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Dépassement de soi

Coups de poing et coups de coeur, la vie d'un champion du monde

Avec Ryad Merhy — Champion du monde de boxe WBA (cruiserweight) ·

En bref

Ryad Merhy, champion du monde de boxe WBA des cruiserweight depuis 2021, revient sur sa victoire par KO technique face à Zhaoxin Zhang et sur sa victoire contre Tony Yoka. Il raconte la préparation, le trash talking, la peur et le grand cœur d'un champion.

« Coups de poing et coups de coeur, la vie d'un champion du monde » est un épisode de Coucou Ma Biche, le podcast vidéo belge animé par Brice Boland, avec Ryad Merhy, publié le . Durée : 58:43. Terrain : Dépassement de soi. Transcription intégrale en 14 chapitres résumés et horodatés.

Brice Boland reçoit Ryad Merhy, champion du monde de boxe WBA des cruiserweight (-90 kg), devenu champion du monde en 2021 par KO technique face à Zhaoxin Zhang. Il revient sur sa victoire contre Tony Yoka, ses routines d'avant-combat, le trash talking et sa carrière de boxeur.

Photo de l'épisode avec Ryad Merhy : un homme souriant en t-shirt blanc, au micro, dans le studio de Coucou Ma Biche. 58:43

Les questions qui tuent

  1. 35:13 T'es pro, c'est-à-dire que tu gagnes un salaire. Combien ça gagne un boxeur de ton, de ton acabit ? Lire la réponse : Rivaux dans le milieu, points forts et jeu de la peur
  2. 31:51 C'est le jeu de la peur. T'as peur de quoi ? Lire la réponse : Rivaux dans le milieu, points forts et jeu de la peur
  3. 48:53 La question qui fâche : il y a une grosse polémique depuis les JO, les derniers JO à Paris, sur les combattants transgenres ou androgènes… C'est quoi ton point de vue là-dessus ? Lire la réponse : La question qui fâche : la polémique sur les athlètes transgenres aux JO
Ryad Merhy et Brice Boland debout côte à côte dans le studio, tous deux en t-shirt écru, de profil face à l'objectif, chacun contractant son biceps en souriant.

Les temps forts

  1. 0:00 Ouverture et retrouvailles

    Le jingle d'intro pose le ton du podcast avant que Ryad Merhy ne rejoigne Brice Boland en studio. Les deux se saluent avec complicité et humour, Ryad se décrivant lui-même comme « un petit ours », ce que Brice retourne aussitôt en « gros nounours ». L'ambiance est immédiatement légère.

  2. 0:33 « Je dois être plus méchant » : perfectionnisme et mentalité de combat

    Brice ouvre l'épisode sur une citation de Ryad prononcée après un combat : « je dois être plus méchant ». Ryad explique qu'il est trop perfectionniste sur le ring, recherchant la propreté technique du geste plutôt que l'agressivité utile pour toucher et faire mal à haut niveau. Il oppose sa boxe « chirurgicale » à celle des « boxeurs bouchés », plus large et moins nette mais parfois plus efficace. Il précise tenir ce genre de discours à chaud, juste après les combats, quand il est encore lucide mais souvent très sévère envers lui-même.

  3. 3:12 Palmarès, titre mondial WBA 2021 et catégories de poids

    Brice rappelle le palmarès de Ryad (33 victoires, 27 avant la limite, 3 défaites) et son sacre de champion du monde WBA des lourds-légers en 2021 au stade Roi Baudouin face à Zhaoxin Zhang. Ryad revient sur son changement de catégorie après le Covid, la prise de poids progressive liée à l'âge, puis la création récente du bridgerweight (moins de 101 kilos), catégorie intermédiaire qu'il a rejointe dès son ouverture. Il détaille les différences entre les quatre grandes fédérations, WBA, WBC, IBF et WBO, leur ancienneté et leur poids respectif dans le sport. Le chapitre se termine sur son dernier combat au Texas et l'irrégularité de son calendrier, faute de manager assez influent pour lui trouver des combats rapidement.

