Transcription — Laura De Greef : la vie de DJ, entre paillettes et platines
Transcription de l'épisode de Coucou Ma Biche avec Laura De Greef, publié le et animé par Brice Boland : 11 chapitres résumés et horodatés.
Transcription produite automatiquement à partir de la bande son, puis relue : les noms propres et le découpage en chapitres ont été vérifiés à la main. Des approximations subsistent ; en cas de doute, la vidéo fait foi (nouvel onglet). Les horodatages ouvrent la vidéo à l'instant correspondant, dans un nouvel onglet.
0:00 Teaser : le back-to-back avec DJ Falcon et Alan Braxe
Avant même le générique, Laura De Greef raconte un souvenir : à Paris, elle jouait juste après DJ Falcon et Alan Braxe, deux figures de la French Touch et proches des Daft Punk. Ils l'invitent à rejoindre leur set. Elle enchaîne en constatant que le métier de DJ ne se limite plus à mixer : il faut aussi être influenceur, promoteur, graphiste, et les labels attendent une notoriété déjà installée avant de signer un artiste.
Laura De Greef 0:00 Il y a quelques années où j'étais à Paris, je jouais et avant moi, il y avait DJ Falcon et Alan Braxe, qui sont de très grands amis des Daft Punk, vraiment des papas de la house.
Laura De Greef 0:09 Et on a commencé à discuter et je lui ai dit, moi je joue après vous et tout.
Laura De Greef 0:12 Mais il me dit, mais attends, viens, ramène-toi, joue avec nous.
Laura De Greef 0:16 Aujourd'hui, le DJ, il ne peut pas juste faire de la musique, malheureusement.
Laura De Greef 0:19 Il doit aussi être influenceur, promoteur, graphiste, tout ce que tu veux.
Laura De Greef 0:25 Il m'a fallu quand même un an pour me préparer psychologiquement.
Laura De Greef 0:28 qu'aujourd'hui les labels ne prennent plus juste un artiste parce qu'il fait de la bonne musique.
Laura De Greef 0:33 Ça arrive évidemment, mais on attend beaucoup du DJ.
Laura De Greef 0:35 On attend qu'il ait de la notoriété, qu'il ait une présence, qu'il puisse vendre.
0:41 Pause publicité (NuOcean)
Séquence publicitaire pour la marque de tongs NuOcean, qui recycle des tongs abandonnées repêchées dans les rivières et les océans pour en fabriquer de nouvelles paires. L'animateur vante une fabrication éthique, vegan et espagnole, et le geste écologique associé à chaque paire achetée.
Brice Boland 0:41 Avant de commencer cet épisode, je dois vous parler de mode, de soleil et d'océan.
Brice Boland 0:45 Est-ce que vous vous êtes déjà demandé où finissent les millions de tongs abandonnés chaque année ?
Brice Boland 0:48 Beaucoup terminent leur vie dans nos rivières, nos océans, devenant l'un des déchets les plus polluants de la planète.
Brice Boland 0:53 Et si je vous disais qu'une marque a décidé de transformer ce désastre écologique en une solution pleine de style ?
Brice Boland 0:58 Cette marque, c'est NuOcéan.
Brice Boland 0:59 Là je les ai au pied, c'est ultra confo.
Brice Boland 1:01 Ils prennent ce que le monde a jeté pour en faire quelque chose de beau et d'utile.
Brice Boland 1:04 Ils collectent ces tongs perdus, les nettoient, les broient, les transforment en une semelle unique, vibrante et multicolore.
Brice Boland 1:10 Chaque paire de nuit océan que vous portez retire environ 300 grammes de déchets de tongs des océans.
Brice Boland 1:15 C'est concret, mesurable et surtout, ça a un impact direct.
Brice Boland 1:18 Elles sont totalement éthiques, 100% vegan et fabriquées en Espagne dans des conditions de travail justes.
Brice Boland 1:23 Avec nuit océan, vous ne choisissez pas juste une paire de sandales, vous choisissez de porter une histoire, un engagement.
Brice Boland 1:27 Alors si vous aussi, vous pensez qu'on n'a pas besoin de chaussures sur une planète morte, rejoignez le mouvement.
1:32 Présentation et psychologie du DJ
L'interview démarre par les salutations, puis Laura De Greef se présente : DJ et productrice, une passion devenue son métier malgré des études classiques au départ. Elle explique avoir grandi dans une famille non musicienne mais toujours entourée de musique, et raconte comment l'image du DJ a changé depuis les années 80 : d'abord simple animateur de boîte de nuit dans l'ombre, il est devenu un artiste que l'on vient voir comme on va à un concert, à mesure que les DJ se sont mis à produire leurs propres sons.
Brice Boland 1:32 Laura, coucou ma biche.
Brice Boland 1:33 Coucou.
Brice Boland 1:34 Ça va la forme ?
Laura De Greef 1:35 Oui, ça va et toi ?
Brice Boland 1:35 Ouais, ça roule.
Brice Boland 1:36 Enjaillé, je suis très content d'être là avec toi.
Brice Boland 1:38 Peut-être commencer d'une manière assez classique.
Brice Boland 1:41 Moi, je t'ai invité pour le côté passion musique, le côté artiste.
Brice Boland 1:45 Peut-être décrire ton histoire et qui tu es en deux, trois mots.
Laura De Greef 1:49 Je m'appelle Laura De Greef, je fais de la musique, donc je suis DJ, je produis de la musique aussi.
Laura De Greef 1:54 Et voilà, c'est ma passion depuis toujours et j'en ai fait mon métier.
Brice Boland 1:57 Toi t'as baigné dans la musique dès le départ tu m'expliquais que t'avais une histoire assez forte de ta famille, de ton histoire justement sur le côté musical t'as réussi à faire ce que des gens n'ont pas réussi c'est-à-dire faire ton métier, ta passion ou ta passion ton métier, je sais pas dans quel sens on met ça qu'est-ce que ça représente pour toi être DJ et c'est quoi la psychologie d'un DJ ?
Laura De Greef 2:17 Pour commencer en fait j'ai baigné dans la musique mais mes parents sont pas musiciens ni autre j'aime la musique depuis toujours, il y a toujours eu de la musique à la maison mais je suis la seule de la famille à en avoir fait son métier et je pense que j'en avais besoin je suis super créative et pourtant on m'avait mis sur une voie assez classique faire des études et tout ça que j'ai fait mais une fois les études le diplôme en main je suis partie vivre
Laura De Greef 2:40 de ma passion à Paris et je n'ai jamais été aussi heureuse d'avoir pris cette décision là DJ ce serait quoi ?
Laura De Greef 2:49 c'est un artiste musical en fait, c'était pas le cas avant si ça a toujours été le cas Mais la position, l'image du DJ dans le temps, ça a commencé dans les années 80.
Laura De Greef 3:02 C'était plus, oui, c'était celui qui ambiançait les boîtes de nuit.
Laura De Greef 3:06 Mais on ne le regardait pas.
Laura De Greef 3:07 Il était dans un coin.
Laura De Greef 3:08 Il mettait, de toute façon, il met la musique d'autres artistes.
Laura De Greef 3:11 Et c'était ça, quoi.
Laura De Greef 3:12 Il mettait l'ambiance dans une boîte de nuit.
Laura De Greef 3:14 Et avec le temps, il y a commencé à y avoir une starification du DJ, notamment parce que le DJ a commencé à produire de la musique à faire de la musique lui-même donc être artiste, compositeur et donc cette image du DJ il a changé donc aujourd'hui on a un DJ on paye des places pour aller le voir c'est comme une chanteuse, un band c'est un show
Brice Boland 3:40 donc tu disais que le rôle du DJ dans une soirée avait changé et effectivement je vois bien le DJ qui était un peu coincé dans une box et finalement on ne sait pas trop où il est, on disait juste bonjour et voilà et là maintenant il y a le côté show le côté spectacle, le côté touche le côté signature aussi tu vas voir quelqu'un que tu aimes et les prestations, comment selon toi le rôle du DJ a pu évoluer et comment est-ce que toi tu vois
Brice Boland 4:07 ce rôle là
Laura De Greef 4:09 dans ton métier ?
