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Transcription — Au-delà des étoiles, la vie d'un chef étoilé belge

Transcription de l'épisode de Coucou Ma Biche avec Christophe Hardiquest, publié le et animé par Brice Boland : 12 chapitres résumés et horodatés.

Transcription produite automatiquement à partir de la bande son, puis relue : les noms propres et le découpage en chapitres ont été vérifiés à la main. Des approximations subsistent ; en cas de doute, la vidéo fait foi (nouvel onglet). Les horodatages ouvrent la vidéo à l'instant correspondant, dans un nouvel onglet.

0:00 Ouverture et retrouvailles

Le jingle d'ouverture de Coucou Ma Biche annonce le ton du podcast avant que Brice Boland accueille Christophe Hardiquest. Il évoque leur première vraie rencontre, en fin de service dans le restaurant du chef, cigare posé sur la table, et la « vibe à la Michael Jordan » qu'il y avait ressentie. Brice pose le cadre de l'échange : l'histoire et les restaurants de Christophe, le côté business, et le côté plus personnel de son parcours. Il annonce aussi un petit jeu à venir avant de lancer les questions.

Brice Boland 0:00 Coucou Ma Biche, le podcast qui dynamite les conventions et nous catapulte dans l'univers totalement fou de ceux qui ont osé rêver en grand avec une énergie contagieuse.

Brice Boland 0:07 On va parler performance, gross mindset, business, lifestyle dans des discussions intenses, 100% naturelles.

Brice Boland 0:12 Coucou Ma Biche est bien plus qu'un podcast, c'est le moment de fiesta entre amis autour du mic où l'on explore toutes les facettes de la réussite et de la performance avec une bonne dose de folie.

Brice Boland 0:20 Préparez-vous à être électrisé par des histoires palpitantes.

Brice Boland 0:20 Let's go !

Brice Boland 0:29 Christophe ?

Christophe Hardiquest 0:30 Salut Brice, comment vas-tu ?

Brice Boland 0:32 Coucou Ma Biche, ça va bien ?

Christophe Hardiquest 0:33 Coucou Ma Biche.

Brice Boland 0:33 Je suis content de te voir ici, d'habitude je te vois plutôt dans un contexte gastronomique, culinaire, de restauration, là on se voit dans un contexte posé, limite tu aurais pu prendre ton cigare, à voir si c'est autorisé ici, et c'est vrai que la première fois où je t'ai rencontré, littéralement avec un vrai dialogue bilatéral, c'était chez toi, dans ton restaurant, et c'était en fin de service après, entre les deux, et tu avais ton cigare posé, et j'ai aimé la vibe, la vibe un peu à la

Brice Boland 0:33 Michael Jordan.

Brice Boland 1:03 on se connait relativement modérément bien c'est à dire que je reste quand même un de tes clients et puis de fil en aiguille on a lié une certaine amitié par rapport à ça et je suis très content de t'avoir ici parmi nous et d'aller dans ton univers qui est à la fois rocambolesque par rapport à certaines initiatives et par rapport à certaines passions que tu as pu lancer il y a ce côté gastronomie et il y a ce côté business on va aller dans tous les

Brice Boland 1:26 sens mais on va rester dans ces 3 blocs

Christophe Hardiquest 1:31 à ta disposition

Brice Boland 1:32 alors il y a ton business, ton histoire, tes restaurants comment t'as créé justement ton image de marque parce que je pense qu'avant tout un grand chef c'est aussi une image de marque on peut faire des métaphores par rapport à d'autres on peut faire des comparaisons mais en tout cas moi mon but ici c'est de rester sur toi et de découvrir un peu plus sur ta vie ton oeuvre, ton âme et l'âme que tu peux partager et donner dans toutes tes découvertes et créations finalement moi ce

Brice Boland 1:59 que j'aime bien avec toi c'est qu'il y a toi, il y a toute ton équipe et ton équipe c'est le vrai one team, d'ailleurs je suis limite devenu ami avec toute ton équipe et avec toi il y a vraiment ce côté cocon que j'aime beaucoup donc j'ai une petite surprise pour toi il y a quelques jeux et on va s'amuser

Christophe Hardiquest 2:20 ok, parti

2:21 Qui est Christophe Hardiquest : enfance et vocation

Christophe Hardiquest se présente : 49 ans, chef propriétaire de son restaurant et partenaire dans un second établissement ouvert cinq semaines plus tôt. Il raconte son entrée à l'école hôtelière de Namur à 14 ans, réputée pour sa Citadelle, et son enfance chez sa grand-mère, dans un vrai artisanat rural (verger, poules, moutons, pain maison, salaisons faites à la main, deux porcs par an). Il décrit une maison sans hotte ni salle de bain, où les odeurs de cuisine montaient dans sa chambre dès le matin, et voit dans ce terreau familial l'origine de sa vocation et de son goût pour régaler les autres.

Brice Boland 2:21 donc Christophe, qui es-tu, que fais-tu il y a des gens qui te connaissent, des gens qui te connaissent moins

Christophe Hardiquest 2:25 je m'appelle Christophe Hardiquest j'ai 49 ans Je suis chef cuisinier propriétaire de mon restaurant et partenaire dans un deuxième restaurant qui vient d'ouvrir il y a cinq semaines.

Christophe Hardiquest 2:37 J'ai commencé le métier à 14 ans.

Christophe Hardiquest 2:37 Je suis rentré à l'école hôtelière de Namur pendant quatre ans.

Brice Boland 2:43 C'est connu Namur ?

Christophe Hardiquest 2:44 Namur, c'est très connu à Citadelle.

Christophe Hardiquest 2:44 C'était une des meilleures écoles de Belgique.

Brice Boland 2:48 La mecque gastronomique de Belgique, c'est à Namur ?

Christophe Hardiquest 2:51 Oui, il y en a d'autres.

Christophe Hardiquest 2:51 Il y a Cox's Aid, il y en a à Bruges.

Christophe Hardiquest 2:56 il y a quelques écoles qui sortent du lot et ça c'est important pour la scène gastronomique d'un pays d'avoir des écoles hôtelières parce qu'on dépoussière un peu les jeunes et on les forme à la gastronomie peu importe et donc c'est important dans un pays il y a des pays qui n'ont pas d'école hôtelière

Brice Boland 3:12 Et 14 ans ça paraît très tôt il faut quand même une certaine maturité il faut quand même être sûr que ta passion c'est ça ?

Brice Boland 3:18 Comment tu as fait le jump ?

Christophe Hardiquest 3:20 C'était une vision en fait j'ai eu l'impression que j'allais quand même manger régulièrement avec mon père lorsque mes parents se sont séparés et j'ai senti que j'avais quelque chose avec ce métier j'aimais bien le contact client j'aimais manger j'ai été élevé par une grand-mère qui me faisait j'étais dans ses jupes tout le temps dans la cuisine mais après-midi, samedi après-midi je terminais fond de casserole à 8 ans, 10 ans, j'étais dans la cuisine et je goûtais tout et ma grand-mère, j'ai grandi dans un artisanat donc

Christophe Hardiquest 3:53 Donc, verger, poule, mouton, pain fait maison, deux porcs par an.

Christophe Hardiquest 4:01 Elle faisait ses salaisons elle-même, elle faisait son boudin noir elle-même.

Christophe Hardiquest 4:03 Donc, j'ai eu la chance de grandir dans un artisanat.

Christophe Hardiquest 4:06 Et je crois que c'était un terreau propice à devenir cuisinier.

Christophe Hardiquest 4:11 Et si tu veux, il n'y avait pas de hotte chez ma grand-mère.

Christophe Hardiquest 4:14 Donc, moi, je suis né en 1975 et c'était encore une maison d'ouvriers très rudimentaire.

Christophe Hardiquest 4:19 Mais il n'y avait pas de baignoire, il n'y avait pas de douche.

Christophe Hardiquest 4:22 on se lavait à l'évier et il n'y avait pas d'hôte et donc moi je me réveillais à 10h du matin quand j'étais jeune je sentais les odeurs monter dans la chambre et je crois que tout ça c'était un terreau fertile à mon choix

Brice Boland 4:35 et donc en fait tu as eu cette curiosité à 8, 9, 10, 11 ans et tu t'es dit à 14 ans c'est ça que je veux faire

Christophe Hardiquest 4:42 c'est quoi ça ?

Brice Boland 4:44 parce que tu aurais pu être juste cuisinier tu aurais pu être sommelier ça reste large

Christophe Hardiquest 4:50 j'étais attiré par le fait, je pense, de régaler les autres.

Christophe Hardiquest 4:56 J'avais l'impression que j'étais fait pour ça.

Christophe Hardiquest 4:59 Je crois que c'est un don de générosité régaler les autres.

Christophe Hardiquest 5:03 J'ai eu cette vision, je me suis dit c'est génial, sans savoir, sans ce qui existe aujourd'hui, ni les émissions Top Chef, ni quoi que ce soit.

Christophe Hardiquest 5:11 On partait dans ce métier comme on allait dans un couvent ou dans un monastère.

Christophe Hardiquest 5:18 Donc, j'ai dit à mon père je veux faire l'écolatrice.

Christophe Hardiquest 5:20 Il m'a dit ok je vais te trouver la meilleure école hôtelière de Belgique il m'a inscrit à 14 ans j'en suis sorti à 17 ans j'ai été très vite pour sortir de l'école ça a été très facile pour moi j'ai adoré puisque j'étais passionné

Brice Boland 5:31 c'est quoi la moyenne logique ?

Brice Boland 5:33 c'est 3 ans, 4 ans, 5 ans ?

Christophe Hardiquest 5:34 5 ans parfois c'est 5 ans

Brice Boland 5:34 ok et comment tu fais pour aller plus vite ?

5:38 Débuts aux États-Unis

Christophe explique avoir terminé l'école hôtelière en trois ans au lieu de quatre ou cinq grâce à sa passion, puis être parti à 18 ans pour un stage aux États-Unis trouvé via une petite annonce affichée à l'école. Il a travaillé comme commis de salle à La Crémaillère, à Banksville, dans l'État de New York, un restaurant au chef américain et au propriétaire français, où il a notamment servi Diana Ross, Ivan Lendl et d'autres clients huppés. Il raconte le déchirement du départ, sa mère en larmes à l'ancien aéroport de Zaventem, et son besoin de couper le cordon malgré ses années d'internat. Après six mois sur place, il rentre en Belgique.

Christophe Hardiquest 5:38 si tu veux d'abord j'avais facile à l'école et puis j'étais tellement passionné que tout a été très ça a été les 4 plus belles années de ma vie donc à 18 ans je sortais, à tout juste 18 ans je sortais de l'école hôtelière et puis je partais directement pour les Etats-Unis Pourquoi ?

