Transcription — Le meilleur sommelier de Belgique déconstruit les mythes du vin
Transcription de l'épisode de Coucou Ma Biche avec Éric Boschman, publié le et animé par Brice Boland : 13 chapitres résumés et horodatés.
Transcription produite automatiquement à partir de la bande son, puis relue : les noms propres et le découpage en chapitres ont été vérifiés à la main. Des approximations subsistent ; en cas de doute, la vidéo fait foi (nouvel onglet). Les horodatages ouvrent la vidéo à l'instant correspondant, dans un nouvel onglet.
0:00 Ouverture : trailer, pub et retrouvailles
L'épisode s'ouvre sur un montage de punchlines à venir (le vin comme percolation culturelle, le healthy food bobo) avant une pause publicitaire pour Pulse by Casidomi. Brice Boland accueille ensuite Éric Boschman avec le rituel « Coucou ma biche ». La discussion démarre déjà tous azimuts, ce que l'animateur dit apprécier.
Éric Boschman 0:00 Belgique, championnat d'Europe, championnat du monde.
Brice Boland 0:02 Du meilleur sommelier, c'est ça ?
Éric Boschman 0:03 Du meilleur sommelier, oui.
Éric Boschman 0:04 Et puis j'ai été le meilleur médecin total de Belgique aussi.
Brice Boland 0:07 Il y a de plus en plus de boissons qui sont non alcoolisées.
Brice Boland 0:09 Les jeunes sont heureux de dire qu'ils ne boivent pas.
Éric Boschman 0:11 Arrêtons l'hypocrisie.
Éric Boschman 0:13 Ils disent qu'ils ne boivent pas, ils prennent des pilules.
Éric Boschman 0:16 Ils sont sains de mes...
Éric Boschman 0:17 Ils ne sont pas sains.
Éric Boschman 0:18 Les jeunes ne boivent pas de vin, ils n'ont jamais bu de vin.
Éric Boschman 0:21 Personne n'aime le vin naturellement.
Éric Boschman 0:23 Le vin, tu l'aimes par percolation culturelle.
Éric Boschman 0:26 Ta mère, ton père, ton tonton.
Éric Boschman 0:28 et celui qui est bien sur ma genou non pas celui-là celui-là il t'a appris d'autres trucs mais ça fait la même chose quand t'es allé à la communion et le problème du healthy food qu'on vend aux gentils jeunes bobos qui veulent boire du matcha cappuccino avec du lait d'avoine
Brice Boland 0:41 flat white avoine c'est que de la merde
Éric Boschman 0:44 y'a pas de lait dans l'avoine pour faire du lait d'avoine il faut passer par la chimie le drame du vin c'est ça c'est que tu connais jamais jamais jamais personne ne s'y connait
Brice Boland 0:55 c'est que c'est infini
Éric Boschman 0:56 bien sûr c'est ça C'est exactement comme l'univers
Brice Boland 1:00 De cette connaissance
Éric Boschman 1:00 Et c'est en extension permanente
Brice Boland 1:02 Il y a deux vins, j'ai acheté deux vins Et le but évidemment c'est que tu devines le prix de l'un et de l'autre
Éric Boschman 1:06 C'est pour lui, moi je paye rien
Brice Boland 1:11 Je te fais un cuillère Avant d'aller dans le vif du sujet Je voulais partager quelque chose avec vous La force elle est pour tout le monde On a longtemps cru que les protéines c'était juste pour les salles de sport Alors moi on me demande souvent comment ça se fait que je suis si beau Si intelligent, si musclé Non, blague à part, notre énergie on en a tous besoin chaque jour.
Brice Boland 1:28 C'est pourquoi, en Belgique, on a créé Pulse by Casidomi.
Brice Boland 1:32 C'est une protéine végétale, végane, parfaitement clean, sans additifs, sans surprises.
Brice Boland 1:37 Juste le meilleur de la nature pour nourrir au quotidien.
Brice Boland 1:38 Pulse, la force belge, saine et végétale.
Brice Boland 1:40 Retrouvez ça sur casidomi.com Salut Eric, je suis ravi de t'avoir ici.
Brice Boland 1:46 Coucou ma biche.
Brice Boland 1:48 Coucou ma biche.
1:50 Sommelier, œnologue ou critique : démêler les titres
Brice tente de cerner le profil d'Éric Boschman, qui se décrit comme un « généraliste spécialisé » plutôt qu'un œnologue, réservant ce titre scientifique à un vrai métier d'études longues. Il détaille son parcours : école hôtelière à Namur, diplôme WSET, Master of Wine non obtenu, puis les concours (meilleur sommelier de Belgique, championnat d'Europe et du monde à Rio) qui l'ont le plus formé. La conversation dérive vers Robert Parker, avocat texan devenu le critique le plus influent du vin grâce à une mémoire hors norme et un goût façonné par son enfance américaine.
Brice Boland 1:50 Donc on vient de discuter 5 minutes, c'est déjà parti dans tous les sens, moi c'est ça que j'adore.
Éric Boschman 1:54 C'est pas mon style.
Brice Boland 1:55 Alors c'est très bien, il faut garder ce fil non rouge ou ce non fil rouge c'est très compliqué en fait de te présenter parce que c'est hétéroclite c'est diversifié, ça va dans tous les sens mais il y a évidemment une thématique autour du vin maintenant de la bière
Éric Boschman 2:10 autour de l'hédonisme globalement de l'hédonisme effectivement t'as raison c'est compliqué parce que je suis un couteau suisse dans une société qui aime bien mettre les gens dans un tiroir dans une petite boîte comme ça on sait qui fait quoi moi je suis un peu beaucoup de choses je suis un généraliste spécialisé ça va ça ?
Éric Boschman 2:31 ou un spécialiste généraliste et tant que ça a trait à mon domaine de compétence c'est à dire la gastronomie parce que c'est à ça que je suis formé à la base voilà je roule et surtout tu sais un truc qui est vachement important c'est tant que je m'amuse, ça c'est fondamental
Brice Boland 2:51 mais ça c'est l'avantage d'avoir un métier de passion alors je sais pas si c'est la passion qui est devenue un métier ou le métier qui est devenu passion
Éric Boschman 2:56 c'est complexe parfois parce que je me rends compte avec le temps que toutes mes passions sont devenues des métiers donc j'ose plus avoir un hobby parce que je me dis si je me mets à faire du sport je pourrais devenir champion olympique
Brice Boland 3:12 tu pourrais être à Roland Garros
Éric Boschman 3:13 j'ai deux testicules à la différence de l'Ensamstrang donc je suis pas certain de gagner le Tour de France
Brice Boland 3:18 L'histoire dit qu'il en a perdu une sur la Lune.
Éric Boschman 3:22 Ah non, c'est l'autre.
Éric Boschman 3:23 Pas le même ?
Brice Boland 3:23 C'est lui qui fait du saxo ?
Éric Boschman 3:27 Je n'avais pas pensé.
Éric Boschman 3:29 Sur l'intro.
Brice Boland 3:30 Donc évidemment, je me suis documenté.
Brice Boland 3:32 Ce n'est pas évident.
Brice Boland 3:33 Mais si on résume, écrivain, chroniqueur, sommelier, oenologue, influenceur ?
Éric Boschman 3:39 Alors, oenologue, pas.
Éric Boschman 3:40 Oenologue, pas ?
Éric Boschman 3:40 Oenologue, pas.
Brice Boland 3:41 Ok, let's go.
Brice Boland 3:41 Pourquoi ?
Éric Boschman 3:42 Parce qu'oenologue, c'est un métier à part entière.
Éric Boschman 3:45 C'est un truc scientifique.
Éric Boschman 3:46 moi si j'étais capable d'être scientifique je ne ferais pas prendre le rang
Brice Boland 3:50 il faut une certification ?
Éric Boschman 3:51 ah oui oui c'est un diplôme et ce sont des études longues ça dépend où tu le fais mais c'est un bac plus 7 un bac plus 5 l'onologue c'est un médecin du vin c'est un mec qui va réparer toutes les conneries qu'on a pu faire et qui va avoir une vision relativement large moi je suis sommelier dans le sens où le sommelier c'est un galeriste donc moi je passe ma vie à voyager là je reviens de Provence, je vais partir en Chine dans trois semaines je
Éric Boschman 4:18 voyage vraiment dans le monde entier pour ça je vais goûter les vins
Brice Boland 4:22 pour goûter et faire découvrir et les reprendre pour les revendre ou les présenter
Éric Boschman 4:26 alors moi je ne vends pas, je suis très très mauvais dans ce business
Brice Boland 4:29 tu les proposes, tu les présentes
Éric Boschman 4:30 j'en discute et je joue l'influenceuse comme tu disais et donc je propose à des gens qui cherchent à importer, je leur dis tiens il faut prendre ça et je ne le fais pas pour du fric je fais vraiment de l'influence je trouve que c'est beaucoup plus net
Brice Boland 4:43 tu es un peu le Robert Parker belge
Éric Boschman 4:45 J'aimerais bien, tiens.
Brice Boland 4:46 Et Robert Parker, il est onologue ou pas ?
Éric Boschman 4:47 Alors, pas du tout.
Éric Boschman 4:48 Robert Parker, il est avocat.
Brice Boland 4:50 Ok, ok.
Éric Boschman 4:51 Donc, ça n'a rien à voir.
Éric Boschman 4:52 Mais Parker est doté d'une mémoire, mais phénoménale.
Brice Boland 4:57 Tu dis ça parce que c'est Parker ou…
Éric Boschman 4:59 C'est assez drôle aussi.
Éric Boschman 5:00 Pourquoi pas ?
Éric Boschman 5:00 Normalement, les vins de pourri, c'est moi.
Éric Boschman 5:02 Il faut rétablir les trucs dans le bon sens.
Brice Boland 5:04 Ok, chacun son truc.
Éric Boschman 5:05 Non, Parker, c'est un mec qui a une…
Éric Boschman 5:06 Parker, c'est un avocat texan qui, en tant qu'avocat, avait une passion pour le vin, en parlait à ses potes et à un moment il s'est rendu compte que d'abord il goûtait vachement bien, enfin non, il goûtait dans une unité de mesure très américaine ce qui forme notre goût, c'est notre enfance si t'as été nourri toute ton enfance avec des trucs super épicés et que t'es né dans le Kerala ben tu vas goûter le vin différemment de moi qui suis né dans le Hainaut et qui ai
Éric Boschman 5:35 pas bouffé des trucs épicés et Parker il a bouffé des trucs sucrés super fort en goût et donc Donc, il aimait les vins super juteux, super fort en goût, hyper boisé.
Brice Boland 5:44 C'est pour ça qu'il est clivant sur le bord de lait ?
Brice Boland 5:47 Ou c'est parce qu'il y a un côté spéculatif derrière ?
Éric Boschman 5:49 Non, c'est pour ça qu'il est parvenu à influencer le goût du vin de façon durable.
Éric Boschman 5:56 Pendant pas loin de 20 ans, il a fait le marché de façon incroyable.
Éric Boschman 6:00 Parce que quand il disait à ses potes aux États-Unis, ça, ça vaut 97 sur 100 ou 98 ou 100 sur 100, les mecs se précipitaient là-dessus comme la vérole sur le bac l'Hergé et donc les cours étaient influencés enfin Parker c'est hallucinant ce qu'il a fait c'est plus fort que Warren Buffet
Brice Boland 6:17 du délit d'initié en fait dans la spéculation du vin
Éric Boschman 6:19 sauf qu'il spéculait pas à la base c'était pas l'idée son truc c'est que lui influençait le cours c'était très très fort
Brice Boland 6:27 donc il est panologue et il n'est pas sommelier
Éric Boschman 6:29 ah non pas du tout du tout il est critique critique spécialisé dans le vin
Brice Boland 6:35 ce que tu es aussi
Éric Boschman 6:36 Oui, mais moi, j'ai un passé de sommelier.
Éric Boschman 6:39 Moi, j'ai une formation, en fait.
Brice Boland 6:41 C'est quoi la formation pour être sommelier ?
Éric Boschman 6:43 J'ai fait l'école hôtelière à Namur, comme tout le monde.
Éric Boschman 6:46 Maintenant, il y a plein de formations.
Éric Boschman 6:47 Le monde veut des diplômes pour tout.
Éric Boschman 6:49 Il y a Madame Pipi, certifiée, avec des trucs.
Éric Boschman 6:53 Mais là, il y a un diplôme, beaucoup en sommellerie, un diplôme anglo-saxon qui s'appelle WSET, qui est le Wine and Spirit Education Trust, qui donne des niveaux.
Éric Boschman 7:04 tous les mecs sont super fiers d'afficher qu'ils sont WSET numéro 3 ou numéro 4 ça vaut ce que ça vaut c'est un organisme privé qui dirige la pensée qui dirige pas la pensée mais qui te structure et plein de gens croient que c'est nécessaire, moi j'ai fait le Master of Wine donc normalement qui vient après le WSET que je n'ai pas réussi mais j'ai fait les cours pendant 2 ans c'est extrêmement formateur j'ai appris beaucoup beaucoup de choses mais la chose qui forme le plus en
Éric Boschman 7:34 tout cas à mon niveau ce sont les concours j'ai fait Belgique, Championnat d'Europe, Championnat du Monde j'ai continué
Brice Boland 7:41 du meilleur sommelier
Éric Boschman 7:42 j'ai été le meilleur méthodologue de Belgique aussi
Brice Boland 7:46 c'est quoi les tests ?
