Transcription — Arne Alexis : marché de l'art, argent, spéculation et arnaques
Transcription de l'épisode de Coucou Ma Biche avec Arne Alexis, publié le et animé par Brice Boland : 11 chapitres résumés et horodatés.
Transcription produite automatiquement à partir de la bande son, puis relue : les noms propres et le découpage en chapitres ont été vérifiés à la main. Des approximations subsistent ; en cas de doute, la vidéo fait foi (nouvel onglet). Les horodatages ouvrent la vidéo à l'instant correspondant, dans un nouvel onglet.
0:00 Teaser : la banane à 6,2 millions
En ouverture, Brice et Arne reviennent sur "Comedian", la banane de Maurizio Cattelan scotchée au mur et vendue 6,2 millions de dollars. Ils discutent de qui l'a achetée, de la mise en scène autour de l'objet (une vraie banane remplacée chaque jour) et du fait que l'acheteur l'a ensuite mangée en conférence de presse. L'anecdote sert de teaser au thème de l'épisode : qu'est-ce qui justifie la valeur d'une œuvre d'art.
Arne Alexis 0:00 L'art a un jour commencé, mais ça ne s'arrête jamais.
Arne Alexis 0:02 Parce que si ça arrête, ça veut dire que l'humanité aura arrêté, aura connu sa fin.
Brice Boland 0:05 Je pensais qu'on allait fils de fée, genre dans 10-15 minutes, mais on peut directement y aller.
Arne Alexis 0:08 L'autre problème, c'est que quand les gens sont au courant, ils ont un peu peur d'y aller parce qu'ils pensent qu'en fait, on n'est là que pour vendre.
Arne Alexis 0:14 C'est un peu comme les magasins de luxe.
Arne Alexis 0:16 C'est que dès qu'on rentre, les vendeurs sont tous là, ils te regardent en mode genre...
Arne Alexis 0:20 Et je pense que les gens associent un peu ce monde de l'art à ça.
Arne Alexis 0:24 Mais comme je l'expliquais plus tôt, la plupart du temps, les expositions sont déjà en grande partie ou même complètement vendues donc on est là pour montrer, on est là aussi pour partager.
Arne Alexis 0:32 La banane
Brice Boland 0:34 qui scotchait au mur.
Brice Boland 0:34 Cette banane là qui est partie
Arne Alexis 0:36 il y a des millions, millions.
Arne Alexis 0:36 6.2 millions Justifiée pour toi.
Arne Alexis 0:38 Justifiable ça c'est exact le type exemple de ce qu'un fou est prêt à en donner.
Arne Alexis 0:44 Il fallait juste une personne il a plus vu ça je pense pour un coup de pub pour sa plateforme
Brice Boland 0:50 de crypto.
Brice Boland 0:50 Une pub à 6 millions
Arne Alexis 0:51 Oui exactement.
Arne Alexis 0:51 Que la pièce même c'est une vraie banane, oui, qui d'ailleurs doit être remplacé tous les jours.
Arne Alexis 0:56 Et il a mangé le lendemain, il a fait une conférence de presse quelques jours après où il a mangé la banane.
Arne Alexis 1:00 Il a mangé 6 millions d'euros.
Arne Alexis 1:02 Il a mangé 6 millions et 200 000.
Arne Alexis 1:03 200 000 euros.
1:08 Générique et présentation d'Arne Alexis
Après le générique du podcast, Brice accueille Arne Alexis avec qui il plaisante sur sa préparation et son statut de premier invité non francophone d'origine. Il explique avoir invité Arne spécifiquement sur le thème de l'art, sujet qu'Arne connaît de l'intérieur. Le cadre de l'épisode est posé : démystifier ce qu'est l'art, où il commence et où il s'arrête.
Brice Boland 1:08 Coucou ma biche, le podcast qui dynamite les conventions et nous catapulte dans l'univers totalement fou de ceux qui ont osé rêver en grand avec une énergie contagieuse.
Brice Boland 1:15 On va parler performance, gross mindset, business, lifestyle, dans des discussions intenses 100% naturelles.
Brice Boland 1:19 Coucou ma biche est bien plus qu'un podcast, c'est les moments de fiesta entre amis autour du mic où l'on explore toutes les facettes de la réussite et de la performance avec une bonne dose de Frélie.
Brice Boland 1:28 Préparez-vous à être électrisé par des histoires palpitantes.
Brice Boland 1:30 Let's go !
Brice Boland 1:37 Arne, coucou ma biche.
Arne Alexis 1:38 Hello ma biche.
Arne Alexis 1:38 Ça va la forme ?
Arne Alexis 1:38 Oui, à fond.
Brice Boland 1:41 Je sais, ça fait trois jours que je t'envoie
Arne Alexis 1:42 ça, t'es chaud, t'es chaud, t'es chaud.
Arne Alexis 1:42 Oui, oui, oui, que du coup je suis bouillant.
Brice Boland 1:44 Le mec, il n'a fait que dormir.
Brice Boland 1:44 Exactement,
Arne Alexis 1:46 exactement.
Arne Alexis 1:46 Dormir, reviser, penser, réfléchir, remuer.
Brice Boland 1:50 Non, t'as pas révisé, je sais que t'as pas révisé.
Arne Alexis 1:51 Si, si, si, quand même.
Arne Alexis 1:51 Préparé ?
Arne Alexis 1:53 Préparé, bien préparé, bien préparé, parce qu'il faut quand même faire bonne figure c'est vrai auprès de tout le monde et toi surtout
Brice Boland 1:59 t'es mignon c'est la première fois que j'invite quelqu'un qui n'est pas francophone de base même si ton français est même peut-être mieux que certains francophones donc tu parles très bien mais je crois que ça va rajouter un petit petite touche exotique exotique
Arne Alexis 2:13 l'exotisme je sais pas si un blond vient faire l'exotisme mais je vois ce que tu veux dire c'est très exotique t'inquiète
Brice Boland 2:18 tout ce qui est un peu différent c'est exotique
Arne Alexis 2:19 donc t'es toujours
Brice Boland 2:20 l'exotique de quelqu'un
Arne Alexis 2:21 c'est comme t'es toujours le fou de quelqu'un.
Arne Alexis 2:22 Exactement, oui.
Arne Alexis 2:22 Et nous, on est le fou
Brice Boland 2:24 de tout le monde.
Brice Boland 2:24 Ouais, peut-être, peut-être, peut-être.
Brice Boland 2:26 Donc, je crois qu'on va bien rigoler.
Brice Boland 2:26 Alors, je t'ai invité ici sur une thématique.
Brice Boland 2:30 En fait, la dernière fois, je t'avais dit, tiens, en fait, je cherche quelqu'un sur l'art.
Brice Boland 2:32 Et t'as dit, ben mec, moi !
Brice Boland 2:34 Et c'est vrai que c'est une thématique sur laquelle on peut se poser beaucoup de questions.
Brice Boland 2:40 Et le but ici, c'était de démystifier c'est quoi l'art ?
2:42 Qu'est-ce que l'art ? Définition et légitimité de l'artiste
Arne développe l'idée que l'art ne s'arrête jamais tant que l'humanité existe, et que sa définition a muté au fil des siècles, de l'imitation technique de la nature à la remise en question de la condition humaine. Les deux discutent de si l'art est qualifiable mais pas quantifiable, et de ce qui fait qu'on devient "artiste" : une vocation et une reconnaissance par les autres plutôt qu'une autoproclamation. Ils évoquent la productivité extrême de Picasso par rapport à d'autres artistes plus lents, et la question de savoir si tout le monde porte en soi la capacité de créer de l'art.
Brice Boland 2:44 Pourquoi ?
Brice Boland 2:44 Où ça commence ?
Brice Boland 2:46 Où ça s'arrête ?
Brice Boland 2:46 Etc.
Arne Alexis 2:48 Où ça s'arrête, j'ai pas de réponse.
Brice Boland 2:49 ça s'arrête jamais et ça commence jamais ça y est il est parti
Arne Alexis 2:51 si l'art a un jour commencé l'art a un jour commencé mais ça ne s'arrête jamais parce que si ça arrête ça veut dire que l'humanité aura arrêté aura connu sa fin ok
Brice Boland 2:59 je pensais qu'on allait fils de fée genre dans 10-15 minutes mais on peut directement y aller
Arne Alexis 3:02 là mais je t'avais dit que j'étais bouillant
Brice Boland 3:03 ok ça veut dire quoi ça quand tu dis l'art ne s'arrête jamais
Arne Alexis 3:06 l'art est quelque chose qui nous supervole enfin ça n'est pas un mot supervolé mais qui va au-delà de l'humanité qui est finalement l'humanité c'est l'art Et il y aura toujours l'art quand nous deux, on ne sera plus là et tous les autres ne seront plus là.
Arne Alexis 3:23 S'il n'y en a plus d'art, c'est-à-dire que l'humanité n'est plus là non plus.
Brice Boland 3:27 Tu veux dire quoi ?
Arne Alexis 3:27 S'il n'y a plus de création ?
Brice Boland 3:29 Que l'art est une mesure de l'humanité ?
Brice Boland 3:32 Absolument.
Brice Boland 3:33 La définition de l'art, c'est quelque chose qui périclite en fonction des siècles, des années, des générations ?
Arne Alexis 3:38 Absolument.
Arne Alexis 3:38 C'est exactement ça ce que je voulais dire.
Brice Boland 3:40 C'est quoi l'art du coup ?
Brice Boland 3:40 Qu'est-ce qui définit l'art ?
Arne Alexis 3:44 C'est une définition qui a un peu muté à travers des siècles.
Arne Alexis 3:47 Je pense que ça a commencé avec une imitation de la nature, de ce qui nous entoure, avec une technicité très fiable et très reconnaissante.
Arne Alexis 3:57 Mais aujourd'hui, c'est plutôt challenger le status quo, comprendre la condition humaine, comprendre l'expérience humaine d'autrui et un peu venir secouer la société.
Brice Boland 4:11 Est-ce que l'art se quantifie ?
Brice Boland 4:14 Est-ce qu'il y a une mesure qui nous permet de dire on sait valoriser, on sait reconnaître on sait définir c'est quoi l'art ?
Brice Boland 4:21 Ou alors tout est art ?
Arne Alexis 4:23 Tout n'est pas art même si l'art nous entoure donc ça veut dire qu'il y a beaucoup d'art mais on peut, non je pense que l'art est qualifiable mais pas
Brice Boland 4:32 quantifiable.
Brice Boland 4:32 Ok, imagine là je me définis demain comme artiste il y a des statues je pense en Belgique intermittent du spectacle oui absolument Ménestrel, Troubadour on va dire qu'à partir de demain je me définis comme artiste et je crée quelque chose est-ce que j'ai créé de l'art ?