Laura De Greef 4:09 J'ai l'impression d'avoir répondu à cette question oui bah tout simplement que comme le DJ a commencé à produire ses propres sons les gens vont voir un artiste qu'ils aiment, ils vont le voir pour les sons qu'ils ont envie d'entendre comme un rappeur, comme un chanteur pour lesquels on paye des tickets de concert pour aller voir l'artiste et entendre les sons qu'il joue, après il y a encore aussi, il y a toujours la dimension de le DJ continue à passer des sons de quelqu'un d'autre et puis
Laura De Greef 4:40 il y a aussi des DJ qui sont assez connus sans produire il y a des DJ qui sont tellement fort dans leur recherche musicale, dans la manière dont ils créent un set, parce que ça aussi c'est un art à part entière, il n'y a pas que l'art de produire, il y a l'art aussi de mixer il y a des artistes qu'on va voir parce qu'on sait que ce DJ là, il va nous faire voyager de par son set de par sa sélection musicale qui va nous
Laura De Greef 5:09 faire découvrir des nouveaux sons
5:12 Préparer un set : instinct, stress et recherche de pépites
Laura décrit sa méthode : peu de préparation à l'avance, un set construit à l'instinct selon le lieu, le public et l'ambiance, avec toujours une pointe d'adrénaline et de trac avant de monter sur scène. Elle raconte avoir déjà dû changer complètement de direction en plein set faute d'accroche avec le public. Elle détaille enfin comment elle déniche ses morceaux : culture musicale, recherches en ligne, plateformes comme Beatport, Bandcamp ou Juno, et surtout les disquaires de vinyles, en particulier lors de ses voyages.
Brice Boland 5:12 Comment est-ce que toi t'envisages justement cette expérience musicale pour les gens qui viennent te voir toi, il y a des gens qui viennent pour la soirée et c'est toi qui mixes il y a des gens qui viennent absolument pour toi comment est-ce que toi tu envisages ça et comment est-ce que tu prépares les sets comment est-ce que tu fais évoluer justement la musique au fur et à mesure au fil de l'eau comment est-ce que tu sens ça, c'est que du feeling c'est la préparation, c'est quoi
Brice Boland 5:35 ?
Laura De Greef 5:37 Pour la première question, ça dépend il y a toujours des gens qui viennent pour me voir j'ai pas encore la prétention de me dire que je sois assez connue pour qu'il y ait énormément de gens qui viennent me voir mais je sais qu'il y en a quand même qui viennent me voir et après il y a des gens qui viennent aussi pour le lieu pour l'endroit, puis ça dépend où c'est, ça dépend si c'est un club, ça dépend si c'est un festival ça dépend si c'est
Laura De Greef 5:58 une soirée pour un cocktail, tout dépend de l'endroit où je vais jouer, en tout cas moi personnellement j'essaye de pas trop me préparer parce que je préfère créer un set à l'instinct je sais que je vais plus ou moins jouer, j'ai une idée en tête des sons que je vais jouer parfois je vais préparer quand même une playlist pour être un peu plus à l'aise voir dans quelle direction je vais aller et souvent c'est marrant, je choisis le premier son avec lequel je vais ouvrir peut-être
Laura De Greef 6:31 une demi-heure avant de commencer mon set mais du coup il y a un peu d'adrénaline et c'est ça qui est cool, c'est ça que je recherche
Brice Boland 6:39 T'as encore un peu le track parfois ?
Laura De Greef 6:40 Oui, je pense que je l'aurai toute ma vie.
Laura De Greef 6:43 Ça fait partie du truc.
Laura De Greef 6:45 Tu montes sur scène, les gens vont te regarder, les gens vont t'écouter, les gens vont prêter attention à ce que tu vas faire.
Laura De Greef 6:51 Tu n'as pas envie de te louper et c'est stressant.
Brice Boland 6:53 Est-ce que tu as déjà fondamentalement changé sur le moment même ?
Brice Boland 6:58 Que ce soit à cause du lieu, du public, de l'endroit, du son ?
Brice Boland 7:02 Est-ce que tu as déjà pensé à quelque chose et tu t'es dit, en fait, je ne peux pas faire ça ici, je change ?
Laura De Greef 7:05 Oui, plein de fois.
Laura De Greef 7:07 C'est vrai ?
Laura De Greef 7:08 Oui, c'est ça qui est cool.
Brice Boland 7:09 c'était quoi par exemple ?
Laura De Greef 7:11 en fait le truc c'est que je peux pas toujours savoir qui je vais avoir en face de moi c'est souvent plus ou moins par rapport au lieu mais parfois je sais pas quel public je vais avoir et je vais commencer un set et en fait ça prend pas trop et donc du coup je prends une autre direction et c'est là où c'est cool en fait de pas préparer parce que j'aurais été préparée je serais restée dans ce que j'ai préparé j'aurais un peu paniqué mais du
Laura De Greef 7:35 coup les gens auraient peut-être pas passé une bonne soirée alors que si je me laisse la place de pouvoir changer c'est là où la magie opère
Brice Boland 7:45 Et cette magie justement du momentum elle est liée à la créativité à la patte de l'artiste elle est liée au fait que tu as de l'expertise et qu'en fait tu sais rebondir quoi qu'il arrive comment tu expliques ça ?
Laura De Greef 7:57 Je pense que tout d'abord il faut avoir une large culture musicale pour pouvoir aller vers différents styles et il faut observer et avoir de l'intuition, sentir la piste de danse, les gens
Brice Boland 8:12 donc c'est plus du feeling en fait
Laura De Greef 8:14 ouais c'est du feeling et culture musicale
Brice Boland 8:18 comment tu t'entretiens à ça ?
Brice Boland 8:20 on dit quoi à un DJ qui est digueur il va creuser il va...
Brice Boland 8:25 il y a un mot là-dessus ?
Brice Boland 8:27 c'est digue
Laura De Greef 8:28 mais quand on dit diguer c'est chercher c'est comme un trésor je cherche des pépites
Brice Boland 8:34 et comment tu vas chercher des pépites pour trouver une pépite ?
Brice Boland 8:37 Imaginons, tu dois trouver combien de sons ?
Laura De Greef 8:40 Ça dépend, tu peux la trouver tout de suite, comme tu peux passer des heures à la chercher.
Brice Boland 8:46 Et comment tu fais ?
Laura De Greef 8:47 Ça dépend, tu peux le trouver sur Internet, sur YouTube, en écoutant des sets d'autres artistes, en faisant des recherches par rapport à des artistes que tu aimes.
Laura De Greef 8:56 Souvent, tu peux retrouver des artistes qui sont en lien à ces artistes-là ou des sons qui sont en lien avec ce style-là.
Laura De Greef 9:02 t'as des plateformes comme Beatport comme Bandcamp Juno où tu peux retrouver pas mal de sons et faire des recherches là dessus et puis après le plus classique c'est un magasin de vinyle tu te perds dans le magasin de vinyle le mec du magasin de vinyle il peut te conseiller tu te dis voilà moi j'aime bien tel style tel style, tel artiste, tel artiste qu'est-ce que tu peux me proposer et c'est là où le vendeur du magasin a un rôle important c'est que lui il est là
Laura De Greef 9:30 aussi pour te conseiller et bien te diriger.
Laura De Greef 9:32 Toi tu vas toujours
Brice Boland 9:34 dans ce magasin, dans ce même magasin ?