Éric Boschman 7:49 c'est de la théorie c'est 95% de théorie
Brice Boland 7:52 c'est des quiz, c'est des questions ?
Éric Boschman 7:54 oui c'est des questions c'est malheureusement pas des quiz ce serait trop facile on pourrait mais là je suis jury bientôt dans un concours et ils m'ont dit est-ce que tu veux être président je dis non je veux être maréchal parce qu'ils m'ont dit oui on est parti comme des cons là-dessus et là ils vont faire un quiz concours en rapidité ils partent dans un truc complètement trash ça j'aime bien mais les concours te forment énormément d'abord parce que tu te mesures aux autres et ensuite parce
Éric Boschman 8:22 que tu te mesures à toi-même et tu vois tes lacunes etc donc souvent les concours moi je pense qu'il faut les faire deux fois pour essayer de gagner j'ai fait deux fois le meilleur sommelier de Belgique j'ai pas fait deux fois le championnat d'Europe j'ai pas fait deux fois le championnat du monde parce que j'ai pas le niveau il faut connaître ses limites moi je suis pas capable d'étudier comme une bête, c'est une vie de moine c'est une vie de moine pendant 3 ans, 5 ans
Éric Boschman 8:49 à l'époque j'avais mon resto ma fille est née 3 jours avant le championnat d'Europe, tu penses que je t'ai motivé et le championnat du monde c'était génial, c'était à Rio un petit 15 jours au Brésil
Brice Boland 9:01 Pourquoi pas ?
Éric Boschman 9:01 Tu vois, c'est ça, pour moi, je n'étais pas capable de...
Éric Boschman 9:08 Je ne me suis pas donné l'énergie, je ne sais pas.
Éric Boschman 9:11 Ou pas assez intelligent, je ne sais rien.
Brice Boland 9:12 En tout cas, ça, je ne dirais pas.
Brice Boland 9:14 En tout cas, tu as fait ton petit bôme de chemin.
9:16 Comédien malgré lui : spectacle vivant et Avignon
Éric Boschman évoque son autre vie de scène : le spectacle « Ni dieu, ni maître, mais que du rouge », joué au Cirque Royal, et ses difficultés d'écriture alors qu'il n'a aucun mal à improviser à l'oral. Il raconte l'obtention (puis le non-renouvellement) du statut d'artiste, et son passage remarqué au festival d'Avignon en 2015, qu'il décrit comme une boucherie autant qu'un tremplin.
Brice Boland 9:16 Donc, écrivain, chroniqueur, sommelier, paonologue, influenceur, on y reviendra juste après.
Brice Boland 9:20 Acteur ?
Éric Boschman 9:22 Acteur, comédien, non.
Éric Boschman 9:24 De nouveau, c'est...
Brice Boland 9:27 Comment est-ce qu'on appelle ni dieu, ni maître, mais que du rouge ?
Brice Boland 9:30 C'est ta pièce ?
Éric Boschman 9:31 C'est mon spectacle.
Brice Boland 9:33 Tu es acteur ?
Éric Boschman 9:34 J'ai tout fait.
Brice Boland 9:35 Tu as tout fait ?
Éric Boschman 9:35 J'ai tout fait.
Éric Boschman 9:36 Et je peux le confesser, c'est un truc...
Éric Boschman 9:40 J'ai un vrai problème d'écriture.
Éric Boschman 9:43 Donc j'écris des livres, j'ai aucun problème.
Éric Boschman 9:44 On a publié 17.
Éric Boschman 9:46 D'accord.
Éric Boschman 9:47 J'écris des chroniques toutes les semaines dans Moustique depuis plus de 20 ans.
Éric Boschman 9:51 Ça va.
Brice Boland 9:52 Quand tu dis que tu as un problème d'écriture, c'est parce que tu écris trop ou c'est parce que tu n'arrives pas à écrire ?
Éric Boschman 9:54 Je n'arrive pas à écrire mon spectacle.
Éric Boschman 9:57 Chaque fois que j'écris, je vois les trois premières pages, et je me dis mais c'est de la merde en boîte je peux pas dire ça et en fait je le dis et ça marche et donc c'est vraiment la différence entre l'oralité et l'écriture la fixation du mot ou le côté oui tu connais ce truc latin verba volent scripta manent et le verbe vol et effectivement ça fonctionne parce que tu peux moduler ton discours en fonction des gens à qui tu parles, de l'instant, de la salle.
Éric Boschman 10:30 Moi, ça a beaucoup, beaucoup d'importance.
Éric Boschman 10:32 Et ça tient même à la masse.
Éric Boschman 10:34 Quand tu joues...
Éric Boschman 10:36 J'ai fait le Cirque Royal en 1921, notamment.
Éric Boschman 10:38 Je vais le refaire en 1926.
Brice Boland 10:42 En 2021.
Brice Boland 10:42 Oui, en 2021.
Éric Boschman 10:44 Pas en 1921, après Jésus-Christ.
Éric Boschman 10:46 Et je vais le refaire en 2026.
Éric Boschman 10:48 Ça va comme ça ?
Brice Boland 10:50 Quand on dit ça, c'est en 1921.
Éric Boschman 10:52 Non, en 1921, je n'étais même pas une lueur de désir dans le gauche de mon père, parce qu'il n'était pas né non plus.
Éric Boschman 10:57 donc tu vois certes vieux mais pas à ce point là et donc tu joues là on avait fait un petit 1200 que tu joues devant 1200 ou devant 25 personnes parce que parfois je joue devant 25 personnes
Brice Boland 11:11 c'est une sorte de conférence en même temps
Éric Boschman 11:12 ouais tu sais il y a un mot les français utilisent ça ils appellent ça des conférences gestées ou je sais pas quoi pour moi c'est un spectacle mais mais c'est assez drôle quand j'ai quand j'ai demandé le statut d'artiste je l'ai obtenu
Brice Boland 11:27 c'est quoi c'est intermittent du spectacle
Éric Boschman 11:28 ouais en Belgique c'est statut d'artiste mais j'en ai pas besoin si tu veux et donc je l'avais demandé parce que je voulais faire reconnaître le spectacle par un truc qui s'appelle les tournées à révis qui permet quand un centre culturel t'invite qu'il reçoive une petite allocation financière ce qui permet de s'ils sont pas remplis ils font pas trop la gueule mais enfin c'est des clopinettes et donc le statut d'artiste on me l'a donné parce que je joue suffisamment pour pouvoir l'avoir mais je ne l'ai pas
Éric Boschman 11:58 renouvelé d'ailleurs parce que je trouvais que ce n'était pas ma place et autant laisser des gens qui en ont vraiment besoin et quand j'ai demandé la reconnaissance du premier spectacle on m'a dit non vous ne faites pas des spectacles vous faites des conférences donc pour me venger je suis allé jouer à Avignon j'ai fait Avignon en 2015 et là je me suis dit c'est un spectacle
Brice Boland 12:21 Avignon c'est quoi c'est une centaine
Éric Boschman 12:24 festival d'Avignon
Brice Boland 12:25 c'est 1300 spectacles c'est hallucinant
Éric Boschman 12:29 c'est n'importe quoi
Brice Boland 12:30 je suis allé deux ans d'affilée je pense c'est génialissime
Éric Boschman 12:34 en tant que participant c'est une boucherie t'as l'impression d'être un steak dans une vitrine t'es installé entre les boudins les saucisses t'as des mecs qui jouent à 9h du matin dans un garage c'est une escroquerie pour beaucoup de gens parce qu'ils doivent banquer ça coûte très cher en même temps c'est une espèce de label I was in Avignon c'est un truc comme j'ai été à Coachella ou au Burning Man
Brice Boland 13:03 c'est quoi c'est une planche de lancement ?
Éric Boschman 13:07 ça peut l'être si tu es structuré moi je ne l'étais pas du tout donc ça n'a pas été, ça a été un grand moment mais c'est le but en fait tu vas à Avignon pour te faire repérer pour trouver des tourneurs en France pour trouver un agent pour t'accompagner voilà, moi j'ai pas trouvé parce que je fais des spectacles qui sont complètement atypiques dans mon spectacle sur le vin et dans celui sur la bière aussi, on goûte je sers à boire donc ça demande une tendance
Éric Boschman 13:36 qui emmerde les gens il faut bien comprendre un truc dans le succès des stand-up aujourd'hui, c'est que t'as plein de petits gars, quand t'as un plateau tu vois dans un comédie club quelconque, quand t'as un plateau avec 5, 6, 8 gars eux ils gagnent des clopinettes, les gamins qui viennent jouer il y en a qui prennent 100 balles pour la soirée
Brice Boland 13:54 après t'as le chapeau non ?
Éric Boschman 13:56 le chapeau tu dois le partager entre tout le monde
Brice Boland 13:59 c'est quoi la moyenne que les gens donnent au chapeau ?
Éric Boschman 14:02 ça dépend parce que dans les comédie clubs c'est pas souvent des grandes salles donc les mecs
Brice Boland 14:06 c'est 40-50 personnes ?
Éric Boschman 14:08 oui 50 personnes mais c'est souvent des jeunes
Brice Boland 14:10 chacun donne quand même 5-10 balles non ?
Éric Boschman 14:11 il donne 10 balles chacun, t'as 50 personnes ça fait 500 balles mais tu dois le partager parce que vous êtes plusieurs sur un plateau, donc les mecs je te dis ça gagne pas c'est l'avantage pour l'organisateur c'est pour ça qu'il y en a tant ça coûte rien à monter parce que le gars il vient tout seul moi j'arrive, j'ai ma valise avec mon micro mon pré-ampli, on le branche sur la table j'ai 4 éclairages à régler le son à régler 2 musiques à passer, ça roule
Éric Boschman 14:35 tout seul donc ça coûte un régisseur un spectacle complet tu vois avec des vrais comédiens machin etc c'est des semaines des semaines de répétition un décor, des costumes même si c'est des jeans et des trucs mais c'est du maquillage tout un bordel moi j'arrive, je discute avec les mecs une demi-heure avant je vais me foutre quelque part pour me changer et un petit peu me concentrer donc je vais jouer sur mon téléphone pour penser à autre chose et je vais regarder Twitter ça j'aime bien, ça
Éric Boschman 15:06 vide la tête complètement tu vois vraiment la fange de l'humanité qui défile devant toi, tous les fachos tous les extrêmes gauches, enfin tout le monde tu regardes et tu fais bon ils perdent leur temps à dire des conneries
Brice Boland 15:17 et puis tu dis moi je suis bien finalement
Éric Boschman 15:18 moi j'aime bien jouer le milieu en fait et puis quand j'ai fini j'ai causé avec les gens
15:24 Wallon avant tout : identité belge face à la France
La discussion glisse vers le rapport entre Belges et Français : autodérision belge contre la capacité française à se prendre au sérieux, illustrée par la comparaison entre la Marseillaise, guerrière, et la Brabançonne, plus placide. Éric Boschman retrace son propre ancrage belge, de Charleroi à Bruxelles, et pointe l'agacement suscité par le plan de mobilité Good Move.
Brice Boland 15:24 j'étais pas du tout parti sur ce prisme là par rapport au monde du vin mais je savais qu'on allait dévier sur le côté artistique mais du coup c'est une de mes questions qui lie les deux le côté terroir français et culture de l'art ou du théâtre français nous en Belgique je suis amoureux de mon pays mais comme j'aime tous les talents et j'aime également les français et chacun a ses défauts et on peut les critiquer sur des trucs mais ils nous critiquent sur d'autres il y
Brice Boland 15:52 a quand même des trucs qui nous manquent chez nous sur ce côté culturel à la fois au niveau de la gastronomie de l'horeca et finalement de l'hédonisme que eux ont beaucoup et également au niveau de l'artistique
Éric Boschman 16:04 en fait je comprends bien ce que tu dis tu sais il y a un truc avec nous belges et moi je suis très belgique je suis wallon avant tout mais je suis très belgicain je suis né à Charleroi j'ai passé mon enfance dans la botte du Hainaut j'ai étudié à Namur, j'ai travaillé à Liège et je vis à Bruxelles depuis trop longtemps et tant que je me casse, j'en ai marre de cette ville on ne circule plus, ça fait chier cette couillonnade de good move ça
Éric Boschman 16:34 va si t'es un bobo et que t'as une trottinette mais c'est plus possible moi je travaille, j'ai pas le temps de jouer bref les français ont une capacité à se prendre au sérieux Et nous, on a une capacité à l'autodérision qui est hallucinante.
Éric Boschman 16:51 Je discutais avec un gars hier à propos de la Marseillaise et de la Brabançonne.
Éric Boschman 16:56 Et la différence entre la Marseillaise et la Brabançonne, c'est que la Marseillaise, c'est un champ de guerre.
Éric Boschman 17:00 C'est sanglant.
Éric Boschman 17:00 L'étendard sanglant est levé.
Éric Boschman 17:04 Entendez-vous dans nos campagnes, j'urire, c'est féroce ce soldat.
Éric Boschman 17:07 Et nous, la Brabançonne, le roi, la loi, la liberté.
Éric Boschman 17:10 C'est mignon.
Éric Boschman 17:12 Exactement.
Éric Boschman 17:12 Et c'est ce que nous sommes.