Arne Alexis 4:51 moi je dis toujours que être artiste c'est plutôt un métier mais c'est surtout un état d'esprit c'est à dire qu'un artiste perçoit le monde d'une telle façon et veut créer quelque chose et veut montrer ça au monde et ça c'est être pour moi artiste, c'est avoir cette vocation de voir le monde d'une telle façon, d'apprécier les choses d'une telle façon de réfléchir de cette manière d'en faire quelque chose d'en prendre une création enfin d'en faire une création plutôt et de divulguer de distribuer cette idée
Brice Boland 5:27 et donc en fait c'est une reconnaissance
Arne Alexis 5:28 et donc du coup après ça vient une reconnaissance c'est plutôt les gens qui vont dire
Brice Boland 5:32 que je suis un artiste plutôt que moi m'autoproclamer un artiste
Arne Alexis 5:34 quelque part c'est ça oui quelque part c'est ça oui parce que si demain il y a une création de ta part tu pourrais dire que tu as fait quelque chose d'artistique oui est-ce que ça te fait être artiste je pense que ça serait un peu trop tôt mais si demain ta création elle est d'un tel niveau créatif intellect émotionnel et ça rejoint beaucoup d'éléments que on définit être un artiste bah du coup tu seras artiste d'un coup
Brice Boland 6:00 d'accord mais ça évidemment je ne sais pas
Arne Alexis 6:01 ce que tu créeras potentiellement
Brice Boland 6:03 il y a un côté un peu relatif
Arne Alexis 6:04 relatif et subjectif surtout enfin oui tout est relatif évidemment peut-être que ce que nous dans le canon occidental on définit comme artistique n'est pas du tout perçu comme ça dans l'Asie
Brice Boland 6:16 imaginons demain je deviens artiste je me proclame artiste je dessine quelque chose une fois qui va cartonner qui va être reconnu comme de l'art et ça va cartonner et puis je dis ok j'arrête je continue mon métier est-ce que je suis plus un artiste que quelqu'un qui vient de l'école du cirque pour des raisons de survie ou économique doit faire des spectacles un peu dans la rue tout le temps mais qu'il y a toujours beaucoup de monde autour est-ce que je suis considéré plus comme un
Brice Boland 6:44 artiste ou pas ?
Arne Alexis 6:46 Déjà que c'est comme tu disais l'attentat intermittent du spectacle, je pense qu'un artiste aujourd'hui, ou pas aujourd'hui mais dans le métier dans lequel moi je travaille, c'est artiste plastique donc peinture, dessin photographie, sculpture, etc mais il y a évidemment artistes sur un tas d'autres aspects art de la scène chant, etc, donc ce sont des artistes aussi qui est chacun dans leur métier plus approprié et qu'ils se sentent plus à l'aise avec un certain outil que ce soit un pinceau, que ce soit un micro que ce
Arne Alexis 7:13 soit des cônes pour jongler donc voilà
7:20 Le parcours d'Arne : famille collectionneuse, études et débuts à Maison Particulière
Arne raconte avoir grandi entouré d'œuvres grâce à ses parents collectionneurs, avant de développer sa propre passion pour l'art contemporain de façon autonome. Il retrace ses études de droit à Namur, puis de communication à la VUB, avant un master en histoire de l'art. Il détaille son premier poste, en job d'étudiant, au centre d'art bruxellois Maison Particulière, rue du Châtelain, où des collectionneurs privés montraient leurs collections en dialogue les unes avec les autres autour d'un "fil rouge" thématique.
Brice Boland 7:20 on va revenir un peu sur ton parcours est-ce que toi t'as déjà eu quelqu'un t'as parlé avec lui et t'as dit non, tu n'es pas un artiste parce qu'il se considérait comme un artiste mais au final il respectait pas les codes
Arne Alexis 7:31 j'ai eu de la chance dans ma vie que j'ai déjà été entouré de beaucoup d'artistes et que la plupart la grande majorité pour moi étaient vraiment des artistes qui répondaient à cette définition que moi je viens de dire, la vocation et de sentir ce besoin, cette envie de partager quelque chose avec le monde créatif mais j'en ai déjà rencontré où je ne pensais pas 100% que leur message était vraiment très artistique mais plutôt juste une fibre créative qui mettait sur toile sans vraiment cette force artistique
Arne Alexis 8:02 derrière
Brice Boland 8:03 Est-ce que je peux devenir artiste ?
Brice Boland 8:05 Moi, par exemple, ou alors c'est dans l'ADN, dans les gènes, dans le sang.
Arne Alexis 8:10 C'est quelque chose avec lequel, à mon avis, on naît ou on grandit.
Arne Alexis 8:14 Après, il y a aussi, c'est d'aller à l'académie.
Arne Alexis 8:17 Il faut, à un moment donné, aussi apprendre des skills techniques, même si, comme je disais tantôt, on n'est plus dans cet aspect où être artiste aujourd'hui est cette imitation 100% nette de la nature qui nous entoure.
Arne Alexis 8:32 ça c'était avant dans le 15ème siècle où ça c'était vraiment vu comme ça c'est un artiste, c'est quelqu'un qui arrive à peindre ce portrait de façon plus naturelle possible que de la représentation dans la vraie vie mais oui je pense que quelque part tout le monde est un peu artiste d'une façon ou d'une autre comme je dis c'est la condition humaine on veut tous comprendre la vie qui nous entoure on veut tous comprendre la société, on veut tous donner quelque chose à cette société d'une façon
Arne Alexis 8:57 ou d'une autre je pense que les artistes le font d'une façon très vraie et très honnête et donc ça il faut l'avoir c'est cette honnêteté envers la création et aussi cette fibre et puis avoir un skill qui permet de faire ça
Brice Boland 9:14 j'avais lu que Picasso en oeuvre reconnue donc il y a certainement d'autres oeuvres non reconnues il était à une moyenne sur toute sa carrière d'une oeuvre par jour mais comment c'est possible il y a des oeuvres où des artistes mettent des mois en faire une et là on parle de Picasso on va dire le goat
Arne Alexis 9:33 une par jour oui il était très très polyphérique d'ailleurs on dit toujours dans le monde de l'art mais qui n'a pas un Picasso moi moi aussi et beaucoup de gens mais c'est une façon de dire qu'il y a vraiment beaucoup beaucoup de Picasso sur le marché mais très polyphérique ça c'est quelque chose, je pense que chaque artiste travaille à sa façon je pense qu'il y en a qui ont cette facilité à produire et une fois que c'est dedans et que c'est dans leurs veines et dans
Arne Alexis 10:02 leur tête etc que ça sort et il y a des artistes qui ont beaucoup plus de besoin de temps et qui sont peut-être plus apaisés aussi plus calmes et moins wild que du coup ils ont besoin de ce temps avant de commencer avant de produire et que ça prend du temps oui.
Arne Alexis 10:20 Ce qu'il y a aussi un peu avec les écrivains, ils ont le writer's block parfois tu vois un artiste certes j'imagine que quand ils sont devant une toile blanche
Brice Boland 10:29 en fait parfois ils faisaient des tests, c'était juste un test sauf que ce test est devenu une œuvre d'art
Arne Alexis 10:32 ça évidemment oui, il y a beaucoup de ça
Brice Boland 10:35 comme le monochrome de Whiteman ah si je l'ai fait je sais pas si c'est valorisé pareil bon on l'a déjà deep dive donc revenons un peu sur qui es-tu donc Arne, Arne Alexis
Arne Alexis 10:50 Varno Intergame Alexis c'est mon deuxième nom, c'est pas mon nom de famille
Brice Boland 10:54 Arne Alexis en fait Arne je trouve ça très scandinave
Arne Alexis 10:59 c'est scandinave, c'est un nom scandinave mais je ne suis pas scandinave c'est juste un nom
Brice Boland 11:03 moi j'adore, t'es le seul Arne que je connais t'es unique, t'étais déjà unique évidemment sans ça c'est quoi ton parcours pourquoi t'es légitime là-dessus en tout cas je te considère comme légitime là-dessus et de quoi t'as envie de parler ici aujourd'hui
Arne Alexis 11:20 pour mon parcours j'ai étudié de la communication et puis l'histoire de l'art mais j'ai toujours un peu avancé dans le monde de l'art par ma famille qui collectionne, qui collectionnait de l'art et donc c'est toujours quelque chose qui a été présent dans ma vie que j'étais entouré de ça mais c'est vrai qu'à un moment donné
Brice Boland 11:39 t'étais petit et tes parents étaient tellement passionnés
Arne Alexis 11:42 oui voilà il y a toujours eu des œuvres chez nous à la maison on faisait des expositions, on allait au musée on allait dans les galeries etc donc c'était quelque chose de très logique qui était présent mais c'est vrai qu'à un moment donné il y a eu une accélération de mon côté un peu détachée de ma famille détachée de mes parents parce que tout d'un coup j'allais seul dans les galeries je faisais les expositions seul ça m'intéressait vraiment de plus en plus et je sentais vraiment
Arne Alexis 12:05 bien que je m'accrochais énormément à ce sujet et aux artistes et très contemporain surtout ce que chez nous était moderne allant vers le contemporain mais puis moi ça devenait vraiment très contemporain ce qui est normal parce qu'on veut toujours s'accrocher à l'époque de soi-même donc c'est pour ça que je dis je dis toujours qu'il faut s'intéresser c'est bien de s'intéresser à tout mais le plus palpitant, le plus excitant c'est de s'intéresser à l'art contemporain pour nous, de notre génération
Brice Boland 12:32 il y a 20 ans c'était contemporain
Arne Alexis 12:34 oui mais l'art contemporain c'est la création d'aujourd'hui mais c'est vrai que les définitions on va en parler après sont un peu, pour l'instant on est un peu sur un moment charnière parce qu'en effet l'art contemporain de 1980 ce qu'on divise encore ce qu'on estime encore contemporain n'est plus si contemporain d'accord
Brice Boland 12:53 donc ça va devenir une tendance et on va mettre un mot à ça
Arne Alexis 12:55 et c'était il y a 45 ans finalement et c'était il y a 45 ans on parle d'art moderne on parle d'après-guerre parce que la guerre était à un moment très charnière dans le XXe siècle et puis le millénium évidemment mais là le contemporain était déjà présent mais qu'est-ce qu'il y a encore contemporain on est en 2025 mine de rien on n'est plus en 2010 2005 2013 non on est en 2025 c'est un quart de siècle donc du coup voilà donc j'ai fait les études de droit
Arne Alexis 13:20 d'abord
Brice Boland 13:21 ok
Arne Alexis 13:22 à Namur parce que mes deux parents ont fait ça je ne m'occupais pas trop de ce que je vais faire après mais ce n'était pas un énorme succès donc je suis revenu à Bruxelles et en revenant à Bruxelles j'ai décidé de faire école de communication un peu classique mais ça donnait en tout cas un pléthora de possibilités pour aller travailler après dans des secteurs des domaines qui m'intéressaient mais simultanément avec ces études j'ai travaillé pour un centre d'art à Bruxelles, pas une fondation, un centre d'art
Arne Alexis 13:54 qui s'appelait Maison Particulière qui était au Châtelain, rue du Châtelain 49, je ne sais pas si tu as connu c'était vraiment incroyable ce projet c'était des collectionneurs privés qui montraient leur collection mais ensemble avec des autres collectionneurs privés, donc ils montraient une partie de leur
Brice Boland 14:08 collection.
Brice Boland 14:08 C'est quoi, c'est une sorte de pop-up ?
Brice Boland 14:10 Non.
Brice Boland 14:10 D'une communauté de collectionneurs privés ?
Brice Boland 14:12 Oui
Arne Alexis 14:14 pop-up est le mot, oui mais c'est juste que eux, donc le collectionneur privé avait ce centre, maison particulière, qui était vraiment une maison particulière, et ils montraient leurs collections en dialogue avec des autres collections
Brice Boland 14:26 privées.
Brice Boland 14:26 Et qui étaient invités ?
Brice Boland 14:26 Tout le monde ?
Arne Alexis 14:28 C'était eux qui choisissaient des collectionneurs avec qui ils voulaient une fois travailler ensemble, donc montrer une collection.
Arne Alexis 14:36 Et donc du coup, en mettant ces collections ensemble, ils trouvaient toujours un peu une thématique.
Arne Alexis 14:40 Un fil rouge.
Arne Alexis 14:40 Un fil rouge.
Arne Alexis 14:42 Et ce qui est très intéressant, parce qu'une collection est quelque chose de très privé.