Christophe Hardiquest 5:54 Parce que je voulais sortir de la Belgique, voir ce qui se passe ailleurs je me souviens très bien quand j'ai dit à mes parents je m'en vais parce qu'il y a moyen de faire un stage aux Etats-Unis, c'était deux fois trois mois j'ai vu ma mère qui a commencé à pleurer c'était encore l'ancien aéroport de Zaventem, on fumait encore dans les avions c'est une sacrée époque et j'ai eu besoin d'un peu couper le cordon ombilical.

Christophe Hardiquest 6:20 Même si j'étais à l'internat, j'ai eu besoin de m'éloigner un peu de mes parents.

Brice Boland 6:24 Et tu as trouvé ton stachosaloco ?

Christophe Hardiquest 6:26 Oui, comme ça.

Christophe Hardiquest 6:27 Il y avait des annonces dans les valves de l'école.

Brice Boland 6:30 De chefs ?

Brice Boland 6:30 C'est des chefs qui cherchaient des commis ?

Christophe Hardiquest 6:34 Oui, des commis, des cuisiniers, des serveurs.

Brice Boland 6:37 Des gens pour la brigade ?

Brice Boland 6:37 Exactement.

Christophe Hardiquest 6:38 Et donc, il y avait des annonces dans les valves de l'école.

Christophe Hardiquest 6:43 Et j'ai vu ça, je me suis dit, c'était des anciens namurs, justement, qui était expatrié aux Etats-Unis.

Christophe Hardiquest 6:48 Et j'ai dit, c'est parti, je vais faire un tour là-bas.

Christophe Hardiquest 6:50 Ça me faisait rêver.

Brice Boland 6:51 Et donc, tu as démarré dans un restaurant gastronomique ?

Brice Boland 6:54 Français.

Brice Boland 6:54 Français ?

Brice Boland 6:54 C'était quoi ?

Brice Boland 6:54 C'était qui ?

Christophe Hardiquest 6:56 Ça s'appelait La Crémaillère, à Banksville.

Christophe Hardiquest 6:59 C'était dans l'état d'Upstate New York.

Christophe Hardiquest 7:02 Et j'ai commencé en salle, comme serveur.

Christophe Hardiquest 7:06 D'accord.

Christophe Hardiquest 7:07 Et j'ai eu l'occasion de servir...

Brice Boland 7:08 Et tu parlais anglais déjà ?

Christophe Hardiquest 7:09 Oui, je parlais anglais.

Christophe Hardiquest 7:10 D'accord.

Christophe Hardiquest 7:10 J'ai eu l'occasion de servir Diana Ross, Tommy Finger, Yvan Lendel.

Christophe Hardiquest 7:14 c'était vraiment le quartier huppé de la côte est des Etats-Unis

Brice Boland 7:18 Et le chef était français ?

Christophe Hardiquest 7:20 Le chef était américain, mais le propriétaire était français

Brice Boland 7:22 C'était la cremaillère

Christophe Hardiquest 7:24 Exactement

Brice Boland 7:26 Et donc là t'avais ton rôle, c'est quoi 3 mois ?

Christophe Hardiquest 7:28 J'ai fait 2 fois 3 mois

Brice Boland 7:29 Donc t'as fait 6 mois là-bas, comme chef de salle

Christophe Hardiquest 7:32 Non pas chef de salle, commis de salle

Brice Boland 7:34 Commis de salle, d'accord

Christophe Hardiquest 7:35 Et là t'as appris l'opérationnel, le terrain Le terrain et à parler l'anglais

Brice Boland 7:40 Et du coup là tu ne cuisinais pas ?

Christophe Hardiquest 7:41 Non, je ne cuisinais pas

Brice Boland 7:42 D'accord, ça t'a manqué ?

Christophe Hardiquest 7:44 je savais que j'étais fait pour la cuisine.

Christophe Hardiquest 7:46 Mais l'opportunité était trop belle.

Christophe Hardiquest 7:48 Donc, j'ai dit, je vais voir.

Christophe Hardiquest 7:50 Je vais y aller, je vais m'adapter.

Christophe Hardiquest 7:53 Et puis, je verrai bien par la suite.

Brice Boland 7:55 C'était déjà un peu le cas à l'époque.

Brice Boland 7:57 Ou pas, ça te m'a dit.

Brice Boland 7:58 Mais je sais que là, maintenant, le fait de se dire, tiens, des jeunes, je vais aller bosser chez Menssa, avec Christophe, je le fais pour mon CV.

Brice Boland 8:06 Je le fais pour l'expérience, mais je le fais pour mon CV.

Brice Boland 8:08 C'est la ligne du CV.

Brice Boland 8:09 Un peu comme, moi, j'ai bossé chez KPMG.

Brice Boland 8:11 À l'époque, on disait, OK, on va faire un Big Four, c'est pour le CV.

Brice Boland 8:12 ça se faisait déjà à l'époque de dire ok en fait ça c'est important pour démarrer ma carrière pour le CV je dois absolument faire ça

Christophe Hardiquest 8:18 oui il y avait quand même cette notion encore plus marquée je dirais qu'aujourd'hui le CV on construisait sa carrière il y avait une construction de carrière donc on décidait un petit peu des maisons qu'on voulait faire pour apprendre le métier et par rapport à la réputation par rapport à ce que ça pouvait nous amener au niveau de l'aura et c'était très marqué à l'époque donc on s'engageait dans des grandes maisons pour pouvoir justement dire qu'on est plus compétent, on peut mieux se vendre, on peut évoluer,

Christophe Hardiquest 8:49 on apprend des choses, etc.

Brice Boland 8:51 Six mois, États-Unis, tu es rentré après ?

Brice Boland 8:54 Oui.

8:55 Retour en Belgique, l'Amandier et organisation d'une brigade

De retour à Uccle, Christophe travaille comme commis à L'Amandier, avenue de Fré, aux côtés d'Yves Mattagne. La discussion bascule ensuite sur l'organisation d'une brigade aujourd'hui : son chef exécutif et bras droit Johan, qui structure les équipes lors des ouvertures, et Romain, chef exécutif chez Menssa après Arnaud. Il détaille les postes d'une cuisine (garde-manger, entremétier, saucier, rôtisseur) et la manière dont il amène la vision principale tout en laissant ses équipes proposer et s'approprier des idées, en particulier sur la saisonnalité et des produits comme le poivre qu'il est allé chercher jusqu'au Congo.

Christophe Hardiquest 8:55 Pour travailler à Uccle, j'ai commencé à travailler à l'Avenue de Fré, à L'Amandier à l'époque.

Brice Boland 9:01 L'Amandier, oui.

Christophe Hardiquest 9:01 Qui était un restaurant non étoilé à l'époque, qui était un restaurant français, mais qui tournait très, très bien.

Brice Boland 9:10 Tu faisais quoi là-bas ?

Brice Boland 9:10 Tu étais chef ?

Christophe Hardiquest 9:11 Commis, commis.

Brice Boland 9:11 En cuisine Comment s'organiser finalement une brigade Est-ce qu'il y a X commis Pour X de la team Ou ils sont prévus là-dessus Ils ont un périmètre dédié Il y a des sous-chefs qui font que dessert Comment s'organiser

Christophe Hardiquest 9:28 Dans l'organigramme tu as toujours le chef

Brice Boland 9:30 Vous parlez d'organigramme

Christophe Hardiquest 9:31 Donc tu as le chef propriétaire Aujourd'hui je te parle De ma brigade J'ai un chef exécutif qui est vraiment mon bras droit qui est un peu mon clone qui s'appelle Johan qui m'accompagne dans tous les projets quand on ouvre par exemple la brasserie, c'est lui qui passe les trois quarts de son temps là-bas pour structurer les équipes il me dédouble ça c'est mon chef exécutif, mon bras droit puis j'ai un chef chez Menssa qui s'appelle Romain j'ai eu Arnaud maintenant c'est Romain qui est le chef

Christophe Hardiquest 10:04 exécutif de chez Menssa, donc il est en dessous de Johan et puis là pour l'instant on n'a pas de sous-chef mais on a des chefs de partie qui sont responsables de leur partie c'est quoi une partie ?

Christophe Hardiquest 10:16 une partie tu as le garde-manger, tu as l'entremétier tu as le saucier, le rôtisseur il est responsable de sa partie donc tout ce qui touche aux légumes il y a un gars qui ne fait que ça

Brice Boland 10:26 et quand tu dis ça, c'est-à-dire que c'est eux qui confectionnent le menu, c'est eux qui font évoluer le menu, c'est eux qui pensent un peu la stratégie culinaire de mois par mois

Christophe Hardiquest 10:36 Alors, c'est moi qui amène toutes les idées, principalement.

Christophe Hardiquest 10:36 Enfin, toutes principalement, mais il y a beaucoup d'échanges et de partages.

Christophe Hardiquest 10:44 Donc, je laisse aussi à mes hommes l'opportunité de s'exprimer, de s'épanouir.

Christophe Hardiquest 10:49 Donc, s'il y a des bonnes idées, on les retravaille ensemble.

Christophe Hardiquest 10:49 Et puis, je suis toujours très fier de dire que c'est son idée.

Christophe Hardiquest 10:54 Je n'ai pas de problème.

Christophe Hardiquest 10:54 Mon égo est au bon endroit et je n'ai pas de problème à partager en disant que d'autres ont des idées et qu'il faut laisser se révéler au travers de la brigade.

Christophe Hardiquest 11:04 donc en général j'essaie quand même moins d'amener la vision principale on regarde la saisonnalité on regarde les produits un peu à la mode, on se dit tiens comment on va travailler ça ou bien des produits exclusifs tu vois là je reviens il y a une de mes fournisseurs en poivre qui est juste au magasin ici à côté avec qui j'ai travaillé à Lubumbashi au Congo j'ai été goûter ces derniers poivres et là j'en ai racheté et je vais faire des décoctions on va faire des tests

Christophe Hardiquest 11:31 Donc, si tu veux, MENSA, c'est un peu un grand laboratoire de création, de recherche et développement où on fait vraiment partager tout le monde, c'est-à-dire à la fois les équipes et à la fois les clients.

11:44 Intuition, obsession et échecs entrepreneuriaux

Christophe se dit à la fois intuitif et réflexif selon les moments, capable d'assumer qu'une intuition suivie peut être un carton plein ou un flop. Il décrit son obsession du détail, illustrée par sa recherche d'un poivre précis, et formule son équation du succès : remise en question, envie de faire mieux et attention au détail. Il évoque ensuite un projet de consultance en Suisse qui n'a pas abouti comme prévu, en désaccord avec ses valeurs, et présente l'échec comme une composante normale de la vie d'entrepreneur, qu'il faut accepter avec humilité.

Brice Boland 11:44 Est-ce que tu es plutôt intuitif ou réflexif comme chef ?