Éric Boschman 17:14 C'est-à-dire qu'on a des compétences, on a tout.
Éric Boschman 17:18 Juste, on ne parvient pas à se prendre le chou.
Éric Boschman 17:19 On ne se touche pas la nouille tous les jours.
Éric Boschman 17:21 Les Français, avec n'importe quoi, ils se touchent la nouille.
Éric Boschman 17:25 C'est vrai.
Éric Boschman 17:25 C'est un truc de fou.
Éric Boschman 17:27 Ils ont une capacité à s'inventer des trucs et à se faire des difficultés et à gueuler tout le temps.
Éric Boschman 17:35 C'est un truc de malade.
Éric Boschman 17:35 Quand tu vois ce qui se passe politiquement, c'est le seul pays du monde où ils élisent un type qu'ils détestent le lendemain.
Brice Boland 17:45 Après, ils ont aussi c'est un sport que de débattre et de gueuler tout le temps et que sans gueuler
Éric Boschman 17:52 il faut pas nous prendre pour des cons parce qu'on sourit mais chez nous, quelqu'un disait il y a pas longtemps, la pression on la subit pas, on la boit et c'est vrai, ça c'est belge et chez eux ils inventent de la pression, ils font la gueule tout le temps, ma fille est née à Toulouse, la mère de ma fille est toulousaine et elle y a vécu ma fille jusqu'à son bac et puis il est venu en Belgique Et puis maintenant, elle vit en Grande-Bretagne.
Éric Boschman 18:20 Ils ne voient pas le monde comme nous.
Brice Boland 18:22 Après, ils ont un volume d'activités qui est beaucoup plus important.
Éric Boschman 18:24 Ils sont plus nombreux.
Brice Boland 18:25 Ils ont une tractation qui est beaucoup plus importante.
Brice Boland 18:26 Et ils ont un système hiérarchisant.
Brice Boland 18:28 À un moment, ils font ça.
Brice Boland 18:29 Et puis, c'est top-down.
Brice Boland 18:30 Et le gars a décidé, c'est comme ça.
Éric Boschman 18:31 C'est incroyable.
Éric Boschman 18:31 Parce que nous, on n'en a pas.
Brice Boland 18:32 On est très compromis.
Brice Boland 18:34 Mais c'est nouveau évadé.
Brice Boland 18:35 Ici, mon point, c'est qu'ils ont quand même un terroir plus riche.
Éric Boschman 18:41 Ils ont un terroir plus riche.
Éric Boschman 18:42 Et je te coupe.
Éric Boschman 18:44 Ils ont un terroir plus riche parce que le pays est plus vaste.
Éric Boschman 18:46 Mais je suis désolé, on a un terroir.
18:48 Le vignoble belge : cépages, domaines et reconnaissance internationale
Éric Boschman défend le terroir belge, à commencer par le fromage de Herve, avant de détailler les quelque 290 domaines viticoles du pays, partagés entre chardonnay et cépages interspécifiques résistants. Il cite les meilleurs chardonnays belges (Clos d'Opleeuw, la Falize) et se réjouit qu'un dossier de la Revue des Vins de France ait proclamé la naissance d'« une nation du vin », repris ensuite par le Financial Times.
Éric Boschman 18:48 Le fromage de Herve, c'est une appellation d'origine protégée.
Éric Boschman 18:51 Le fromage de Herve, tu ne peux le faire qu'à Herve.
Éric Boschman 18:54 Parce que les vaches, avec le temps, on a créé les troupeaux qui allaient avec.
Éric Boschman 18:58 Notre drame, par exemple, en fromage, c'est qu'on n'a pas une vraie culture fromagère.
Éric Boschman 19:04 Et donc, ça commence seulement au niveau du pinard.
Éric Boschman 19:08 On a 290 domaines en Belgique.
Brice Boland 19:11 Ok, mais c'est que du chardonnay, non ?
Éric Boschman 19:12 Non, surtout pas !
Brice Boland 19:14 Je fais exprès, je fais exprès.
Éric Boschman 19:15 Non, vraiment pas.
Éric Boschman 19:16 Chardonnay, Pinot Noir, Pinot Meunier c'est pour faire des bulles, il y en a qui font des Chardonnay tranquilles et qui sont très bien faits il n'y a rien à dire, c'est exceptionnel comme vin
Brice Boland 19:25 Tu penses à quoi en top ?
Éric Boschman 19:27 Clos d'Opleeuw ou la Falize chez les francophones ou le château de putain allez au secours qui fait d'ailleurs un très très joli vin dans le Brabant Wallon je vais retomber dessus j'ai un trou, bref ça n'a pas d'importance tous ces trucs là font des chardonnays fort bien fait mais honnêtement ça sert à quoi de rajouter un bruit dans la cacophonie ambiante c'est à dire du chardonnay aujourd'hui tu vas dans n'importe quelle grande surface, t'as 5 mètres de chardonnay comment tu détermines lequel tu aimes, tu regardes
Éric Boschman 20:04 le prix, la couleur
Brice Boland 20:05 de l'étiquette.
Brice Boland 20:05 C'est quoi c'est le cépage le plus répandu en blanc non ?
Éric Boschman 20:07 Non, c'est le plus facile à connaître comme marque, le plus répandu le plus cultivé dans le monde c'est un cépage qui s'appelle l'AIREN.
Éric Boschman 20:15 A-I-R-E-N, que personne ne connaît.
Éric Boschman 20:16 C'est un cépage qui représente...
Brice Boland 20:17 C'est le plus répandu dans le monde.
Éric Boschman 20:18 C'est le plus gros volume de blancs produits dans le monde sur un monocépage.
Éric Boschman 20:22 Mais on ne s'en sert pas.
Éric Boschman 20:23 On l'utilise comme coupage, etc.
Éric Boschman 20:24 Enfin, c'est un cépage espagnol.
Éric Boschman 20:26 Mais le chardonnay, il y en a partout dans le monde.
Éric Boschman 20:29 Il y en a partout, partout, partout.
Éric Boschman 20:31 Chardonnay, c'est le SUV du cépage.
Éric Boschman 20:34 Et c'est aussi utile qu'un SUV à l'âne pour escalader le trottoir pour y chercher des petits pains le dimanche.
Éric Boschman 20:39 Pourquoi ?
Brice Boland 20:39 Parce que ça se met partout, ça se plante partout.
Éric Boschman 20:41 Ça se met bien partout, ça fait de la bulle.
Éric Boschman 20:43 On peut même faire de la vendange tardive.
Éric Boschman 20:45 Ça fonctionne au niveau de la mer, en altitude, sec, moelleux, plus gras, en barrique, pas en barrique.
Éric Boschman 20:51 Ça fonctionne à tout.
Brice Boland 20:52 Non, mais ta métaphore du SUV, elle est bien utilisée.
Éric Boschman 20:55 Tandis que nous avons en Belgique l'autre moitié du vignoble, parce que c'est à peu près comme ça, 50-50.
Éric Boschman 21:00 Ce sont des cépages que l'on dit, qu'on appelle interspécifiques, que les Français appellent multirésistants, que les Allemands appellent piouis.
Éric Boschman 21:08 On n'a pas encore bien un vocable précis.
Éric Boschman 21:08 Et ces cépages ont plein de particularités.
Éric Boschman 21:08 La première, c'est qu'ils demandent beaucoup moins de produits chimiques.
Éric Boschman 21:18 C'est de l'ordre de 1 à 6, de 1 à 10 dans certains cas.
Éric Boschman 21:18 C'est quand même une grosse différence.
Éric Boschman 21:18 Donc c'est plus naturel et c'est plus rentable.
Éric Boschman 21:27 Alors c'est un peu plus rentable, évidemment.
Éric Boschman 21:27 C'est qu'ils résistent au mieux à nos conditions climatiques un peu difficiles parce que certes, il y a un réchauffement climatique.
Éric Boschman 21:35 ça augmente, mais dans le pire des cas, d'ici à 2100, on aura pris 3,5°C.
Éric Boschman 21:42 Ça ne va pas nous permettre de faire d'épinards comme dans les Côtes-du-Rhône.
Éric Boschman 21:45 Il y a plus que 3,5°C de différence.
Éric Boschman 21:47 Donc, on doit se rendre compte que nous avons un style.
Éric Boschman 21:49 Là, en avril dernier, il y a une chose qui est sortie.
Éric Boschman 21:55 La Revue des Vins de France a sorti un dossier spécial Belgique, et ils en parlent.
Éric Boschman 22:01 Ils ont pris 48 vins, donc ils n'ont pas été exhaustifs.
Brice Boland 22:04 Et ils nous prennent de haut ou ils nous prennent au sérieux ?
Éric Boschman 22:06 Pas du tout, ils nous prennent très au sérieux.
Éric Boschman 22:08 Le titre de la revue des vins de France, qui pour moi est un journal de référence, certes français, mais venant de leur part, c'est encore mieux.
Éric Boschman 22:16 Ils disent « une nation du vin est née ».
Éric Boschman 22:18 Alors maintenant, les anglo-saxons ont suivi, le Financial Times en a parlé aussi.
Éric Boschman 22:25 Les anglo-saxons, ils ont une vision du vin qui n'est pas du tout la même que la nôtre.
Brice Boland 22:28 Comme leur petit-déjeuner ?
Brice Boland 22:29 Comme quoi ?
Brice Boland 22:30 Comme leur petit-déjeuner.
Brice Boland 22:31 Comme tout.
Éric Boschman 22:31 ils ont une vision qui est hyper technique du vin, et nous on a la chance d'être entre eux et les français c'est à dire qu'on a ce côté latin bon vivant mais on est bon vivant comme des flamands et pas bon vivant comme les mecs du sud qui se mettent sur la gueule quand ils ont bu 3 pastilles tu vois, nous il en faut plus ou alors il faut être supporter brujois, mais là t'es normal t'es facho, donc c'est pas la même chose mais si t'es
Éric Boschman 22:54 un être humain normal t'es pas supporter brujois et donc t'es pas forcément facho et donc tu peux faire la fête avec tout le monde et le vin c'est ça aussi milite c'est un grand mot parce que je ne suis pas militant mais je plaide pour qu'on ramène la fête dans le vin il ne faut pas intellectualiser tout, tout le temps et la crise du vin aujourd'hui parce que la crise est sérieuse la crise elle vient aussi du fait que les mecs ils se touchent
Brice Boland 23:24 économique, climatique ou aussi en termes de mode ?
Éric Boschman 23:32 Alors, la mode, oui, mais les modes dans le vin, elles sont fluctuantes.
Éric Boschman 23:37 C'est vraiment...
Éric Boschman 23:38 Par exemple, tu vois le rosé.
Éric Boschman 23:39 Maintenant, on arrive à des rosés de plus en plus foncés.
Éric Boschman 23:40 On revient à des rosés foncés.
Éric Boschman 23:43 Alors que pour des raisons sociologiques, on faisait des rosés très, très clairs parce que le rosé foncé, il y a 20 ans, ça faisait mi-mille.
Éric Boschman 23:49 Tu vois, le gars avec son Marcel, son short en satinette, clapet de chaussettes et qui joue à la pétanque derrière sa caravane à Vresse avec des boules en plastique.
Éric Boschman 23:57 aujourd'hui clapet de chaussettes, tu t'appelles Jul et t'arrives au Stade de France, t'as 98 000 zozos qui viennent écouter un truc qui est même pas du français, personne ne comprend ce qu'il dit, même lui je pense pas, une fois que t'enlèves l'autotune Jul tu pleures, c'est un truc c'est pire que tout, mais clapet de chaussettes c'est la mode, donc tout change et dans le vin le rosé est en train de devenir foncé, donc ça c'est des sinusoïdes, c'est facile à anticiper, mais par contre là pour
Éric Boschman 24:23 l'instant il y a une vraie crise économique, qui est liée à une surproduction, qui est liée à des...
24:25 Crise du vin : histoire et naissance de l'œnologie moderne
Il retrace l'histoire du vin comme boisson de consommation courante, très alcoolisée par nécessité sanitaire jusqu'aux années 1950, avant que Pascal Ribéreau-Gayon et Émile Peynaud n'inventent l'œnologie moderne. Cette bascule vers des vins plus qualitatifs et plus forts en degré explique en partie la baisse de consommation actuelle. Le sujet glisse vers la mode du rosé foncé et la référence au rappeur Jul comme image de tendance, avant d'évoquer la véritable crise de surproduction que traverse le secteur.
Éric Boschman 24:31 Si tu veux, les raisons de cette surproduction, c'est que dans les années 50, quand le vignoble, en France, en partie, et un peu plus tard, en Espagne, en Italie, a gelé, les mecs n'ont pas compris que le monde allait changer.
Éric Boschman 24:45 Et ils ont fait du vin...
Éric Boschman 24:45 Enfin, ils ont planté des vignes pour faire du vin boisson.
Éric Boschman 24:49 Parce que la boisson vin est un truc...
Éric Boschman 24:53 On en buvait des quantités effroyables.
Éric Boschman 24:56 À la Révolution française, à Paris, donc en 1789, la consommation, c'est un litre par jour par habitant.
Éric Boschman 25:03 Mais on ne boit pas du vin.
Éric Boschman 25:05 On boit un truc qui fait quelques degrés d'alcool, qui fait 6-7 degrés d'alcool et qui sert à couper l'eau.