Arne Alexis 14:44 C'est pour ça qu'on appelle ça une collection privée.
Arne Alexis 14:46 Et c'est très très personnel, c'est vraiment genre le fil rouge c'est les choix de la personne ou des personnes.
Arne Alexis 14:52 Imaginons moi
Brice Boland 14:54 j'aime un artiste, plastique
Arne Alexis 14:56 un artiste, oui
Brice Boland 14:58 c'est plastique et je me dis ok ça, j'ai envie de montrer ça au monde et je vais m'associer à d'autres collectionneurs pour trouver un fil rouge et dire ok ça, je vais rendre ça accessible en tout cas plus accessible, moins privé, moins confidentiel et donc des gens vont venir voir ça, c'est à dire qu'ils vont entrer un peu dans mon intimité d'une façon ou d'une autre.
Brice Boland 15:14 Oui oui
Arne Alexis 15:16 Absolument, c'est pour ça que rentrer dans une...
Arne Alexis 15:18 Ici, la collection Maison Particulaire était montrée dans une maison qui était purement aménagée pour ça.
Arne Alexis 15:23 Ils ne vivaient pas là.
Arne Alexis 15:25 C'était aménagé comme s'ils vivaient là.
Brice Boland 15:27 C'était en fait une galerie d'art ?
Arne Alexis 15:28 Non, ce n'était pas une galerie d'art.
Arne Alexis 15:30 Non, absolument pas.
Arne Alexis 15:30 Ce n'était pas une galerie d'art parce que c'était beaucoup plus...
Arne Alexis 15:32 Déjà, il n'y avait pas cette architecture ou cette conception spatiale qu'une galerie d'art a, c'est-à-dire des murs blancs, des néons, etc.
Arne Alexis 15:40 Le white cube, comme on l'appelle.
Arne Alexis 15:42 C'était vraiment beaucoup plus cosy, plus casanier.
Arne Alexis 15:45 c'était une maison au Châtelain donc très typiquement bruxellois et donc ils montraient leur collection une partie de leur collection et puis les autres collections se rejoignaient il y avait un fil rouge et ça c'était vraiment très très intéressant et c'était très riche comme proposition envers Bruxelles parce qu'il y avait du coup en effet toute une partie de collection privée qui n'était pas assez grande pour avoir leur propre lieu
Brice Boland 16:10 si tu veux
Arne Alexis 16:11 mais qui finalement avait quand même une plateforme pour le temps de trois mois parce qu'il y avait 3 expositions par an donc disons 3-4 mois d'exposition étaient montrées au grand public et ça c'est finalement très très bien parce que toutes ces collections privées sont finalement très personnelles mais ce sont aussi des oeuvres d'art qui partent de la sphère publique et un artiste ou une artiste crée quelque chose justement comme je disais là tantôt pour la société, pour le monde etc et à un moment donné quand
Arne Alexis 16:37 quelqu'un un individu ou des individus décident d'acheter une pièce ou plusieurs pièces la reprennent, la retirent de la vie publique.
Arne Alexis 16:46 Donc, toutes ces collections privées, comme celle que j'ai travaillée pour, Maison Particulière, remontrent ça, le temps d'une exposition ou le temps de plusieurs expositions, au grand public.
Arne Alexis 16:55 Et ça, je trouve très bien.
Arne Alexis 16:56 Et donc, du coup, j'ai commencé à travailler pour eux pendant mes études, en tant que job d'étudiant.
Arne Alexis 16:59 Vraiment très...
Arne Alexis 17:01 Mais parce que je savais bien que c'était un monde, un univers qui m'intéressait et dans lequel je voulais évoluer ou dans lequel je voulais voir s'il y avait moyen d'évoluer.
Arne Alexis 17:09 Et en fait, j'ai très vite accroché.
Arne Alexis 17:10 Et de là sont venus des stages dans des galeries, des stages dans des bureaux de communication spécialisés dans l'art et le design etc.
Arne Alexis 17:17 Et puis j'ai décidé ok je vais faire un master en histoire de l'art parce que je sentais que je commençais à évoluer que j'avais une connaissance qui était l'art contemporain surtout, comme je disais c'était l'art de mon temps mais que je voulais un peu plus m'approfondir dans une connaissance plus historique c'est quoi l'art, c'est quoi l'histoire de l'art
Brice Boland 17:34 Et du coup t'as des masters histoire de l'art, t'as des masters de l'histoire contemporaine
Arne Alexis 17:37 Non j'ai fait histoire de l'art
Brice Boland 17:38 Et puis tu peux te spécialiser encore
Arne Alexis 17:40 J'ai fait une spécialisation en effet en art contemporain en effet ou tout ce qui va avec mais le master était assez assez général t'as fait où ?
Arne Alexis 17:49 à la VUB en Irlandais donc après Namur j'ai décidé que j'allais nouveau faire mes études en Irlandais non j'ai fait communication en Irlandais parce que c'était j'ai regardé pour l'IEX mais le programme où je l'ai fait Erasmus Hogos Hall était plus un programme qui me collait et c'est vrai que pour après le master j'ai regardé à l'ULB mais l'ULB c'était 3 ans parce qu'il fallait faire une année passerelle et j'avais déjà quand même avancé un peu donc j'étais là bon on avance et à la VUB
Arne Alexis 18:17 c'était en deux ans
18:19 Anecdotes de collectionneur : Tadao Ando, la collection Pinault et l'Affordable Art Fair
Brice partage ses propres souvenirs de visites d'expositions : la Bourse de Commerce et la collection Pinault, l'architecte Tadao Ando (auteur de la maison délabrée de Kanye West à Malibu), et les sculptures de bougies d'Urs Fischer qui se consument peu à peu. Il raconte aussi son premier coup de cœur à l'Affordable Art Fair à Tour & Taxis, acheté sans même connaître le prix. Les deux discutent de ce que veut vraiment dire "accessible" en art, et du caractère très personnel d'une collection privée.
Brice Boland 18:19 Très bien, j'ai plein d'idées, plein de remarques plein de questions Non remarques mais
Arne Alexis 18:24 des petits feedbacks
Brice Boland 18:27 Exactement, je vais te donner un exemple de ce que j'ai eu, moi j'étais allé à Affordable Art Fair alors de nouveau c'est quoi Accessible, est-ce que c'est à partir de 1€ ou 2000€ est-ce que c'est Accessible, de nouveau c'est très personnel et très natif moi je suis pas fan d'art de base mais j'aime bien j'aime bien parce que je suis curieux et j'aime bien qu'on m'explique on avait fait une fois une exposition avec le Boulot c'était à Paris c'était une exposition de Tadao Ando très béton
Arne Alexis 18:55 Tadao Ando c'est un architecte ah oui mais vous avez de voir à Pompidou son nom
Brice Boland 19:00 c'était pas Pompidou c'était
Arne Alexis 19:02 la bourse de commerce ouais ah mais ça c'est lui c'est l'architecte Tadao Ando c'est l'architecte qui travaille en béton
Brice Boland 19:08 c'est de l'art et effectivement moi je ne connaissais pas je ne connaissais pas de nouveau il est hyper connu mais je ne connaissais pas
Arne Alexis 19:14 il est hyper connu
Brice Boland 19:15 c'est pas grave
Arne Alexis 19:15 il a fait la maison de Kanye c'est cette maison de Kanye West qui est délabrée à Malibu tu n'as jamais entendu Kanye West avait acheté ça il y a 5 ans et il l'a laissé complètement à l'abandon et tout ça et il ne ressemble plus à rien c'est lui l'architecte de cette maison
Brice Boland 19:30 après il a fait quoi il a mis du béton
Arne Alexis 19:32 c'est très bunker c'est bunker c'est un minimalisme japonais hyper ascétique
Brice Boland 19:38 et en fait je me rappelle j'étais resté avec une historienne de l'art qui était dans ce musée
Arne Alexis 19:45 qui a la collection de Pinault
Brice Boland 19:48 exactement c'est Pinault il y avait ce truc de bougie c'est
Arne Alexis 19:51 Urs Fischer j'adore
Brice Boland 19:53 je ne sais pas comment ça s'appelle
Arne Alexis 19:55 les sculptures pliques-plogues dans la rotonde dont celle bien au milieu qui sont des bougies et qui petit à petit c'est les bougies qui finalement
Brice Boland 20:04 se consomment
Arne Alexis 20:05 se consomment
Brice Boland 20:06 et qui finalement ne vont plus rien être donc c'est une œuvre d'art éphémère oui
Arne Alexis 20:10 c'est un pop-up comme tu disais un pop-up
Brice Boland 20:13 pour moi tout est pop-up
Arne Alexis 20:14 tout est pop-up
Brice Boland 20:15 quand t'es en faillite c'était une pop-up et donc finalement je t'ai resté avec une dame là qui je te jure on est resté une heure et demie alors peut-être elle en pouvait plus et j'étais peut-être horrible mais en tout cas j'ai posé plein de questions et puis après elle parlait elle parlait elle est dans telle direction et en fait il y a ce fil conducteur artistique mais l'art est tellement profond tellement infini que tu peux rester dessus des heures et des heures
Arne Alexis 20:38 c'est un sujet qui vraiment a tellement d'issues et qui est relatif de ça mais qui est aussi très personnel parce que tu disais que tu posais beaucoup de questions c'est normal parce que c'est toi ton appréciation ton idée que tu veux essayer d'en retirer, la dame du coup elle voulait transmettre son appréciation sa connaissance et évidemment il y a des convergences et il y a aussi des moments où ça allait à gauche et à droite et tu veux à nouveau regrouper ça parce que tu veux
Arne Alexis 21:06 comprendre quelque chose de mieux donc du coup c'est normal, mais c'est ça qui est chouette
Brice Boland 21:10 c'est exactement ça, t'as bien résumé
Arne Alexis 21:11 en fait c'est la passion ça
Brice Boland 21:12 et donc je reviens sur ce Affordable Art Fair c'était à Tour & Taxis et de nouveau c'est quoi Accessible, ça on peut en parler après il y a 500 artistes ou 600 artistes c'est grand, mais c'est moyennement grand on va dire, c'est des stands je me rappelle on avait fait la première le premier couloir, puis le deuxième rangé et puis là directement il y a des trucs que je trouvais ça joli mais voilà directement il y a un truc j'ai dit ok ça je veux en
Brice Boland 21:39 savoir plus on m'a expliqué et en deux secondes je savais même pas le prix j'ai dit ok je veux ça chez moi après je savais que c'était accessible entre guillemets donc ça allait pas être tu savais pas que tu jouais avec du feu exactement mais je me suis vraiment dit soit c'est tellement impulsif et en fait je me rends pas compte que c'est n'importe quoi un coup de coeur
Arne Alexis 21:57 un coup de coeur mais c'est souvent comme ça que ça fonctionne ouais
Brice Boland 22:00 soit effectivement c'est ma thématique c'est ma direction et en fait c'est ça que j'aime bien
Arne Alexis 22:05 voilà exactement c'est ça qui montre que l'art est très personnel et peut-être que je vais voir la pièce et que je vais tout de suite comprendre aussi peut-être que je vais pas aimer du tout mais que je vais comprendre par la suite en comprenant un peu plus sur la pièce et un peu voir dans ton ADN si tu veux mais ça restera personnel c'est pour ça que rentrer dans une collection privée de quelqu'un c'est vraiment rentrer dans son intérieur d'âme si je dis quelque part
Brice Boland 22:32 et ce truc là, il est à la maison et moi j'aime m'expliquer j'aime que les gens donc c'est mon intimité mais je suis très heureux de leur expliquer ok en fait ça c'est fait comme ça je suis vraiment heureux de leur dire
Arne Alexis 22:46 c'est ça qui est censé faire l'art c'est Spark Joy c'est cette excitation sur l'objet sur l'idée sur la rencontre avec l'artiste si elle a été là
Brice Boland 22:59 l'artiste est chez moi donc j'ai pris l'artiste avec il est chez moi il dort chez moi maintenant il est avec moi
Arne Alexis 23:02 il n'a pas pu venir aujourd'hui donc du coup tu m'as appelé moi
Brice Boland 23:07 bien sûr lui il est spécialisé dans un truc toi tu connais tout comment est-ce qu'on valorise l'art ?