Laura De Greef 9:37 Non, en fait ce que j'adore et ce que beaucoup de DJ font c'est en profiter quand tu voyages d'aller faire des magasins de vinyles
Brice Boland 9:46 Et là tu trouves des pépites comme tu dis, tu trouves d'autres pépites
Laura De Greef 9:49 Mais oui parce qu'en fait tu te retrouves dans un autre magasin, enfin dans un autre pays je veux dire, donc du coup tu vas te retrouver avec une sélection de disques que tu n'auras pas spécialement dans ta propre ville et c'est ça qui est beau
9:59 Parcours musical, influences et l'hommage aux Daft Punk
Elle retrace son parcours depuis douze ans qu'elle mixe et depuis le piano appris dès sept ans, abandonné à l'adolescence mais dont elle réutilise aujourd'hui les acquis pour produire. Ses influences restent hip-hop, rap, funk, disco et soul, qui infusent la house qu'elle joue. La discussion bascule ensuite sur les Daft Punk, véritable déclic de sa vocation : l'anecdote de l'invitation de Giorgio Moroder sur Random Access Memories, les autres collaborateurs de l'album (le chanteur de The Strokes, Nile Rodgers), puis le récit complet du back-to-back improvisé avec DJ Falcon et Alan Braxe évoqué en ouverture.
Brice Boland 9:59 comment est-ce que tu évolues dans ce métier donc ça fait combien de temps que tu fais ça ?
Brice Boland 10:04 12 ans
Laura De Greef 10:06 12 ans que j'ai appris à mixer
Brice Boland 10:08 comment est-ce que tu évolues en termes de technique, de matériel, de vibe d'influence, d'héritage comment est-ce que tu as fait évoluer justement ce métier et désolé ma question est longue mais on en parlait même ce côté de te mettre en avant, tu me disais que ça avait
Laura De Greef 10:24 aussi évolué.
Laura De Greef 10:24 Ouais je dois passer de 2013 à maintenant et même avant en fait parce que j'ai commencé à chercher des sons quand j'étais toute jeune et j'ai commencé à faire du piano quand j'avais 7 ans donc il y a plein toute une histoire qui commence d'il y a longtemps j'ai arrêté de faire des cours il y a très très longtemps parce que j'ai commencé à sortir mais du coup je voulais plus faire du piano
Brice Boland 10:48 il n'y a pas des cours de nuit ?
Laura De Greef 10:49 non c'est pas ça, c'est que ça ne m'intéressait plus j'ai arrêté quand j'étais ado et voilà après voilà j'ai fait du solfège je sais lire une partition, j'ai toujours les bases je comprends la musique et ça ça reste maintenant le piano j'en joue, je sais en jouer mais je ne suis pas une virtuose
Brice Boland 11:08 tu produis encore en faisant du piano ou du synthétiseur ?
Laura De Greef 11:13 oui mais du coup j'utilise mes skills de piano pour produire et ça c'est cool
Brice Boland 11:20 je t'ai autocoupé dans la question
Laura De Greef 11:22 je sais reprendre où j'en étais ça évolue tout le temps j'ai mes bases et mes influences qui restent toujours qui viennent de mon enfance et de mon adolescence qui sont principalement, en fait tout hip hop, rap funk, disco soul je m'influence de tout et de toute façon la house c'est peut-être pour ça que je joue ce style là, elle a des influences de tous les styles musicaux en fait, c'est ça qui est incroyable c'est hyper riche comme musique
Brice Boland 11:57 partons du principe que moi j'aime bien la musique partons du principe que j'aime bien l'écouter, danser dessus de ça mais c'est très difficile je trouve d'écortiquer c'est quoi, de la dance de la house on parlait de UK Garage c'est compliqué, surtout que parfois c'est mixé
Laura De Greef 12:12 entre les deux, il y a trop de genres en fait
Brice Boland 12:14 donc comment est-ce que ça a évolué et comment est-ce que un DJ comme toi peut axer ou la personnaliser et rendre ça personnel toi t'as ta signature tu mixes certaines choses évidemment tu peux mixer plein de choses parce que t'écoutes plein de choses, t'es éclectique mais comment est-ce que toi tu fais évoluer ça ?
Laura De Greef 12:32 En fait mon style il a évolué depuis le jour 1 où j'ai commencé à mixer, il a évolué et heureusement d'ailleurs parce que en fait ça voudrait dire que je découvre des nouveaux sons et aussi je capte les tendances alors j'aime pas capter les tendances parce qu'en vrai ce que je joue c'est tendance et pas tendance j'ai même pas envie de dire ce mot parce que c'est horrible mais ça évolue parce qu'en fait je découvre je découvre, après mes bases elles restent toujours les mêmes, mes
Laura De Greef 12:58 influences restent toujours les mêmes j'adore par exemple me dire ah ce style là je l'aime pas et quelques années après l'adorer et le jouer j'aime bien avoir tort en fait le dire genre ah tu vois t'aurais dû écouter et je trouve que l'oreille aussi à force d'entendre des sonorités différentes commence à apprécier et au plus tu apprécies des styles différent, je pense, au mieux tu pourras faire voyager les gens dans ton set.
Brice Boland 13:29 Donc toi, t'es plutôt sur l'ouverture, la curiosité.
Brice Boland 13:31 Ouais.
Laura De Greef 13:32 Tout en restant en house, tout en essayant d'avoir un style un peu plus underground, mais je suis pas contre.
Laura De Greef 13:39 Il y a des sons mainstream que...
Laura De Greef 13:42 En général, mainstream, j'aime pas trop.
Laura De Greef 13:45 Mais il y a des sons que j'aime bien et je vais pas fermer la porte parce que c'est un style particulier.
Laura De Greef 13:48 Est-ce qu'il y a
Brice Boland 13:50 un son comme ça qui a changé ta vie ou changé la manière de mixer ou alors un son que tu dis ok celui-là c'est le prime moment, je peux le mettre et quoi qu'il arrive ça va être le feu
Laura De Greef 14:03 j'ai pas vraiment un son qui a changé ma manière de mixer par contre je sais que avant de mixer j'étais déjà en train de mixer des sons dans ma tête j'étais déjà passionnée de ce métier là j'étais déjà passionnée de musique en général, mais je faisais des transitions dans ma tête et je pense que, en fait, ceux qui m'ont vraiment donné envie de commencer à mixer, c'est les Daft Punk.
Laura De Greef 14:31 Ok.
Laura De Greef 14:31 Et je sais qu'il y a un soir où j'étais sur ma terrasse et que j'étais en train de mixer un son des Daft dans ma tête.
Laura De Greef 14:40 Il me semble que c'était aérodynamique.
Laura De Greef 14:42 Ok.
Laura De Greef 14:44 Et que je le mixais avec un autre son dans ma tête et je me disais, ah, ça, ça irait bien.
Laura De Greef 14:48 ils iraient bien ensemble, les clés musicales s'accordent bien, c'est harmonieux et voilà.
Brice Boland 14:54 Très bon exemple, les Daft Punk pour moi c'est comme tu dis, c'est des vrais artistes c'est des vrais magiciens et ils arrivent à voir les choses ou à faire évoluer les choses avec un prisme très très artistique ils ont fait un son avec Giovanni Giorgio au début, il avait j'écoutais quelque chose, il avait invité
Laura De Greef 15:13 Giorgio Moroder
Brice Boland 15:14 donc en fait il l'avait invité et Giorgio il pensait qu'ils allaient justement discuter de musique et faire des tests et en fait les Daft Punk, je sais pas si tu connais cette histoire
Laura De Greef 15:23 vas-y raconte il y a peut-être des détails dont je me souviens plus
Brice Boland 15:28 et les Daft Punk avaient le gars était chaud de mixer avec eux et en fait il y avait trois micros et les Daft Punk m'ont dit explique ton passé dans un micro, qui était un micro des années 80 j'en rappelle plus de la marque explique ton passé mais il y a moins longtemps dans un micro des années 90 et explique ton présent dans un micro qui était de Stanella et en fait ils ont après mixé les trois et eux c'était leur vision leur personnalisation de l'interview
Brice Boland 15:56 où justement ils ont pris les trois et puis après ils ont fait ce son où au début c'est You can call me Giorgio et puis c'est parti et puis c'est
Laura De Greef 16:07 Oui je vois le son mais il est incroyable cet album c'est le dernier qu'ils ont fait ils ont mis longtemps à le faire ils ont invité plein plein d'artistes dessus le chanteur de The Strokes le bassiste j'ai un problème toujours avec les noms mais ce fameux bassiste de Chic c'est Londred c'est pas toi qui m'as aidé je te remercie je retrouverai cet album il est fou ils ont mis vraiment c'est un album où ils ont mis vraiment leur âme toute leur connaissance ils ont utilisé des
Laura De Greef 16:49 machines qui coûtent très cher quand tu parles du micro c'est des micros qui valent une fortune et qui sont d'une précision incroyable mais qui en même temps ont eu un grain des années 80, 70 qui est fou donc ouais non ils sont trop forts les Daft moi j'ai une anecdote parce que ça faisait longtemps qu'on les attendait, il y a eu un long moment entre la fois où ils ont fait leur tournée en 2007 et le moment où ils ont sorti Random Access Memory, donc le
Laura De Greef 17:22 dernier album et je me souviens d'être en club dans un petit club à Paris et de croiser un des Daft et de lui dire c'est quand ?