Christophe Hardiquest 11:47 Les deux.

Christophe Hardiquest 11:47 Ça dépend des moments.

Christophe Hardiquest 11:47 Ça dépend des moments.

Christophe Hardiquest 11:47 Il y a des fois où tu sens qu'il y a une intuition et tu la suis et puis hop, c'est carton plein.

Christophe Hardiquest 11:59 et des fois une autre intuition peut être un gros flop donc il faut accepter dans l'intuition il faut accepter de gagner et de perdre et puis dans la réflexion je pense que des fois quand j'ai besoin que je sens que c'est un peu un peu instable je m'isole en général et là je réfléchis

Brice Boland 12:23 Est-ce que tu as un côté un peu obsédé parfois typiquement là tu parles de poivre mais est-ce que tu peux te dire le samedi matin ok ce soir je dois absolument avoir ce poivre là et il te dit non je suis fermé en fait je veux ce poivre là et ça reste dans ta tête

Christophe Hardiquest 12:35 je suis dans l'obsession on peut dire ça

Brice Boland 12:39 qu'est-ce qu'il se passe quand t'arrives pas à avoir le produit que tu veux

Christophe Hardiquest 12:41 tu fais quoi ?

Brice Boland 12:44 tu pètes un câble ?

Christophe Hardiquest 12:45 non non je suis soit patient mais je me débrouille pour l'avoir tous les moyens nécessaires même si c'est un détail c'est de l'obsession

Brice Boland 12:54 c'est ça qui fait le

Christophe Hardiquest 12:55 le diable est dans les détails

Brice Boland 12:57 le diable s'habille en prada aussi c'est ça qui fait que le talent finalement touche le succès et reste créatif

Christophe Hardiquest 13:06 l'obsession d'une vision comme on l'a dans la tête il faut aller jusqu'au bout voilà parce que je crois que c'est où d'autres s'arrêtent je veux continuer c'est cette obsession de se dire tant que je n'ai pas atteint le résultat escompté, j'y vais je travaille, s'il faut travailler 3 heures de plus, je travaille 3 heures de plus donc toi tu

Brice Boland 13:33 on dirait de ce que tu me dis, c'est que ton succès se trouve dans l'extra mile, c'est l'extra mile que tu fais dans l'obsession tu dis ok ça, je pourrais m'arrêter je pourrais effectivement mettre ce poivre là à la place de je dis poivre mais c'est peut-être d'autres choses et là tu dis ok je vais faire l'extra mile et en fait c'est ça qui fait que c'est toi c'est ta signature, c'est ton ADN

Christophe Hardiquest 13:49 le succès je pense que c'est la remise en question

Brice Boland 13:52 ok

Christophe Hardiquest 13:53 plus, c'est une recette la remise en question plus l'envie de faire mieux plus le détail

Brice Boland 14:06 j'ai une belle équation

Christophe Hardiquest 14:07 qui porte le projet à un autre niveau

Brice Boland 14:11 quand on parle de ça justement de se remettre en question, est-ce qu'il y a des projets que tu as voulu lancer, qui n'ont jamais été lancés ou qui ont été lancés que mais qui n'ont pas abouti

Christophe Hardiquest 14:21 bien sûr, je crois que sur une carrière moi ça fait quoi, maintenant 33 ans que je suis en cuisine d'abord j'ai appris, j'ai lancé ma boîte on a eu des propositions on a fait des choses, il y a des choses qui ont été mises sur la table et qui n'ont jamais abouti, il y a des projets honnêtement qu'on a mieux géré que d'autres ça fait partie de la vie de l'entrepreneur il faut accepter aussi que parfois avant de réussir très régulièrement il faut avoir des échecs

Christophe Hardiquest 14:52 l'échec fait partie de la vie de l'entrepreneur

Brice Boland 14:54 C'est quoi un projet par exemple que tu as lancé qu'il n'y a pas abouti comme tu voulais, mais tu as pu rebondir dessus

Christophe Hardiquest 14:58 pour faire autre chose ?

Christophe Hardiquest 14:58 On a fait un peu de consultance en Suisse où c'était plus compliqué parce que c'était une autre mentalité.

Christophe Hardiquest 15:04 Et puis, on s'est rendu compte qu'on n'était pas en accord avec nos valeurs.

Christophe Hardiquest 15:10 Et donc, moi, j'ai besoin d'être en accord avec mes valeurs.

Christophe Hardiquest 15:12 C'est-à-dire que effectivement, il faut calculer.

Christophe Hardiquest 15:16 Effectivement, il ne faut pas faire n'importe quoi parce que je pense qu'aujourd'hui, être entrepreneur, c'est aussi réfléchir à faire gagner de l'argent à l'entreprise pour laquelle on travaille, mais il y a aussi une question de valeur et de professionnalisme.

Christophe Hardiquest 15:33 Et voilà, j'ai adoré, ça s'est pas mal passé dans l'absolu, mais il y a eu beaucoup de choses qui se sont intervenues et qui nous ont parfois mis un peu en difficulté.

Christophe Hardiquest 15:42 Et donc, quelque part, ça fait partie du jeu, il faut l'accepter.

Christophe Hardiquest 15:48 Et je crois que c'est aussi une forme d'humilité que d'accepter qu'on ne peut pas tout réussir.

15:54 Roland Debuyst et le Bocuse d'Or

Le fil chronologique reprend : après L'Amandier et Yves Mattagne, Christophe rejoint à 22 ans le chef Roland Debuyst, étoilé à Nossegem, avec qui il participe au Bocuse d'Or à Lyon en tant que commis. Il raconte le concours, sa haute technicité, le stress et l'entraînement sept jours sur sept pendant un an, le plat qui leur a valu une deuxième place (jambon de porc farci en croûte d'herbes, cabillaud en croûte de secret) et l'épuisement total ressenti après l'épreuve, qu'il compare à une descente d'adrénaline.

Brice Boland 15:54 Donc on revient sur ce qu'on disait L'Amandier

Christophe Hardiquest 15:57 L'Amandier, Yves Mattagne

Brice Boland 16:01 Donc t'as bossé avec lui

Christophe Hardiquest 16:02 Oui avec lui Pour lui J'avais 22 ans J'ai bossé à l'Atrium, j'ai bossé au Banquet J'ai bossé au Seagrill J'ai fait un petit tour pendant un an

Brice Boland 16:13 C'est lui qui t'a lancé sur le prochain échelon ?

Christophe Hardiquest 16:15 Non parce que J'avais déjà commencé à faire mon réseau Et puis je suis parti chez un chef Qui s'appelait Roland Debuyst qui était un chef très en vue à l'époque, étoilé à Nossegem, qui a fait le Bocuse d'Or tu me parlais de concours s'il y avait des concours, moi j'ai fait le Bocuse d'Or en tant que commis à Lyon

Brice Boland 16:35 c'était une de mes questions, est-ce qu'il y a des championnats du monde comme il y a les championnats du monde de la pâtisserie est-ce qu'il y a des championnats du monde de cuisine, hormis les étoiles hormis les michelins, etc ?

Christophe Hardiquest 16:43 il y en a beaucoup, mais le plus connu aujourd'hui c'est le Bocuse d'Or, ce qui est un concours international.

Christophe Hardiquest 16:48 Toi t'as gagné ça ?

Christophe Hardiquest 16:49 on a fait deuxième, avec mon chef j'étais commis donc c'était mon chef qui était mis en avant donc c'est quoi

Brice Boland 16:55 c'est Paul Bocuse qui a créé le label

Christophe Hardiquest 16:59 c'est ça Paul Bocuse qui a créé le label ça se passe à Lyon maintenant il y a des demi-finales en Belgique il y a des demi-finales dans le monde entier et puis après t'arrives et tu concours contre les autres et t'as un jury de grands chefs c'est quoi

Brice Boland 17:09 on te donne de la farine des oeufs

Christophe Hardiquest 17:10 non on te donne un thème deux produits et puis tu dois sortir un plat deux plats pour 12 couverts ou 24 couverts je pense et t'as un laps de temps t'as 5h30 ça doit être technique ça doit être c'est assez impressionnant les championnats du monde de cuisine

Brice Boland 17:25 c'est-à-dire qu'il y a une énorme cuisine

Christophe Hardiquest 17:26 exactement et t'as des supporters t'as des gradins et tout le monde crie

Brice Boland 17:30 c'est un vrai match

Christophe Hardiquest 17:31 c'est un vrai match et c'était une aventure extraordinaire pendant ce temps-là on a fait un an 7 sur 7 sans s'arrêter donc bosser dans le restaurant et s'entraîner tous les week-ends pendant les jours de congé c'est quoi le plat qui t'a fait gagner

Brice Boland 17:46 ou qui t'a fait être deuxième

Christophe Hardiquest 17:47 c'était un jambon de porc farci en croûte d'herbe avec des croisillons en pâte feuilletée et on avait fait un dos de secret, c'était du secret, c'était un cabillaud avec des garnitures, c'était incroyable, il faut voir quand même la haute couture de ce concours, c'est vraiment de la haute couture et ça, ça t'apprend l'organisation, gestion du stress j'étais jeune, j'avais 21 ans mais j'étais lessivé après le concours j'avais plus de jambes, j'avais tout donné c'est un peu comme...

Brice Boland 18:21 t'es en pleine dopamine, en pleine adrénaline en fait tu sens rien et puis ça retombe

Christophe Hardiquest 18:25 là tu tombes et tu vas dormir t'es mort mais c'était un souvenir extraordinaire parce que sur 24 candidats on a terminé le deuxième et je pense que la Belgique n'a jamais aussi bien terminé donc c'était un grand souvenir et je remercie encore mon chef pour ça parce que c'était vraiment un superbe moment

Brice Boland 18:43 ça c'était Roland ?

Brice Boland 18:44 ça reste encore connu ça que les Français sont les meilleurs au monde en cuisine ?

18:47 Terroir français, Copenhague et l'art de ne pas comparer

Christophe explique la réputation des cuisiniers français par un choix historique : au moment de la révolution industrielle, la France, l'Italie et l'Espagne ont privilégié l'artisanat quand la Belgique, l'Angleterre et l'Allemagne misaient sur la technologie. Il cite l'exemple du Danemark et de Copenhague, transformés en destination gastronomique grâce à un investissement d'État autour d'un chef de file (le Noma), qu'il a lui-même visité. Il défend enfin une philosophie personnelle : ne pas comparer les maisons entre elles, mais retenir le meilleur de chacune, une idée qu'il illustre en la rapprochant, en plaisantant, des quatre femmes qu'il a eues dans sa vie.

Brice Boland 18:51 Ou c'est un mythe ?

Christophe Hardiquest 18:52 Écoute, les Français sont très bons.

Christophe Hardiquest 18:55 Il n'y a rien à dire.