Éric Boschman 25:10 Parce que l'eau est absolument impropre à boire.
Éric Boschman 25:13 Et tu sais que si tu bois de l'eau, tu vas chier en spray dans les trois jours qui suivent et tu pourras en crever.
Éric Boschman 25:18 Tandis que le vin que l'on fait maintenant, grâce à l'évolution de la technique, que l'énologie, c'est une science extrêmement récente.
Éric Boschman 25:26 C'est deux mecs, deux Français, Pascal Ribéreau-Gayon et Peynaud, Émile Peynaud.
Brice Boland 25:33 C'est des chimistes, en fait.
Éric Boschman 25:34 Non, non, c'est des oenologues qui ont vraiment inventé l'énologie contemporaine dans les années 50.
Éric Boschman 25:42 Avant ça, les notions d'hygiène, etc.
Éric Boschman 25:44 Moi, quand les mecs te disent c'était mieux avant, c'est rigolo quand c'est Bigflo & Oli, mais Mais pas dans la réalité du vin.
Éric Boschman 25:52 Tu vois, le c'était mieux avant, c'était dégueu.
Éric Boschman 25:55 Il y avait des maladies, il y avait plein de problèmes qu'on n'a plus du tout.
Éric Boschman 25:59 Aujourd'hui, le vin, ça s'est standardisé.
Éric Boschman 26:01 Mais ça s'est standardisé à 12, 13, 14 degrés.
Éric Boschman 26:05 Or, pour faire du vin boisson, il faut du vin à 6, 8 degrés.
Éric Boschman 26:09 Et donc, on en boit moins parce que tu n'as pas tout le temps envie d'être pêcheté.
Brice Boland 26:12 Donc, ce que je veux dire, en fait, c'est que toi, tu voudrais que ça soit plus festif, plus convivial et plus finalement apporter tout, c'est accessible en fait
Éric Boschman 26:22 oui bien sûr, moi je milite pour ça il faut garder des vins compliqués des vins d'exception parce que c'est comme dans tout c'est comme dans l'art quand j'étais gamin, moi j'avais un poster de Kevin Keegan dans ma chambre j'ai même pas honte et puis quand j'étais adolescent, on a mis une espèce de grand poster, ça se faisait avec une plage, avec des palmiers, un coucher de soleil aujourd'hui tu vas acheter des photos chez Ikea et c'est pas honteux et puis un jour t'as un peu plus
Éric Boschman 26:48 de fric, un peu plus de goût un peu plus de culture parce que c'est une évolution et tu achètes autre chose qui te parle plus, différent et le vin c'est une culture
Brice Boland 26:59 justement tu il y a un concept qui s'appelle la fenêtre d'Overton oui très à la mode pour l'instant tout le monde en parle des taxations Trump aux gens qui sont vegan moi je pense qu'on est un peu là dedans avec ce côté vin.
27:16 Alcool, sucre et hypocrisie sanitaire
Éric Boschman dénonce l'hypocrisie autour des jeunes qui disent ne pas boire tout en consommant sodas et substances : il détaille le syndrome NASH, lié au sucre et responsable de millions de morts, qu'il oppose à l'alcoolisme, une vraie maladie qu'il a côtoyée personnellement. Il présente son spectacle « Ça va saigner » sur la malbouffe, où il s'attaque aussi au healthy food pour bobos et à Starbucks, avant de conclure que tout le monde s'éloigne du vrai sujet.
Brice Boland 27:16 Il y a de plus en plus de boissons qui sont non alcoolisées.
Brice Boland 27:19 Les jeunes sont heureux de dire qu'ils ne boivent pas.
Éric Boschman 27:22 Arrêtons l'hypocrisie.
Éric Boschman 27:25 Ils disent qu'ils ne boivent pas, ils prennent des pilules.
Éric Boschman 27:29 Ils sont sains de mes fesses.
Éric Boschman 27:31 Ils ne sont pas sains.
Éric Boschman 27:32 C'est un autre truc.
Éric Boschman 27:34 C'est un gap de génération.
Éric Boschman 27:37 Les jeunes ne boivent pas de vin.
Éric Boschman 27:39 Ils n'ont jamais bu de vin.
Éric Boschman 27:40 L'âge moyen pour commencer à boire du vin, c'est l'âge du premier enfant.
Éric Boschman 27:44 à partir du moment où tu perds ta liberté tu sais que ta vie est finie
Brice Boland 27:48 t'es chez toi dans ta cave
Éric Boschman 27:49 et tu picoles pour oublier je suis pas certain d'un truc parce que je suis pas formé scientifiquement pour ça mais il y a quand même une drôle de coïncidence le vin apparaît dans l'humanité lorsque l'humain va se sédentariser à partir du moment où il n'a pas un nouvel horizon tous les jours à partir du moment où son paysage ne change pas chaque matin il est capable de faire du vin alors est-ce qu'il fait du vin parce qu'il reste sur place qu'il faut un an pour faire
Éric Boschman 28:17 du vin alors que quand tu fais de la bière une fois que tu as récolté des céréales, la bière c'est 14 000 ans et donc on a des céréales sauvages à la base les types devaient se battre contre le blé le blé sauvage c'est super dangereux tu te fais attaquer par une gerbe de blé et donc ça ne prend pas beaucoup de temps à faire, surtout à cette époque là c'est quelques jours de fermentation donc tu pouvais encore être nomade ou semi-nomade avec le pinard, c'est
Éric Boschman 28:42 un an de travail le vin parce que la vigne, etc et c'est la même chose dans notre culture on n'a jamais bu du vin jeune, personne n'aime le vin naturellement c'est un truc vraiment important à comprendre c'est que le vin tu l'aimes par percolation culturelle ta mère, ton père ton tonton celui qui a bien cher ma genou celui-là il t'a appris d'autres trucs c'est la même chose quand t'allais à la communion mais c'est eux qui t'ont amené le vin parce qu'ils t'ont fait goûter parce que
Éric Boschman 29:17 tu t'es rebellé et qu'on t'a dit surtout tu n'y touches pas alors à ce moment là t'as picolé et voilà donc les gamins aujourd'hui qui se vantent de boire du kombucha le kombucha c'est génial moi j'aime bien dès que t'es un peu constipé tu prends un peu de kombucha t'es plus jamais constipé avec le kombucha transit parfait tu peux même plus éternuer dès que tu bois du kombucha parce que tu sais que tu vas tuer des gens.
Éric Boschman 29:42 Le kéfir, il y a de l'alcool dans le kéfir.
Éric Boschman 29:45 Il y a un degré d'alcool.
Éric Boschman 29:46 Donc, c'est assez marrant comme truc.
Éric Boschman 29:48 Mais moi, j'aime bien ces boissons alternatives.
Éric Boschman 29:50 Il y a des petits gars...
Brice Boland 29:51 C'est alternatif, tout à fait.
Éric Boschman 29:52 Il y a des petits gars qui font du thé brassé là, au bire, chez Fermente.
Éric Boschman 29:58 Enfin, à côté.
Éric Boschman 29:59 C'est super bon.
Éric Boschman 30:01 C'est vraiment des produits intéressants, sans sucre ajouté.
Éric Boschman 30:04 Mais tu reviens à H2DT, ce clivage jeune-vieux, mais on parle de tous ces jeunes qui boivent ça quand ça va bien.
Éric Boschman 30:13 Mais ça, c'est 1%, 2%.
Éric Boschman 30:15 En réalité, ils boivent du soda.
Éric Boschman 30:17 C'est un truc de fou.
Éric Boschman 30:18 Tu sais qu'aujourd'hui, il y a plus de gens...
Éric Boschman 30:20 Tu as entendu parler du syndrome Nash ?
Éric Boschman 30:22 Non.
Éric Boschman 30:22 Ça, c'est un truc super intéressant.
Brice Boland 30:23 Je connais l'équipe de Nash.
Brice Boland 30:24 Oui.
Brice Boland 30:25 Je connais Nashville, Tennessee.
Brice Boland 30:27 Voilà.
Éric Boschman 30:29 Bref, le Nash, c'est le syndrome hépatique non alcoolique.
Éric Boschman 30:33 Et en fait, c'est ce qu'on appelle la maladie du foie gras.
Éric Boschman 30:37 Alors, c'est un truc sur lequel il n'y a pas de traitement.
Éric Boschman 30:38 l'UCL est en train de mettre au point un traitement, ça paraît révolutionnaire parce qu'on en meurt et les gens qui en meurent sont essentiellement jeunes 30-40 ans
Brice Boland 30:48 en fait c'est la maladie du sucre
Éric Boschman 30:50 le foie gras n'est pas une maladie mais on en reparlera après il y a juste Gaïa qui pense que c'est une maladie mais Gaïa c'est une maladie et donc ces gens sont dangereux mais c'est une autre histoire et le syndrome Nash ce truc c'est lié à la surconsommation de soda et de nourriture multitransformée tu sais les américains les américains des Etats-Unis font en moyenne 30% de plus de sport que nous et ils meurent vachement plus tôt que nous européens en moyenne ils meurent à 73 ans
Éric Boschman 31:27 en moyenne
Brice Boland 31:29 parce qu'ils ne boivent que de la merde et ils ne boivent que de la merde
Éric Boschman 31:32 et donc Donc, quand tu ne bois que du coca et que des burgers toute ta vie, parce qu'il y a des gens qui se nourrissent comme ça, en fait, ils souffrent de cette maladie.
Éric Boschman 31:43 Et ça, aujourd'hui, c'est à peu près, on chiffre, très compliqué, mais on chiffre entre 22, 25 et 30 millions de morts par an.
Éric Boschman 31:54 On meurt plus du sucre que de l'alcool.
Éric Boschman 31:57 Bien sûr.
Éric Boschman 31:59 Directement et indirectement.
Brice Boland 32:01 Le sucre est un des plus gros poisons.
Éric Boschman 32:03 Et en plus, c'est complètement addictif.
Éric Boschman 32:04 et c'est complètement fou parce qu'on nous dit l'alcool c'est mal moi j'ai vécu avec un alcoolique à côté de moi c'est pour ça que je suis devenu sommelier c'est vraiment un problème
Brice Boland 32:19 l'alcoolisme c'est l'extrême aussi
Éric Boschman 32:21 c'est une maladie, c'est une vraie maladie il ne faut pas en vouloir aux alcooliques ils sont malades mais l'alcool c'est vraiment un problème c'est un poison, donc il faut vraiment gérer le poison mais tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort mais la vie tue on devrait écrire ça sur les bébés moi je suis pour qu'on les tatoue vivre tue, faut jamais l'oublier on finit quand même par ça mais c'est assez dingue parce que pour l'instant c'est haro là-dessus je suis pas fumeur
Éric Boschman 32:48 mais la prohibition qu'on met autour de la clope ça fait quoi ?
Éric Boschman 32:53 ça fait que les jeunes ils fument je veux dire, regarde autour de toi ils ont pas arrêté de fumer à 12 balles le paquet c'est toujours les mêmes merdes on a changé la forme mais on garde le fond mais personne n'agit contre le sucre on vend des sodas à côté des écoles tu peux pas mettre un sex shop à côté d'une école parce que c'est mal la bite ça fait partie de la vie mais t'en meurs pas toujours tu peux avoir du plaisir et le soda
Éric Boschman 33:24 il y a vraiment un problème d'échelle de valeur et de logique dans l'évolution de la société, on est dans une espèce de grande crise comme ça où dans cette fenêtre d'Overton on met des trucs, des causes nationales machin et puis à côté de ça tu dis mais les trucs essentiels on ne gérerait pas la problématique de l'alimentation un de mes spectacles s'appelle ça va saigner si vous bouffez ça là je traite de la malbouffe mais là j'y vais c'est un spectacle brutal donc je commence
Brice Boland 33:59 brutal parce que tu dis les non-dits
Éric Boschman 34:01 ah parce que je mets le doigt sur des trucs
Brice Boland 34:03 que personne ne va entendre
Éric Boschman 34:04 je cogne, ouais c'est ça et je m'amuse beaucoup parce que je commence en parlant politique ce que je fais toujours mais normalement plus drôle, et là je commence en disant bonjour je m'appelle Eric, un prénom français comme disait Moore ce qui prouve que le fascisme ne rend pas intelligent puisque Eric c'est un prénom scandinave, le grand remplacement vient du nord, il est blond aux yeux bleus et pas petit, frisé et brun comme on pouvait le croire.
Éric Boschman 34:29 Là, les gens sont atterrés parce qu'ils ne comprennent pas ce qui se passe.
Éric Boschman 34:32 Ils sont venus voir un spectacle sur la bouffe.
Éric Boschman 34:34 Puis j'enchaîne, je leur fais tout un truc.
Éric Boschman 34:36 Et c'est vraiment un prologue du spectacle.
Éric Boschman 34:39 Et puis on commence le spectacle avec un truc d'Orelsan.
Éric Boschman 34:42 Tu sais, le truc où il dit les dauphins sont des violeurs, il ne faut pas se filer aux apparences.
Éric Boschman 34:46 Hugo Boss habillé à la Gestapo, etc.
Éric Boschman 34:49 Et basique.
Éric Boschman 34:50 Et simple.
Éric Boschman 34:53 Et ça, je le tape dans le noir.
Éric Boschman 34:54 À fond.
