Édouard Carton : triple champion du monde, entre poney, data et vitesse
Édouard Carton se présente comme triple champion du monde de disciplines très différentes : vice-champion du monde du jeu du poney, fondateur d'une start-up de suivi du sommeil des bébés, et ingénieur data en sport automobile. Il raconte comment il jongle entre ces parcours.
« Édouard Carton : triple champion du monde, entre poney, data et vitesse » est un épisode de Coucou Ma Biche, le podcast vidéo belge animé par Brice Boland, avec Edouard Carton, publié le . Durée : 49:16. Terrain : Dépassement de soi. Transcription intégrale en 12 chapitres résumés et horodatés.
Brice Boland reçoit Édouard Carton, qui se décrit comme triple champion du monde de disciplines très différentes : vice-champion du monde du jeu du poney, fondateur d'une start-up de monitoring du sommeil des bébés, et ingénieur data en sport automobile. Il raconte comment il concilie ces parcours.

Les questions qui tuent
- 23:39 Qu'est-ce qui te manque ? Lire la réponse : Percer en Formule 1 : ce qu'il faut pour y arriver
- 19:24 Combien ça gagne un data engineer en salaire annuel ? Lire la réponse : Salaire d'un ingénieur de course et vie sur la route
- 41:15 Quand t'as levé des millions, t'as levé combien d'argent en tout pour Gabi ? Lire la réponse : Bonbons, déclic entrepreneurial et levées de fonds
Les temps forts
- 0:00 Générique d'ouverture
Générique d'entrée du podcast Coucou Ma Biche, lu par Brice Boland : présentation de l'émission comme un espace de discussions intenses sur la performance, le mindset, le business et le lifestyle. L'intro promet des histoires « palpitantes » et se termine sur un « Let's go ! » avant l'arrivée d'Édouard Carton à l'antenne.
- 0:24 Retrouvailles et portrait d'Édouard
Brice Boland accueille Édouard Carton, ami depuis 15-17 ans, et lui dresse un portrait en bullet points : le goût du bon poulet, les années à Cranfield, l'application immobilière Igloo (un an et demi) puis Gabi, lancée depuis 7-8 ans. Édouard confirme que Gabi a été créée un peu après le début du projet pour des raisons fiscales. En retour, Édouard résume ce qu'il a envie d'aborder : l'entrepreneuriat, l'amitié et les nombreux projets des dix dernières années.
- 5:03 Le chemin vers le sport automobile : de l'ULB à Cranfield
Édouard raconte son intérêt pour le sport auto né vers 14-15 ans, d'abord via la Formule 1. Après ses études à l'ULB, il cherche un master spécialisé en ingénierie sport automobile, une filière très niche présente surtout en Angleterre, et choisit Cranfield, l'école la plus reconnue du secteur. Il y passe deux ans dans un village isolé où la vie étudiante est quasi inexistante, avec pour colocataires notamment un étudiant grec au rythme de vie inversé. Il conclut que le diplôme seul n'aurait pas suffi sans une réelle envie de percer dans le milieu.
- 9:39 Le métier d'ingénieur en sport auto : rôles et missions
Édouard détaille les deux grandes voies après ce type d'études : la conception des voitures en bureau d'études (usine, peu de terrain), qu'il a écartée, et le travail directement avec l'écurie sur le terrain. Dans cette seconde voie, il distingue l'ingénieur data, l'ingénieur de course et l'ingénieur stratégie. Il explique le rôle de l'ingénieur data : vérifier la fiabilité de la voiture au retour de piste, puis analyser les données de pilotage pour comparer les pilotes et traduire le quantitatif en conseils concrets. Il évoque une automatisation croissante de la partie fiabilité, chaque écurie développant ses propres outils à son rythme.
- 11:44 Les écuries GT3 : hiérarchie, business model et coûts des pilotes
Édouard cite WRT, écurie belge où il a travaillé huit ans, comme l'une des références du paddock GT3 (24 Heures de Spa, championnat Fanatec, WEC). Il explique le modèle économique : des écuries privées associées à un constructeur, des pilotes classés de bronze à platine, les moins professionnels payant pour rouler tandis que les pros sont rémunérés. Une saison complète coûte entre 900 000 et 1,3 million d'euros pour une voiture partagée entre trois pilotes, le gain en prize money restant marginal pour les pilotes payants. Il détaille aussi la licence de pilote (non achetable, basée sur les résultats), les critères de sélection des pilotes (personnalité, propension aux crashs) et termine sur la blague récurrente du code promo pneus avec Brice.