Laura De Greef 17:34 C'est quand qu'on va pouvoir entendre votre prochain album, votre prochaine tournée ?
Laura De Greef 17:39 moi j'attends que ça j'attends que ça et il voulait pas en parler il me disait mais quoi je suis là t'as qu'à me parler quoi tu veux voir quoi je lui ai dit oui mais dis-moi c'est quand la prochaine fois qu'on va pouvoir vous voir sur scène bah quoi du moins devant toi viens on prend un verre bon ok
Brice Boland 17:58 ok j'aurais pas ma réponse
Laura De Greef 17:59 il voulait pas et finalement mais ça arrivait pas très longtemps après
Brice Boland 18:02 c'est grâce à toi en fait
Laura De Greef 18:03 et je lui ai mis un petit
Brice Boland 18:04 un petit peu de pression il est rentré chez lui je crois qu'en plus
Laura De Greef 18:06 c'était genre un an après
Brice Boland 18:07 il est rentré chez lui il a dit il a raison il avait pas envie de me dire
Laura De Greef 18:10 que l'album il était prêt en fait
Brice Boland 18:12 ok ok mais donc tout ça pour revenir donc toi tu mixes déjà ça dans ta tête il y a des il y a des sons qui se mettent dans ta tête et tu te dis ok ça ça passera bien c'est comme ça que tu fais évoluer
Laura De Greef 18:23 oui bah après là je te raconte une anecdote avant même d'apprendre à mixer que je faisais ça dans ma tête par contre quand je mixe je pense que tous les DJ on joue et puis il y a un son qu'on joue et on se dit ah bah voilà ce son là ça irait bien
18:40 Rituels d'avant-set, riders et écosystème professionnel
Laura explique sa routine avant un gros événement : choix des sons adaptés au lieu (festival, club, cocktail), attention portée au sommeil, à la tenue et au maquillage puisqu'elle est sur scène. Elle détaille son rider technique (platines CDJ Pioneer, ajout récent de platines vinyles) et son habitude d'arriver en avance pour s'imprégner de l'ambiance et du DJ qui la précède. Elle évoque enfin l'équipe qui l'entoure : agents-managers qui gèrent l'administratif, trouvent les dates et orientent sa carrière.
Brice Boland 18:40 comment est-ce que tu prépares imaginons t'as un gros festival dans une semaine, deux semaines, peu importe comment est-ce que tu prépares ça c'est quoi ta routine d'avant match
Laura De Greef 18:49 avant match j'essaie quand même de diguer un peu d'avoir des sons qui matcheraient bien le lieu ça va dépendre un festival pour le coup c'est des gros scènes donc quand tu joues grosse scène tu vas déjà jouer un style différent on appelle ça big room ça va être des sons qui tapent un peu plus avec des bonnes basses il y aura moins cette chaleur qu'on peut retrouver dans un petit club où là tu peux jouer des trucs un peu plus nuancés avec plus d'instruments
Brice Boland 19:26 c'est intéressant
Laura De Greef 19:27 festival ça va être un peu plus
Brice Boland 19:28 c'est plus lié à quoi ?
Laura De Greef 19:30 à la taille
Brice Boland 19:31 à la taille ?
Laura De Greef 19:32 à la taille à l'atmosphère c'est très différent je pense que t'as déjà fait un festival tu n'as pas la même expérience que dans un bar ou dans un club donc le son va être différent donc du coup je m'adapte la sélection musicale que je vais faire sera adaptée au festival et après si tu veux par rapport à l'hygiène et tout ça je vais essayer de dormir quand même la veille, je ne vais pas sortir je vais essayer de me détendre je vais essayer de faire un
Laura De Greef 20:00 peu gaffe à ma tenue donc je vais un peu choisir ma tenue mon maquillage, mes cheveux parce que je suis sur scène tu vois
Brice Boland 20:08 pas en pyjama
Laura De Greef 20:10 donc il y a quand même un petit point stylisme qui est important
Brice Boland 20:14 on avait discuté du fait que vous les artistes avez des riders comme les chanteurs etc et tu m'as dit très justement il y a différents riders il y a un rider technique et un rider hospitalier un rider hospitalier toi c'est quoi ton type de rider des deux côtés
Laura De Greef 20:34 mon rider technique il a changé maintenant parce que je rajoute des platines vinyles mais sinon c'est souvent les mêmes qu'on demande c'est des Pioneer, les CDJ Pioneer, je demande les dernières les derniers modèles et au niveau de la table mixage je suis pas trop difficile franchement et même au niveau des platines CD genre je sais plus ou moins jouer sur tout je fais pas trop ma difficile
Brice Boland 21:04 est-ce que tu vas avant voir le lieu est-ce que tu vas avant voir c'est quoi le matos, si ça marche ou alors tu fais confiance à l'établissement tu mixes à minuit et t'arrives à minuit moins 5
Laura De Greef 21:15 c'est pas par rapport au matériel mais j'ai toujours rêvé au moins une demi-heure avant parce que j'ai envie de voir ce que l'autre DJ joue j'ai envie de voir déjà le public, j'ai envie de voir l'atmosphère j'ai envie d'entendre le sound system et de voir un peu de m'imprégner de ce que le DJ joue avant moi pour avoir une continuité, pas qu'il y ait une coupure tac tac normalement il n'y a pas de coupure parce qu'on est censé, enfin le promoteur son job c'est quand même
Laura De Greef 21:41 d'avoir fait un line-up qui est cohérent mais j'essaie quand même de m'adapter quoi
Brice Boland 21:47 Tu parles de promoteur, toi tu as une équipe autour de toi il y a des gens qui bossent avec toi, pour toi et comment ça se passe, c'est quoi l'écosystème d'un DJ ?
Laura De Greef 21:55 J'ai une équipe j'ai quelques personnes, enfin j'ai un agent j'ai des agents et qui sont aussi mes managers
Brice Boland 22:04 et qui eux
Laura De Greef 22:06 s'occupent de tout ce qui est administratif donc ce dont je n'ai pas envie de m'occuper mais surtout qu'ils me trouvent des gigs, des dates pour jouer des gigs c'est un anglicisme c'est une date c'est une prestation geek ça veut dire prestation prestat ils me trouvent des prestations ils m'aiguillent aussi sur ma carrière, sur ma musique ils me mettent en contact avec des labels il y a beaucoup de choses qui se font
Brice Boland 22:40 C'est quoi l'ambiance dans la communauté sororité de DJ ?
22:41 Sororité et back-to-back entre femmes DJ
Laura parle de l'entraide entre femmes DJ, longtemps sous-représentées sur les line-up, et de l'importance de se soutenir, de jouer ensemble et de partager des sons. Elle explique ce qu'est un back-to-back, les meilleurs étant selon elle les plus improvisés, et raconte à nouveau, avec plus de détails, le moment vécu avec DJ Falcon et Alan Braxe. Elle aborde aussi les préjugés persistants sur les femmes dans les métiers techniques de la musique.
Brice Boland 22:48 C'est quoi l'ambiance entre vous ?
Brice Boland 22:48 Est-ce qu'il y a beaucoup d'échanges ?
Brice Boland 22:50 Il y a du partage ?
Brice Boland 22:50 Il y a de la complicité ?