23:07 Comment se fixe le prix d'une œuvre : galeries, marges et négociation
Arne explique le fonctionnement du premier marché de l'art : le prix d'une œuvre dépend de l'avancement de la carrière de l'artiste, de la reconnaissance institutionnelle (musées, publications, critique) et de facteurs plus psychologiques. Il présente son employeur, la galerie Rodolphe Janssen à Bruxelles, le principe du partage 50-50 entre artiste et galerie (qui couvre tous les frais de transport, promotion et assurance), et les marges de négociation possibles lors d'un vernissage. Il détaille aussi le protocole KYC/AML qui encadre aujourd'hui les paiements, à l'opposé de l'époque des valises de cash.
Brice Boland 23:12 ça c'est il y a moyen
Arne Alexis 23:12 enfin il y a moyen oui il faut
Brice Boland 23:14 parce qu'il y a un marché pour tout ?
Arne Alexis 23:16 il y a un marché pour tout en fait pour répondre à cette question je pense que c'est qu'il y a toujours quelqu'un qui voudra donner quelque chose pour un objet ou tout à un prix il y a toujours un objet enfin il y a toujours un fou qui est prêt à donner de l'argent pour un tableau, une sculpture ou quoi.
Arne Alexis 23:35 Mais ça, c'est les mécanismes du marché, on peut dire, mais c'est un peu trop facile à résumer ça à ça.
Arne Alexis 23:41 On définit un prix où on valorise sur base de l'avancement de la carrière de l'artiste, où est-ce qu'il ou elle en est.
Arne Alexis 23:50 Est-ce qu'il vient seulement de commencer ?
Arne Alexis 23:51 Est-ce qu'il sort seulement de l'académie ?
Arne Alexis 23:51 Est-ce qu'il est quand même déjà un peu établi ?
Arne Alexis 23:54 C'est un peu spéculatif ?
Arne Alexis 23:56 Ici, je parle juste de comment est-ce qu'on définit en tant que genre nous dans le marché de l'art qu'est-ce qu'on met comme prix sur une oeuvre qui sort pour la première fois parce que les estimations qui sont faites en maison de vente sont toujours des prix basés sur le marché qui a déjà fait un peu le tracé de cette oeuvre ou de cet artiste mais donc du coup oui il y a l'avancement de l'artiste et il y a aussi la reconnaissance institutionnelle donc ça veut dire
Arne Alexis 24:23 est-ce qu'il y a eu déjà des acquisitions muséales, est-ce qu'il y a eu des publications est-ce qu'il y a une reconnaissance critique est-ce qu'il y a un buzz qui va autour il y a aussi un peu des éléments psychologiques évidemment qui viennent voir avec ça, mais tout ça permet quand même en tant que galeriste, en tant que marchand de définir un prix et de mettre un prix sur un tableau, sur une pièce d'art mais ça c'est dans le premier marché
Brice Boland 24:47 Attends, justement, on peut bien comprendre l'artiste il vend ou il donne ou il expose son oeuvre d'art dans une galerie
Arne Alexis 24:56 Oui, donc tu as des galeries et ils travaillent avec des artistes, un groupe d'artistes qu'ils représentent.
Arne Alexis 25:03 Et ces artistes-là, en effet, font des expositions.
Brice Boland 25:06 Par exemple, toi, tu bosses avec qui ?
Arne Alexis 25:07 Moi, je travaille pour la galerie Rodolphe Janssen, ici à Bruxelles.
Brice Boland 25:10 D'accord.
Brice Boland 25:10 Et eux, comment est-ce qu'ils choisissent les artistes avec qui ils travaillent ?
Arne Alexis 25:14 C'est une galerie qui existe déjà depuis longtemps, donc 1991.
Arne Alexis 25:17 Donc, il y a un groupe d'artistes qui est quand même déjà formé, qui se renouvelle, évidemment.
Arne Alexis 25:21 Il faut se renouveler.
Arne Alexis 25:21 Et puis aussi, il y a des artistes, ils s'en vont, ils reviennent.
Arne Alexis 25:25 Enfin, c'est des artistes.
Arne Alexis 25:28 Mais donc, du coup, ici, on a un groupe d'artistes avec lesquels on travaille depuis un bout de temps.
Arne Alexis 25:33 Certains 20, certains 15, certains quasi 30, certains 5, certains 10.
Arne Alexis 25:38 Mais donc, du coup, il y a un peu une récurrence.
Arne Alexis 25:40 Donc, c'est-à-dire qu'ils font une exposition.
Arne Alexis 25:42 D'abord, une œuvre vient se mettre dans une exposition de groupe.
Arne Alexis 25:46 C'est un peu quand on teste le terrain, quand on tâte un peu comment le public est réceptif ou non réceptif à cet artiste-là.
Arne Alexis 25:55 Et puis, quand il y a eu une masse critique qui était enthousiaste, on s'est dit, OK, go, on va faire une exposition solo.
Arne Alexis 26:04 Et donc, du coup, l'artiste travaille à une exposition pour la galerie qui est une exposition solo, qui peut être sur une thématique ou sur quelque chose qui montre.
Arne Alexis 26:14 Ça, c'est la pratique de l'artiste.
Arne Alexis 26:15 Et donc, du coup, il consigne ou elle consigne ses œuvres à la galerie.
Arne Alexis 26:19 Et donc, la galerie vend ses œuvres.
Brice Boland 26:22 Donc là, l'artiste, pour l'instant, tant qu'il ne s'est pas vendu, il n'a pas d'argent ?
Brice Boland 26:24 Non.
Brice Boland 26:26 Donc c'est vraiment, il donne ?
Brice Boland 26:26 Oui, il donne, oui.
Brice Boland 26:29 À mettre en exposition ?
Brice Boland 26:29 Oui, exactement.
Brice Boland 26:31 Exactement, oui.
Brice Boland 26:31 Et puis comment ça se passe ?
Brice Boland 26:32 C'est l'artiste qui dit, ok, moi je veux minimum ce prix-là ?
Brice Boland 26:34 Et puis la galerie dit, ok, moi je promeste ?
Arne Alexis 26:37 Évidemment, évidemment.
Arne Alexis 26:37 Ou c'est une marge ?
Arne Alexis 26:38 Non, il y a une marge.
Arne Alexis 26:38 Il y a une marge.
Brice Boland 26:40 C'est quoi la marge ?
Brice Boland 26:40 C'est 50-50.
Brice Boland 26:40 50-50 ?
Arne Alexis 26:42 Oui.
Arne Alexis 26:42 Donc l'artiste prend 50,
Brice Boland 26:44 c'est 10 000 balles, il prend 5 000 et toi tu prends 5 000 ?
Brice Boland 26:47 Oui.
Brice Boland 26:47 Ok, 50-50.
Arne Alexis 26:49 mais je vois ta réaction et c'est une réaction que je reconnais les gens sont toujours un peu étonnés, parfois voire choqués je pense de ces 50-50 mais il faut savoir que l'artiste crée l'oeuvre et une fois la création est terminée que l'oeuvre a été transportée envers la galerie, tous les autres frais, tous les frais qui sont encombrés pour la promotion de l'art pour la promotion de cette pièce tombent sur le dos de la galerie, donc transport distribution, promotion l'assurance, transport, j'ai déjà dit transport mais parfois
Arne Alexis 27:23 il y a deux transports donc tout tombe sur le dos de la galerie donc finalement
Brice Boland 27:28 Et c'est quoi votre promesse vous de la vendre ?
Brice Boland 27:31 Ou c'est quoi ton conversion rate ?
Brice Boland 27:33 Ton taux de conversion ?
Arne Alexis 27:35 Par rapport à...
Brice Boland 27:36 Quelle est ta promesse de vente ?
Arne Alexis 27:38 Il n'y a pas de promesse de vente Oui je comprends qu'on fait notre mieux et on fera toujours notre mieux
Brice Boland 27:45 Une vente c'est combien de temps plus ou moins ?
Brice Boland 27:47 Allez, tu prends une œuvre d'art, elle reste combien de temps ?
Brice Boland 27:50 Je dis toi, mais en moyenne, tu marches.
Arne Alexis 27:51 Oui, oui, oui, j'ai compris.
Arne Alexis 27:54 Il y a des artistes qui sont tellement en demande, qui sont tellement hot, comme on dit, qui partent le premier jour.
Arne Alexis 27:59 Qui partent le premier jour, le temps du vernissage, et même avant déjà, parce qu'il y a une liste d'attente parfois.
Brice Boland 28:04 Donc le go live, c'est un vernissage d'office.
Brice Boland 28:07 Quand vous entrez des nouvelles œuvres d'art, c'est le vernissage.
Arne Alexis 28:10 C'est le vernissage.
Brice Boland 28:11 Le vernissage, c'est la première exposition.
Arne Alexis 28:13 Le vernissage, c'est l'ouverture de l'exposition.
Brice Boland 28:14 C'est ça, ok, d'accord.
Arne Alexis 28:15 et c'est à ce moment là qu'il y a quand même des ventes beaucoup de ventes qui se concluent qui se font
Brice Boland 28:20 il y a des prix un peu early bird, tu peux négocier ça ?
Arne Alexis 28:23 non, c'est pas il y a toujours une marge de négociation ça dépend un peu aussi quelle est la proximité que tu as avec l'acheteur si c'est un collectionneur slash client qui t'achète vraiment beaucoup et avec qui tu as une bonne entente qui soutient ton programme depuis très longtemps qui ne soutient pas que les artistes stars et hot que tout le monde veut mais qui achètent aussi des artistes qui sont moins faciles à vendre bah là évidemment tu tu tu il y a we meet in the
Arne Alexis 28:50 middle entre guillemets tu vois mais c'est pas il n'y a pas quelque chose genre ah oui vous êtes les premiers à acheter bah voilà premier venu premier servi premier réduction non surtout pas parce que du coup quand c'est quand tout le monde se l'arrache entre guillemets au début bah il n'y a quasi pas de marge de manœuvre parce que pourquoi on devrait
Brice Boland 29:07 imagine j'arrive l'œuvre est à 10 000 euros et moi je te dis écoute 9 000 euros j'en prends
Arne Alexis 29:10 tu
Brice Boland 29:12 peut être ok ou pas et si c'est ok tu prends sur la marge de la galerie ou la marge de la
Arne Alexis 29:16 ça c'est toujours des conventions qui sont mises en accord avant avec l'artiste qu'est-ce qu'on fait est-ce qu'on partage les 10% est-ce que vous ne voulez absolument pas 10% est-ce qu'on est d'accord pour les 10% souvent jusqu'à 10% ça se partage parce que c'est dans l'intérêt de la vente etc dès que ce sont des réductions plus importantes et il y en a des importantes par exemple si on vend à des musées des institutions etc là on est plus clément parce qu'on sait que les budgets sont un
Arne Alexis 29:47 peu moindres il y a moins de budget dans le public que dans le privé et c'est dans l'intérêt de l'artiste et de l'évolution de sa carrière d'être exposé parce que justement ça fait aussi valoriser l'oeuvre mais imagine que tu me proposes 7000 et qu'on est peut-être pas le premier jour mais genre la quatrième semaine et qu'il y a encore 2-3 toiles qui restent ben voilà on est aussi des des commerçants donc du coup il faut aussi réfléchir on va pas dire catholiquement non mais on va
Arne Alexis 30:17 prendre en considération et là c'est une conversation qui se fait avec l'artiste jusqu'à quel point on veut partager ça ou est-ce qu'on dit non, on reste quand même un peu ferme et parfois on doit parce qu'on peut pas non plus brader les pièces c'est pas dans notre intérêt non plus, on veut gagner de l'argent
Brice Boland 30:32 toutes les pièces qui sont là c'est des vraies ?
