Rabia Chihab : la morphopsychologie, ou comment décrypter un visage
Rabia Chihab, morphopsychologue, explique comment elle lit les traits, les volumes et les expressions d'un visage pour en révéler les forces et le fonctionnement profond. Une plongée dans une discipline aussi fascinante que mal connue.
« Rabia Chihab : la morphopsychologie, ou comment décrypter un visage » est un épisode de Coucou Ma Biche, le podcast vidéo belge animé par Brice Boland, avec Rabia Chihab, publié le . Durée : 59:04. Terrain : Idées & société. Transcription intégrale en 18 chapitres résumés et horodatés.
Brice Boland reçoit Rabia Chihab, morphopsychologue. Elle explique en quoi consiste la morphopsychologie, discipline qui étudie les traits du visage pour éclairer la personnalité et les relations humaines, et discute des limites de ce que l'on peut réellement en déduire.

Les questions qui tuent
- 31:42 Tu peux voir si la personne en profite un peu ? Lire la réponse : Accompagner les couples et lire la fatigue sur un visage
- 27:27 Quand une boîte te fait intervenir, déjà, combien ça coûte de te faire intervenir comme ça sur le CAC 40 ? Lire la réponse : Tarifs, missions corporate et découverte personnelle de la morphopsychologie
- 37:31 Donc selon toi c'est bien d'être prétentieux ? Lire la réponse : Juger les autres, neurosciences et anecdote de l'arrogance
Les temps forts
- 0:00 Accroche et publicité
Le teaser ouvre sur l'idée qu'on peut deviner au visage, à la mâchoire et au nez, si une femme « a besoin d'argent », et qu'on peut lire le burn-out ou les états dépressifs sur des traits du visage. Brice enchaîne avec la lecture publicitaire pour Pulse by Kazidomi, une marque belge de protéines végétales, avant d'accueillir son invitée.
- 1:16 Présentation de Rabia Chihab et sa mission d'accompagnement
Brice accueille Rabia Chihab en plaisantant sur sa barbe laissée pousser pour la circonstance, puis lui demande son rapport à l'humain. Elle explique que sa mission première est d'aider les gens à se connaître, car la majorité vit avec des croyances héritées (« pas assez organisée », « trop dispersée ») plutôt qu'avec la conscience de ses vraies valeurs et de ses dons. Elle insiste sur l'unicité totale de chaque visage, jusqu'à des jumeaux qui diffèrent au niveau d'un œil.
- 4:10 PNL et morphopsychologie : décoder l'inconscient et guérir ses peurs
Rabia relie son travail à la programmation neurolinguistique (PNL), dont elle est formée, pour reprogrammer des comportements et stratégies inconscientes. Elle raconte sa propre phobie : incapable de nager au milieu d'une piscine sans toucher le bord, résolue en six mois grâce à un exercice de PNL. Elle distingue ensuite la PNL, liée au cerveau et aux habitudes, de la morphopsychologie, qui étudie les traits du visage - front, zone affective, zone instinctive - et leurs déséquilibres.
- 6:52 Synergologie, micro-expressions et effets du Botox
À la question sur la différence avec la série « Lie to Me », Rabia introduit la synergologie, une méthode de décodage des micro-mimiques comme le froncement de sourcils, qui accélère le traitement de l'information par le cerveau. Elle évoque des études américaines montrant que les visages figés par le Botox, notamment chez des femmes dépressives, sont moins bien compris par les autres. Elle en conclut que cela crée de l'incompréhension et des tensions, en couple comme au travail.
- 8:51 Le visage ancré face au comportement contrôlable
Brice résume : contrairement à la synergologie, qu'on peut consciemment « monitorer », la morphopsychologie serait ancrée et hors de contrôle, même si l'ossature du visage évolue tous les sept ans. Rabia détaille comment l'activité d'un enfant façonne sa mâchoire - un enfant sédentaire aura une mâchoire plus étroite, un enfant sportif (hockey, équitation, danse) une mâchoire plus carrée. Elle confirme, amusée, l'existence de chewing-gums vendus sur Instagram pour muscler la mâchoire.