  4. 8:57 La rivalité avec Tony Yoka

    Brice évoque la notoriété de Ryad en Belgique et sa victoire face au Français Tony Yoka, vécue par le public comme une rivalité France-Belgique à la manière d'un match de football. Ryad raconte avoir toujours vu en Tony Yoka un adversaire « prenable » malgré son gabarit (plus de deux mètres, médaille d'or aux JO de Rio), estimant qu'il lui manquait un déclic mental pour pleinement performer en professionnel. Il revient sur son propre parcours amateur écourté, qui ne lui a pas permis de viser les Jeux olympiques, et explique le système des premiers combats professionnels, calibrés pour faire progresser un boxeur en confiance et en niveau.

  5. 12:05 Parcours amateur manqué, JO ratés et exil à Saint-Barth puis Miami

    Ryad revient sur ses huit mois loin de la boxe entre 17 et 18 ans, d'abord à Saint-Barthélemy où il a travaillé et beaucoup joué au football en solo, puis un stage de trois semaines à Miami vécu « comme un professionnel ». Il détaille son retour ultérieur de trois mois à Miami, dans l'ancien club de Mohamed Ali, le Fifth Street Gym, où un coach l'a repéré et lui a proposé un contrat qu'il a refusé, estimant devoir d'abord se faire un nom dans son pays. Il explique enfin la mécanique des premiers combats professionnels partout dans le monde, tout en évoquant des rumeurs de palmarès truqués dans d'autres disciplines de combat.

  6. 17:49 Routines quotidiennes : sommeil, jeûne intuitif et préparation mentale

    Ryad décrit sa routine familiale avec sa femme et sa fille, l'entraînement matinal quasi quotidien, et son rythme alimentaire particulier : il ne mange jamais le matin, un jeûne intermittent « naturel » qu'un nutritionniste n'est jamais parvenu à encadrer. Il parle de sa bague connectée Aura, utilisée surtout pour vérifier son sommeil, son principal point faible, tout en admettant un possible effet placebo. Il détaille aussi ses rituels d'avant-combat, jardinage, repassage, besoin de sortir du sujet de la boxe à mesure que le combat approche, et le moment précis, la pose des bandages, où il bascule en concentration.

  7. 23:45 La sèche : perdre plusieurs kilos avant la pesée

    Ryad détaille le protocole de perte de poids avant une pesée officielle : restriction progressive de l'eau dès le dimanche précédent, bains chauds en fin de semaine, crampes et nuits sans sommeil les derniers jours. Il explique devoir perdre environ 7 kilos pour sa nouvelle catégorie bridgerweight (101 kilos), après être monté à 110 kilos après les fêtes de fin d'année, et se dit aujourd'hui stabilisé autour de 103-104 kilos. Il raconte aussi sa gestion très calme du face-à-face de la pesée, où il dit lire dans le regard de l'adversaire sa motivation réelle à se battre, illustrée par son titre intérimaire remporté à Charleroi en 2019 face au Hongrois Szellő.

  8. 30:08 Rivaux dans le milieu, points forts et jeu de la peur

    Ryad explique que les boxeurs belges se fréquentent peu entre eux, chacun craignant de devoir un jour affronter l'autre, et que juger un adversaire sur vidéo reste trompeur car la vitesse et la puissance réelle des coups ne s'y ressentent pas. Il cite sa lecture du jeu et son crochet comme ses principaux atouts. Brice enchaîne avec un « jeu de la peur » noté de 1 à 10 sur plusieurs adversaires potentiels, Tony Yoka récoltant un 1 et Jared Anderson un 5. Ryad revient sur ce combat raté face à Jared Anderson aux États-Unis, plombé par un blocage mental survenu juste avant l'entrée sur le ring.

  9. 35:15 Salaire, sponsors et argent de la boxe

    Ryad détaille les à-côtés financiers du métier : quelques centaines d'euros pour les premiers combats professionnels, entre 2 500 et 5 000 euros pour un championnat de Belgique, et des bourses bien plus élevées à l'étranger, où les grands promoteurs comme Matchroom disposent de budgets pouvant atteindre près de 1,8 million d'euros par soirée. Il explique que le sponsoring fonctionne surtout sur l'affect et la relation humaine, citant Ladbrokes comme partenaire principal en échange de disponibilité et de visibilité sur son short. Il précise ne pas travailler à côté de la boxe grâce à une gestion économe, peu de dépenses en nourriture, loyer modeste en colocation, mise en place dès le début de sa carrière.