Arne Alexis 30:34 oui, en contemporain évidemment
Brice Boland 30:37 y'a pas des copies parce que ça coûte vraiment cher ?
Arne Alexis 30:39 Non.
Arne Alexis 30:39 L'art contemporain n'est pas assez fou en termes de prix et en termes de ce qu'il y a sur le marché.
Brice Boland 30:45 C'est quoi l'œuvre chez toi la moins chère et la plus chère ?
Arne Alexis 30:47 La moins chère doit être autour de 5 000, je dirais.
Arne Alexis 30:54 La plus chère, facilement vers les 200 000.
Brice Boland 30:57 Ok.
Brice Boland 30:57 T'as pas des trucs à des millions d'euros ?
Brice Boland 30:59 Non, non, non.
Brice Boland 30:59 T'as déjà vu ça ?
Arne Alexis 31:01 Moi, non, personnellement.
Arne Alexis 31:02 J'ai une fois été impliqué dans une vente, mais plutôt dans le côté vente, de 750 000 dollars, donc ça touchait
Brice Boland 31:11 le million.
Brice Boland 31:11 Et comment ça se passe du coup ?
Brice Boland 31:13 Il y a un protocole derrière ?
Brice Boland 31:15 C'est juste un petit virement, je te fais un QR code et tu mets 700 000 ?
Brice Boland 31:17 Comment ça marche ?
Arne Alexis 31:19 Aujourd'hui c'est tout un protocole parce qu'on ne peut plus accepter de l'argent.
Arne Alexis 31:21 Bien sûr, tu dois faire un peu
Brice Boland 31:23 du money laundering et un check.
Arne Alexis 31:25 KYC et AML exactement, Know Your Customer, donc aujourd'hui, avant je me souviens très bien, on pouvait venir avec du cash et l'affaire était réglée.
Arne Alexis 31:34 Ouais, c'est quoi
Brice Boland 31:36 la plus grosse valise de cash que tu aies reçue ?
Brice Boland 31:39 Tu peux me dire ça ?
Arne Alexis 31:40 Non, je ne sais même plus.
Arne Alexis 31:43 Moi, personnellement, quasi pas, parce que je travaille dedans.
Arne Alexis 31:45 C'est vraiment à l'ancienne.
Arne Alexis 31:48 En fait, je parlais plutôt de l'autre côté, c'est-à-dire que quand ma mère, parfois, achetait des...
Arne Alexis 31:53 C'est pour ça que je faisais...
Arne Alexis 31:55 Mais de toute façon, tout ça est passé.
Brice Boland 31:57 Tout ton compte d'épargne, le compte kangourou de Arne.
Arne Alexis 32:01 Donc du coup, moi, je suis rentré dans le monde de l'art où il y avait déjà quasi une régularisation qui se faisait, qui était en route donc j'ai pas connu ces temps fous mais j'imagine qu'à un moment donné ça a dû être fou les valises mais du coup aujourd'hui on doit tout vérifier, on doit savoir qui achète le tableau qui va payer si c'est pas la même personne pourquoi, où est le compte et on doit savoir que ce compte est bien lié à cette personne
32:28 Investir et spéculer dans l'art
La discussion porte sur l'art comme placement : selon Arne, il faut miser des montants significatifs, autour de 100 000 euros, pour espérer un vrai retour sur investissement, contrairement à l'époque où des artistes montaient très vite en valeur avec de plus petites sommes. Il explique le rôle des maisons de vente aux enchères, où les prix peuvent s'envoler bien au-delà de ceux fixés en galerie dès qu'un objet devient rare ou convoité, sans que cette flambée profite à l'artiste ni à la galerie. Il évoque aussi des cas d'artistes dont la cote s'est effondrée après une hausse trop rapide, et le rôle des galeries comme "gardiennes" de la carrière de leurs artistes sur le long terme.
Brice Boland 32:28 comment investir dans l'art du coup ?
Brice Boland 32:32 ça c'est un peu ce que tout le monde voudrait savoir c'est comment spotter l'artiste spéculatif qui va monter ou comment investir et deuxième question, prenons un curseur de 0 à 100, donc j'ai 100 000 euros je vais mettre 10 000 euros dans la bourse, je vais mettre X euros là-dedans, je devrais mettre combien dans l'art, selon toi il y a des gens qui achètent des montres je vais acheter la Rolex Daytona, je sais qu'elle va monter il y a des gens qui vont acheter des bijoux
Arne Alexis 32:56 tu l'as vu aussi pendant le confinement, tout le monde s'arrachait les montres
Brice Boland 33:00 enfin
Arne Alexis 33:01 parfois dans la rue aussi mais je parlais plutôt
Brice Boland 33:07 s'arracher entre eux
Arne Alexis 33:08 symboliquement et gentiment et parce qu'il y avait cet engouement et puis Patek a dit qu'ils allaient arrêter la production de la Nautilus etc mais là on a déjà un petit retour aussi les montres ça commence aussi les prix ne sont plus les mêmes prix les prix sont plus les mêmes prix
Brice Boland 33:27 le marché est toujours gagnant Enfin, le marché est toujours...
Brice Boland 33:30 On revient à une situation de marché.
Arne Alexis 33:31 Oui, exactement.
Arne Alexis 33:33 Et donc, du coup, avec l'art, parce que tu dis spéculer, l'art n'est pas...
Arne Alexis 33:37 Enfin, si, les gens le font.
Arne Alexis 33:38 C'est un épicissement.
Arne Alexis 33:39 Non, un petit peu avagace.
Arne Alexis 33:40 Oui, exactement.
Arne Alexis 33:41 Mais aujourd'hui, on est dans un marché où avant, un artiste qui coûtait 10 000 euros, 20 000 euros, il pouvait vraiment grimper jusqu'à des prix pas possibles en peu de temps.
Arne Alexis 33:52 Et tu pouvais vraiment, genre, monnayer ça assez rapidement et facilement.
Arne Alexis 33:56 Mais aujourd'hui, ce n'est moins le cas.
Arne Alexis 33:58 Mais pour vraiment avoir un retour de spéculation ou d'investissement, il faut déjà aller taper dans des montants plus élevés, voire 100 000 euros parfois.
Arne Alexis 34:09 Pour avoir la certitude que tu vas en retirer la même somme ou augmenter et bien augmenter, donc pas perdre ou bien avoir un retour assez intéressant, il faut déjà quasiment mettre 100 000 euros.
Arne Alexis 34:22 C'est ça.
Brice Boland 34:23 Parce qu'après, il faut un marché derrière pour le racheter.
Brice Boland 34:25 Oui, exactement.
Arne Alexis 34:25 Et le problème, c'est ce qui est passé, c'est qu'avec ces artistes à 10, 15, 20 qui ont grimpé hyper vite c'est que tout d'un coup le marché le prenait mais le marché aussi à un moment donné arrête de gober parce que c'est comme je disais là tantôt c'est qu'il suffit d'avoir un fou qui achète le truc oui ok mais ça ça ne fait pas un marché
Brice Boland 34:45 il faut un deuxième fou
Arne Alexis 34:47 il faut plusieurs fous pour pouvoir légitimiser ça et donc si le marché si les fous sont tous plus fous ou fous pour un autre truc le marché arrête d'exister et du coup c'est à l'implosion et c'est ça qui se passe avec quelques artistes comme ça hot, contemporain, etc
Brice Boland 35:02 comme qui par exemple ?
Arne Alexis 35:03 non, il n'y a pas de nom mais je sais qu'il y a des artistes qui ont connu des prix en 5 ans mais hyper flambés et la cinquième année et deux mois tout a fait le slide vers le bas parce que trop vite trop cher trop ci trop là il faut quand même du coup c'était
Brice Boland 35:23 overpriced oui
Arne Alexis 35:24 mais c'est le marché qui a fait ça aussi parce qu'ici on a beaucoup parlé des galeries mais il ne faut pas non plus oublier qu'il y a les maisons de vente sans chair et là les prix parce que les prix parfois ne collent pas forcément à ce que nous dans les galeries on demande parce qu'on tient compte de tous ces éléments que je disais les coûts, la reconnaissance institutionnelle mais quand cet artiste est hyper en demande le marché est prêt à payer beaucoup plus imagine toi
Arne Alexis 35:53 tu as vu et le budget n'est pas un souci tu as vu une pièce chez nous par exemple que tu veux absolument mais on t'annonce que c'est sold out que tout est vendu et qu'il n'y aura pas de pièce avant six mois un an parce que l'artiste travaille justement pas au rythme de Picasso mais à un rythme plus ou sur autre chose
Brice Boland 36:08 et il refait ça après
Arne Alexis 36:09 exactement mais toi tu veux absolument une pièce de ça pour avoir chez toi tu es motivé tu es chaud etc et dans six mois ça passe en vente aux enchères dans une maison de vente qu'est-ce que tu vas faire mais que tu n'es pas le seul parce que si quelqu'un si toi le veux quelqu'un d'autre vous êtes à deux dessus évidemment ça se rend chéri et là tout d'un coup la valeur de marché de cet artiste ne sera plus les 20, 50, 70 000 que nous
Arne Alexis 36:35 dans la galerie on avait décidé que c'était le prix mais on est à des 200 000 300 000, 400 000 finalement mais ce n'est pas représentatif pour le marché les artistes ont
Brice Boland 36:43 parfois intérêt à garder des oeuvres à côté
Arne Alexis 36:45 absolument pour au cas où entre guillemets
Brice Boland 36:48 ce type d'oeuvre prend de l'ampleur
Arne Alexis 36:52 Oui, exactement.
Arne Alexis 36:52 Oui, mais c'est surtout nous, en tant que galerie, qui sommes quand même un peu le gardien de l'artiste, qui veulent faire son marché, faire évoluer la carrière.
Arne Alexis 37:04 Carrière égale marché, c'est un peu rapide, mais quelque part, oui.
Arne Alexis 37:07 Et donc, du coup, on veut quand même garder, paisible n'est pas le mot, mais genre apaisé, que ça ne soit pas flambé.
Arne Alexis 37:15 parce que si ça se passe comme ça, oui ça va faire le buzz du moment et que 200 000, 300 000, 400 000 mais l'artiste ne profite pas de ça, nous non plus parce que c'est la maison de vente sans enchères qui du coup reverse une grande partie de cette somme à l'acheteur qui l'a acheté peut-être chez nous ou dans une autre galerie et ça on ne veut pas, on veut quelqu'un qui est vraiment un custodien de cette oeuvre, de cet artiste en the long run.