- 10:54 Les trois étages du visage et l'harmonie
Rabia détaille les trois « étages » du visage : la zone instinctive (bouche, passage à l'action, reproduction), la zone affective (nez, aller vers les autres) et la zone cérébrale (front, réflexion, observation). Un équilibre entre ces trois zones rassure l'interlocuteur et donne une impression de beauté, plus qu'une symétrie parfaite. Brice reformule : l'harmonie entre les étages crée la beauté perçue.
- 12:41 Mâchoires féminines, casting de cinéma et front qui s'incline
Rabia observe que les mâchoires des femmes se sont renforcées à mesure qu'elles ont pris plus de place dans la société et le travail, à l'inverse une mâchoire très fine peut trahir un vécu difficile - elle cite le soin apporté, selon elle, au casting des enfants maltraités au cinéma. Elle explique aussi que le front peut s'incliner de plusieurs dizaines de degrés au cours d'une vie selon l'activité pratiquée, illustré par les photos qu'elle a prises de son fils à différents âges selon ses activités sportives.
- 18:02 Un confrère morphopsychologue et l'empreinte de l'enfance
Brice s'interroge sur ce qui fait évoluer un front ; Rabia évoque un morphopsychologue-chercheur rencontré des années plus tôt, dont elle ne se souvient plus le nom, et confirme qu'ils sont très peu nombreux en Belgique. Elle compare le développement d'un enfant à celui d'une plante selon la manière dont on la nourrit, puis confie avoir eu des parents « très maltraitants », ce qui l'a rendue sèche et refermée et l'a poussée à étudier l'humain pour se comprendre elle-même.
- 20:03 Le visage des entrepreneurs qui réussissent et le recrutement des dirigeants
Sur le profil-type de l'entrepreneur ou du businessman qui réussit, Rabia affirme que, partout dans le monde, c'est la mâchoire - la capacité à « passer à l'action » - qui prédit la réussite en affaires et le besoin de posséder. Elle décrit son travail de profilage sur photo pour de grandes entreprises, dont des sociétés cotées au CAC 40, avant l'embauche d'un CEO parmi plusieurs candidats. Elle détaille aussi le profil très concentré et rigoureux, mais peu sociable, d'un homme aux « tout petits yeux » qu'elle a recommandé pour gérer les dépenses d'une entreprise en difficulté.
- 25:46 Culture, génétique et mélange des origines
Sur la dimension culturelle, Rabia observe que les Africains ont souvent des nez et des bouches plus puissants, qu'elle associe à une personnalité chaleureuse et portée sur le plaisir et le partage. Elle rappelle toutefois qu'un test génétique révèle toujours un métissage d'origines - son propre fils, blond aux yeux verts, porte des racines russes, bulgares et nord-africaines. Elle conclut que ce mélange fait « les plus beaux enfants » et confirme l'unicité de chacun.
- 27:24 Tarifs, missions corporate et découverte personnelle de la morphopsychologie
Brice interroge Rabia sur le prix de ses interventions en entreprise : environ 500 euros par profil décodé sur photo, davantage pour des missions comme celle de trois associés londoniens en conflit qu'elle aide à mieux communiquer. Rabia raconte avoir découvert la morphopsychologie à 12 ans, alors très complexée par son propre visage, et explique comment elle aide aujourd'hui ses proches, notamment sur les applications de rencontre, à choisir un partenaire adapté à leurs besoins affectifs plutôt qu'à la seule apparence.
- 30:11 Accompagner les couples et lire la fatigue sur un visage
Rabia explique sa méthode avec les couples : ne jamais faire de reproches à un partenaire hypersensible, sous peine de déclencher son « cerveau reptilien » et de bloquer toute communication. Elle détaille comment la fatigue, le stress ou un burn-out se lisent dans la tonicité de la peau, puis raconte le cas d'une femme de 62 ans au visage « masqué », sans une ride, qui s'était figée pour se protéger du jugement mais en paraissait froide et distante.