Éric Boschman 34:55 pour que les gens soient attentifs et quand ils sortent de là c'est comme si je les avais emmenés sur un ring de boxe ils sont attendris je parle plus du tout de politique après mais je les amène à comprendre des trucs moi je suis pas missionnaire je fais un spectacle c'est un boulot mais je veux je ris de choses horribles alors j'amène du cul de temps en temps
Brice Boland 35:22 tu rends ça léger
Éric Boschman 35:24 il faut, t'as pas le choix mais à travers ce spectacle, il y a un truc que je dis dans le spectacle, c'est là que je voulais arriver, je me suis perdu en chemin comme d'hab, c'est que tous les grands lieux de Transhumance gare, aéroport, station service où tu croises des masses des flux de gens sont des endroits où il est impossible de bouffer correctement ou alors tu vas à Zaventem, t'as un resto de sushi haut de gamme qui est fait par un chef connu
Brice Boland 35:47 mais le reste, il y a des gens qui cherchent du healthy food dans les aéroports, c'est impossible
Éric Boschman 35:52 et le problème du healthy food qu'on vend aux gentils jeunes bobos qui veulent boire du matcha cappuccino avec du lait d'avoine
Brice Boland 36:02 c'est que de la merde
Éric Boschman 36:05 il n'y a pas de lait dans l'avoine pour faire du lait d'avoine il faut passer par la chimie pour faire du lait de soja il faut passer par la chimie
Brice Boland 36:14 c'est quoi le meilleur lait alternatif ?
Éric Boschman 36:16 tu prends pas du lait végétal ça n'existe pas tu prends pas de lait basta
Brice Boland 36:19 dans ton café t'as pas mis de lait
Éric Boschman 36:22 il n'y a rien de plus dégueulasse que de mettre du lait dans le café
Brice Boland 36:24 c'est black coffee c'est pour respecter mon jeu d'intermittence
Éric Boschman 36:28 non mais en plus le problème du lait dans le café c'est que ça t'empêche de le digérer donc n'en mets pas et c'est pourquoi se ruiner la santé pour être dans un phénomène de mode tu sais ce que Starbucks a amené au monde du café
Brice Boland 36:44 des fautes dans les prénoms
Éric Boschman 36:46 j'adore
Brice Boland 36:49 c'est le meilleur hook marketing
Éric Boschman 36:51 ce que Starbucks a fait dans les cafés c'est qu'ils ont permis aux Etats-Unis d'avoir des cafés sans écran de télévision c'est leur seule avancée c'est que de la merde y'a rien de bon
Brice Boland 37:03 c'est du sucre du caramel avec des toppings
Éric Boschman 37:08 qui boit du café comme ça ?
Brice Boland 37:10 à 12 euros
Éric Boschman 37:11 et ça marche
Brice Boland 37:13 et on se fout de leur gueule parce que t'as pas de goût de café c'est un goût de sucre
Éric Boschman 37:17 et tous ces noms à la con autour va demander un un matcha cappuccino en Italie juste pour voir la gueule du Rital juste pour le fun, envoie moi des photos et donc on s'éloigne de tout
37:30 Palmarès et déclic : la reconnaissance qui a changé sa vie
Brice passe en revue l'impressionnant palmarès d'Éric Boschman (Wine Personality of the Year, ordre du mérite national français, finaliste du championnat du monde des sommeliers en cigares à Cuba). Interrogé sur son « GOAT moment », il cite d'abord sa fille, éleveuse de chèvres angoras en Écosse, avant de revenir sur le titre de meilleur sommelier de Belgique en 1988, obtenu par un concours de circonstances et qui a réellement changé sa trajectoire professionnelle et médiatique.
Brice Boland 37:30 on s'est totalement éloigné mais c'est pas grave c'est un peu l'objectif donc je t'ai finalement pas présenté d'une façon ou d'une autre ici je voulais revenir quand même sur la panoplie de mérite que tu as, donc de 82 maître fromager Sopexa jusqu'à maintenant en 2024, ambassadeur à PACW pour la promotion des produits Wallon il y a en 2016 Wine Personality of the Year par Vino 2016 encore l'officier dans l'ordre du mérite national de la République Française
Éric Boschman 37:58 alors ça j'en suis très fier
Brice Boland 37:59 on va prendre le meilleur et tu me diras le meilleur cinquième et finaliste du championnat du monde sommelier Habanos à Cuba c'est quoi c'était une dégustation
Éric Boschman 38:08 de cigare et de la théorie
Brice Boland 38:09 premier prix Lançon-Fivev de la presse belge du vin 94 première année de Master of Wine
Éric Boschman 38:16 j'ai la deuxième mais j'ai pas réussi
Brice Boland 38:18 ouais moi j'ai fait du solfège j'ai aussi raté c'est juste à cause de ma voix
Éric Boschman 38:22 moi c'est 3 semaines de solfège j'ai craqué
Brice Boland 38:24 88 meilleur sommelier de Belgique guide sommelier de Belgique 89 maître sommelier des vins de France à la Sopexa 88 meilleur maître d'hôtel de Belgique donc c'est lequel le top c'était quoi ton goat moment
Éric Boschman 38:41 j'ai vu ta question là tu me l'avais envoyé j'ai réfléchi alors sans deck vraiment le truc dont je suis le plus heureux c'est ma fille ça c'est vraiment le truc le plus heureux dans ma vraie vie
Brice Boland 38:55 c'est très bien et t'as raison de le dire
Éric Boschman 38:57 ouais non mais c'est vraiment elle a 35 ans donc j'ai jamais je suis pas un papa à m'extasier sur les cacas de mes enfants pas du tout du tout il élève des chèvres en Ecosse pour faire des chèvres angoras pour faire du mohair, de la laine mohair
Brice Boland 39:13 c'est Blam Seguin en fait
Éric Boschman 39:14 elle a une soixantaine de chèvres et elle fait de la laine d'une qualité incroyable sauf que le mohair c'est pas doux, c'est rêche, ça me fait chier moi je porte que du cachemire, merde
Brice Boland 39:24 elle vend ses produits ou elle vend ça à des...
Éric Boschman 39:27 non non elle vend ses produits elle est mariée avec un type que j'adore si j'avais eu un fils j'aurais voulu que ce soit lui avec ma fille, avec mon fils moi je m'en fous on habite dans...
Brice Boland 39:40 sur une île anglaise il n'y a pas de problème
Éric Boschman 39:42 oui c'est ça exactement, et puis les écossais entre eux enfin bref, non c'était pas le problème mais je pense qu'il y a des c'est tous des moments dont je suis fier Wine Personality of the Year en 2016 c'est quand même une sacrée reconnaissance de la profession mon titre de meilleur mon premier concours gagné c'est meilleur maître d'hôtel de Belgique mais ça ne m'a pas ouvert grand chose parce que malheureusement la mode est encore au cuisinier et à l'époque déjà meilleur maître d'hôtel de Belgique t'es gentil,
Éric Boschman 40:15 tu te la mets derrière l'oreille, on repassera un autre jour, par contre meilleur sommelier de Belgique ça, ça a changé ma vie, réellement j'ai eu du pot parce que tu veux dire quoi
Brice Boland 40:27 ça t'a propulsé sur le j'ai eu beaucoup de pot
Éric Boschman 40:30 c'est le concours des circonstances, j'étais le plus jeune cette année en 25, il y a eu une jeune femme qui avait le même âge 24 ans, il n'y a pas eu de mec plus jeune que moi et elle était dans le même âge à peu près pour le concours j'avais un boulevard devant moi dans le sens où il n'y avait pas de sommelier médiatique il n'y avait pas de mais je n'étais pas médiatique à l'époque mais comme je suis assez bon client t'as remarqué t'as pris
Éric Boschman 40:56 sur ON et tu vas en avoir pour 9 heures de podcast j'ai un truc les mecs ils vont s'arracher les poils alors c'est un truc vraiment qui est pas dans le mur ça va pour le montage non il n'y a pas de montage on n'a rien on n'a pas pu couper et donc j'étais assez bon client ça m'a permis de faire de la radio très très vite je travaillais en plus à l'époque j'ai rebondi juste après dans un restaurant qui s'appelait La Manufacture qui a aussi
Éric Boschman 41:20 changé ma vie qui se trouvait rue Notre-Dame du Sommeil c'est les ateliers Delvaux c'est la famille qui était propriétaire de Delvaux jusqu'il y a peu ça c'est les ateliers Delvaux récents mais les ateliers d'origine c'est rue Notre-Dame du Sommeil c'est en plein centre de Bruxelles c'est derrière Saint-Géry un quartier qui évolue on leur a dit à l'époque que le quartier allait être rénové et il n'a toujours pas été 30 ans plus tard.
41:21 Une carrière dans les plus belles tables bruxelloises, jusqu'à la scène
Il retrace sa carrière dans la restauration de prestige : La Manufacture (dans les anciens ateliers Delvaux), les grandes maisons étoilées bruxelloises des années 80 (Romeyer, Bruneau, Comme Chez Soi, héritières de la Villa Lorraine), puis son départ de l'Oasis après un client méprisant. Il évoque ensuite la carte blanche offerte par la famille Schwennicke, avant de lancer Le Pain et le Vin avec Alain Coumont et de passer à la télévision sur RTL. Il conclut que la scène et le restaurant relèvent du même métier de contact, jamais vécu comme une corvée, et rend hommage à Christophe Hardiquest.
Éric Boschman 41:45 Malheureusement, l'endroit a fermé en novembre dernier.
Éric Boschman 41:49 Ça m'a filé un coup.
Éric Boschman 41:51 J'avais fait ma carrière avant ça que dans des grandes boîtes.
Éric Boschman 41:53 Tu vois, des 3 étoiles Michelin, 2 étoiles Michelin, Relais, Château...
Éric Boschman 41:57 Tu fais quoi par exemple ?
Éric Boschman 41:57 Je travaillais chez Romeyer.
Éric Boschman 41:59 À Bruxelles, dans les années 80, on l'a déjà oublié, mais on était la ville au monde où il y avait le plus d'étoilés par habitant.
Éric Boschman 42:06 Il y avait 3, 3 étoiles à Bruxelles.
Éric Boschman 42:07 Il y avait Jean-Pierre Bruneau, il y avait Pierre Romeyer et il y avait le Comme Chez Soi.
Éric Boschman 42:13 comme chez soi, qui est le seul des trois à encore exister, il y a une étoile.
Éric Boschman 42:17 Le premier trois étoiles au monde hors de France, c'était la Villa Lorraine.
Éric Boschman 42:23 Dans les années 50.
Éric Boschman 42:24 J'étais toujours pas né, d'accord ?
Éric Boschman 42:26 Mais on a une tradition gastronomique, et moi, j'avais bossé que dans des grandes boîtes.
Éric Boschman 42:30 Pour moi, c'était le chemin.
Éric Boschman 42:33 Et un jour, je propose un vin espagnol.
Éric Boschman 42:37 Je travaillais à l'Oasis, Place Marie-Josée, qui est devenue, mais ça, t'as dû connaître, une boîte de nuit, il y a quelques années, qui s'appelait le Parc Savoie.
Brice Boland 42:44 Oui, le Parc Savoie.
Brice Boland 42:45 Oui, mais en fait,
Éric Boschman 42:46 ça s'appelait le Parc Savoie dans les années 50.
Éric Boschman 42:48 C'était un resto hyper luxe.
Éric Boschman 42:50 Puis c'est devenu l'Oasis.
Éric Boschman 42:52 Ça a eu deux étoiles au Michelin.
Éric Boschman 42:54 Et puis ça a fermé.
Éric Boschman 42:55 C'est redevenu une boîte de nuit.
Éric Boschman 42:56 Et puis maintenant, c'est devenu un lotissement magnifique de luxe.
Éric Boschman 42:59 En fait, ils ont rasé le truc, mais voilà.
Éric Boschman 43:01 Et un jour, je présente un vin espagnol, un Milmanda de Torres.
Éric Boschman 43:06 Je m'en souviens de toute ma vie, enfin, tant que je l'aurai de la mémoire.
Éric Boschman 43:08 et je présente ce vin à un client et le mec me regarde comme si j'étais un tampax écrasé au bout d'un sparadrap, au bout d'une croûte de chien au bout de sa chaussure, vraiment
Brice Boland 43:18 il faut imaginer
Éric Boschman 43:19 en me disant est-ce que j'ai une tête à boire du vin espagnol et ce jour-là je suis allé voir le directeur de restaurant qui n'a pas compris mon truc et je lui ai dit je vais quitter et il me dit mais pourquoi vous partez vous n'êtes pas bien près de nous je lui ai dit moi je suis très bien mais je vais faire la première page d'un journal parce que j'ai tué quelqu'un or c'est pas du tout mon envie, je veux faire la première page d'un
Éric Boschman 43:35 journal mais pas parce que j'ai tué quelqu'un je peux plus continuer à servir ces cons j'en ai marre et des gens complètement obtus j'étais trop fougueux ou pas assez patient enfin bref j'étais pas fait pour la grande restauration où tu dois te mettre un parapluie dans le fondement le matin, l'ouvrir et c'est bien raide toute la journée et j'ai lu un peu formidable c'est qu'un marchand de vin monsieur de Conning m'a renseigné à la famille Schwennicke.
Éric Boschman 44:07 Je les ai rencontrés, ils m'ont engagé.
Éric Boschman 44:10 Et j'ai vécu un truc que je souhaite à tous les sommeliers du monde, mais malheureusement, ça n'arrive pas souvent.