37:37 S'initier à l'art : musées et galeries à Bruxelles et à Paris
Arne conseille avant tout d'aller voir des œuvres en vrai pour "instruire son œil", plutôt que de se contenter de lecture. Il recommande à Bruxelles les Musées royaux des Beaux-Arts et le WIELS à Forêt, tout en reconnaissant que la ville est mieux dotée en galeries qu'en musées comparée à Paris. Brice et Arne évoquent le chiffre de 97% de gens qui ne savent pas comment acheter de l'art, la précarité de la majorité des artistes (2000 à 2200 euros net par mois pour la plupart, une poignée seulement en vivant grassement), et le devoir des galeries d'être moins élitistes et plus accessibles au public.
Brice Boland 37:37 Qu'est-ce que tu conseilles à quelqu'un qui veut s'intéresser dans l'art qu'il ait 15 ans, 20 ans, 35 ans, 45 ans peu importe pour s'y connaître un peu mieux et avoir une sorte de grille de lecture
Arne Alexis 37:49 de l'art
Brice Boland 37:50 qu'est-ce que tu conseilles ?
Arne Alexis 37:51 je pense que la première chose vraiment avec avec un base qui est qui est nihil comme tu dis
Brice Boland 37:58 parce que c'est assez niche quand même on est d'accord
Arne Alexis 37:59 c'est hyper niche absolument mais c'est d'aller c'est instruire son oeil je pense qu'instruire son oeil est très important c'est d'aller regarder regarder
Brice Boland 38:06 mais il faut une grille de lecture du regard
Arne Alexis 38:09 oui et non oui pour comprendre oui mais je pense que une des choses c'est vraiment genre regarder, voir et entraîner son œil, mais aussi définir pour soi-même « Ah oui, qu'est-ce que j'aime bien ?
Arne Alexis 38:18 » C'est en allant regarder.
Arne Alexis 38:22 Ce n'est pas en lisant.
Arne Alexis 38:22 C'est en lisant qu'on s'instruit, certes, mais ce n'est pas en lisant dans des livres et en écoutant des interviews ou des podcasts.
Arne Alexis 38:34 Non, les deux, évidemment, se complètent complètement.
Arne Alexis 38:36 Mais je pense qu'un aspect très important et que les gens oublient souvent, c'est qu'il faut aller regarder.
Arne Alexis 38:38 Il faut aller regarder les musées, regarder les
Brice Boland 38:42 expositions.
Brice Boland 38:42 Qu'est-ce que tu conseilles ici ?
Brice Boland 38:44 Prenons un cas pratique.
Brice Boland 38:45 Ici, moi, on va dire que je n'y connais rien.
Brice Boland 38:47 C'est quasi le cas.
Brice Boland 38:48 Je te dis là, j'ai envie de m'intéresser.
Brice Boland 38:49 Je mets trois mois pour vraiment m'instruire et m'intéresser.
Brice Boland 38:52 Demande le top 3 des musées à faire et comment le faire et pourquoi le faire.
Arne Alexis 38:56 À Bruxelles, malheureusement, on n'est pas super bien lotis en musée.
Arne Alexis 38:59 Mais attends, on est bien lotis en centre d'art et en galerie.
Arne Alexis 39:03 D'accord.
Arne Alexis 39:04 On a le musée du Royaume des Beaux-Arts.
Arne Alexis 39:06 Il y a des super belles pièces.
Arne Alexis 39:08 Il y a des bonnes expositions.
Arne Alexis 39:10 Malheureusement, pas à la hauteur.
Arne Alexis 39:11 je trouve que devrait avoir un musée de cette envergure dans un pays comme la Belgique, mais ça c'est un problème communautaire, mais on a le WIELS, c'est un centre d'art contemporain à Forêt, le WIELS, qui existe maintenant de...
Arne Alexis 39:23 WIELS ?
Arne Alexis 39:25 Ah oui, WIELS, ok.
Arne Alexis 39:25 Oui, oui, oui, WIELS.
Arne Alexis 39:28 Ok.
Arne Alexis 39:28 Hot Wheels.
Arne Alexis 39:30 C'est une petite voiture.
Arne Alexis 39:31 Oui, voilà, exactement, c'est le musée de l'automobile en fait, mais que j'ai dit sera un autre nom.
Arne Alexis 39:35 Autoworld.
Arne Alexis 39:37 Très bon musée, j'adore, j'ai passé tous mes mercredis après-midi là-bas.
Arne Alexis 39:39 C'est Autoworld ?
Arne Alexis 39:41 j'ai grandi à côté des cinquantenaires donc j'allais une fois à Autoworld une fois au musée d'armée une fois au musée égyptologique qui est juste derrière et mini Europe j'adorais mais donc du coup le WIELS donc à Forêt le Beaux-Arts pas très aimé dans le centre et puis tu finis par un petit lunch
Brice Boland 39:59 chez Torosian
Arne Alexis 40:01 avec des étoiles oui exactement ça c'est plutôt toi
Brice Boland 40:04 je t'attends au resto
Arne Alexis 40:06 avec plaisir si on fait un resto je t'emmène au musée c'est un deal
Brice Boland 40:11 ok c'est bon
Arne Alexis 40:11 non le Beaux-Arts a vraiment des super super bonnes expositions super bonnes expositions une programmation vraiment très très bonne et puis les galeries Bruxelles a une offre incroyable de galeries d'art contemporain qui sont donc des espaces commerciaux mais les gens oublient que ce n'est pas le seul but de ces espaces ou de ces organisations c'est aussi juste de montrer ces galeries sont libres on pousse la porte ou on la tire ça dépend dans quelle direction et il y a Il y a des expositions d'artistes nationales, internationales
Arne Alexis 40:42 et parfois même de très grande stature internationale qui sont juste là pour tout le monde.
Brice Boland 40:48 Mais comment on est au courant de ça ?
Brice Boland 40:49 Pardon ?
Brice Boland 40:49 Comment on est au courant de ça ?
Arne Alexis 40:51 C'est vrai que ça, c'est un peu une partie parfois un peu trop cachée ou moins connue, un peu confidentielle, oui.
Arne Alexis 40:58 Et ça, c'est l'autre problème.
Arne Alexis 40:59 C'est que quand les gens sont au courant, ils ont un peu peur d'y aller parce qu'ils pensent qu'en fait, on n'est là que pour vendre.
Arne Alexis 41:05 C'est un peu comme les magasins de luxe.
Arne Alexis 41:06 évidemment les magasins de luxe il y a le côté hyper consumériste qui est présent c'est que dès qu'on rentre les vendeurs sont tous là ils te regardent en mode genre on peut faire quelque chose et je pense que les gens associent un peu ce monde de l'art à ça il y a évidemment des convergences mais qu'on est là juste pour vendre un tableau ou pour vendre des tableaux etc mais comme je l'expliquais plus tôt la plupart du temps ce n'est pas toujours le cas mais la
Arne Alexis 41:34 plupart du temps les expositions sont déjà en grande partie ou même complètement vendues lorsque le vernissage et les jours qui en suivent ont découlé.
Arne Alexis 41:44 Donc on est là pour montrer, on est là pour montrer, on est là pour que l'artiste a une plateforme qui est donc la galerie, on est là aussi pour partager, il ne faut pas hésiter, mais je comprends que ça peut être un peu effrayant ou que les gens ne savent pas, etc.
Arne Alexis 42:00 Mais on est là aussi pour parler, pour partager donc les questions, etc.
Arne Alexis 42:04 on aime bien de répondre à ces questions et on va pas automatiquement penser ah oui mais maintenant vous avez posé une question sur cette toile là elle est disponible encore vous allez l'acheter non ?
Arne Alexis 42:13 non certainement pas ça c'est on fonctionne pas comme ça
Brice Boland 42:16 mais c'est tellement confidentiel je disais une stat 97% des gens ne savent pas acheter de l'art donc considère dire en fait j'avoue je ne sais pas comment faire pour acheter ni comment ni pourquoi ni valoriser ni l'oeil etc et deuxième stat c'est plutôt français et je voulais aussi en venir là dessus sur la culture belge et française donc c'est très bien que tu dises que la Belgique est un foyer de galeries je crois que c'est vrai par contre les expositions, les musées en France c'est quand
Brice Boland 42:40 même hallucinant tu peux faire un mois entier en France
Arne Alexis 42:44 à Paris et encore je pense que tu n'as fait que les grands
Brice Boland 42:48 les grands et encore t'as raison mais du coup je disais qu'il y avait 900 000 artistes en France sur 60 millions et de ces 900 000 il n'y a que 15 000
Arne Alexis 43:04 qui en font une vie
Brice Boland 43:06 qui en font une vie
Arne Alexis 43:07 de luxe
Brice Boland 43:08 c'est à dire que la moyenne gagne sa vie à 2000 euros 2200 euros net par mois c'est fou hein
Arne Alexis 43:14 et que 15 000
Brice Boland 43:15 en font une carrière et une carrière de luxe
Arne Alexis 43:18 oui oui c'est ça oui oui c'est une grande carrière
Brice Boland 43:20 comment t'expliques ça que 1 les gens quasi 100% donc 97% des gens disent en fait j'avoue je ne sais pas acheter je ne sais pas valoriser j'ai pas l'oeil
Arne Alexis 43:29 par ne pas savoir c'est ne pas savoir ne pas être en capacité monétaire ou ne pas être en capacité de ne pas savoir comment le faire.
Brice Boland 43:36 Je ne parle même pas de l'argent.
Brice Boland 43:37 Ah non, non.
Brice Boland 43:38 Capacité d'identifier, de se dire...
Arne Alexis 43:40 Ça, je pense que c'est quelque chose qu'il faut vraiment vouloir et il faut aussi savoir.
Arne Alexis 43:46 Et c'est quelque chose, en effet, que le monde de l'art, donc nous, on a un grand, grand devoir encore, c'est d'ouvrir nos portes encore plus et d'être un peu moins élitaire.
Arne Alexis 43:58 Certes.
Arne Alexis 43:59 Parce qu'il y a cette idée qui est parfois un peu exagéré mais parfois à des petits parts de vrai c'est qu'on est un peu fermé un peu entre nous etc mais ce n'est pas dans l'intérêt de la création ce n'est pas dans l'intérêt de l'artiste et aussi de ce qu'on veut faire c'est-à-dire c'est de quand même promouvoir l'art, promouvoir l'artiste promouvoir les trucs donc ça sert à quoi alors si on garde ça entre nous mais c'est pour ça que je pense que des initiatives comme les
Arne Alexis 44:26 maisons retriculières à l'époque parce que ça n'existe malheureusement plus ou bourse de commerce ou un tas d'autres projets de collectionneurs privés qui ont décidé de retirer l'art de la sphère publique la remontrent au grand public parce que beaucoup de gens se heurtent un peu parfois à cette idée, un collectionneur privé mais finalement ce sont des gens qui achètent de l'art pour leur propre plaisir mais qui à un moment donné quand ils ont construit une collection qui valait quand même la peine d'être remontrées parce qu'il y
Arne Alexis 44:59 a des collections privées aussi qui ne sont pas assez intéressantes pour les montrer c'est très bien que ça reste dans la sphère privée ou entre quatre murs et que l'intérêt n'est pas très grand mais donc oui je trouve ça bien que ces collectionneurs privés montent ça et je pense que le plus de gens qui sont en contact avec l'art mais l'art contemporain surtout parce que c'est ça qui fait la partie des galeries, des marchands le commerce etc le plus de gens qui peuvent se dire c'est
Arne Alexis 45:27 intéressant, ça fait vibrer ça fait réfléchir ça bouscule ça fascine et donc du coup je pense que c'est ça mais c'est de savoir et beaucoup de gens ignorent à quel point Bruxelles n'a peut-être pas les musées comme en France il y en a, parce que c'est vraiment une grande différence comme t'as déjà un peu touché, mais on a les galeries on a vraiment les galeries qui sont d'un niveau hyper respecté, hyper réputé mondialement mondialement oui
Brice Boland 45:59 il y a des gens qui viennent des Etats-Unis ou de Chine pour voir la galerie
Arne Alexis 46:02 donc c'était Art Basel il y a deux semaines et la semaine d'avant tu sentais une présence d'internationaux en Belgique et moi j'ai même eu des collectionneurs chinois qui sont venus à la galerie par hasard je ne les connaissais pas
Brice Boland 46:17 parce qu'ils allaient à Bâle
Arne Alexis 46:17 ils allaient à Bâle donc ça c'est l'avantage c'est qu'évidemment ils combinent Bruxelles mais ils ont décidé de venir à Bâle ils allaient à Paris après mais ils ont aussi fait Bruxelles et donc du coup on a visité l'atelier d'un artiste de chez nous à la galerie, mais nous du coup ils étaient quand même ici, ils ont quand même décidé d'aller à Bâle ça c'est logique entre guillemets parce que c'est un peu la foire des foires Paris parce que c'est Paris mais ils ont quand même décidé
Arne Alexis 46:39 de venir à Bruxelles
46:43 Concepts de galerie, artistes provocateurs et l'urinoir de Duchamp
Arne distingue les concepts de galerie, du "white cube" aux murs blancs classique aux expériences plus immersives, comme une artiste de la galerie qui peint directement sur les murs de la salle d'exposition. Il revient en détail sur la banane de Maurizio Cattelan, achetée par le collectionneur crypto Justin Sun pour 6,2 millions de dollars puis mangée lors d'une conférence de presse à Hong Kong, en la reliant à l'urinoir readymade de Marcel Duchamp comme jalon de l'art conceptuel. Il cite d'autres artistes "fous" et provocateurs comme Banksy et le duo Elmgreen & Dragset, connus pour se moquer du système de l'art.