  10. 39:55 Fin de carrière annoncée, retour du jeu de la peur et réseaux sociaux

    Ryad se donne encore deux à trois ans de carrière, avouant qu'après tant d'années de boxe, depuis ses 14 ans, la flamme intérieure n'est plus la même et que certaines défaites le poussent à se demander s'il aime encore ce sport. Le jeu de la peur reprend : Kevin Lerena, gaucher qu'il redoute, Tyson Fury qu'il juge « fou » mais redoutable, Anthony Joshua évoqué via sa défaite surprise contre Ruiz, Georges St-Pierre et Jake Paul, seul « youtubeur boxeur » selon lui à prendre vraiment la discipline au sérieux. Il déplore que les followers priment désormais sur les compétences pour juger la valeur d'un boxeur, tout en assumant ne pas vouloir jouer ce jeu-là lui-même et préférer rester discret.

  11. 46:34 MMA, bagarres de rue et gestion de la colère

    Ryad écarte l'idée de se lancer en MMA en fin de carrière, sa femme s'y opposant fermement, même si l'idée du BJJ le tente pour lui-même. Il évoque son tempérament pacifique, plus jeune, cherchant toujours à calmer les situations plutôt qu'à se battre, tout en confiant vouloir parfois « être plus méchant » pour développer un instinct plus agressif. Il raconte ne perdre patience en voiture que lorsque ses enfants sont à bord face à un automobiliste agressif, sans jamais sortir du véhicule. Il conclut en conseillant de rester calme face à une agression de rue, la pratique d'un sport de combat apportant selon lui surtout du sang-froid.

  12. 48:52 La question qui fâche : la polémique sur les athlètes transgenres aux JO

    Brice interroge Ryad sur la polémique des JO de Paris autour des boxeuses transgenres ou intersexes. Ryad dit se tenir volontairement à distance de ce genre de sujets, ne regardant quasiment plus le journal, mais revient sur le cas de la boxeuse algérienne qu'il a suivi de près pour avoir entraîné une adversaire confrontée à elle. Il estime qu'elle n'a rien demandé de sa condition et reproche surtout à son adversaire italienne d'avoir dramatisé sa défaite pour se donner une porte de sortie honorable.

  13. 50:19 Bilan de carrière, objectif titre mondial et l'après-boxe

    Pour conclure, Ryad se fixe l'objectif d'aller chercher le titre de champion du monde d'ici fin 2025-début 2026, avant de « surfer sur la vague » médiatique pour préparer son après-carrière, sans projet encore arrêté entre club et business. Il détaille la mécanique financière d'un championnat du monde : environ 20 000 euros à injecter pour la ceinture et l'organisation, un minimum de 50 000 euros par boxeur, des budgets de promoteurs comme Matchroom pouvant grimper jusqu'à près de 1,8 million d'euros, et un partage dégressif selon la place sur la carte. Il désigne 2019, année de son titre mondial intérimaire, comme le point culminant de sa carrière, juste avant l'arrêt lié au Covid, et confie garder sa ceinture rangée dans une armoire plutôt que de l'exposer.

  14. 55:05 L'invité rêvé et le mot de la fin

    À la question de qui il inviterait à sa place, Ryad cite un combattant de MMA prénommé Patrick, puis plusieurs boxeurs belges en pleine ascension qu'il fréquente sans être proche d'eux : Antoine Vanackère, un boxeur prénommé Mikko, et Boris Mbarga, alias « Modern Gladiator », récemment sacré dans sa fédération. Il assure être disponible pour aider n'importe lequel d'entre eux. L'épisode se conclut sur des remerciements chaleureux et un rendez-vous pris, avec humour, pour fêter un futur titre mondial autour de mi-2026.

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Questions fréquentes

Qui est Ryad Merhy ?
Ryad Merhy est un boxeur belge, champion du monde WBA des cruiserweight (-90 kg) depuis 2021, devenu champion du monde par KO technique face à Zhaoxin Zhang. Il est l'invité de Brice Boland dans Coucou Ma Biche.
De quoi parle l'épisode de Coucou Ma Biche avec Ryad Merhy ?
Ryad Merhy revient sur sa carrière de boxeur, sa victoire contre Tony Yoka, ses routines d'avant-combat, le trash talking et ce qui anime un champion du monde en dehors du ring.
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