Christophe Hardiquest 18:57 Pourquoi ?

Christophe Hardiquest 18:57 Parce qu'ils naissent dans un artisanat.

Christophe Hardiquest 18:59 Tout ça, c'est dû à l'histoire.

Christophe Hardiquest 19:01 Si tu regardes l'histoire, au moment de la révolution industrielle, regarde les pays qui ont fait le choix de la révolution technique et ceux qui ont fait la révolution artisanale.

Christophe Hardiquest 19:13 Si tu regardes tout le sud de l'Europe, l'Italie, la France, l'Espagne, c'est l'artisanat qu'ils ont choisi.

Christophe Hardiquest 19:19 C'est pour ça qu'ils ont cette force de produits, cette manière de faire ces produits d'artisanat, les jambons, les salaisons, les fromages.

Christophe Hardiquest 19:33 Ils ont fait ce choix-là, les Français.

Christophe Hardiquest 19:35 Nous, les Belges, ainsi que les Anglais et les Allemands, on a fait le choix de la technologie.

Christophe Hardiquest 19:40 C'est pour ça qu'on est vachement meilleurs en technologie.

Christophe Hardiquest 19:44 Et Et les Français sont dans un terroir omniprésent de qualité, de produits.

Christophe Hardiquest 19:51 Il y a cette fierté d'être Français, cette fierté de dire on est Français, on en pense ce qu'on veut.

Christophe Hardiquest 20:00 Mais je crois honnêtement que c'est important d'être fier de son pays.

Christophe Hardiquest 20:04 C'est important d'être un peu nationaliste dans le bon sens du terme.

Brice Boland 20:10 Chauvin, c'est un peu de chauvinisme.

Christophe Hardiquest 20:11 montrer les forces du pays et c'est ce qu'ils savent faire mais ce sont des gens laborieux ils bossent c'est une cuisine gourmande une cuisine de produits, une cuisine d'artisanat le marché ils sont 66 millions il y a énormément de grandes maisons il y a cette culture du savoir-faire à la française qui est quand même importante j'aimerais que la Belgique soit plus comme ça j'aimerais que la Belgique soit plus comme ça

Brice Boland 20:43 qu'est-ce qui manque ?

Brice Boland 20:43 c'est structurel, c'est fiscal qu'est-ce qui manque ?

Christophe Hardiquest 20:46 l'aide du pays l'aide du gouvernement tu regardes l'exemple, tu regardes le Danemark il y a 10 ans il n'y avait rien qui se passait au Danemark on mangeait des hot-dogs et des smurfs bruts et aujourd'hui à Copenhague tout le monde va les manger le monde entier va les manger à Copenhague

Brice Boland 21:02 il y avait le meilleur restaurant, le Noma

Christophe Hardiquest 21:04 et qu'est-ce qui s'est passé ?

Christophe Hardiquest 21:04 c'est que le gouvernement danois a investi dans un chef de file qui a montré du leadership et qui a tiré toute une jeune génération avec lui et qui a mis Copenhague là.

Christophe Hardiquest 21:16 Et aujourd'hui, c'est une destination gastronomique comme jamais.

Christophe Hardiquest 21:21 Aujourd'hui, il y a combien de trois étoiles ?

Christophe Hardiquest 21:22 Je ne les compte plus.

Brice Boland 21:23 T'es allé au Noma ?

Brice Boland 21:23 Oui, bien sûr.

Brice Boland 21:25 Et t'as senti une vraie différence culinaire ou expérience ?

Brice Boland 21:30 Ou ça aurait pu être autre part et ça aurait été pareil ?

Brice Boland 21:31 Non, non.

Christophe Hardiquest 21:33 C'était vraiment très identitaire, très différent.

Christophe Hardiquest 21:37 On ne peut pas comparer les pays scandinaves à la France.

Christophe Hardiquest 21:39 pour moi, je pense que c'est important de ne pas comparer mais si on veut demain être une Europe forte on doit travailler sur nos identités

Brice Boland 21:49 c'est marrant ce qu'il dit parce que en fait je comprends exactement il ne faut pas comparer, je suis assez d'accord mais quand tu demandes à des gens moi j'ai toujours plein de potes qui aiment bien aller dans des chouettes restos et je leur dis tiens c'est quoi ton resto préféré ou si tu me conseilles un chouette resto avec un budget, peu importe tiré où, c'est à dire que les gens par définition, comparent celui-là est mieux pour ça celui-là est mieux pour ça si tu préfères ça

Brice Boland 22:12 donc c'est à dire qu'en fait les gens comparent du coup comment est-ce qu'on fait pour se dire ok on va en faire quelques-uns on va échantillonner et on va aller tester des choses

Christophe Hardiquest 22:20 je répète on compare pas ouais on se renseigne sur un bouche à oreille qui est la plus belle des publicités donc quand t'as été faire une chouette expérience t'en parles à un de tes potes et il échange avec toi d'autres choses et ça vous donne envie d'aller voir chacun la référence de l'autre et on va au restaurant pas pour tester mais pour profiter et donc c'est le mindset aujourd'hui qui est important le mindset a changé pourquoi est-ce que je veux aller chez Menssa pourquoi est-ce que

Christophe Hardiquest 22:55 je veux aller chez Robuchon pourquoi est-ce que je veux aller à gauche à droite parce qu'il y a quelque chose qui m'intéresse mais quand je me pose je commence pas à comparer ça c'est le secret d'une vie heureuse en fait.

Christophe Hardiquest 23:07 Si je te dis par exemple, excuse-moi, j'ai eu quatre femmes dans ma vie, tu vois, et si je commence à les comparer, tu vois, ça ne sert à rien de faire ça.

Christophe Hardiquest 23:17 Je pense que chacun a quelque chose à donner et si chacun a quelque chose à donner, eh bien, il faut retenir le meilleur de chacun.

Christophe Hardiquest 23:28 Tu vois ?

Christophe Hardiquest 23:28 Et ça, c'est une forme de liberté, en fait.

Christophe Hardiquest 23:29 Pour moi, c'est la liberté.

Christophe Hardiquest 23:31 Tu vois, tu ne te dis pas et j'ai plein d'adresses que j'adore et j'en aime une pour ça j'en aime une autre pour ça je reconnais le professionnalisme c'est pour moi le plaisir d'aller chercher quelque chose chez quelqu'un qui fait excessivement bien son métier et donc voilà on ne peut pas comparer les maisons parce qu'elles sont tellement différentes et on va chez l'un pour ça on va chez l'autre pour ça je crois que ça ne sert à rien ça c'est vraiment une forme de liberté tu

Christophe Hardiquest 24:01 vois

Brice Boland 24:02 je suis 100% d'accord avec toi et j'adore la vibe par contre on va quand même faire un petit jeu tantôt il va falloir comparer on fera l'exception là dessus on parlait de technicité de terroir par rapport au français il y a quand même aussi d'autres régions du monde où c'est très technique comme le Japon par exemple ou on va dire asiatique c'est des techniques très différentes de nouveau c'est incomparable c'est très bien qu'est-ce que tu penses justement de pouvoir t'inspirer de différentes époques différentes régions différentes

Brice Boland 24:35 méthodologies différentes mindsets parce que les gens finalement c'est très subjectif moi j'ai passé un excellent moment chez Menssa j'ai fait des découvertes j'ai fait une expérience, j'ai passé un très bon moment je pourrais aussi dans d'autres endroits mais il y a peut-être des moments où je me disais ce jeudi soir je préfère ça mais toi justement dans ta conception de la cuisine comment tu vois justement les mix les échanges

Christophe Hardiquest 25:00 important de voyager un cuisinier doit voyager pour plusieurs raisons découvrir, s'inspirer se rendre compte qu'il y a des bonnes choses dans tous les pays du monde on vit une époque extraordinaire au niveau de la créativité c'est génial ce qui se passe moi je trouve les fusions, certaines cuisines fusion c'est top et tu sais ce que je fais moi quand je voyage dans un pays les trois premiers jours je me pose, je vais dans une famille cuisiner une famille ou bien dans un restaurant je vais faire

Christophe Hardiquest 25:31 le commis je vais observer tu vois et je reste deux jours et j'apprends à faire des tortillas au Mexique j'apprends à faire des feuilles de riz au Vietnam

Brice Boland 25:40 donc de nouveau artisanal ah oui

Christophe Hardiquest 25:42 donc c'est important de ramener des idées de ces voyages de la technique, de la réflexion des inspirations c'est topissime quoi c'est vraiment topissime

Brice Boland 25:58 quand tu te fais coter par des institutions pour les étoiles par exemple donc chez Bonbon il y avait deux étoiles là chez Menssa t'as dû recommencer à zéro on va dire t'en as une c'est quoi les cotations selon toi qui devraient être prises en compte pour justement donner des nomenclatures et des configurations au restant

26:18 Étoiles, guides et grands noms de la gastronomie

Christophe défend l'utilité des guides (Michelin, Gault et Millau, 50 Best, We're Smart) comme un référencement nécessaire, surtout pour un jeune chef qui démarre, plutôt que comme du marketing. Il évoque Joël Robuchon, ses plus de 40 étoiles cumulées et la nécessité pour un grand chef d'être bien entouré pour gérer ce qui « pollue la tête » (paiements, gestion). Il parle aussi de Paul Pairet et de son restaurant immersif Ultraviolet à Shanghai, un fantasme personnel resté inaccompli à cause du Covid, avant de relativiser la portée des trois étoiles Michelin comme plafond du classement.

Christophe Hardiquest 26:18 donc tout d'abord il faut savoir que effectivement la reconnaissance telle qu'elle soit que ce soit Michelin le Gault et Millau le 50 best We're Smart légumes tout ça sont des reconnaissances qui sont faites par des personnes objectives et je crois que honnêtement elles sont importantes je vais te dire pourquoi parce que souvent tu es jeune, tu démarres ton restaurant et si en dehors de du consommateur qui t'aide et qui fait tourner le bouche à oreille mais ça permet de te faire mettre en lumière On a

Christophe Hardiquest 26:54 besoin, aux démarches de l'ouverture de ce restaurant, d'être mis en lumière.

Brice Boland 26:58 Donc, c'est plus du marketing que de...

Christophe Hardiquest 27:00 Non, c'est plutôt du référencement.

Christophe Hardiquest 27:03 D'accord.

Christophe Hardiquest 27:04 Pour moi, c'est du référencement qui, normalement, doit rassurer les consommateurs, d'une part, parce que quand tu arrives dans une ville que tu ne connais pas, comment veux-tu te rendre compte des bonnes adresses si tu n'as pas un minimum de référencement ?