Éric Boschman 44:17 Ils m'ont donné un budget.
Éric Boschman 44:19 Ils m'ont dit, voilà, faites.
Éric Boschman 44:19 Fais ce que tu veux.
Éric Boschman 44:23 Carte blanche.
Éric Boschman 44:25 J'ai été chercher des vins dans le monde entier.
Éric Boschman 44:27 J'ai ramené des bouteilles à l'époque, on pouvait encore ramener des bouteilles.
Éric Boschman 44:28 J'avais un million de francs belges.
Éric Boschman 44:31 Ce qui était conséquent à l'époque.
Éric Boschman 44:33 Parce qu'un million de francs belges, Je pense que si on veut les mettre en euros, il faut faire en 10.
Éric Boschman 44:37 Donc, il faut dire 100 000 euros pour avoir une réalité de ce que ça représente.
Éric Boschman 44:41 C'est un peu d'argent.
Éric Boschman 44:42 Et pour faire une cave à vin, c'est un peu d'argent.
Éric Boschman 44:46 Je ramenais des bouteilles.
Éric Boschman 44:47 J'allais en Australie chercher des bouteilles parce qu'on pouvait ramener du vin avec soi encore dans les avions.
Éric Boschman 44:53 Et on avait une cave qui était exceptionnelle.
Éric Boschman 44:57 Au bout de six mois, ils m'ont demandé d'arrêter d'acheter parce qu'on avait doublé le budget.
Éric Boschman 45:01 Je me suis amusé comme un fou.
Éric Boschman 45:03 et ce resto était hyper à la mode ça m'a propulsé au niveau médiatique et puis j'ai ouvert dans la foulée avec Alain Coumont qui est le mec qui a créé le pain quotidien le pain quotidien c'est une création belge je crois que les gens le savent et Coumont en fait il était à l'école hôtelière avec moi à Namur, il est plus âgé que moi donc il est sorti deux ans avant moi et on s'est retrouvé et on a ouvert un truc qui s'appelle le pain et
Éric Boschman 45:21 le vin lui le pain, moi le vin, facile et puis là ça a commencé et puis là j'ai fait de la télé j'ai travaillé sur RTL en télé pour une émission qui s'appelle Périfice et puis voilà, j'ai fait plein de trucs je fais plein de trucs mais il y a un truc essentiel c'est que j'ai jamais travaillé en considérant que c'était un travail que c'était une corvée et quand je me suis vaguement fritté, quand j'étais malheureux avec des associés j'ai quitté je préfère partir que venir
Éric Boschman 45:57 à l'envers, mettre mes pieds dans l'autre sens pour aller au boulot en espérant m'enfuir le plus vite possible.
Éric Boschman 46:03 Jamais.
Éric Boschman 46:04 Parce qu'on fait un boulot de contact.
Éric Boschman 46:07 Et en fait, pour précéder toutes tes questions, on va tout griller d'un coup.
Éric Boschman 46:13 C'était facile de faire du spectacle, monter sur scène.
Éric Boschman 46:16 Parce qu'entre la scène et le restaurant, il n'y a pas de différence.
Éric Boschman 46:20 Je le dis tout le temps, personne ne va au restaurant pour manger.
Éric Boschman 46:22 On ne va pas au restaurant pour manger.
Brice Boland 46:24 Toi, tu es pour le droit de bouchon.
Brice Boland 46:25 Tu préfères rien que des bouteilles.
Éric Boschman 46:27 totalement et non non mais on va pas au restaurant pour manger on va au restaurant pour un spectacle complet passer un bon moment une expérience exactement c'est le mot expérience mais tu vas au restaurant c'est pas vrai expérience totalement qui te fait passer un bon moment
Brice Boland 46:39 je fais un gros bisou à Christophe Hardiquest que j'ai invité ici la première saison
Éric Boschman 46:45 dans le genre de causer lui il est plus fort que moi encore
Brice Boland 46:47 vous êtes bien tous les deux
Éric Boschman 46:49 plus lent c'est fini tu peux aller pisser et il continue
Brice Boland 46:52 j'adore parce que il y a évidemment son business qui parle et puis après il est cadrant il est structurant, il explique son histoire et puis après il y a sa passion qui prend le dessus et puis il parle aussi dans toutes les directions gastronomique, historique c'est génialissime je trouve ça tellement riche une conversation
Éric Boschman 47:11 oui tout à fait mais c'est marrant parce que on se connait bien et c'est un gars qui vit à travers sa passion avec des hauts et des bas parce qu'on peut pas tout réussir il y a des moments où on en prend plein la gueule aussi et puis il y a des moments où on se fiant, des moments où on fait des erreurs moi j'ai pas tout réussi d'ailleurs j'ai rien réussi parce que je pense que on ne peut dire ça que quand c'est fini
Brice Boland 47:32 on le dira nous alors
Éric Boschman 47:34 j'attends qu'on dise de moi mais on fait un boulot c'est un boulot alors je supporte plus d'entendre les maîtres gindre en disant oui c'est un boulot difficile on souffre, putain les gars vous avez déjà vu ce que c'est qu'une infirmière qui nettoie des cadavres et pour 2200 balles par mois
Brice Boland 47:52 tu peux vraiment prendre du plaisir
Éric Boschman 47:53 nous on a un boulot où on a un résultat immédiat le mec il part du resto si on a fait notre taf il sourit le mec ou la gonzesse on est bien d'accord mais tu sais il y a des millions de gens qui ne voient pas de satisfaction le mec qui est dans une banque il ne voit jamais un client content il ne peut pas c'est impossible le gars qui est à la poste à la limite s'il apporte un chèque ça peut être sympa mais le
Éric Boschman 48:19 reste du temps il apporte des recommandés tu fais la gueule tu vois, dans un magasin de chaussures ok, peut-être, et encore ça peut être sympa, tu peux mater les genoux de la cliente mais je veux dire, c'est pas la même satisfaction nous, on doit gérer les gens, et en fait le spectacle c'est exactement ça, t'as un retour immédiat, les gens rient dans mon cas, les gens rient ou ne rient pas applaudissent ils te suivent
Brice Boland 48:44 et puis t'as une vraie interaction
Éric Boschman 48:44 bien sûr, et alors le spectacle vivant c'est, alors j'ai fait de la télé j'ai fait de la radio, j'écris le spectacle vivant c'est j'ai une seule frustration et ça je pourrais jamais l'assouvir, c'est que je voudrais voir ce que c'est que de faire une salle genre un forêt national blindé ou un truc comme ça avec des gens qui chantent avec toi je comprends de ma petite échelle en ayant fait le Cirque Royale dont je n'ai même pas profité parce que c'était tellement énorme que j'ai fait
Éric Boschman 49:21 mon taf et voilà je comprends que des mecs tu vois t'es un gars qui a 16-18 ans on l'enferme dans un château avec d'autres mononeuronaux pendant 3 semaines, 1 mois, 6 mois on le fait sortir, on lui dit t'es une star je comprends que le mec il pète un câble tu sors, t'as 10 000 personnes devant toi qui chantent ton truc qui te crient, qui t'aiment le problème c'est que quand la lumière s'éteint, t'es tout seul tu rentres dans ta piôle, t'es tout seul tout seul,
Éric Boschman 49:47 tu touches plus terre et donc c'est énorme, moi ça m'arrive à 50 ans et que les gens soient contents, c'est que du bonheur et même si je suis seul en rentrant dans ma bagnole que du bonheur et je suis pas assez célèbre pour avoir des lèches boules et donc c'est ça qui est fort agréable j'ai des gens qui sont vrais j'ai une bonne femme, j'ai mis des photos en ligne en disant tiens choisissez la photo de la prochaine affiche j'ai eu plein de réactions et tu
Éric Boschman 50:15 viens me voir s'il faut amener les bouteilles, c'est ça en fait il se demande si on va boire un jour
Brice Boland 50:21 on va devoir glisser un petit peu sur
Éric Boschman 50:23 c'est parti, mais non je veux juste terminer et la nana me dit, j'aimais bien ce que vous disiez avant mais là je vous ai trouvé vulgaire machin et je lui réponds gentiment et en fait au bout de 3-4 échanges elle s'excuse je lui dis mais ne vous excusez pas dites moi ce que vous ressentez, j'ai pas besoin que vous vous excusiez vous lui avez dit, je vous ai exprimé ce que j'ai fait et parlons-en tu vois j'ai encore des gens qui sont vrais ça j'adore je
Éric Boschman 50:49 pense que ça doit être un enfer que d'avoir des gens autour de toi qui te disent que t'es le plus beau le plus grand, le plus fort tout le temps
Brice Boland 50:59 ou qu'ils le pensent pas effectivement
Éric Boschman 51:01 j'ai encore des gens qui m'insultent ouais j'aime bien
Brice Boland 51:06 après si ils t'insultent c'est qu'ils ont un petit intérêt quand même bad buzz, good buzz alors j'avais 3 jeux on va essayer d'en faire 2 en 1 parce qu'après on est short déjà j'ai pas regardé l'heure aubergiste ?
Brice Boland 51:20 ah bah il faut que j'y aille là c'est fini allez ciao à la prochaine donc on va faire 2 jeux en 1 le premier jeu on l'a appelé si tu sais page facile si tu sais pas si tu sais page c'est un jeu de vocabulaire on sait très bien que dans le 20 il y a un vocabulaire spécifique il y a un vocabulaire complexe
51:24 Le grand jeu du vocabulaire vigneron
Place au jeu : Brice teste le vocabulaire technique d'Éric Boschman à travers une série de termes œnologiques — pyrazine, phylloxéra et porte-greffes américains, cordon de Royat et taille Guyot, loess, indice de Winkler, piézomètre. L'occasion de rappeler que le Douro, au Portugal, détient la plus vieille appellation contrôlée du monde (1756).
Éric Boschman 51:38 tu sais que je me bats depuis 30 ans
Brice Boland 51:40 pour éviter ça je sais je sais et deuxième le deuxième c'est deviner le prix donc il y a deux vins j'ai acheté deux vins et le but évidemment c'est que tu devines le prix de l'un et de l'autre ok ça c'est difficile on va faire les deux en même temps ouais ok comme ça on prend plaisir on devine Philippe Rizzoli en même temps voilà
Éric Boschman 51:57 t'es pas obligé de mettre ta langue dans le verre tu peux me donner le verre sans
Brice Boland 52:00 mettre ta langue d'aubergiste
Éric Boschman 52:01 dégueulasse quoi
Brice Boland 52:02 c'est les deux même hein les deux ou t'as non non c'est pas un mélange des deux
Éric Boschman 52:08 merci Conchito
Brice Boland 52:11 et pour l'addition c'est pour lui il est fort je te fais un cuir
Éric Boschman 52:17 je dois te dire quoi
Brice Boland 52:22 je vais te parler de la robe on fait vu qu'on fait deux gens en même temps Pyrazine
Éric Boschman 52:28 non ça sent pas donne moi un peu une feuille blanche donne moi ta feuille j'ai pas besoin de savoir ce qu'il y a dessus c'est juste pour la couleur
Brice Boland 52:36 Pyrazine Pyrazine, ça te parle ou pas, Pyrazine ?
Éric Boschman 52:42 Oui, Pyrazine, ça me parle, mais c'est des trucs...
Brice Boland 52:43 C'est quoi, Pyrazine ?
Brice Boland 52:45 C'est des...
Brice Boland 52:45 J'ai pris des trucs un peu complexes.
Éric Boschman 52:48 C'est des déformations techniques,
Brice Boland 52:50 en fait.
Brice Boland 52:50 C'est quoi, Pyrazine ?
Éric Boschman 52:51 C'est une odeur...
Éric Boschman 52:54 C'est une odeur qui vient de l'élevage en barrique et qui fait partie des odeurs brûlées qu'on a autour du bois, si je dis pas de conneries.
Brice Boland 53:04 C'est un peu ça, oui, avec des notes en plus végétales, poivrons verts, asperges, souvent présentes en Cabernet Sauvignon.
Brice Boland 53:10 Allez, plus facile.
Brice Boland 53:12 Phylloxéra.
Éric Boschman 53:14 Phylloxéra vastatrix, pouténébran de la vigne.
Éric Boschman 53:17 Petite bestiole qui se reproduit sur les racines de la vigne, qui nique comme un fou parce qu'il n'a rien d'autre à foutre de ses journées, et que les larves qui éclosent tout le temps bouffent les racines de la vigne.
Éric Boschman 53:25 Et une vigne sans racines, c'est comme un chien sans pattes, ça ne sert à rien.
Brice Boland 53:28 D'où le fait qu'on met ça sur des pieds de bois américains.
Éric Boschman 53:30 On met des porte-greffes américains qui ont la particularité, eux, d'être mitridatisés par rapport à ce Phylloxéra, justement.
Brice Boland 53:40 C'est la relation avec Mithridates, le roi ?
Brice Boland 53:42 Bien sûr.
Brice Boland 53:44 Et le phylloxéra, si je ne me trompe pas, c'est un insecte qui est dans le sol
Éric Boschman 53:47 avec des ailes.
Éric Boschman 53:49 Je ne sais pas s'il a des ailes.
Brice Boland 53:51 J'ai vu qu'il était dans le sol avec des ailes.