Brice Boland 46:43 C'est quoi les concepts des galeries d'art je t'avais parlé assez rapidement de Florence qui a un art de demain qui a aussi sa galerie
Arne Alexis 46:54 elle n'a pas une galerie parce qu'elle n'a pas des murs physiques mais elle fait des expositions ah si maintenant au Sablon mais ça a fini ça a fermé ses portes déjà je pense
Brice Boland 47:08 en tout cas il y avait un hub d'artistes
Arne Alexis 47:10 et puis l'exposé ça c'est un concept
Brice Boland 47:13 et puis après il y a une galerie classique ou pas classique
Arne Alexis 47:15 oui classique c'est à dire que c'est comme je disais là tantôt donc c'est white cube c'est les murs blancs, néon blanc ça s'appelle le white cube ça c'est vraiment le concept c'est un concept qui est venu un peu dans les années 70-80
Brice Boland 47:28 parce que l'oeuvre ressort mieux ?
Arne Alexis 47:29 parce qu'en effet plus que du noir ?
Arne Alexis 47:31 oui oui ça surtout mais surtout parce que c'est un peu genre le mélange de toutes les couleurs pour l'oeil et puis ça fait ressortir et c'est aussi la background la plus neutre qui puisse y être pour l'oeuvre et pour montrer mais je sens et je pense qu'on est un peu en train de se défaire de ça qu'il faut un peu plus un peu plus être créatif sur les concerts je pense que juste taper quelques tableaux dans un espace blanc
Brice Boland 47:59 tu fais plusieurs vénissages avec un DJ ça c'est juste
Arne Alexis 48:04 je pense que c'est très important aussi
Brice Boland 48:07 t'inquiète moi je venais pour le DJ
Arne Alexis 48:08 oui exactement ce qu'il y a c'est que de faire une offre d'offrir une expérience sensorielle au delà de juste le mur blanc et par exemple nous on travaille avec une artiste qui est très colorée, très immersive dans ses tableaux.
Arne Alexis 48:26 Et dans plusieurs de ses expositions, ce qu'elle a déjà fait, c'est passer au-delà du tableau et c'est encore une fois reprendre tous les murs de la salle d'exposition, que ce soit chez nous à la galerie ou des autres lieux où elle fait des expositions.
Arne Alexis 48:41 Et c'est aussi peindre sur les murs.
Arne Alexis 48:42 Et donc, tu as vraiment cette immersivité complète.
Arne Alexis 48:46 Et donc, ça, c'est chouette parce que tu plonges beaucoup plus dans l'univers encore de l'artiste.
Arne Alexis 48:50 Parfois, juste une toile n'est pas assez même si la plupart des toiles devraient quand même avoir cette force cette stand alone tu vois pour être stand alone
Brice Boland 48:59 c'est quoi les artistes les plus fous là que t'as en tête comme ça à me citer et pourquoi avec quelle thématique là tu parlais justement d'artistes qui peinent au mur directement
Arne Alexis 49:06 mais par fou tu veux dire quoi
Brice Boland 49:08 le truc que t'aimes bien le truc qui sort un peu du le haut le truc du bougie là justement
Arne Alexis 49:13 le switcher oui ouais
Brice Boland 49:14 il y a d'autres gars comme ça tu dis ok ça c'est quand même des gars à aller voir
Arne Alexis 49:17 Maurizio Cattelan
Brice Boland 49:19 ok
Arne Alexis 49:20 il fait quoi lui le plus récent que tu as repu en dente c'est le Comedian la banane qui scotchait au mur
Brice Boland 49:28 ok donc lui question classique cette banane qui est partie à des millions
Arne Alexis 49:33 6.2 millions
Brice Boland 49:34 ça c'est justifié pour toi ?
Arne Alexis 49:38 justifiable pas justifié justifié parce que on est quand même dans des gammes de prix c'est même pas une gamme de prix c'est juste un prix extrêmement mais ça justement c'est le type exemple de ce qu'un fou est prêt à donner, il fallait juste une personne
Brice Boland 49:59 on sait qui l'a acheté ou pas ?
Arne Alexis 50:01 c'est un chinois crypto Justin Sun je pense, c'est un crypto et justement il a plus vu ça je pense pour un coup de pub pour sa plateforme de crypto
Brice Boland 50:19 plus bas 6 millions
Arne Alexis 50:20 que oui exactement que en fait la pièce même enfin non j'ai compris et donc du coup mais
Brice Boland 50:28 cette banane c'est une vraie banane
Arne Alexis 50:29 c'est une vraie banane oui qui d'ailleurs doit être remplacée tous les jours
Brice Boland 50:32 et il a mangé le lendemain
Arne Alexis 50:34 il a fait une conférence de presse quelques jours après à Hong Kong où il a mangé la banane mais évidemment c'est parce qu'on a
Brice Boland 50:40 il a mangé 6 millions d'euros
Arne Alexis 50:42 il a mangé 6 millions et 200 000 mais donc du coup là ça c'est vraiment l'exemple aussi de l'idée le concept qui compte c'est vraiment genre l'évolution de Marcel Duchamp l'urinoir
Brice Boland 50:54 je l'ai passé là
Arne Alexis 50:54 l'urinoir de Marcel Duchamp qui était placé dans un musée et que tout d'un coup les gens demandaient ah mais pourquoi etc et où là vraiment le concept le ready made l'objet l'objet trouvé d'accord où un objet ce verre peut devenir une pièce d'art juste par le concept qui est derrière et par le processus artistiques que l'artiste y a accordé et donc du coup cette banane là est vraiment le fruit de ça ok c'est vraiment l'ultime de ça mais cet artiste là Maurizio Cattelan est vraiment un
Arne Alexis 51:26 petit fou en fait du monde de l'art parce que maintenant je vois ce que tu voulais savoir un petit fou parce qu'il ne fait que des trucs et ça j'adore qui tu vois qui pousse un peu les limites qui sortent un un peu des sentiers battus et surtout qui se moquent un peu du système du monde de l'art
Brice Boland 51:49 tu vois parfois.
Brice Boland 51:49 Un peu comme Banksy ?
Arne Alexis 51:51 Banksy, oui, oui, ça c'est oui, ça c'est oui, oui, oui, je dirais oui, Banksy et il y a aussi un autre duo d'artistes, c'est Elmgreen & Dragset danois, mais ils vivent à Berlin, travaillent à Berlin et eux aussi ils font des sculptures des installations et c'est hyper moqueur du système du monde de l'art.
Arne Alexis 52:13 Petite question justement
52:15 Décoder une œuvre et repérer les artistes à suivre : la Joconde et Louis Lequin
Brice et Arne discutent de la Joconde, de la future entrée dédiée annoncée par la directrice du Louvre Laurence des Cars pour gérer l'affluence, et de la part de mythe qui dépasse aujourd'hui la seule qualité picturale de l'œuvre. Arne recommande d'aller voir d'autres pièces au Louvre plutôt que de suivre la foule, et compare avec le Guernica de Madrid. Interrogé sur les artistes à suivre, il cite un jeune photographe bruxellois, Louis Lequin, pour son travail abstrait, tout en reconnaissant la difficulté à distinguer la photographie artistique de la photographie simple.
Brice Boland 52:15 par rapport à ça, donc pour décoder des situations, des pièces, des concepts, comment est-ce qu'on peut faire ?
Brice Boland 52:23 Donc typiquement, la joconde.
Brice Boland 52:25 Prenons deux exemples classiques.
Brice Boland 52:27 La joconde et la banane.
Brice Boland 52:29 J'arrive dans un musée et je vois la joconde.
Brice Boland 52:31 Déjà, il y a 200 personnes devant, c'est très chiant.
Arne Alexis 52:35 Mais elle aura bientôt sa propre entrée.
Arne Alexis 52:38 Ouais, ok.
Arne Alexis 52:38 La directrice du Louvre, Laurence des Cars, qui est l'ancienne directrice du musée d'Orsay, déjà il pleut partout dans le Lourdes la situation est assez triste mais donc du coup elle a dit qu'il y a tellement de visiteurs qui viennent que pour la Joconde que du coup il faut pas un musée mais une entrée parce qu'il faut écouter ce que le public veut et si les gens veulent l'avoir elle, l'expérience muséale des autres visiteurs est un peu dérangée par les gens qui viennent en horde juste pour
Arne Alexis 53:10 la Joconde donc du coup dans son entrée
Brice Boland 53:16 c'est quoi les prouesses derrière, qu'est-ce qu'il y a de si fou donc il y a le regard évidemment
Arne Alexis 53:19 je pense que c'est aujourd'hui je pense qu'on est passé un peu à l'aspect mythique par la mythe tu vois que le mythe a rendu le truc mythique je pense que la plupart des gens qui vont aujourd'hui voir la Joconde vont la voir purement parce que c'est la Joconde le nom, c'est top of mind sans même encore savoir pourquoi ils y vont je pense qu'à un moment donné ça a dû être vraiment pour cet aspect que les yeux te suivent que le regard est porté sur toi
Arne Alexis 53:48 et source un peu son cette sérénité et mystification qui est sur cette dame mais
Brice Boland 53:55 selon toi si tu vas effectivement dans ce musée est-ce qu'il y a des trucs qui valent plus la peine oui que la Joconde
Arne Alexis 54:04 déjà en face il y a un magnifique tableau donc t'as la Joconde je ne sais plus mais je sais qu'il est magnifique c'est un énorme c'est un énorme
Brice Boland 54:12 C'est pas Guernica ?
Brice Boland 54:13 Pardon ?
Arne Alexis 54:13 Non, c'est à Madrid.
Arne Alexis 54:14 C'est à Madrid qui vaut la peine aussi.
Arne Alexis 54:16 Et il y a un peu moins de monde, mais quand même beaucoup de monde aussi.
Arne Alexis 54:18 Après, c'est plus grand.