Christophe Hardiquest 27:22 c'est un détail, à part un ou deux potes qui ont déjà voyagé avant toi dans la région, qui te disent tu dois aller absolument manger là, tu dois faire ça il y a le référencement de bouche à oreille, des copains journalistes, etc, mais on a besoin d'un référencement moi je crois que non seulement on a besoin d'un référencement, et puis ce qui permet aujourd'hui au métier de sortir un peu du lot c'est cette créativité qu'il y a autour de la cuisine tu vois le Michelin, le

Christophe Hardiquest 27:50 Godemiot élèvent les jeunes chefs ils ont besoin d'être reconnus on a besoin d'un peu de reconnaissance et moi aujourd'hui à la veille de mes 50 ans j'en ai toujours besoin évidemment mais je ne suis plus posé j'essaie quand même de me concentrer sur la relation client et de leur faire vivre un truc qu'ils n'ont pas ailleurs et ce réseau ce lien qu'on crée aussi fais le reste autour de toi au niveau du bouche à oreille

Brice Boland 28:25 parce que du coup il y a des chefs qui ont leur image de marque, qui ont ce référencement parfois c'est peut-être un peu exagéré Robuchon qui a je crois plus de 40 étoiles en tout est-ce qu'il y a un moment, c'est gérable pour Joël ?

Christophe Hardiquest 28:42 Maintenant il est décédé c'est son projet c'est un projet phare avec les ateliers et je crois qu'il a toujours été bien entouré et je crois qu'un chef de cuisine créatif aujourd'hui en 2025 doit se faire aider doit se faire entourer j'entends par là tu sais mon métier c'est la cuisine, c'est la créativité c'est trouver des idées c'est être un peu en avance sur la demande de la clientèle ce qui m'emmerde c'est la gestion c'est gérer les paiements en retard c'est ceci, ça m'emmerde ça te brouille

Christophe Hardiquest 29:20 la tête ça te pollue la tête et donc aujourd'hui ce qui est important c'est par exemple Robuchon a toujours été entouré parce que c'est l'un des plus grands chefs au monde il est tombé sur les bonnes personnes, il a les bons chefs et c'est normal ce qui s'est passé alors voilà je pense que comme partout il y a des ratés et je pense que comme partout il y a des difficultés on éteint les incendies un peu à gauche à droite mais ce sont des réussites qui

Christophe Hardiquest 29:46 sont dues aussi à l'image de la France parce que voilà, tu as Ducasse tu as Robuchon, il y a Nicaleno qui est un ami ce sont quand même des gens qui ont le potentiel grâce à leur pays c'est ce qu'on disait tout à l'heure parce qu'il y a la fierté du pays il y a cette fierté française

Brice Boland 30:06 culturelle aussi

Christophe Hardiquest 30:06 et donc ils savent se vendre Ils savent se vendre.

Brice Boland 30:12 Si toi, tu te fais faire plus qu'un resto dans ta ville, entre Pique, Robuchon, Yannick, etc., tirer où ?

Christophe Hardiquest 30:21 J'irai chez Paul Pairet, à Shanghai.

Christophe Hardiquest 30:24 Je ne connais pas.

Christophe Hardiquest 30:25 Non, tu ne connais pas ?

Christophe Hardiquest 30:26 C'est un repas immersif, ça s'appelle ultraviolet.

Christophe Hardiquest 30:31 Quand tu manges des huîtres, tu as une odeur d'iode et tu entends la mer quand tu manges.

Brice Boland 30:35 C'est un 4D.

Christophe Hardiquest 30:36 C'est un 4D, c'est un repas immersif.

Christophe Hardiquest 30:38 alors Paul Pairet que je connais très bien j'aurais dû aller là à Shanghai avec mon fils avant le Covid et puis le Covid est arrivé donc on a du tout annulé mais ça reste un de mes fantasmes parce que je trouve que au niveau de la créativité au niveau de l'immersif c'est assez génial parce que ça crée une dimension supplémentaire non seulement que le chef c'est un 3 étoiles en plus mais non seulement le chef est super doué est un grand chef très sympa et il

Christophe Hardiquest 31:07 a développé ça il a voulu le faire à Paris et là c'était peut-être un peu trop pour Paris à ce moment-là, quand il a voulu le développer je pense, si mon souvenir est bon et c'est pour ça qu'il l'a fait en Chine, à Shanghai

Brice Boland 31:19 et donc il est arrivé là-bas, il a fait 0 étoile, 1 étoile, 2 étoiles c'est progressif et de là il cartonne c'est pas un peu limitant les 3 étoiles ?

Brice Boland 31:27 on devrait pas faire 4 ou 5 étoiles ?

Christophe Hardiquest 31:29 ça c'est leur classement après je pense que 3 étoiles c'est une reconnaissance internationale et ça les jeunes chefs en rêvent et ça c'est important

31:44 Chefs belges, jeux olympiques de la cuisine et dégustation à l'aveugle

Christophe décrit ses relations avec les autres chefs belges comme collégiales plutôt que concurrentielles, avec des appels réguliers et des retrouvailles aux Grandes Tables du Monde. Lui et Brice imaginent, en plaisantant, des « jeux olympiques » de la gastronomie par équipes nationales. S'ensuit un jeu de dégustation à l'aveugle : Christophe doit deviner, pâtisserie après pâtisserie (tarte au citron, merveilleux, cookie), si elles sont artisanales ou industrielles, en justifiant chaque diagnostic par la texture, le sucre ou la tenue de la meringue.

Brice Boland 31:44 Tu vois tes confrères c'est à dire les autres chefs, prenons la Belgique comme des concurrents, des partenaires comme des collègues, c'est quoi la relation que tu as avec eux et comment est-ce que tu partages ?

Christophe Hardiquest 31:59 Alors c'est vrai que souvent on a la tête dans le guidon moi j'ai envie de te dire que d'abord, ce sont des collègues, mais oui, on partage, on fait le même métier.

Brice Boland 32:10 Vous voyez parfois, vous appelez à un site

Christophe Hardiquest 32:12 régulièrement, on s'appelle.

Christophe Hardiquest 32:14 Une petite taverne.

Christophe Hardiquest 32:14 Oui, ça arrive.

Christophe Hardiquest 32:16 On se voit dans les regroupements des Grandes Tables du Monde en France.

Christophe Hardiquest 32:20 On se voit au lancement du guide, dans des events.

Christophe Hardiquest 32:24 On fait le même métier.

Christophe Hardiquest 32:26 Donc, moi, je dis souvent concurrence, non, ça ne sert à rien.

Christophe Hardiquest 32:30 Soyons fort ensemble tu vois c'est de se dire et même si consommateur blablate tu vois moi je fais pas attention à ça parce que s'ils le font d'un collègue chez moi ils le font de moi autre part donc il faut vraiment être au dessus de ça et se dire il faut avoir du respect pour tout le monde dans le métier du mec qui fait des do-rooms au gars qui a 3 étoiles tu vois et ça c'est important

Brice Boland 32:55 t'as déjà fait un do-room chez Menssa ?

Brice Boland 32:57 non revisité ?

Brice Boland 32:58 non

Christophe Hardiquest 32:58 mais j'ai un copain qui me demande de lancer un projet avec ça de Dome de Pita il va rigoler mais chaque chose dans son temps je crois qu'il ne faut pas tout mélanger j'ai besoin aujourd'hui de structurer de poser mes boîtes on peut faire 10 000 projets après il faut encore vivre un petit peu à côté de ça

Brice Boland 33:20 c'est clair, la bonne balance

Christophe Hardiquest 33:22 exactement

Brice Boland 33:22 je vais demander à mes assistants à mon assistant de ramener des petits éléments à déguster le jeu c'est de savoir si c'est si c'est fast food, c'est à dire que ça vient d'un d'un simple magasin on va dire ou si ça vient d'une pâtisserie d'accord ?

Brice Boland 33:40 ça vient d'un boulanger pâtissier d'accord ?

Brice Boland 33:43 on va déguster ensemble le temps qu'il arrive entre temps est-ce que ça serait une idée de faire des jeux olympiques une expérience culinaire c'est à dire par pays, on va défendre les couleurs du pays et tu prends toi ta team avec qui te droit, David Martin avec 4-5 gars qui représentent la Belgique et faire des compétitions nationales

Christophe Hardiquest 34:05 ce serait marrant ça ce serait marrant ce serait fou ce serait marrant et je suis sûr

Brice Boland 34:08 que ça serait suivi oui

Christophe Hardiquest 34:08 certain ok oui oui je pense que c'est une bonne idée pourquoi ça existe pas

Brice Boland 34:12 je viens d'y penser on peut créer ça

Christophe Hardiquest 34:15 on peut créer ça moi je pense que ça ça peut être super marrant ouais les jeux olympiques de bouffe quoi les jeux olympiques

Brice Boland 34:22 c'est juste un côté coupe du monde

Christophe Hardiquest 34:24 oui coupe du monde ouais ouais ça pourrait être marrant

Brice Boland 34:26 ok ok et est-ce qu'il y a des chefs est-ce que t'as des anecdotes d'autres chefs que t'as rencontrés soit tu pensais qu'ils étaient horribles imbuvables et en fait t'es devenu pote avec eux ou le contraire tu t'es dit ok ceux-là je veux pas du tout être comme ça sans citer non, citer non, peu importe

Christophe Hardiquest 34:43 bah oui je pense que oui oui on vit ça dans une carrière on en vit et il faut on peut avoir à un moment donné des préjugés et je pense que c'est important de ça aussi il faut laisser tomber il faut rencontrer les gens après ça match ou ça match pas

Brice Boland 35:01 toi tu vis le truc, t'avances

Christophe Hardiquest 35:02 je me pose pas 36 000 questions et puis je me permets pas de juger j'ai pas le temps pour ça je dis souvent mes propres jugements me jugent donc j'essaie d'éviter le jugement sauf si vraiment je suis très fâché alors là je dis les 4 vérités à la personne en face et puis c'est terminé ça c'est mon caractère mais je vis avec, j'essaie de gérer et puis après après je crois que ça m'est arrivé une fois sur 33 ans de me prendre la tête avec quelqu'un

Christophe Hardiquest 35:31 en dehors de ça je suis un mec très cool j'ai pas envie de j'ai envie d'avoir de chouettes relations tu sais les relations c'est ma compagne qui dit ça il y a des cercles t'as le cercle 1 t'as le cercle 2 t'as le cercle toi et ça va à toi où tu mets les gens et tu respectes

Brice Boland 35:48 il y a des cercles et il y a des cycles

Christophe Hardiquest 35:49 et tu respectes la volonté de chacun

Brice Boland 35:52 ça marche les gars j'ai besoin du

Christophe Hardiquest 35:55 ouais

Brice Boland 35:57 alors on va mettre ça là

Christophe Hardiquest 35:58 moi aussi je t'ai amené un petit truc

Brice Boland 36:01 j'ai vu ça me fait plaisir

Christophe Hardiquest 36:02 et ça c'est mon péché minime

Brice Boland 36:05 c'est vrai ?