Brice Boland 22:52 Il y a de la compétition ?
Brice Boland 22:54 Comment est-ce qu'on doit imaginer ça ?
Laura De Greef 22:56 Il y a tout Moi pour le coup je ne suis pas compétitive pas dans ce métier là en tout cas mais je pense qu'il y a quand même pas mal d'entraide, moi en tout cas c'est ce que je ressens et c'est ce que j'essaie d'être notamment avec d'autres femmes DJ je trouve que c'est important parce que pendant longtemps on n'était pas trop on était un peu mis à l'écart il n'y avait pas le ratio entre femmes et hommes sur les line-up il n'était pas très très
Laura De Greef 23:21 respecté et c'était pas trop commun à l'époque des femmes DJ, maintenant il y en a de plus en plus et donc je trouve que c'est important qu'on s'entraide entre femmes, qu'on joue ensemble qu'on se mette sur des line-up ensemble qu'on se partage des sons qu'on discute de notre métier
Brice Boland 23:40 ça c'est les fameux back-to-back ?
Laura De Greef 23:43 back-to-back c'est jouer ensemble on peut jouer même à 3, à 4 ça commence à être un peu compliqué c'est riche d'ailleurs de jouer avec d'autres gens parce que du coup tu peux créer en fait ce qui est intéressant c'est que t'es pas tout seul au lieu d'être toi prestataire dans ta prestation et faire ton show mais il y a vraiment un vrai partage avec l'autre, tu découvres des sons il y a une sorte un peu de ping-pong entre les deux ou alors au contraire il y
Laura De Greef 24:10 a vraiment une histoire qui se crée c'est hyper intéressant
Brice Boland 24:13 C'est quoi un back-to-back qui t'a marqué ?
Brice Boland 24:16 Un moment justement où t'as mixé avec quelqu'un, que ce soit une femme ou un homme, qui t'a marqué ?
Laura De Greef 24:22 Alors les meilleurs back-to-back c'est les back-to-back
Brice Boland 24:24 improvisés.
Brice Boland 24:24 Ok, donc là on pourrait mixer à deux ?
Laura De Greef 24:27 Est-ce que tu sais mixer ?
Laura De Greef 24:28 Bien sûr.
Laura De Greef 24:29 Ah d'accord.
Laura De Greef 24:30 Vas-y.
Brice Boland 24:31 DJ ma biche.
Laura De Greef 24:32 On y va, on y va.
Laura De Greef 24:33 Ma biche back to back Laura De Greef.
Laura De Greef 24:36 Non, j'ai un souvenir.
Laura De Greef 24:38 Il y a quelques années où j'étais à Paris, je jouais, je jouais et en fait, je jouais une première fois au début et après, je jouais à la fin.
Laura De Greef 24:45 D'accord.
Laura De Greef 24:46 Et avant moi, il y avait DJ Falcon et Alan Braxe qui jouaient qui sont de très grands amis des Daft Punk.
Laura De Greef 24:56 qui ont fait des sons ils font partie des pionniers de la French Touch donc vraiment des papas de la house des gens que je respecte à fond et j'étais à côté ils étaient deux donc du coup ça leur permettait de l'un ou l'autre discuter un peu avec les gens autour d'eux et on a commencé à discuter et je lui ai dit moi je joue après vous il me dit mais attends viens ramène toi je joue avec nous et donc on a joué ensemble et c'est hyper
Laura De Greef 25:26 c'est un moment de fou de jouer avec des légendes pareilles
Brice Boland 25:32 et là c'était harmonieux
Laura De Greef 25:34 oui parce que je sais ce qu'ils jouent et je me suis adaptée j'ai dit bon voilà eux ils jouent ça ça ça j'ai un son qui m'acheterait trop bien et ça s'est trop bien passé parce qu'ils m'ont dit franchement
Brice Boland 25:46 vas-y à fond
Laura De Greef 25:50 je le dis pas un peu de surprise sinon c'est pas cool si je lui dis à l'avance je vais jouer ça et qu'il me dit ah oui ok c'est encore mieux d'avoir la surprise musicalement
Brice Boland 26:02 après il aurait pu dire attends attends j'ai encore d'abord un truc je sais pas tu vois
Laura De Greef 26:07 non il me faisait confiance c'est ça qui est cool il y a de la confiance sinon il m'aurait pas dit de venir jouer avec lui
Brice Boland 26:14 est-ce que ça aide d'être une femme pour être DJ est-ce qu'il y a une hype là-dessus est-ce qu'il y a de la visibilité à aller chercher ou alors justement c'est un frein
Laura De Greef 26:24 Franchement, ça dépend.
Laura De Greef 26:24 Je pense que c'est bien au niveau de la...
Laura De Greef 26:24 De plus en plus, on veut des femmes parce qu'il y a, comme je te disais plus tôt, il y a une starification du DJ.
Laura De Greef 26:35 Donc, on regarde de plus en plus le DJ et c'est vrai que la femme, elle apporte quelque chose en plus dans le show physiquement, mais aussi musicalement.
Laura De Greef 26:46 je trouve qu'une femme a une approche différente de la musique que l'homme et c'est ça qui est intéressant en fait il y a une délicatesse il y a de la sensualité il y a une intuition une intelligence émotionnelle que la femme a plus je trouve que l'homme qui est hyper intéressante en musique et je suis trop contente qu'il y ait de plus en plus de femmes dans ce métier là après voilà l'homme est comme il est depuis des milliers de milliards d'années.
Laura De Greef 27:22 Il y a toujours un peu d'a priori parce que une femme, l'a priori de l'homme, c'est la femme fait moins bien.
Laura De Greef 27:29 Tout ce qui est un peu plus technique, mathématique, production et tout, elle va moins bien faire.
Laura De Greef 27:37 C'est l'idée reçue que l'homme a.
Laura De Greef 27:40 Et donc, ouais, souvent, on n'a pas été pris au sérieux, mais je pense que ça change.
27:45 Branding, réseaux sociaux et plaisir de jouer
Peu encline aux réseaux sociaux à l'origine, Laura raconte l'année qu'il lui a fallu pour se résoudre à poster régulièrement sur TikTok et Instagram, sous la pression amicale de ses proches, jusqu'à en faire une réussite inattendue en 2025. Elle décrit la petite communauté de DJ vinyle croisée en ligne, dont deux DJ de Londres avec qui elle échange. Elle explique enfin ce qui lui procure du plaisir en jouant : un set fluide, un public réceptif, un bon système de son, au point de se sentir presque gênée d'être payée pour ça, avant d'aborder la difficulté de fixer son propre tarif faute de sons sortis sur label.
Brice Boland 27:45 c'est quoi la manière dont justement tu t'es brandé ou ton branding a évolué comment est-ce que t'as pu te mettre en avant via les réseaux sociaux de ce que je comprends je vais peut-être être tort mais les réseaux sociaux aident à mettre en avant certaines prestations certains DJ, avoir de la visibilité à aller chercher peut-être un peu plus de renommée comment est-ce que toi tu vois ça ?
Brice Boland 28:07 moi j'aime beaucoup ce que tu fais, la manière dont tu le fais parce que c'est à la fois très sérieux et à la fois très léger quand tu mixes chez toi et on en parlait, il faut que tout soit clean parce que t'as des commentaires pour dire en fait c'est pas rangé ou il y a un truc comme ça mais comment est-ce que toi t'as mis ça en avant ?