Arne Alexis 54:19 C'est plus grand, donc tu peux choisir ton mètre carré.
Arne Alexis 54:24 C'est vrai ?
Arne Alexis 54:24 Pour aller...
Arne Alexis 54:25 Enfin, tu peux te positionner devant, c'est ça que je voulais dire.
Arne Alexis 54:27 Tu peux sélectionner.
Arne Alexis 54:27 Tu peux sélectionner.
Arne Alexis 54:28 Et il y a un peu plus de fluidité.
Arne Alexis 54:30 Là, je compte, tu arrives et t'as cette espèce de parcours pour arriver devant, avec déjà derrière vert, derrière vert...
Brice Boland 54:38 C'est l'enfer, c'est un Disney.
Arne Alexis 54:39 Oui, exactement.
Brice Boland 54:40 que ce soit des des amis ou non peu importe tu conseilles qui qui on doit aller voir absolument c'est quoi les noms à suivre les gens à suivre
Arne Alexis 54:50 ça c'est une question que je reçois beaucoup et je n'arrive pas jamais à répondre parce qu'il y a tellement d'artistes
Brice Boland 54:55 c'est le moment aujourd'hui
Arne Alexis 54:55 il y a tellement d'artistes avec lesquels
Brice Boland 54:59 ah tu dis tiens celui-là je clique bien j'aime bien j'ai envie de le suivre ça serait cool qu'on lui donne sa chance ça serait qui et pourquoi
Arne Alexis 55:06 bah alors je vais juste le dire avec un jeune artiste que j'ai vu récemment, ici à Bruxelles, Louis Lequin, un photographe.
Arne Alexis 55:14 Photographe, ok.
Arne Alexis 55:14 Et je vais dire ça parce que ce n'est pas mon univers ou mon médium de base parce que je ne m'y connais pas.
Arne Alexis 55:19 Je pense que c'est vraiment quelque chose encore de supplémentaire à étudier parce que je ne connais pas le médium, je ne sais pas le maîtriser moi-même.
Arne Alexis 55:29 Je ne sais pas peindre non plus, mais pour une raison ou une autre, j'ai toujours trouvé que la photographie est toujours très difficile parce que la photographie, quand est-ce qu'elle devient artistique ?
Arne Alexis 55:35 Et quand est-ce qu'elle n'est pas juste la photographie ?
Arne Alexis 55:39 Parce que c'est justement la photographie qui a fait qu'on est tombé de l'art illustratif à l'art plutôt abstrait et conceptuel et tout ça.
Arne Alexis 55:48 Mais du coup, aujourd'hui, la photographie, c'est l'art aussi.
Arne Alexis 55:51 Mais à partir de quel moment est l'art artistique ?
Arne Alexis 55:54 Et justement, je trouve que lui, il a vraiment une...
Arne Alexis 55:57 C'est abstrait, donc ça rejoint peut-être plutôt ce que moi j'aime.
Arne Alexis 56:01 J'aime beaucoup l'art abstrait, ça c'est vraiment de mes courants, de mes prédilections.
Arne Alexis 56:06 Et donc du coup, c'est une photographie très abstraite.
Arne Alexis 56:08 et ils maîtrisent très très bien la technique la photographie etc c'est des beaux formats, c'est ambitieux donc oui ça ça mérite, ça vaut le détour
Brice Boland 56:18 Ok très bien on va devoir terminer donc question finale ou en tout cas pour finaliser j'avais un petit jeu à faire avec toi petite animation, je vais te décrire une situation et tu me dis si c'est art ou pas art ok facile, un tas de gravier dans une exposition art ou pas art ?
56:19 Le jeu "art ou pas art" et conseils de fin
Pour clore l'épisode, Brice propose à Arne un petit jeu : qualifier différentes situations d'"art" ou "pas art" (un tas de gravier signé Richard Long, une performance immobile, un graffiti, une pile de boîtes de conserve façon Warhol). Arne offre aussi à Brice le livre "Why Your Five-Year-Old Could Not Have Done That", qui explique des œuvres d'art moderne, de Mark Rothko à Tracey Emin. L'épisode se termine sur un conseil répété : aller voir des expositions et laisser parler sa curiosité plutôt que d'attendre une explication théorique.
Arne Alexis 56:36 Dans le contexte, ça dépend de qui est l'artiste oui c'est des réponses diplomatiques mais c'est il y a des artistes Land Art ça s'appelle c'est des artistes qui font de l'art dans la terre et donc il y a cet artiste Richard Long qui travaille avec des pierres de différentes sortes de pierres blanches, marbre pierres ou de la terre même donc il prend la terre sur les murs de la galerie et donc lui par exemple il est 100% légitime d'utiliser des graviers mais un artiste qui a
Arne Alexis 57:13 pendant toute sa vie peint de la figuration et il est vraiment dans la bonne figuration qui tout d'un coup me met des graviers je ne vais pas comprendre je vais être là mais pourquoi ?
Arne Alexis 57:22 parce que ça ne rentre pas dans sa démarche ça ne rentre pas dans sa pratique artistique
Brice Boland 57:27 une performance où quelqu'un reste immobile pendant des heures dans un espace public
Arne Alexis 57:31 j'aurais beaucoup de mal
Brice Boland 57:33 ouais
Arne Alexis 57:34 les performances ça peut être très très impactant et ça peut être très déroutant enfin il y a des performances qui ont leur raison d'être mais je pense que c'est très intéressant parce que finalement c'est une confrontation à l'immobilisation et ça on ne veut pas on veut toujours avancer on veut toujours évoluer on veut toujours sauter et je pense que c'est très intéressant finalement oui art
Brice Boland 57:57 un graffiti dans un nouveau bar qui a été rendu délabré ici à Bruxelles
Arne Alexis 58:04 décoratif
Brice Boland 58:05 décoratif ok une pile de boîtes de conserves exposées dans une galerie
Arne Alexis 58:10 Warhol revisité post-apocalyptique
Brice Boland 58:14 et donc
Arne Alexis 58:15 bien ou pas ?
Brice Boland 58:16 art ou pas ?
Brice Boland 58:17 pas vraiment revisité facile
Arne Alexis 58:19 revisité facile revisité facile ok
Brice Boland 58:21 t'as pris un bouquin avec parce que je t'ai posé la question que je pense tout le monde te pose
Arne Alexis 58:24 oui exactement tiens voilà
Brice Boland 58:25 moi j'ai fait un truc moi aussi je sais faire de l'art
Arne Alexis 58:27 exactement je te disais
Brice Boland 58:28 le monochrome de Whiteman
Arne Alexis 58:29 exactement oui j'ai pensé à ce livre là déjà plusieurs avant évidemment sinon je ne l'aurais pas pris mais quand tu as dit ça parce qu'en effet c'est une question que je pensais que tu allais me poser à un moment donné je me suis dit mon gosse de 5 ans aurait pu faire ça c'est quelque chose qu'on entend beaucoup et qui est aussi un peu la question que tout le monde se pose mais c'est un très bon livre qui s'appelle Why Your 5 Year Old Could Not
Arne Alexis 58:54 Have Done That Modern Art Explained et c'est vraiment super bien il y a une petite introduction qui dit très très bien d'où on est passé de l'art illustratif très réaliste à un art beaucoup plus personnel et basé sur des émotions etc ce qui a fait ça etc et puis il y a un tas d'oeuvres je pense qu'il y en a 100 qui sont expliquées de l'art moderne donc allant d'un Mark Rothko à un Félix González Torres et c'est pour le cadeau ?
Arne Alexis 59:28 oui voilà écoute je l'ai oui
Brice Boland 59:30 ok donc c'est expliqué le comment pourquoi
Arne Alexis 59:32 écoute tu peux l'avoir parce que moi je ne l'ai pas besoin puisque moi il faut pas aller m'expliquer tout ça c'est vrai je peux
Brice Boland 59:35 c'est quoi je prends et quand j'ai terminé je te le rends
Arne Alexis 59:39 oui exactement bah écoute c'est quand il y aura plus d'art alors
Brice Boland 59:42 je croyais que c'était infini bah oui mais justement
Arne Alexis 59:45 ton apprentissage sera à l'infini
Brice Boland 59:47 donc c'est expliqué chapter 5 people monsters
Arne Alexis 59:51 oui il y a plusieurs chapitres mais et c'est vraiment
Brice Boland 59:54 le classique de Scream de Munch
Arne Alexis 59:57 exactement le lit de Tracey Emin tu connais Tracey Emin qui est celle qui fait les néons quand tu vas à Londres le grand néon mort
Brice Boland 1:00:03 je devrais aller plus souvent
Arne Alexis 1:00:05 tu vas beaucoup à Paris
Brice Boland 1:00:06 il faut que tu m'emmènes un peu
Arne Alexis 1:00:07 je te fais voyager un peu maintenant à travers les musées tu vas beaucoup plus à Paris mais là évidemment tu vas au musée à Paris alors
Brice Boland 1:00:18 je te dis on en fait un par an on a fait Pinault on avait fait le musée de l'Egypte c'était l'AMAC il y avait une exposition particulière sur l'Egypte c'était incroyable
Arne Alexis 1:00:32 oui ça c'est évidemment parce que c'est le début de la civilisation puis c'est l'histoire oui absolument moi aussi j'aime bien aller à des expositions qui sont plus historiques
Brice Boland 1:00:40 moi parfois
Arne Alexis 1:00:42 l'art contemporain me saoule aussi parce que c'est parfois aussi un peu tiré par les cheveux etc et donc du coup il faut s'en rabattre c'est pour ça que j'ai été faire sa master finalement parce que je voulais un peu avoir cette approfondie approfondir ma connaissance et soutenir etc
Brice Boland 1:00:52 en 10 secondes 20 secondes qu'est-ce que tu conseilles à quelqu'un qui veut s'intéresser à l'art et qui se dit ok je veux être curieux je veux essayer de me comprendre tu conseilles quoi ?
Arne Alexis 1:01:02 je vais me répéter mais venez voir des expositions dans la galerie venez voir le plus possible instruire son oeil parce que l'art est un dialogue l'art est le partage c'est une passion que nous qui travaillons dans l'art on essaye de transmettre et c'est vraiment ce qu'on veut faire et que j'espère fonctionne parce que l'art n'est pas dogmatique il n'y a pas un vrai ou faux c'est pas oui ou non c'est pas blanc ou noir parfois oui parfois non comme Malévitch mais il y a tellement d'issues
Arne Alexis 1:01:31 possibles il y a tellement de voies de manières ok
Brice Boland 1:01:36 so just come and do it
Arne Alexis 1:01:38 oui voilà exactement ok see it parce que do it ça veut dire see it et puis voilà si il y a cette fibre qui est touchée bah do it mais do it à la maison
Brice Boland 1:01:45 ok ok on se revoit dans un an quand j'ai terminé ça oui exactement je t'ai créé deux trois trucs que j'ai compris
Arne Alexis 1:01:49 ok ça va c'est bon
Brice Boland 1:01:51 Arne un grand merci
Arne Alexis 1:01:52 un grand merci pour ton temps
Brice Boland 1:01:53 pour ta passion
Arne Alexis 1:01:53 et ta patience
Brice Boland 1:01:55 et ta patience aussi
Arne Alexis 1:01:56 non la tienne la tienne
Brice Boland 1:01:57 non mais t'es plus patient que moi parce que En vrai, tu sais très bien que je vais te poser mille questions et qu'on a envie de tout savoir, mais un grand merci pour ça.
Brice Boland 1:02:03 Avec plaisir.
Brice Boland 1:02:05 Merci à toi.
Brice Boland 1:02:07 Merci Andy.