Brice Boland 36:05 ok on goûte ça ensemble donc j'ai essayé de prendre des éléments qui visuellement sont quand même très corrects il y en a qui viennent de vrais pâtissiers, boulangers de maison et il y en a d'autres qui viennent de petits magasins moins bon on va dire est-ce qu'il y en a un que tu veux goûter d'abord

Christophe Hardiquest 36:29 ouais alors moi je vais déjà dire ça on est au mois de janvier des framboises tu m'oublies tu vois la saisonnalité ça je goûte pas tu vois parce que la framboise va être acide ça c'est de l'industriel je suis quasiment sûr parce que pour penser comme ça il faut il faut déjà être décalé

Brice Boland 36:49 ouais c'est industriel voilà

Christophe Hardiquest 36:50 donc ça je ne goûterai pas alors celui-là il me tente bien il y a ces deux-là qui me tente.

Christophe Hardiquest 36:54 Lesquelles ?

Christophe Hardiquest 36:56 Ça, c'est une tarte au citron.

Christophe Hardiquest 36:57 J'ai envie de goûter celui-là.

Christophe Hardiquest 36:57 C'est un merveilleux ?

Brice Boland 37:00 C'est un merveilleux.

Christophe Hardiquest 37:02 Alors, on va voir.

Brice Boland 37:05 Est-ce qu'il est artisanal ou est-ce qu'il est industriel ?

Brice Boland 37:08 Je t'invite vraiment à commenter cette dégustation.

Brice Boland 37:12 Vous êtes très fort, vous, pour mettre des mots aux sensations, aux émotions.

Christophe Hardiquest 37:17 C'est pas mal.

Christophe Hardiquest 37:19 Un peu trop sucré.

Brice Boland 37:29 C'est pas moi qui l'ai fait.

Christophe Hardiquest 37:29 Non, non.

Christophe Hardiquest 37:31 Je pense, je vais encore un peu réfléchir.

Christophe Hardiquest 37:42 La meringue ne croustille plus, pas assez en tout cas.

Christophe Hardiquest 37:45 D'accord.

Christophe Hardiquest 37:46 Si c'était un produit artisanal, ça aurait été réfléchi.

Christophe Hardiquest 37:51 On aurait isolé la meringue pour qu'elle reste croquante.

Christophe Hardiquest 37:53 Tu vois ?

Christophe Hardiquest 37:54 Donc, en tout cas, moi, c'est ce que j'aurais fait.

Christophe Hardiquest 37:56 J'aurais mis du beurre de cacao sur la meringue.

Christophe Hardiquest 37:58 Ça empêche de prendre l'humidité.

Christophe Hardiquest 38:00 Et la meringue reste croquante pendant trois jours.

Christophe Hardiquest 38:02 OK.

Christophe Hardiquest 38:03 Ça, c'est...

Christophe Hardiquest 38:03 Voilà.

Christophe Hardiquest 38:04 Bon, après, maintenant, ils ne nous font peut-être pas comme ça.

Christophe Hardiquest 38:06 Ça, ça a l'air d'être artisanal, ça.

Christophe Hardiquest 38:08 Je le vois.

Brice Boland 38:09 Oui, pourquoi ?

Christophe Hardiquest 38:10 Je le vois à la manière de...

Christophe Hardiquest 38:14 À la forme du cookies, aux noisettes, etc.

Brice Boland 38:21 Le cercle n'est pas...

Christophe Hardiquest 38:24 Il est très bon.

Christophe Hardiquest 38:25 Il est top.

Brice Boland 38:26 C'est artisanal, effectivement.

Christophe Hardiquest 38:27 C'est artisanal.

Christophe Hardiquest 38:28 C'est très bon.

Brice Boland 38:29 C'est cookie galette des rois.

Christophe Hardiquest 38:32 Tu sais quoi ?

Christophe Hardiquest 38:33 C'est vraiment très bon.

Brice Boland 38:35 Je te donne un geste.

Christophe Hardiquest 38:36 Je le voyais.

Christophe Hardiquest 38:37 Ça se voit.

Christophe Hardiquest 38:37 au premier coup d'œil, tu sais, nous les professionnels, on a une réflexion, quoi.

Christophe Hardiquest 38:42 Ça, c'est comme là-bas, c'est des fonds de tarte pré-couillis et c'est partisan de ça non plus.

Brice Boland 38:51 Non, c'est partisan, c'est industriel.

Christophe Hardiquest 38:53 Première vision et puis, on peut goûter quand même.

Brice Boland 38:57 Ouais, vas-y.

Brice Boland 38:58 C'est pour nous.

Brice Boland 38:59 Voilà.

Brice Boland 39:00 Tu vois,

Christophe Hardiquest 39:01 on va voir la crème.

Christophe Hardiquest 39:03 Ça, c'est pas une tarte au citron.

Christophe Hardiquest 39:06 C'est marrant, mais...

Brice Boland 39:07 C'est pas une tarte au citron, mais il y a quand même un petit tronc.

Christophe Hardiquest 39:09 Oui, mais tu vois que ce n'est pas crémeux.

Christophe Hardiquest 39:14 La matière première est travaillée au low cost.

Christophe Hardiquest 39:17 Ça pourrait être artisanal.

Brice Boland 39:21 Vas-y, regoutte, regoutte.

Christophe Hardiquest 39:26 Je trouve juste que pour un merveilleux, si c'est un professionnel à la pâtisserie, il est sucre autant.

Christophe Hardiquest 39:30 Oui.

Brice Boland 39:33 Alors, ça peut être visité.

Brice Boland 39:37 C'est chocolat blanc.

Brice Boland 39:38 Oui.

Brice Boland 39:39 Préliminé, je pense.

Brice Boland 39:40 Quoi ?

Brice Boland 39:41 Il y a un peu de praliné, je pense.

Brice Boland 39:42 Très léger.

Christophe Hardiquest 39:44 Artisanal, ça pourrait être artisanal.

Brice Boland 39:45 Ouais, t'as 100%.

Brice Boland 39:46 C'est bon.

Brice Boland 39:47 Je les écoute.

Brice Boland 39:49 Et donc toi, tu m'as ramené quoi ?

Christophe Hardiquest 39:50 Et moi, je t'ai ramené...

Christophe Hardiquest 39:52 Regarde ça.

Christophe Hardiquest 39:53 Cahier.

Christophe Hardiquest 39:54 Ouais.

Christophe Hardiquest 39:54 C'est un copain boulanger.

Christophe Hardiquest 39:56 J'en ai quelques-uns, des copains boulangers, mais...

Christophe Hardiquest 39:57 Ouais, j'imagine.

Christophe Hardiquest 39:58 Avec ça, c'est ce que je prends le matin pour déjeuner.

Christophe Hardiquest 40:00 Ok.

Christophe Hardiquest 40:01 Un kouign-amann.

Brice Boland 40:01 Un kouign-amann, bien sûr.

Brice Boland 40:02 J'adore.

Brice Boland 40:03 Tu connais ça ?

Brice Boland 40:04 C'est breton, hein ?

Brice Boland 40:04 C'est breton.

Brice Boland 40:04 C'est croquant, c'est mielleux

Christophe Hardiquest 40:13 C'est trois métiers ça Boulanger Pâtissier Et toureur

Brice Boland 40:20 Evidemment là je pose la question c'est quoi toureur ?

Christophe Hardiquest 40:23 Un toureur c'est quelqu'un qui Abaisse les pâtes Levée, pâte à croissant, pâte feuilletée Pâte feuilletée inversée On appelle ça un toureur donc il faut créer une pâte levée avec de la levure et puis faire des rabats du sucre et mouler dans un moule tu vois et kouign-amann pour moi c'est la quintessence des trois métiers

Brice Boland 40:49 c'est génial c'est lourd le matin c'est ton petit plaisir c'est vachement sucré

Christophe Hardiquest 40:57 oui mais tu l'abordes différemment tu vois tu l'acceptes

Brice Boland 41:04 tu l'acceptes t'en fais parfois ?

Christophe Hardiquest 41:08 j'en ai déjà fait ça prend beaucoup de temps très très long

Brice Boland 41:12 soit t'en fais un métier et tu fais que ça oui

Christophe Hardiquest 41:14 je pense qu'à un moment donné on peut s'amuser à le faire pour sa culture etc mais moulanger pâtissier ce sont des métiers à part ouais

41:21 Street food, plats signature et réalité financière du métier

Christophe présente le pain saucisse relancé avec son ami boulanger Régis, de la boulangerie Matinal, à partir de la vaisance namuroise traditionnelle, et défend l'idée d'upscaler la street food (tacos, gaufres) sans perdre en savoir-faire. Il cite ensuite ses plats signature : l'américain repéré par Brice, le « bijou d'huître », le chicon gratin ou la côte de veau en croûte de sel et de foin. La conversation bascule enfin sur l'argent : Christophe explique qu'un chef étoilé ne gagne souvent qu'une vingtaine d'euros de l'heure une fois le travail réel compté, et que les investissements dans un restaurant gastronomique se chiffrent en dizaines de milliers d'euros pour une seule table.

Brice Boland 41:21 t'en fais parfois justement des des partenariats ou justement tu te dis ok là je vais faire ma carte et ça je vais pas faire je vais plutôt outsourcer mais tu l'annonces

Christophe Hardiquest 41:33 pas dans le gastro mais dans la brasserie bien par exemple avec Régis aussi de chez Matinal, Régis Recours qui est un super pote on a relancé un peu le pain saucisse c'était mon idée ça vient de l'avisance tu connais l'avisance à Namur ?