- 19:17 Salaire d'un ingénieur de course et vie sur la route
Édouard précise qu'il exerce aujourd'hui comme ingénieur de course, le lien entre pilote et écurie : stratégie, gestion des pneus et de l'essence, communication radio et réglages de la voiture. Il chiffre le tarif journalier entre 500 et 1000 euros selon l'expérience et l'écurie, avec deux statuts possibles, salarié à temps plein ou freelance pour plusieurs écuries. Il calcule qu'un championnat de dix courses représente environ six jours de travail par course (course, préparation, rapport), auxquels s'ajoutent les jours d'atelier. Il qualifie ce métier de « job passion », moins rémunérateur que d'autres métiers d'ingénieur, tout en se disant heureux de le faire.
- 23:23 Percer en Formule 1 : ce qu'il faut pour y arriver
Interrogé sur ce qui lui manquerait pour aller en Formule 1, Édouard répond que ce n'est pas une question de compétence mais de chemin parcouru. La voie « bureau » est plus accessible, notamment grâce aux liens entre Cranfield et les écuries de F1. La voie « terrain » dépend surtout du type d'expérience : avoir fait de la Formule 3 plutôt que seulement du GT compte davantage, car l'organisation et la gestion d'un week-end de course diffèrent fortement d'une catégorie à l'autre.
- 25:31 Vice-champion du monde de Poney Game
Brice relance sur une autre facette d'Édouard : double champion d'Europe et vice-champion du monde de Poney Game après quinze ans d'équitation, dont une dizaine en compétition. Il explique qu'il s'agit d'un sport d'équipe (cinq cavaliers) fait d'une vingtaine de jeux et courses-relais, où l'Angleterre reste historiquement la référence devant la France et la Belgique. Il raconte les déplacements en camion à travers l'Europe pour les championnats, le plus lointain ayant eu lieu en Suède, où les poneys locaux, tous blonds, étaient surpris de croiser des poneys d'autres couleurs.
- 28:41 Gabi : la medtech pour bébés, un pari complexe
Édouard présente Gabi, sa société medtech lancée il y a huit ans et demi, dont le produit surveille aujourd'hui les enfants de 28 jours à 12 ans (contre 28 jours à 3 ans au départ). Interrogé sur le fait de refaire ou non ce projet, il répond qu'il ne le referait pas exactement de la même façon, tant la combinaison dispositif médical certifié, pédiatrie (un domaine inconnu pour des non-médecins) et expansion aux États-Unis s'est révélée complexe. Il détaille les spécificités du système de santé américain (admissions en urgence, remboursement, suivi post-hospitalisation) tout en jugeant que le choix des États-Unis reste le bon malgré la difficulté.
- 33:26 Igloo : l'échec instructif d'une appli immobilière façon Tinder
Édouard revient sur Igloo, projet antérieur à Gabi, pensé comme un Tinder de la location immobilière : swipe rapide côté locataire, upload de photos simplifié côté propriétaire face à un Immoweb jugé archaïque. L'application a été développée et brandée, mais le business model n'a jamais été résolu : refus de la publicité, incertitude sur qui paierait, et tests infructueux sur ce point. Avec ses associés de l'époque, Charles et Mélissa, partis vers d'autres opportunités, le projet est arrêté après un peu plus d'un an. Édouard en tire la leçon de toujours confronter son business model au marché tôt, plutôt qu'à des proches qui valident par affect.
- 37:55 Bonbons, déclic entrepreneurial et levées de fonds
Après une pause ludique autour de bonbons façon Bertie Bott's (goûts vomi et œuf pourri), Brice demande à Édouard son « moment étincelle ». Il cite son titre de vice-champion du monde, sa victoire en championnat GT3 en 2016 chez WRT et le lancement de Gabi comme moments marquants, et précise que Gabi a levé un peu plus de 6 millions d'euros au total. Il relativise toutefois la levée de fonds comme accomplissement en soi, la présentant plutôt comme un moyen d'amener le produit aux patients, et explique la dilution progressive des fondateurs au fil des tours (pre-seed, seed, série A) ainsi que l'équilibre que les investisseurs doivent préserver pour garder les fondateurs motivés. Il conclut vouloir désormais générer du chiffre d'affaires plutôt que de dépendre de l'argent des investisseurs.
- 44:58 Conclusion : conseils aux entrepreneurs et mot de la fin
Brice remercie Édouard pour son amitié et la diversité de ses talents, sportifs comme entrepreneuriaux. Interrogé sur un conseil pour les entrepreneurs dans un marché du financement tendu depuis deux ans, Édouard évoque le bootstrap comme option parfois plus rapide, l'importance de rester passionné, de réfléchir son business model en amont, et surtout de tester le marché le plus tôt possible avec un vrai produit ou POC pour éviter de vouloir faire rentrer un produit dans un marché qui ne lui correspond pas. L'épisode se termine sur la blague récurrente du code promo pneus et des remerciements croisés.