Laura De Greef 28:23 Alors il faut savoir que moi de base j'étais pas très réseau sociaux je suis pas du genre à poster beaucoup, à poster des photos je suis pas une influenceuse dans l'âme donc ça a été très très très compliqué de passer le cap de me dire ok maintenant il va falloir que je poste il va falloir que je poste régulièrement mais à un moment donné vu le marché dans lequel on est il a fallu que je le fasse aujourd'hui le DJ il peut pas juste faire de
Laura De Greef 28:52 la musique malheureusement il doit aussi être influenceur promoteur graphiste tout ce que tu veux et donc il m'a fallu quand même un an, c'est long un an un an pour me préparer psychologiquement pour me dire ok il va falloir que je le fasse il va falloir que je fasse des vidéos il va falloir que je me mette un coup de pied au cul il va falloir que je prenne cet angle là il va falloir que je joue ça et que j'ai tout imaginé et ça a
Laura De Greef 29:27 mis énormément de temps à tel point parce que vraiment antérieurement je ne voulais pas vraiment ça me faisait désolé de le dire ça me faisait chier de commencer en plus à créer un compte TikTok et tu commençais à faire des vidéos sur Instagram à tel point que j'ai même dû demander à des potes et à mes frères de me dire due date, à tel jour ça doit être fait et franchement, meilleure décision meilleure décision 2025 parce que je pensais pas que ça allait marcher et ça
Laura De Greef 30:00 marche bien, franchement je pensais pas que ça allait prendre on est, je sais pas combien de gens postent de vidéos tous les jours sur TikTok, sur Instagram il y a plein de gens qui font des vidéos comme moi aussi et ça prend pas
Brice Boland 30:14 ah bah oui tu te penses bien
Laura De Greef 30:16 je suis pas la seule dans le monde alors j'imagine
Brice Boland 30:20 mais moi je connais pas beaucoup d'artistes comme ça
Laura De Greef 30:24 parce que tu suives des postes aussi des artistes et tout ça et donc tu t'en verras plus et d'ailleurs c'est marrant parce que sur TikTok il y a une espèce de petite communauté enfin en tout cas c'est ce que j'ai remarqué pas communauté mais en tout cas moi j'ai commencé à parler avec des gens sur TikTok qui faisaient les mêmes vidéos que moi qui m'envoyaient des messages on s'envoyait des messages, on se hypait l'un l'autre genre ouais putain trop bien ce que tu fais on est
Laura De Greef 30:51 tous en train de faire les mêmes vidéos, en train de mixer des vinyles et c'est hyper chouette parce que on se dit genre ouais trop bien ta dernière vidéo on s'envoie des messages et c'est marrant parce que je pense précisément à deux gars, deux mecs de Londres on s'est retrouvés sur la même plateforme, on a fait un live stream sur une même plateforme j'ai l'impression qu'on fait une partie d'un même microcosme de DJ in the room avec les vinyles c'est trop chouette, on soutient et je
Laura De Greef 31:24 vois l'évolution, je vois leur évolution à eux et ça fait plaisir
Brice Boland 31:28 Vous piquez parfois un peu les idées ou est-ce que tu t'es déjà vu copier par exemple par d'autres ?
Brice Boland 31:34 Et tu te dis en fait, tu sais quoi, il a raison, il m'a copié mais c'est que ça marche, tant mieux
Laura De Greef 31:37 Je pense pas que ça fasse assez longtemps pour le voir mais de toute façon j'ai rien inventé je pourrais pas me dire que j'ai pas une idée j'ai pas inventé un truc je suis juste en train de mixer dans mon salon donc je pourrais pas remarquer que quelqu'un m'a piqué une idée parce que je pense qu'il y a déjà des DJ qui ont fait ça moi j'en ai pas spécialement vu non si j'ai vu des DJ mais pas vinyle c'est après que j'ai vu des DJ
Laura De Greef 32:03 vinyle mais je me suis pas dit que j'avais inventé un truc je fais un truc assez simple et je pense que c'est peut-être ça aussi qui marche c'est que tout compte fait c'est cool, il y a une proximité c'est détente, je suis pas en train d'en faire trop j'aime bien danser, ça me fait rire je danse toujours à la fin mais c'est vrai que mon frère me faisait la réflexion t'es vraiment dans ta bulle je suis en train de me filmer mais j'ai pas l'impression que
Laura De Greef 32:32 je suis filmée je suis vraiment en train de mixer comme si j'étais toute seule à la maison et c'est ça qui est cool parce que c'est ça que les gens ressentent et qui kiffent
Brice Boland 32:40 dans ce que t'es kiff qu'est-ce qui fait justement toi que t'as pris du plaisir à aller mixer qu'à la fin de la soirée tu t'es dit ok ça c'était vraiment une soirée aussi pour moi
Laura De Greef 32:49 ouais il y a plusieurs facteurs il y a déjà mon set à moi je vais évidemment être contente s'il n'y a pas eu d'erreur si ma sélection elle était fluide parce que comme je te dis comme je prépare pas bah c'est vrai que parfois ça peut il peut y avoir des trucs qui se passent pas trop mal ou un enchaînement de sons qui se fait pas bien donc quand ça ça a été fait, quand le public a été à l'écoute et a été réceptif et que
Laura De Greef 33:19 le sound system était bon ça c'est le combo gagnant quoi limite je suis un peu gênée de gagner de l'argent je me dis putain j'ai passé une belle soirée émotionnellement je suis remplie donc ouais parfois on se dit je suis payée pour ça quoi, franchement c'est faux
Brice Boland 33:43 Qu'est-ce qui va définir le pricing d'un DJ ?
Laura De Greef 33:48 Bah sa notoriété
Brice Boland 33:49 Toi par exemple, comment tu prices ça ?
Brice Boland 33:51 Parce que là c'est ton métier t'es entrepreneur, t'es artiste mais entrepreneur comment est-ce que toi tu gères ça ?
Brice Boland 33:58 Et comment est-ce que tu prices ça ?
Laura De Greef 34:00 Bah c'est dur de pricer en plus c'est pour ça qu'un agent c'est intéressant d'avoir un agent parce que du coup, tu as quelqu'un d'externe qui peut te dire, ça, c'est ta valeur.
Laura De Greef 34:12 Difficile de connaître sa propre valeur.
Laura De Greef 34:15 Tout ce que je sais, c'est que ça fait quand même quelques années que je fais ça.
Laura De Greef 34:19 J'imagine que ma notoriété, elle grandit avec les années.
Laura De Greef 34:23 Et donc, j'essaie d'augmenter un petit peu par année tout en restant en adéquation avec ce que je propose.
Laura De Greef 34:32 parce que pour l'instant comme je te disais tout à l'heure je ne produis pas mes sons ils ne sont pas encore sortis sur un label donc ils ne sont pas encore à l'écoute du public tant que je n'ai pas ça je n'ai pas quelqu'un qui va pouvoir se dire j'ai trop envie d'écouter des sons de Laura de Greff comme un chanteur ou un band tu prises ça comme moi je me prise comme un DJ qui va amener une belle sélection qui va créer une ambiance et
Laura De Greef 35:00 tout ça mais du coup ce range de pricing il est un peu plus bas que le DJ superstar qui joue ses sons ok
35:09 Débuts difficiles, composition et ambitions internationales
Elle revient sur ses débuts à Paris, ses premières dates mal payées et les prestations acceptées sans réelle envie (bars, hôtels, restaurants) avant de pouvoir choisir. Elle raconte avoir composé un morceau avec les voix de ses frères, repris en live par un DJ qu'elle admire lors du festival Paradise City, un moment marquant. Elle évoque ce qui freine encore sa production (trouver le bon label) et ses envies pour la suite : tourner à l'international, rêver de jouer au Berghain, à la Panorama Bar, au club évoqué comme la Fabrique à Londres, et un jour à Coachella.
Brice Boland 35:09 on dit que pour te lancer il faut accepter parfois des trucs qui sont pas du tout dans ton positionnement et puis c'est au fur et à mesure que t'arrives justement à avoir ta notoriété typiquement DJ de mariage, bar mitzvah anniversaire c'est quoi la réalité derrière ?
Laura De Greef 35:26 ouais le truc c'est que on va dire qu'il y a deux styles de DJ, il y a des DJ qui ont gardé leur métier à côté, parce que vivre juste de la musique, c'est pas toujours évident.
Laura De Greef 35:39 En revanche, quand ils acceptent un booking, c'est un booking qui est exactement le style qu'ils veulent dans leur style de musique, qui est en adéquation avec ce qu'ils veulent être représentés comme DJ.
Laura De Greef 35:53 Moi, j'ai voulu être DJ tout de suite.