Christophe Hardiquest 41:50 le nom d'avisance ça vient de aviser quand les gens partaient pour la campagne ils récupéraient les restes de viande de la veille les rôtis etc et ils mettaient ça dans une crêpe et ils roulaient et on appelait ça une avisance

Brice Boland 42:06 c'est comme une empanada

Christophe Hardiquest 42:08 on faisait ça dans une crêpe et c'est comme ça que le pain à saucisse est né la visance c'est de cette histoire namuroise principalement et la visance avec Régis on l'a retravaillé avec du boudin noir et de la pomme et du gingembre et l'autre un boudin blanc saucisse piqueuse je pense qu'on a fait il fait ça dans une brioche et aujourd'hui on a relancé le pain saucisse mais le vrai pas celui de l'autoroute pas celui de chez Total tu vois ce que je veux te dire

Brice Boland 42:36 qu'est-ce que tu penses justement de ces de ces thématiques de ces aliments un peu plus fast food donc tacos crêpes gaufres qui sont justement upscalés qui glow up et qui sont mis sous un autre état

Christophe Hardiquest 42:53 moi j'adore je trouve que c'est important de c'est le rôle créatif c'est ce qu'on disait la créativité elle peut être partout et donc si demain on arrive à upgrader dans une qualité qui n'est pas fast food mais avec un savoir-faire il faut s'amuser il faut créer des concepts je crois que ça c'est génial upgrader une gaufre le pain saucisse voilà j'aime l'idée de mettre la créativité au service des projets comme ça ok

Brice Boland 43:25 moi j'ai un coup de coeur chez toi je crois que tu le sais d'ailleurs je t'ai déjà dit c'est ton américain ton américain qui était un de tes plafards d'ailleurs je pense pendant le Covid mais moi j'étais venu la première fois chez Bonbon et de tous les 10 ou 12 plats j'étais subjugué par l'américain c'est con parce qu'il y avait d'autres tueries à gauche et à droite avant et après mais ton américain moi je suis fan d'américain mais était exceptionnel est-ce que t'as d'autres plats que

Brice Boland 43:51 tu subjugues que tu maîtrises, c'est vraiment ta signature il n'y a que toi qui fais ça

Christophe Hardiquest 43:58 il y a plein d'autres plats je pense que après si je dois parler d'un plat signature j'ai mon bijou d'huître c'est une manière de faire un sushi d'huître et de déposer ça sur une crème avec des gelées de vodka tonique et concombremente il n'y a que moi qui fais ça il y a le chicon gratin à revisiter ça devient un must et on le sert tout le temps parce que les gens sont fans de ça il y a quelques plats comme ça quand on fait nos

Christophe Hardiquest 44:34 fougasses on fait des fougasses un peu spécifiques et les gens en mangent quasiment une par personne il y a des choses comme ça que ce qu'on a fait moi j'aime j'aime aussi l'identité dans le pain par exemple ou dans des préparations comme une côte de veau cuit en croûte de sel et de foin t'avais mangé ça ?

Christophe Hardiquest 45:08 on a fait aussi c'est autre chose

Brice Boland 45:10 que t'as cassé devant moi c'est ça là ?

Christophe Hardiquest 45:13 c'est ça là on a fait aussi un foie gras en tuyau d'argile qu'on a fait il y a pendant des années on cuit un foie gras entier dans une tuyau d'argile on a fait un bar avec des coquilles d'huître broyées.

Christophe Hardiquest 45:29 On cuit un bar.

Christophe Hardiquest 45:29 Plutôt que de jeter les coquilles d'huître, on les broie et on les mélange avec du sel et des blancs d'œufs et puis on cuit le bar dedans, dans la coquille d'huître et on farcit le bar sous la peau d'huître hachée.

Brice Boland 45:40 Ça, c'est un peu des nouvelles méthodes, un peu plus naturelles.

Brice Boland 45:43 Il y en a un qui fait ça au stand, me semble-t-il.

Brice Boland 45:45 Willem.

Brice Boland 45:46 C'est incroyable.

Brice Boland 45:48 Il pend des trucs au-dessus d'un feu, il met des trucs dans le sable.

Brice Boland 45:52 c'est vraiment une passion et un côté méthodologique ou c'est un peu chaud ?

Christophe Hardiquest 45:59 Non, non, c'est vraiment créer des nouvelles méthodes de cuisson c'est créer de la valeur ajoutée sur des produits, c'est dévier les choses, sortir des codes pour pouvoir créer avoir un pouvoir de création différent, non c'est pas de la communication, évidemment on communique dessus parce que je pense que c'est important pour le public de voir ce qu'on fait mais c'est bien de dévier un peu les choses de temps en temps ça permet de upgrader l'expérience ok

Brice Boland 46:29 on n'a pas encore parlé de ça côté business, côté argent c'est quoi le business plan ou le salaire d'un grand chef par exemple les gens ils se disent ouais de toute façon tous ces chefs là ils se sont regardés, ils ne travaillaient plus ce qui est évidemment totalement faux c'est quoi la réalité par rapport à la perception

Christophe Hardiquest 46:52 alors c'est pas parce qu'on travaille dans le luxe qu'on vit dans le luxe on aime les belles choses c'est vrai moi je pense que je t'en prie je pense qu'aujourd'hui les chefs aujourd'hui en 2025 ne sont pas du tout à l'aise je crois que c'est parfois compliqué quoi donc c'est à dire que faut pas croire qu'on gagne 20 000 euros par mois si on ferait au prorata des heures de travail on gagne 20 euros de l'heure alors ça c'est comme une dame qui repasse avec les

Christophe Hardiquest 47:24 titres de service tu vois un peu plus mais on ne gagne rien du tout quand tu sais qu'un plombier te demande 90 euros de l'heure voilà moi je crois que les gens ont des fausses idées sur ils font le calcul de ton restaurant donc ils disent autant de menus moi je me souviens qu'on disait à mes enfants quand ils étaient plus petits que leur papa était riche.

Christophe Hardiquest 47:49 Parce qu'ils font ton calcul.

Christophe Hardiquest 47:51 Mais est-ce qu'on parle des 25% d'indexation des salaires ?

Christophe Hardiquest 47:55 Est-ce qu'on parle de l'inflation des produits, de l'inflation des matériaux, de l'entretien, de l'augmentation d'énergie ?

Christophe Hardiquest 48:01 Ça, tout le monde s'en fout.

Christophe Hardiquest 48:02 Tout le monde fait ton calcul, mais tout le monde s'en fout de savoir...

Brice Boland 48:05 Vous n'êtes pas vraiment aidé, comme vous disiez, avec le comparatif avec le Danemark ?

Brice Boland 48:09 La France.

Brice Boland 48:10 La France, mais à Copenhague ?

Christophe Hardiquest 48:11 Oui, bien sûr.

Brice Boland 48:12 Vous n'êtes pas vraiment aidé ?

Brice Boland 48:13 Non.

Brice Boland 48:14 C'est quoi ton plus gros investissement dans un projet ?

Brice Boland 48:17 Un four, ta table ?

Christophe Hardiquest 48:19 Oui, ma table, je viens de réinvestir beaucoup d'argent chez Menssa.

Brice Boland 48:24 Alors, tu as une table.

Christophe Hardiquest 48:25 Oui, une seule table.

Brice Boland 48:26 Mais qui est énorme.

Christophe Hardiquest 48:26 Oui, mais il y a le matériel qui va avec, etc.

Christophe Hardiquest 48:29 Donc, oui, les investissements dans la restauration de haut niveau, toujours à coût de 50 000 euros.

Christophe Hardiquest 48:37 Et tu n'as pas grand-chose.

Christophe Hardiquest 48:39 Ça aussi, je veux dire, tu lèves le petit doigt et tu te retrouves avec une belle facture payée

48:46 Signature, avenir et management d'équipe

Christophe évoque des détails qui font une expérience sur-mesure, comme l'arbre à couteaux ou, à l'époque de Bon Bon, les serviettes nominatives des habitués. Comparé à la retraite de Robuchon à 50 ans, il annonce vouloir d'abord stabiliser ses deux maisons, Menssa et Le Petit Bonbon, tout en gardant des projets encore trop tôt pour être partagés, et revient sur son passage à Châteauneuf-du-Pape pendant les travaux. Il détaille enfin sa gestion d'équipe : franchise plutôt que cris, fidélisation moyenne de cinq ans et demi, et recrutement fondé sur l'attitude plutôt que sur le CV ou la technique.

Brice Boland 48:46 je vais peut-être répondre à ta place en te posant la question mais il y a des petits détails que je trouve exceptionnels chez toi mais après c'est très personnel qui font une grosse différence et qui font que c'est une expérience on va dire authentique ton arbre à couteau je trouve ça génial comme idée ça te permet de passer derrière, d'achacher ton couteau toi t'as une histoire par couteau celui-là il était ramené par machin Lui, il a fait un voyage, il me l'a ramené.

Brice Boland 49:14 Celui-là, c'est marrant, il coupe ça, mais pas ça.

Brice Boland 49:16 C'est quoi les autres petits détails que tu as eus dans ta carrière comme ça ou des petites idées qui sont devenues des détails mais qui font que c'est ton ADN ?

Christophe Hardiquest 49:23 À l'époque de chez Bonbon, on mettait le nom sur la serviette des gens, des habitués.

Christophe Hardiquest 49:30 Ils avaient leur nom sur la serviette.

Christophe Hardiquest 49:31 Et donc, quand ils arrivaient, ils avaient leur serviette avec leur nom.

Christophe Hardiquest 49:34 Et ça, c'est ce que j'appelle du sur-mesure.

Christophe Hardiquest 49:38 et le fait d'avoir du sur-mesure je pense que c'est ça qui fait une petite différence aujourd'hui dans l'expérience

Brice Boland 49:44 Robuchon a pris sa retraite à 50 ans il te reste un an

Christophe Hardiquest 49:52 l'année prochaine

Brice Boland 49:54 je prends ma retraite

Christophe Hardiquest 49:55 c'est terminé

Brice Boland 49:57 c'est quoi les next steps pour toi je connais le projet Menssa je connais le projet Petit Bonbon

Christophe Hardiquest 50:03 d'abord c'est aujourd'hui c'est stabiliser mes deux maisons comme je te disais tout à l'heure j'ai envie au plus profond de moi c'est de stabiliser de mettre la jeune génération en avant d'une manière ou d'une autre et puis j'ai quelques fantasmes je n'ai peut-être pas envie de les partager là tout de suite parce que je pense que ça doit mûrir mais j'ai quelques fantasmes professionnels dans la manière dont j'aimerais peut-être plus tard, peut-être dans 5 ans, 6 ans 7 ans, 8 ans, 10 ans, je ne sais

Christophe Hardiquest 50:33 pas terminer ma carrière, j'ai quelques idées et peut-être que ça viendra plus vite je ne sais pas, je crois que ce qui est important c'est toujours d'aller jusqu'au bout des projets d'abord, tu vois de faire tout ce qu'il faut pour que tout roule et peut-être après d'être fier de mettre quelqu'un d'autre en avant et de se dire, j'ai rempli ma mission, mes missions et moi je vais pouvoir aller vers d'autres envies et d'autres plaisirs je crois que c'est assez pour moi important de valoriser, des projets

Christophe Hardiquest 51:06 j'en ai beaucoup on a besoin toujours un peu de soleil et ça c'est ce qui manque vraiment

Brice Boland 51:15 t'étais parti à un moment au sud de la France en transition

Christophe Hardiquest 51:17 pendant que je faisais mes travaux chez Menssa j'ai un peu bossé à Châteauneuf-du-Pape dans le Vaucluse dans une maison étoilée avec qui on a eu un partenariat pendant 2 ans et demi

Brice Boland 51:29 on a pas trop parlé des gens je voulais aussi parler de ça, t'as ta brigade t'as ta team, t'as toute ton équipe je sais qu'il y a un côté un peu protocolaire c'est à dire avant le service c'est une sorte de garde à vous un peu plus light

Christophe Hardiquest 51:42 un briefing

Brice Boland 51:42 où on fait un petit rappel de ce qui a amélioré c'est quoi la perception de ton équipe par rapport à toi ?

