ont dû annuler, par exemple, la dernière compétition parce qu'il n'y avait pas assez de monde dans les tribunes, sans doute pas assez de sponsoring et ce genre de choses.
Jonathan Borlée 54:07 Donc ça reste pas simple et je pense vraiment que l'athlétisme doit essayer de changer son format.
Jonathan Borlée 54:18 Parce que pour moi, c'est un des plus beaux sports parce que c'est qui saute le plus vite, qui saute le plus loin c'est la base du sport pouvoir le mettre en avant et éviter que ce soit fait tous les 4 ans ce serait bien
Brice Boland 54:33 T'es encore sponsorisé à l'heure actuelle ?
Jonathan Borlée 54:35 Non
Brice Boland 54:35 Avec plaisir Ça marche Dernière question pour tout finaliser Est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais laisser ?
Brice Boland 54:45 Est-ce que tu voudrais partager quelque chose pour ceux qui vont écouter pour une trace que tu voudrais laisser justement ?
Jonathan Borlée 54:51 Sur ma carrière je pense que ce qui me rend fier j'ai pas de regrets et j'ai toujours donné le maximum de moi-même on peut toujours poser la question le palmarès aurait pu être ci mais j'ai aucun regret parce que je sais que j'ai toujours donné 100% et j'espère que ça s'est vu tout au long de ma carrière
Brice Boland 55:10 je pense que tout le monde le sait donc c'est quoi, il faut y aller à fond, pas de regrets
Jonathan Borlée 55:14 voilà, pas de regrets c'est toujours quand on sait qu'on a tout donné derrière il n'y a pas de remords il n'y a pas de regrets et donc on prend du plaisir
Brice Boland 55:25 question que je ne pose pas à tout le monde mais est-ce qu'on peut te contacter où est-ce qu'on peut te trouver où est-ce qu'on peut prendre contact avec toi
Jonathan Borlée 55:31 le plus facile aujourd'hui c'est les réseaux sociaux
Brice Boland 55:33 mais j'entendais justement que tu n'étais pas encore à fond dedans
Jonathan Borlée 55:36 non non je ne suis pas à fond dedans j'amène beaucoup à ma compagne de gérer ça
Brice Boland 55:40 c'est vrai
Jonathan Borlée 55:40 on a avec mes frères on a vraiment senti ce switch début des années 2010 où les réseaux sociaux devenaient de plus en plus importants et on mettait la performance sportive un peu sur le côté et un de mes souhaits peut-être pour le futur c'est de remettre les athlètes performants peut-être pas au centre mais trouver un équilibre entre les deux ou la performance à sa part du gâteau ok
Brice Boland 56:04 merci beaucoup Joe avec grand plaisir merci pour le temps pour le partage c'était très sympa et moi je mise toujours sur toi plutôt que des animaux donc je crois en toi pour aller jusqu'à du 72 km heure
Jonathan Borlée 56:15 un vélo ce sera plus simple
Brice Boland 56:18 merci Joe je t'ai fait un vision