Éric Boschman 53:53 Il se déplace, il fait des galeries et la seule façon de l'empêcher de passer c'est d'être dans le sable, mais les vignes dans le sable, c'est dégueulasse.
Éric Boschman 54:01 Et le phylloxéra, c'est le sida de la vigne.
Éric Boschman 54:04 On a mis très longtemps à trouver un traitement et ça a ravagé les vignobles du monde entier.
Éric Boschman 54:09 le Chili a raconté qu'il y avait échappé tu connais le Clos Saint-Jacques ?
Éric Boschman 54:14 Clos Saint-Jacques en Bourgogne
Brice Boland 54:16 non en Champagne c'est le seul Clos il y a eu des scientifiques qui ont été ça fait des années qu'ils viennent c'est le seul Clos qui a été épargné alors que juste à côté à un mètre à côté ça a été bouffé par le phylloxera et en fait personne ne sait pourquoi dans cette ère là le phylloxera
Éric Boschman 54:29 je ne connais pas du tout c'est dans quel commun tu sais ?
Brice Boland 54:31 c'est à Aÿ
Éric Boschman 54:32 crucivergiste
Brice Boland 54:35 deux lettres Aÿ 42 points je connais pas le Clos Saint-Jacques ça j'ai jamais entendu parler le cordon de Royat
Éric Boschman 54:44 c'est une façon de tailler la vigne très bien la taille Guyot, le cordon de Royat qui sont les deux tailles les plus utilisées en France t'as aussi le gobelet qui est très utilisé en Beaujolais traditionnellement mais qui est une taille très particulière qu'on utilise aussi dans le Roussillon et puis alors t'as plein de nouvelles tailles expérimentées dans le Nouveau Monde des tailles en lyre, des trucs mais le cordon de Royat et Guillaume ça peut être simple ou double
Brice Boland 55:11 ok ok, Cacosmi
Éric Boschman 55:13 Cacosmi c'est sentir la merde c'est ça non ?
Éric Boschman 55:17 c'est plus
Brice Boland 55:18 c'est différemment, altération olfactive désagréable
Éric Boschman 55:22 tout cuit la merde
Brice Boland 55:24 alors je sais même pas comment on le dit L-O-E-S-S
Éric Boschman 55:29 le loess, c'est un type de calcaire volcanique de sable volcanique, dépôt éolien
Brice Boland 55:35 de limon fin
Éric Boschman 55:36 Je crois que c'est des calcaires volcaniques.
Éric Boschman 55:39 Le loess, tu en trouves en Hongrie, tu en trouves dans plusieurs régions, dans les régions de Tokaj.
Éric Boschman 55:43 C'est un sol qui est extrêmement friable et qui tient l'eau.
Éric Boschman 55:49 C'est fort intéressant pour la vigne, dans des régions avec un climat continental notamment.
Éric Boschman 55:55 Et ça permet de faire notamment des caves assez incroyables.
Éric Boschman 55:59 À Tokaj, il y a des caves, tu pourrais y creuser la petite cuillère, qui sont faites dans du loess, par contre.
Brice Boland 56:05 L'indice de Winkler.
Éric Boschman 56:06 Je ne sais pas ce que c'est, ça.
Brice Boland 56:08 Alors, système de classification des régions viticoles en fonction de la température.
Éric Boschman 56:12 Ah ben, écoute, j'apprends quelque chose.
Éric Boschman 56:13 Alors, c'est intéressant ce que tu me dis, parce que la plus vieille appellation contrôlée du monde, protégée, c'est le Douro, Portugal.
Éric Boschman 56:22 Elle date de 1756.
Éric Boschman 56:24 Et la façon dont on a classé les terroirs, c'était le degré d'ensoleillement et la température moyenne.
Éric Boschman 56:30 Donc déjà à l'époque, il ne devait pas s'appeler Winkler au Portugal, il devait s'appeler Winklerch.
Éric Boschman 56:34 et voilà donc je ne connaissais pas l'indice de Winkler
Brice Boland 56:37 mais écoute tout va bien quand même tout va bien allez encore un petit piézomètre
Éric Boschman 56:44 piézomètre ?
Brice Boland 56:47 un piézomètre
Éric Boschman 56:47 c'est un truc pour mesurer la taille des ongles des orteils et quand tu achètes des chaussures tu dois prendre ton piézomètre parce que quand tu as des gros pieds par exemple ou quand t'es un hobbit
Brice Boland 56:58 ben c'est pas du tout ça
Éric Boschman 56:59 ah merde
Brice Boland 57:00 c'est un instrument de mesure du niveau de la nappe phréatique dans un vignoble
Éric Boschman 57:03 mais jamais je regarde l'anaphréatique, moi je m'en fous, c'est de l'eau
57:06 Dégustation à l'aveugle : deux vins, deux prix
Place à la dégustation de deux vins à l'aveugle, dont il faut deviner l'origine et le prix : un premier vin léger identifié comme des Coteaux de Peyriac en Languedoc à moins de 10 euros, et un second plus riche, plus proche du Rhône (Lirac) autour de 20-25 euros. L'échange dévie sur les mérites de la capsule à vis face au bouchon, jugée plus fiable et plus saine que les bouchons synthétiques.
Brice Boland 57:06 bon alors c'est dit quoi ce vin ?
Éric Boschman 57:09 écoute, je partais sur un truc du Merlot au départ mais c'est léger en couleur
Brice Boland 57:17 aubergiste, tu peux amener la bouteille
Éric Boschman 57:20 il y a un truc particulier la dégustation à l'aveugle c'est la meilleure école d'humilité parce que si tu te ramasses pas au moins deux fois sur trois, c'est que t'es un génie et je trouve que honnêtement c'est très léger je le bois tout facile grosse différence entre les deux vins
Brice Boland 57:41 combien coûte le premier ?
Éric Boschman 57:43 le premier ça doit pas être très cher
Brice Boland 57:44 c'est quoi pas très cher ?
Éric Boschman 57:47 je dirais moins de 10 euros la bouteille
Brice Boland 57:48 ok j'ai pas été dans le fond
Éric Boschman 57:51 et le second il fait beaucoup plus il y a beaucoup plus de matière il y a un truc c'est que les vins sentent les verres sentent l'armoire t'as l'odeur, t'as dû les conserver à l'envers dans une armoire à un moment, et il y a l'odeur vraiment de la planche
Brice Boland 58:13 ils sont spécialisés en audio en caméra, en podcast, ils sont pas spécialisés
Éric Boschman 58:17 c'est pas grave, c'est pas de leur faute ils étaient à l'envers dans la brasserie ça se sent c'est à fond et je trouve ça, ça fait plus Bordeaux t'as un côté plus dense, je dirais de nouveau sur une base, ça c'est pas du Merlot je réfléchis
Brice Boland 58:35 alors le premier t'as plutôt raison donc c'est 8 euros les petites récoltes donc Coteaux de Peyriac grenache carignan c'est Languedoc je pense ouais
Éric Boschman 58:43 mais j'étais pas dans le Merlot
Brice Boland 58:44 c'est Languedoc bon j'ai fait exprès de faire un truc je crois que c'est classifié comme vingtable
Éric Boschman 58:49 je sais pas non non pas qu'est-ce qu'il dit IGP IGP Coteaux de Peyriac non c'est une appellation
Brice Boland 58:56 c'est pas un vingtable coteau c'est moi
Éric Boschman 58:58 capsule à visser j'y suis tout à fait pour ça c'est beaucoup plus le second il y a plus de tannin c'est plus riche mais c'est pas Bordeaux non plus
Brice Boland 59:07 Qu'est-ce qu'on se dit dans les capsules justement ?
Éric Boschman 59:10 Moi les capsules à vissier je suis pour
Brice Boland 59:11 c'est quoi la différence ?
Brice Boland 59:12 Pour les vins de garde il vaut mieux ?
Éric Boschman 59:14 Non ça empêche le vin d'évoluer enfin ça évolue très lentement ça l'empêche d'évoluer de façon négative sur les rosés, sur les blancs aromatiques les capsules à vis c'est vraiment très chouette je suis pour pour les rouges c'est un poil plus compliqué souvent on a un peu de réduction mais la capsule à vis elle a plein d'avantages pour les gens qui n'ont pas de tire-bouchon, pour les gens qui ne savent pas s'en servir.
Brice Boland 59:35 C'est plus pratico-pratique.
Brice Boland 59:36 Bien sûr.
Éric Boschman 59:37 Et puis, l'avantage de la capsule à vis, c'est le côté « je l'ouvre, je la ferme ».
Éric Boschman 59:44 Et alors, il faut savoir un truc, c'est que les bouchons synthétiques, très à la mode maintenant, ou les bouchons d'agglomérat de farine de liège, les farines de liège, souvent, contiennent des pyphases.
Éric Boschman 59:56 C'est un peu chiant.
Éric Boschman 59:58 Oui, ça finit par se retrouver dans le gland, si j'ai bien compris ce que disaient les urologues mais je n'ai pas forcément envie de finir avec du plastique dans la teub ce n'est pas l'idéal
Brice Boland 1:00:07 ce n'est pas mon objectif de vie
Éric Boschman 1:00:09 le deuxième, qu'est-ce que ça dit ?
Éric Boschman 1:00:11 le deuxième, ce n'est pas Bordeaux clairement c'est beaucoup plus chaud on pourrait aller sur le Rhône, un truc comme ça peut-être Rhône-du-Nord c'est pas Châteauneuf-du-Pape, c'est plus Rhône-du-Nord c'est du Lirac ah Lirac, putain c'est pas route du nord
Brice Boland 1:00:31 c'est route du sud mais t'es calme de la route
Éric Boschman 1:00:36 et là au niveau budget t'es largement plus haut que 8 euros même au dessus de 20 je pense dans les 20
Brice Boland 1:00:43 25 euros c'est quoi parce que là il y a des gens qui vont nous écouter des gens qui t'aiment bien des gens qui écouteront jusqu'au bout alors ma soeur l'écoutera on ira 3 écoutes ma mère qui n'a pas écouté elle est morte c'est cool mais par contre il y a des gens qui s'y connaissent il y a des gens qui s'y connaissent pas dans les gens qui s'y connaissent pas ils voudraient savoir comment choisir une bouteille
Éric Boschman 1:01:07 je vais répondre un truc bateau ok c'est que plus tu crois t'y connaître en vin
Brice Boland 1:01:13 je vais te dire autre chose je vais répondre un truc bateau une bouteille à la mer je t'ai parti là dessus
Éric Boschman 1:01:17 j'espère que t'as ce rap à honte donc je disais
Brice Boland 1:01:20 je peux venir dans ton spectacle
Éric Boschman 1:01:22 tu peux venir faire des blagues avec moi le truc c'est que le drame du vin c'est ça c'est que tu connais jamais jamais, jamais personne ne s'y connait
Brice Boland 1:01:33 mais c'est ça qui est beau, c'est que c'est infini c'est exactement comme
Éric Boschman 1:01:37 l'univers de cette connaissance et c'est en extension permanente et moi les mecs qui me disent attention, je sais que j'ai affaire à un connard quand j'ai une pauvre assistante qui m'appelle en disant mon patron il s'y connait vraiment il faut faire une dégustation je prends que des trucs où le mec il va être largué au premier verre juste pour l'humilier
Brice Boland 1:01:57 Pour le démoraliser.
Éric Boschman 1:01:58 Parce que, mais non, si ce mec est assez con pour faire croire à cette pauvre secrétaire qui s'y connaît en vin et qui en rajoute, je dis, mais non, parce que personne ne s'y connaît.
Éric Boschman 1:02:08 Je veux dire, toujours, tu tombes sur des vins que tu ne connais pas, que tu n'as jamais goûté.
Éric Boschman 1:02:12 Moi, je n'ai pas goûté le Coteaux de Peyriac, que je connais de théorie, mais je ne le connais pas.
Éric Boschman 1:02:16 Donc, voilà.
Éric Boschman 1:02:17 Et on est tous comme ça.
Éric Boschman 1:02:19 Tu vois, il y a toujours un truc à découvrir.
Éric Boschman 1:02:21 Je suis allé en Bolivie l'année dernière, j'ai goûté des vins, Je ne connaissais même pas le cépage.
Brice Boland 1:02:24 Ok, mais là, tu ne réponds pas à la question.
Brice Boland 1:02:26 Comment je choisis une bouteille ?
Brice Boland 1:02:29 Je suis à la maison, j'ai un dîner avec des potes et j'ai envie de faire un petit vin plaisir, mais aussi en découverte.
1:02:35 Comment choisir une bouteille sans complexe
Éric Boschman livre ses conseils pratiques pour choisir une bouteille : accorder les couleurs à ce qu'on mange, fixer son budget, oser questionner un caviste plutôt que picorer au hasard en grande surface. Il insiste sur l'importance de boire avec les bonnes personnes, un paramètre selon lui trop négligé, avant une pointe d'humour sur les convives qu'on ne peut pas éviter d'inviter.
Éric Boschman 1:02:35 Alors, il y a plusieurs paramètres.
Éric Boschman 1:02:37 Qu'est-ce que je fais ?
Éric Boschman 1:02:37 Le premier, c'est que tu vas regarder ce que tu vas bouffer.
Brice Boland 1:02:40 Ok, accord mes vins.
Éric Boschman 1:02:41 Alors, accord mes vins.
Éric Boschman 1:02:42 Moi, j'aime bien l'accord facile.