Brice Boland 51:53 t'es dur t'es dans le détail t'es minimaliste t'es obsessionnel, c'est quoi ?

Christophe Hardiquest 51:59 c'est compliqué à dire ce qui perçoit je pense que je suis un gars juste et honnête je ne gueule pas mais je dis tellement ce que je pense que ce soit en positif ou en négatif c'est à dire que quand il faut féliciter ils sont heureux je les félicite je mets en avant les gens je dis bravo pour ton travail tu as bien évolué et puis quand ça doit barder ça barde et à côté de ça je crois que ça doit toujours être fondé et juste

Christophe Hardiquest 52:31 Tangible, factuel

Brice Boland 52:34 Comment tu fais pour dans tous les business tu as envie de garder les talents sachant que le succès d'un chef ou d'un sous-chef c'est de créer peut-être son projet ou de partir, comment tu fais justement pour gérer ce momentum de rétention de talent

Christophe Hardiquest 52:50 Je crois que d'abord il faut les respecter, il faut qu'ils sentent que c'est un peu leur maison d'une part, il faut qu'ils sentent qu'ils se développent qu'ils soient payés correctement beaucoup de communication alors des fois il y a plus de communication à un certain moment que d'autres

Brice Boland 53:08 c'est du management

Christophe Hardiquest 53:09 je garde quand même mes collaborateurs pendant 5 ans et demi de moyenne

Brice Boland 53:14 t'as une moyenne de turnover on va dire de 5 ans

Christophe Hardiquest 53:19 oui c'est ça

Brice Boland 53:20 c'est long

Christophe Hardiquest 53:21 parce qu'il y en a qui restent 10 ans puis il y en a d'autres qui restent 3 ans et demi

Brice Boland 53:26 Il y en a d'autres que tu ne veux pas garder, parfois ?

Christophe Hardiquest 53:28 Des fois, quand il y en a un qui est prêt, que je sens prêt à relever un nouveau challenge, je le propulse.

Christophe Hardiquest 53:35 Je prends mon téléphone et je dis, ce serait bien que tu ailles bosser là-bas, vas-y.

Brice Boland 53:38 C'est quoi les tests quand ils arrivent chez toi ?

Brice Boland 53:40 Je pose-tu le chez toi, tu as le CV, c'est quoi les tests ?

Christophe Hardiquest 53:42 Je te mets en cuisine, je regarde ton attitude, je m'en fous du CV, je regarde comment tu parles, comment tu te tiens, comment tu t'habilles, comment tu es propre, l'attitude en général.

Christophe Hardiquest 53:55 et le reste je m'en occupe

Brice Boland 53:59 il n'y a pas de technique quand même

Christophe Hardiquest 54:00 je m'en fous c'est plutôt au moins CV et tout ça je n'en ai rien à foutre

Brice Boland 54:05 donc je pourrais bosser chez toi

Christophe Hardiquest 54:06 je peux jouer au t-shirt la technique je te la prends c'est plutôt au moins tout ce qui concerne l'attitude, les valeurs tout ce qui est aujourd'hui en perdition moi je trouve qu'on est dans un monde où l'éducation et les valeurs ont vraiment glissé en 15 ans ok

54:27 Anecdotes de carrière et transmission

Pour clore l'échange, Christophe raconte deux anecdotes : aux États-Unis, deux clients ayant bu le rince-doigts et mangé jusqu'aux os de leurs cuisses de grenouilles, et sa rencontre, à 30 ans en partance pour Saint-Sébastien, avec le chef Pierre Wynants du Comme Chez Soi, qui l'a introduit aux Grandes Tables du Monde et lui a fait côtoyer des chefs qu'il admirait depuis ses posters d'adolescent. Il termine sur la transmission comme valeur essentielle de sa vie, avant les remerciements de clôture avec Brice.

Brice Boland 54:27 on va devoir terminer on va terminer ça fait déjà plus d'une heure est-ce que tu peux partager avec moi avec nous une anecdote ou deux anecdotes de ton de ton histoire de chef de ton histoire d'entrepreneur des trucs un peu fous qui sont arrivés

Christophe Hardiquest 54:43 oh alors qu'est-ce qui s'est passé dans une carrière il s'en passe beaucoup de choses évidemment il y a un truc marrant c'est qu'un jour c'était aux Etats-Unis justement et je sers des cuisses de grenouilles à un client américain à deux clients américains je pense qu'ils étaient deux c'était cuisses de grenouilles à l'ail au beurre à l'ail etc on met le rince-doigts et là c'était un vrai sketch j'ai vu les gars boire boire le rince-doigts ils ont bu le rince-doigts mais le plus important c'est qu'il n'y

Christophe Hardiquest 55:29 avait plus d'os de cuisse de grenouille dans l'assiette dans les deux assiettes les assiettes avaient disparu les os les os des cuisses de grenouille avaient disparu et je dis mais j'arrive à la table je vois le rince-doigts donc j'avais bu le rince-doigts et les os avaient disparu ils ont tout bouffé tu vois, ça c'était quand même un vrai sketch tu l'aurais dit ou pas ?

Christophe Hardiquest 55:55 je l'aurais dit je n'aurais rien dit, j'étais jeune j'ai pris les assiettes j'étais duro-chef, j'ai dit we have a problem, j'ai montré les assiettes et les reins de doigt et le chef était mort de rire ça c'est une de mes anecdotes fétiche une autre un jour ma femme Stéphanie m'invite à Saint-Sébastien pour mes 30 ans elle me dit tiens on prend l'avion et donc j'arrive à l'aéroport et je suis dans le même avion que Pierre Wynants avec Marie-Thérèse Wynants Pierre Wynants du Comme Chez Soi et

Christophe Hardiquest 56:32 nous on est juste derrière le chef me voit et me dit ça va Christophe tu vas bien que tu vas faire à Bilbao je dis je vais à Saint-Sébastien mon épouse m'invite pour mes 30 ans et donc c'est chouette Nous aussi, on va à Bilbao et après, on va aussi à San Sebastián.

Christophe Hardiquest 56:52 Vous allez pour quoi, chef ?

Christophe Hardiquest 56:53 Et je commence à échanger, mais moi, très jeune.

Christophe Hardiquest 56:56 En plus, il y avait un article de moi dans l'ADH sur mon restaurant et je voyais que Pierre était en train de lire.

Christophe Hardiquest 57:02 C'était très marrant, Pierre Wynants.

Christophe Hardiquest 57:04 Et on arrive là-bas et puis il me dit, mais si tu veux, tu peux venir.

Christophe Hardiquest 57:09 On est aux grandes tables du monde.

Christophe Hardiquest 57:11 Et grandes tables du monde, si tu veux, c'est tous les grands chefs du monde entier.

Christophe Hardiquest 57:15 donc les trois étoiles mais Japon, Etats-Unis c'est la crème, le dessus de la crème du cappuccino et il me dit si tu veux je t'invite au cocktail comme ça tu vois ce que c'est les grandes tables du monde et c'est lui qui m'a intronisé d'ailleurs par la suite parce que maintenant je suis ce que j'ai vécu il y a 30 ans je suis dans cette confrérie et j'arrive et donc il m'invite et j'ai été accueilli par les chefs, je voyais tous Tous les chefs dont j'ai

Christophe Hardiquest 57:43 lu les bouquins, les posters dans ma chambre, ils étaient là, à côté de moi, en chair et en os.

Christophe Hardiquest 57:50 Et ça, c'était, pour moi, une expérience de fou.

Christophe Hardiquest 57:54 Je ne savais plus comment je m'appelais.

Christophe Hardiquest 57:57 Le plus beau cadeau que j'avais pu recevoir, bien en dehors du restaurant, de voir Thomas Keller, les grands chefs italiens, tous ces chefs ensemble, de l'Allemagne en passant par tous les pays du monde.

Christophe Hardiquest 58:11 C'était impressionnant.

Brice Boland 58:12 ça c'était ton moment prime un peu ton moment

Christophe Hardiquest 58:15 c'était un peu comme si on m'avait donné trois étoiles c'était un peu un moment surréaliste et surtout que j'étais jeune, j'avais 30 ans donc quand t'as 30 ans t'es très sensible ça faisait trois ans que j'avais ouvert mon restaurant donc j'étais encore un peu fragile et tout est important à cet âge là c'était génial

Brice Boland 58:38 c'est cool on va devoir clôturer avant de clôturer est-ce qu'il y a un moment de partage est-ce que tu veux partager quelque chose et surtout est-ce que tu permets à des gens à t'écrire si oui comment, à t'envoyer quelque chose, des questions des gens qui veulent faire le tremplin, qui veulent postuler chez toi, qui ont des idées

Christophe Hardiquest 58:54 oui je veux bien partager quelque chose, j'ai envie de parler de transmission je suis un chef qui transmet énormément pour moi la transmission est une des valeurs essentielles de la vie ça permet à un moment donné de pouvoir donner une partie de soi à des gens qui s'intéressent à toi et que ce soit pas que technique c'est philosophique c'est éducationnel la transmission comme avec nos enfants on essaie de transposer nos valeurs qu'elles soient professionnelles éducationnelles technique donc pour moi ça la transmission est une de mes

Christophe Hardiquest 59:38 grandes valeurs principales et j'aime voir que les gens évoluent en fait de me dire bah tiens j'ai fait mon boulot j'ai fait ma partie du job parce que je les vois se construire à mes côtés et je sais que je leur donne à la fois tout ce qu'il faut et la force et et côté positif parce que transmission c'est super positif et Et j'essaie d'avoir le bon schéma pour pouvoir leur amener un maximum de choses, pour leur faire gagner du temps, en fait.

Brice Boland 1:00:14 Tu le fais super bien.

Brice Boland 1:00:15 Honnêtement, moi, ce que j'adore, c'est quand tu viens expliquer tes plats, après, avant, avec ton équipe, etc.

Brice Boland 1:00:20 Tu viens, t'expliques, tu parles de l'histoire de ce qu'il y a dans l'assiette, etc.

Brice Boland 1:00:23 Et en fait, ça sort ça en fond.

Brice Boland 1:00:25 Voilà.

Brice Boland 1:00:25 Donc, c'est génial.

Christophe Hardiquest 1:00:26 Voilà ma biche.

Brice Boland 1:00:27 Christophe, merci ma biche.

Brice Boland 1:00:28 Merci à toi, je te fais un câlin.

Brice Boland 1:00:29 Avec plaisir.

Brice Boland 1:00:31 Merci, Ali.

Brice Boland 1:00:32 Avec plaisir.