Laura De Greef 35:57 Donc, au début, il y a eu des petits moments de galère mais je voulais heureusement je bosse depuis que je suis toute jeune donc j'avais mis assez d'argent de côté mais j'ai quand même commencé dans une ville comme Paris Paris c'était pas évident avec juste des économies donc on va dire les 2-3 non les 3 premiers mois j'ai peut-être dû avoir 2 dates payées vraiment pas cher et donc j'ai commencé en fait je pense que c'est ça aussi c'est que du coup j'avais un peu plus
Laura De Greef 36:31 de niaque donc les geeks sont venus plus vite mais par contre j'ai dû accepter des geeks dont j'avais pas spécialement envie dans des bars, dans des hôtels, dans des restos je l'ai fait longtemps en plus
Brice Boland 36:45 ce que tu fais plus maintenant ?
Laura De Greef 36:47 non, beaucoup moins, des résidences on accepte plus parce que en fait c'est c'est ce qui me fait vivre donc je suis obligée bien sûr
Brice Boland 36:58 qu'est-ce qu'on peut te souhaiter c'est quoi la suite qu'on peut souhaiter à Laura De Greef les next steps le set utopique ce serait quoi
Laura De Greef 37:08 next step que je sorte des sons que ça marche t'es dessus là non je suis dessus je suis dessus
Brice Boland 37:14 mais j'ai vu une vidéo de toi où je sais pas si t'es en gare ou pas mais t'es derrière et tu dis c'est mon son c'est mon son
Laura De Greef 37:22 ah oui oui
Brice Boland 37:24 donc t'as déjà composé
Laura De Greef 37:25 Oui, oui, mais oui, j'ai composé et c'était trop cool.
Laura De Greef 37:29 C'est King, un DJ que j'aime trop, que j'adore, à qui j'avais envoyé mes sons et qui m'a dit qu'il jouait à Paradise City, qui est un gros festival en Belgique.
Laura De Greef 37:40 Il m'a dit, mais Laura, vas-y.
Laura De Greef 37:41 Lui, en plus, ce qui est fou, c'est qu'il fait des lives.
Laura De Greef 37:44 C'est-à-dire qu'il prend des loops et il joue tout avec des machines.
Laura De Greef 37:50 Il ne joue pas des sons qui sont déjà faits.
Laura De Greef 37:52 Il fait ses sons à lui en live.
Laura De Greef 37:54 sauf qu'il a pris un petit morceau de mon son à moi qu'il a un peu remixé sur le moment même et du coup ça a donné un truc de fou et il m'a dit est-ce que ça te dérange si je joue une partie de ton morceau au festival je lui ai dit tu rigoles évidemment avec plaisir mais par contre dis-moi attends de me voir derrière toi comme ça je peux filmer et il l'a fait et c'était fou d'ailleurs parce que c'est un son qui me tient
Laura De Greef 38:21 hyper à coeur c'est un son que j'ai fait avec les voix de mes frères donc il y a ma voix, moi, mes frères font les bacs et mes frères étaient à côté de moi quand il a joué le truc, donc on était à 3 et donc on était derrière en train de chanter notre chanson quoi derrière c'était un moment de fou vraiment c'était génial
Brice Boland 38:39 Et du coup qu'est-ce qui te freine à faire tes propres sons et à composer ?
Laura De Greef 38:43 J'ai envie d'en faire encore plus et puis il faut trouver le bon label il faut que le label soit accepté enfin accepte les sons que tu fais et puis après, et là aussi c'est là où les vidéos et la notoriété sur Instagram est importante c'est qu'aujourd'hui les labels ils ne prennent plus juste un artiste parce qu'il fait de la bonne musique, ça arrive évidemment mais on attend beaucoup du DJ on attend qu'il ait de la notoriété, qu'il ait une présence qu'il puisse vendre tu vois
Brice Boland 39:12 mais bon là toi ça commence non ?
Brice Boland 39:15 j'ai l'impression que t'as une visibilité t'as des bookings chaque semaine
Laura De Greef 39:18 ouais
Brice Boland 39:19 Qu'est-ce que Ok Qui va piano Qui va piano
Laura De Greef 39:26 Exactement Mais du coup
Brice Boland 39:28 Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter Où est-ce qu'on pourrait te voir Où est-ce qu'on a envie de te voir Où est-ce que toi Tu voudrais justement aller
Laura De Greef 39:32 Bah Je vais pas dire d'endroit Précisément Mais j'ai envie de faire Le tour du monde en fait Avec ma musique Le tour du monde
Brice Boland 39:39 Le marché belge est trop petit
Laura De Greef 39:39 Non il est incroyable Mais pourquoi s'arrêter Je vais pas jouer Un artiste Il joue pas qu'en Belgique
Brice Boland 39:44 Non je sais Mais
Laura De Greef 39:46 C'est déjà le cas Je joue déjà Dans plein de villes différentes.
Laura De Greef 39:49 Mais j'ai vraiment envie de step up, sortir mes sons et de mixer dans des festivals de fous, dans mes endroits préférés.
Brice Boland 39:58 C'est quoi l'endroit idéal pour toi ?
Laura De Greef 40:00 Je ne sais pas, je me suis toujours dit...
Laura De Greef 40:01 En fait, mes endroits changent.
Laura De Greef 40:04 Je sais que je rêverais de jouer au Berghain, au Panorama Bar, plus précisément.
Brice Boland 40:10 Au Panorama Bar ?
Laura De Greef 40:11 Oui, c'est l'étage du Berghain.
Laura De Greef 40:14 Berghain, c'est un gros club à Berlin.
Laura De Greef 40:17 je sais que je rêverais de jouer aussi à la Fabrique mais depuis que j'ai commencé je me suis toujours dit le jour où je joue à Coachella c'est que j'ai réussi
Brice Boland 40:31 let's go vas-y on va envoyer ça à tout le monde
Laura De Greef 40:34 c'est un peu mainstream Coachella
Brice Boland 40:36 je suis dans la jambe du 26 et tira Coachella Coachella, Panorama Bar Fabrique, pas la Fabrique en ville pas le brunch, la vraie Fabrique
Laura De Greef 40:46 on va refabriquer en Londres
Brice Boland 40:48 ok donc c'est quoi donc c'est Berlin Londres Coachella c'est
Laura De Greef 40:54 Coachella c'est aux Etats-Unis à Sanchez
Brice Boland 40:56 à Sanchez ouais New York tu m'as dit aussi que toi t'aimes bien aller t'imprégner New York t'es allée là un mois à fond j'aime bien les Etats-Unis
Laura De Greef 41:04 j'ai joué j'ai joué quelques fois à New York ok donc ouais avec plaisir New York à nouveau ok ok
Brice Boland 41:10 on va tout bouquer
Laura De Greef 41:11 on fait le tour du monde
Brice Boland 41:13 un petit itinéraire ça marche
Laura De Greef 41:15 tourner US tournée asiatique
Brice Boland 41:17 ok ok il y a un côté quand même identitaire et culturel sur le côté festival justement en Belgique moi je trouve que c'est personnel mais le marché belge est petit comme sur tout sur tous les types de business par contre il y a quelque chose d'assez fou sur les festivals il y a des gens qui viennent du monde entier je parle même pas de Tomorrowland ça c'est évidemment l'exemple Top of Mind mais il y a plein d'autres festivals ou concerts ou enfin il y a quelque
41:18 La scène belge et le paysage des genres électroniques
Laura salue la richesse de la scène musicale belge, à la croisée des influences hollandaise, allemande, anglaise et française, et son savoir-faire dans l'organisation de festivals. La conversation glisse vers les DJ qu'elle suit, dont Melody, DJ vinyle française installée sur une agence anglaise et jouant un style UK Garage underground, puis vers les différences entre dubstep, eurotrance et afro house, ce dernier style étant selon elle devenu trop attaché à l'image et pas assez à la musique.
Brice Boland 41:43 chose qui se passe ici comment ça se fait ?