- 33:27 Juger les autres, neurosciences et anecdote de l'arrogance
Brice explique qu'il s'efforce de toujours trouver de la beauté chez les gens ; Rabia relie cela aux neurosciences, où la même zone cérébrale s'active qu'on juge ou qu'on soit jugé, et où nos critiques envers les autres reflètent souvent nos propres frustrations. Brice raconte s'être fait traiter d'« arrogant » par un inconnu dans la rue et avoir mal vécu la remarque. Rabia défend alors une forme de prétention assumée - la conscience de sa propre valeur - en citant la scène du film « Rasta Rockets » où un personnage se répète « je suis fier, je suis fort » devant un miroir.
- 39:08 Les 100 millisecondes du jugement et les méthodes de la morphopsychologie
Brice cite une étude selon laquelle le cerveau se forge une première impression d'un visage en moins de 100 millisecondes, puis évoque le docteur Paul Ekman et ses expressions faciales universelles. Rabia précise que des professionnels entraînés, comme les espions ou les comédiens, parviennent à masquer leurs émotions. Ils évoquent ensuite les différentes méthodes de morphopsychologie, dont la méthode Corman, avant que Brice ne demande une lecture faciale gratuite en direct.
- 42:50 Consultation en direct : lecture faciale de Brice
Rabia scanne en direct le visage de Brice : un front en « rétraction latérale » qui trahit une intelligence rapide et un profil d'homme de solution, des yeux globuleux en retrait signe d'un besoin de recul et de preuves, un nez puissant légèrement dévié à droite tourné vers l'avenir mais parfois hésitant. Elle poursuit avec des pommettes saillantes, révélatrices d'un besoin de comprendre pourquoi il aime les gens qui l'entourent, et une grande bouche, signe d'aisance à raconter, de séduction et de capacité à « retomber sur ses pieds ».
- 51:07 Réactions au portrait et usages quotidiens de la morphopsychologie
Brice trouve la lecture à la fois « géniale et flippante », se reconnaît dans le goût du beau mais conteste l'idée qu'il serait « nul » en photo. Rabia explique ensuite comment elle utilise concrètement la morphopsychologie au quotidien : apprendre aux gens à exploiter leur potentiel, décoder leur entourage pour mieux communiquer et manager, et aller « droit à l'essentiel » plutôt que de passer des semaines en introspection classique.
- 53:39 Le jeu du vrai ou faux sur les mythes du visage
Dans un dernier jeu, Rabia répond à une série d'affirmations : un front bombé pousserait-il à procrastiner (faux, plutôt à se disperser) ; le nez qui démange serait-il un besoin tactile (elle dit ne pas connaître ce signe) ; les Belges qui mangent beaucoup de frites auraient-ils un visage plus « dilaté » (vrai selon elle, signe de chaleur et de générosité) ; et ne jamais sourire finirait par rétracter les muscles du visage vers plus de négativité et de pessimisme.
- 55:55 Contacts, livres recommandés et mots de la fin
Rabia indique qu'on peut la retrouver sur Instagram, sous le nom Rabia Chihab, où elle publie des conseils et de petites vidéos pédagogiques. Elle insiste sur la bienveillance à privilégier plutôt que les jugements hâtifs, et recommande le livre « ABC de la morphopsychologie » en attendant la sortie de son propre manuel pratique. Brice la remercie chaleureusement pour son expertise, son temps et sa générosité, et elle propose de refaire, une autre fois, un décodage plus approfondi de trois heures.
Lire la transcription complète
Questions fréquentes
- Qu'est-ce que la morphopsychologie ?
- Selon Rabia Chihab, morphopsychologue invitée de Coucou Ma Biche, la morphopsychologie est une discipline qui étudie les traits, les volumes et les expressions du visage pour éclairer la personnalité et le fonctionnement profond d'une personne.