Éric Boschman 1:02:43 C'est que tu vas travailler sur la couleur.
Éric Boschman 1:02:45 Tu vas bouffer du poisson, de la viande blanche.
Éric Boschman 1:02:48 Tu vas prendre des vins blancs.
Éric Boschman 1:02:49 Tu vas bouffer de la viande rouge, un poisson rouge, du thon, un truc comme ça.
Éric Boschman 1:02:52 tu vas prendre des vins rouges, on va déjà commencer comme ça ça marche bien, fromage il y a une croûte avec du blanc camembert, brie, machin, du vin blanc fromage il y a une croûte plus foncée pâte dure, tu vois emmental, gruyère, machin comme ça
Brice Boland 1:03:06 tu prends du rouge.
Brice Boland 1:03:06 Ok, et congonzola tu prends quoi ?
Éric Boschman 1:03:08 Gorgonzola tu prends un vin doux plutôt un rouge doux tout ce qui est bleu ou des blancs moelleux ou des rouges moelleux.
Éric Boschman 1:03:14 D'accord Ok, ça c'est la première chose Deuxième chose tu vas déterminer ton budget parce que c'est pas la peine de te dire mec vachement important je vais acheter une bouteille super chère
Brice Boland 1:03:28 ça veut tout rien dire, si je fais un dîner par mois et que je bois une bouteille par mois, je suis ok de mettre 50 balles
Éric Boschman 1:03:33 et ben tu mets 50 balles
Brice Boland 1:03:34 tu te fais plaisir
Éric Boschman 1:03:35 qu'est-ce que je peux avoir dans la couleur que je veux à 50 balles, deux options le premier, je vais chez le caviste qui est quand même la meilleure option bonjour monsieur le caviste je voudrais un rouge parce que ce soir je fais un steak avec machin qu'est-ce que vous me conseillez dans une fourchette allant de 40 à 60 ça c'est la plus facile l'option de merde c'est je suis pas de caviste, j'ose pas pousser la porte parce que je suis un petit complexe je vais chez
Éric Boschman 1:04:05 Delhaize là je vais chercher dans le rayonnage un truc qui correspondrait à mon budget et puis après je vais me laisser tenter par la couleur de l'étiquette on fait tous la même chose je vais essayer de voir si je connais quelque chose si je repère un nom que je connais
Brice Boland 1:04:20 que j'ai déjà entendu Bordeaux, Portugal, Macha
Éric Boschman 1:04:24 oui mais c'est pas grave et tu sais ce que moi j'aime bien faire c'est que, moi c'est facile parce que je reste sur les échantillons c'est je goûte et je m'achète une bouteille deux, trois bouteilles différentes alors je prépare un petit peu à l'avance et je goûte et je me dis ah celle-là j'ai vraiment kiffé et là je vais en acheter trois moi j'achète jamais le vin en grande quantité parce qu'un dîner c'est une combinaison revient au début du truc, entre les gens qu'on va convier
Éric Boschman 1:04:49 à table, la bouffe, et le vin qu'on va mettre.
Éric Boschman 1:04:54 Et l'accord vin-émet, j'essaye de le faire maintenant, quand j'écris dans Moustique, j'essaye d'indiquer, quand je parle de vin, avec qui il faut le boire.
Éric Boschman 1:05:04 C'est un paramètre que personne ne met jamais.
Éric Boschman 1:05:06 Mais boire un grand vin avec des cons, c'est ruiner le vin.
Éric Boschman 1:05:10 Alors tu me dis, on n'invite pas des cons, mais si, on sait bien qu'il y a des gens qu'on invite par obligation, qui sont...
Brice Boland 1:05:15 tous les mardis, tous les premiers mardis du mois
Éric Boschman 1:05:17 ils font des tours Eiffel avec des animaux ils s'appellent François Pignon
Brice Boland 1:05:21 j'avais un autre jeu c'était le troisième jeu, mais à mon avis celui-là il est interminable, c'était le jeu des chaînes la chaîne des voitures, Mercedes, BMW c'est sur les cépages
Éric Boschman 1:05:32 7000 cépages
Brice Boland 1:05:34 7000, j'en connais pas 7000 c'est quoi si on si tu veux nous expliquer la découverte de ton vin préféré de toute ton histoire et qui n'est pas le Romanée Conti ce serait quoi l'histoire de ce vin que tu as pu
Éric Boschman 1:05:52 déguster
Brice Boland 1:05:56 soit l'expérience, soit le moment, soit les personnes
Éric Boschman 1:05:58 un jour je goûte
1:05:59 Le vin qui a marqué sa vie, et le mot de la fin
Interrogé sur le vin de sa vie, il raconte une dégustation à l'aveugle de Haut-Brion où il a deviné, par pure intuition, le millésime de sa naissance, ainsi qu'un souvenir ému de Riesling Trimbach et une émotion comparable ressentie devant Guernica de Picasso au musée de Madrid. L'épisode se referme sur un message adressé aux auditeurs : rester curieux, refuser les extrêmes et la bien-pensance, et se révolter.
Brice Boland 1:05:59 c'est un peu le moment d'américain
Éric Boschman 1:06:02 un jour je goûte du Haut-Brion on est dans une dégustation aveugle de Haut-Brion, on sait que c'est Haut-Brion mais on ne connait pas les millésimes
Brice Boland 1:06:09 donc c'est que d'Haut-Brion
Éric Boschman 1:06:10 c'est affreux ce que je vais dire ça fait snob à crever « C'est mon grand cru préféré à Bordeaux.
Éric Boschman 1:06:15 » Parce que c'est bourguignon, parce que c'est un hostile.
Éric Boschman 1:06:20 Et je goûte une série.
Éric Boschman 1:06:24 Tu vois, on goûte par série en général cinq, six.
Éric Boschman 1:06:28 Et je m'arrête sur un verre et je dis « Ça, ça, c'est mon année de naissance.
Éric Boschman 1:06:30 » Les mecs me disent « Pourquoi ?
Éric Boschman 1:06:33 » Je dis « Je sais pas, c'est mon année de naissance.
Éric Boschman 1:06:34 » Et c'était mon année de naissance.
Éric Boschman 1:06:40 Et j'ai vraiment eu un truc, alors tu appelles ça comme tu veux une vibration j'ai eu un truc c'était mon année de naissance et j'ai flashé sur ce truc et j'ai quelques vins comme ça dans ma vie alors je dis toujours que le meilleur vin que j'ai bu je ne l'ai pas encore bu et je le boirai parce que je suis un optimiste et donc il y a toujours un truc que je n'ai pas goûté qui me rendra dingue j'ai des souvenirs comme ça de Riesling
Éric Boschman 1:07:06 de chez Trimbach des années 80
Brice Boland 1:07:10 c'est quoi ça ?
Brice Boland 1:07:10 une mémoire olfactive qui pop up comme ça c'était vraiment dingue c'était vraiment dingue
Éric Boschman 1:07:16 mais tu sais c'est une question d'ouverture à l'émotion un jour je suis au musée à Madrid et par hasard au détour d'un couloir je ne sais pas j'arrive devant Guernica et je suis figé devant Guernica et j'ai pleuré pourquoi j'ai pleuré devant Guernica parce qu'on sait beaucoup
Brice Boland 1:07:40 pourtant tu l'avais déjà vu
Éric Boschman 1:07:41 j'ai vu en carte postale c'est Picasso Pablo, beaucoup peint, mais Guernica et donc c'est une bête blague mais j'étais là et j'ai chialé devant Guernica j'étais une émotion pas possible moi en plus j'ai un coeur d'artichaut donc je peux facilement me laisser aller à pleurer j'ai pas de honte à ça, je suis un homme déconstruit et une émotion tu vois et tu peux avoir des émotions comme ça l'hédonisme c'est pas juste visé à poursuivre ses besoins les plus rustiques c'est aussi parfois se dire tu touches
Éric Boschman 1:08:14 une étoffe, tu sens un parfum moi je suis dingue de parfum parfois tu sens des trucs et tu fais c'est c'est une mémoire qu'on construit en fait c'est vraiment une culture
Brice Boland 1:08:29 pour essayer de finir là dessus parce qu'on souffle à l'oreillette qu'il y a vraiment une fin à tout malheureusement
Éric Boschman 1:08:34 tous les mecs sont partis, il n'y a plus personne
Brice Boland 1:08:36 il y a plus nous il m'a dit quoi faire après c'est personnel et tu le prends comme tu veux
Éric Boschman 1:08:44 mais envoie moi ta soeur
Brice Boland 1:08:45 c'est plutôt bestie moi je pense que t'es un peu hybride entre un boxeau tu connais un boxeau ?
Brice Boland 1:08:53 que j'adore, il a une bonhomie incroyable, il arrive à aller en légèreté sur des sujets hyper graves très graves, la mort et Joël Dupuche je sais pas comment on dit, tu vois pas ?
Éric Boschman 1:09:07 les petits mouchoirs
Brice Boland 1:09:08 qui est ostriculteur de base, me semble-t-il.
Éric Boschman 1:09:13 Et qui va rechercher des touristes à la con avec sa plate, avec son bateau.
Brice Boland 1:09:16 Oui, c'est ça, exactement.
Brice Boland 1:09:18 Et moi, ce que j'aime bien, c'est que tu as une passion au partage et à la transmission.
Brice Boland 1:09:24 C'est quoi le message que tu voudrais faire passer ici, dans cet épisode, à la fin, aux jeunes, moins jeunes, vieux, moins vieux ?
Éric Boschman 1:09:31 C'est que tout ce qui est extrême est forcément inutile.
Éric Boschman 1:09:39 et que l'équilibre est un point qui se trouve au milieu des extrêmes en quoi que ce soit, en politique, en consommation, etc.
Éric Boschman 1:09:49 Et que l'ouverture à l'autre, à la lumière, l'ouverture, c'est le truc fondamental.
Éric Boschman 1:10:00 Pour moi, la curiosité...
Éric Boschman 1:10:03 Il faut être curieux.
Éric Boschman 1:10:04 La curiosité et...
Éric Boschman 1:10:06 Je remercie mes parents, mais tu n'imagines pas, Et je suis vraiment sincère.
Éric Boschman 1:10:08 C'est presque tous les jours.
Éric Boschman 1:10:08 Ma mère n'est plus là et mon père est toujours là, mais il n'est plus là non plus.
Éric Boschman 1:10:08 Malheureusement, je n'arrive plus à communiquer avec lui, mais j'ai pu en parler avec ma mère avant qu'elle ne meure.
Éric Boschman 1:10:24 et je les remercie tous les jours ils ont eu la bonne idée de ne pas m'imposer de religion ils ont eu la bonne idée de m'apprendre les codes essentiels, dis bonjour à la dame mets pas tes doigts dans ton nez et ils ont eu l'extrêmement bonne idée de m'apprendre à être curieux je me fous de savoir avec qui Adriana Karembeu s'envoie en l'air c'est pas ma curiosité mais je retiens une phrase de Valéry Paul Valéry pas François et Paul Valéry qui disait il faut toujours savoir
Éric Boschman 1:10:56 pourquoi et tu sais moi quand j'habite quelque part là où j'habite maintenant dans le centre d'Uccle j'ai voulu savoir qui était le mec dont la rue portait le nom et ça a été un truc que j'ai voulu savoir dès le départ parce que je ne comprends pas qu'on puisse habiter dans une rue, rue truc mûche machin
Brice Boland 1:11:16 mais ça c'est un peu ton côté historien non ?
Éric Boschman 1:11:17 non c'est mon côté curieux, je veux savoir qui c'est mais j'ai pas envie de dire non c'est pas une rue commune
Brice Boland 1:11:23 ça aurait été un gars incroyablement négatif t'aurais déménagé ou pas ?
Éric Boschman 1:11:27 non mais je l'aurais su, de toute façon on donne pas les rues à des gens très négatifs
Brice Boland 1:11:30 c'est une question de banlieue attention
Éric Boschman 1:11:32 il n'y a pas beaucoup de rues Staline, il n'y aura pas de rues Mélenchon enfin tu vois il y a des rues il n'y a que des rues normales
Brice Boland 1:11:39 il y a certainement la rue Trump
Éric Boschman 1:11:40 parce qu'il sera roi du monde bientôt et pape aussi je pense que c'est ça vraiment Sandec c'est soyez curieux soyez curieux et surtout un truc, c'est révoltez-vous.
Éric Boschman 1:11:54 Révoltez-vous.
Éric Boschman 1:11:55 Ne vous laissez pas embobiner par la bien-pensance, par la bienséance.
Éric Boschman 1:12:05 Ne vous laissez pas embobiner.
Éric Boschman 1:12:07 Révoltez-vous et soyez curieux.
Éric Boschman 1:12:09 C'est ça le message.
Brice Boland 1:12:11 Magnifique.
Brice Boland 1:12:11 Merci Eric.
Brice Boland 1:12:11 Santé.
Éric Boschman 1:12:13 Vraiment avec beaucoup de plaisir.
Éric Boschman 1:12:14 Santé à la vie.
Brice Boland 1:12:16 En tout cas, c'est toujours un plaisir et c'est impossible de garder une structure mais c'est ça qui fait le bonheur aussi de la discussion et j'aurais été très triste de la garder
Éric Boschman 1:12:25 je suis un homme déconstruit monsieur et je suis déstructuré merci merci beaucoup avec beaucoup de plaisir