Laura De Greef 41:47 Il n'y a rien à faire, c'est un petit pays mais quelle culture, on est proche de l'Hollande, on est proche de l'Allemagne, on est proche de l'Angleterre, on est proche de la France et tout ça nous a imprégnés et culturellement musicalement on est on est incroyable la scène musicale dans les années 90 belges elle était folle les rêves c'était fou et honnêtement je pense qu'on est les meilleurs en termes de organisation de festivals quand je vois comment sont organisés les festivals dans les autres pays, ce
Laura De Greef 42:15 n'est pas
Brice Boland 42:17 la Belge.
Brice Boland 42:17 C'est quoi encore le festival qui n'a jamais eu lieu ?
Brice Boland 42:19 Tu vois, il y a une série d'idées qui sont...
Laura De Greef 42:21 C'est aux Etats-Unis, ça.
Laura De Greef 42:23 Les pauvres.
Laura De Greef 42:24 Les pauvres, quand ils sont arrivés avec leurs valises.
Laura De Greef 42:28 Sauf qu'ils ont vendu les billets bien, bien chers.
Brice Boland 42:32 C'est quoi les DJs à suivre ?
Brice Boland 42:34 Là, tu as des gens qui t'aiment bien, tu as des gens que tu suis et qui t'influencent.
Brice Boland 42:39 C'est qui les DJs selon toi à suivre ?
Brice Boland 42:41 Si on doit monétiser des DJs, s'il y avait un marché du DJ ?
Laura De Greef 42:46 Il y en a plein.
Laura De Greef 42:46 Je vais dire des potes, alors.
Brice Boland 42:49 Vas-y, laissez-moi.
Laura De Greef 42:50 Je vais dire Melody.
Laura De Greef 42:53 Melody.
Laura De Greef 42:53 Grande, grande DJ.
Laura De Greef 42:55 Elle joue vinyle, elle est française.
Brice Boland 42:57 Elle fait quoi ?
Laura De Greef 42:57 Elle est dans une agence anglaise, donc elle est très souvent en Angleterre.
Laura De Greef 43:02 Mais elle joue des sons assez briqués, elle joue de l'électro, elle joue de la house.
Brice Boland 43:08 Briqués, c'est quoi briqués ?
Laura De Greef 43:09 Elle joue très, très underground.
Laura De Greef 43:09 Un peu comme UK Garage.
Laura De Greef 43:12 c'est des sons qui sont pas linéaires c'est pas une autoroute
Brice Boland 43:19 c'est un peu le
Laura De Greef 43:20 c'est cassé
Brice Boland 43:25 ça c'est un style qui a de la hype pour l'instant c'est en vogue ou alors c'est un style qui a toujours existé
Laura De Greef 43:30 ça existe depuis les années 90 c'est là et il y a un revival des années 90 qui est là donc ouais
Brice Boland 43:41 moi j'entendais, j'en discutais avec une personne qui organise Weekend Dance il disait que c'était la Eurotrance la Eurotrance qui était très en vogue
Laura De Greef 43:49 c'est hyper à la mode les jeunes adorent des sons hyper rapides
Brice Boland 43:54 c'est quoi la différence entre Dubstep et Eurotrance
Laura De Greef 43:59 c'est des BPM ?
Laura De Greef 44:00 oui
Brice Boland 44:01 première bonne réponse bravo
Laura De Greef 44:06 franchement c'est des BPM rapides le truc c'est que la dubstep là je vais devoir te faire une leçon de musique le ressenti va être plus lent le retrans c'est vraiment t'es sur un cheval
Brice Boland 44:24 skrillex c'est quoi ?
Laura De Greef 44:25 skrillex c'est dubstep c'est même brostep c'est vraiment de la dubstep hyper vulgaire genre
Brice Boland 44:31 jusqu'à ce moment-ci j'aimais bien skrillex
Laura De Greef 44:35 c'est comme si tu déplaçais des meubles
Brice Boland 44:38 ok ah pour ça un son Ikea d'accord
Laura De Greef 44:42 ouais c'est un son Ikea
Brice Boland 44:42 et donc les BPM de Dubstep c'est plus rapide que Eurotrance ouais
Laura De Greef 44:49 ça commence à partir de 138
Brice Boland 44:53 ok 138 et toi tu mixes quoi ?
Laura De Greef 44:55 moi je joue entre 120 et 140
Brice Boland 44:59 ok
Laura De Greef 45:00 et c'est pour ça que ouais je passe de plein de styles je vais 120 ça va être house deep house d'accord et vers les 135-140 ça va être un peu plus UK, UK Garage parfois je joue des sons un peu jungle
Brice Boland 45:15 Afro House, de nouveau moi j'entendais que
Laura De Greef 45:19 ça peut m'arriver
Brice Boland 45:20 c'était la mode mais que c'est déjà en déclin
Laura De Greef 45:24 je sais pas trop, j'ai l'impression que c'est encore la mode ouais moi c'est plutôt c'est pas les sons en particulier c'est l'univers que l'Afro House a amené parce que c'est vrai que chaque musique a un univers, a un public, a un style d'endroit aussi.
Laura De Greef 45:39 Et c'est vrai que l'Afro House, c'est peut-être moins ma vibe, c'est beaucoup de gens qui se regardent, qui s'habillent, qui ne sont pas trop là pour la musique, qui filment tout le long du set, qui ne sont pas vraiment à l'écoute, et qui vont mettre des bouteilles, et qui vont payer très cher leur place, tout ça, pour rester assis et ne pas vraiment
Brice Boland 46:00 faire gaffe à la musique.
Brice Boland 46:00 Un peu trop mainstream commercial,
Laura De Greef 46:02 ils ne font pas trop de monde.
Laura De Greef 46:02 Oui, c'est ça, se regardent.
Laura De Greef 46:04 alors que l'underground les gens ils sont vraiment là pour la musique ils sont vraiment là pour danser pour écouter
46:12 Dates à venir, demandes du public et mot de la fin
Laura annonce ses prochaines dates : Paris (La Java, le 15 novembre), Anvers pour Halloween le lendemain, puis Londres, l'Allemagne, Budapest et Istanbul l'année suivante. Elle explique gérer les demandes de morceaux avec réticence quand elles sont hors style. L'épisode se referme sur un message aux DJ en devenir (oser, croire en sa passion), un dernier morceau conseillé, Funk Legit de Mehdi M, et les salutations finales avec la promesse de venir la voir jusqu'à Bruxelles.
Brice Boland 46:12 Où est-ce qu'on peut te trouver dans les mois à venir ?
Brice Boland 46:15 Où est-ce qu'on peut aller t'écouter ?
Brice Boland 46:17 Où est-ce qu'on peut aller voir tes prestations ?
Brice Boland 46:20 T'as peut-être des endroits de préconisation ?
Laura De Greef 46:22 Je vais avoir quelques dates en novembre à Paris notamment à la Java le 15 novembre sinon demain je joue à Anvers pour Halloween
Brice Boland 46:30 Ce ne sera pas produit pour demain
Laura De Greef 46:31 voilà et après il y aura pas mal de dates l'année prochaine parce qu'on arrive bientôt à l'année prochaine à Londres en Allemagne à Budapest à Istanbul aussi
Brice Boland 46:47 trop bien, et ça c'est quoi via ton agent
Laura De Greef 46:50 ouais c'est des gens qui me contactent parfois en direct et puis parfois avec mon agent
Brice Boland 46:56 est-ce qu'on peut te demander des sons quand tu mixes ?
Laura De Greef 46:59 bah j'aime pas trop et je pense que c'est un peu le cauchemar de tous les DJ après si c'est un son qui est en adéquation avec ce que je joue et que j'ai alors avec grand plaisir si je peux faire plaisir c'est trop cool mais en général les gens qui demandent c'est pas le cas, ils te demandent un Céline Dion alors que t'es en train de jouer Masters at Work ça a rien à voir
Brice Boland 47:22 un petit remix de Céline Dion on va devoir terminer là, on souffle la lauriette que c'est bientôt la fin qu'est-ce que t'as envie de laisser ici comme message, comme trace ?
Brice Boland 47:32 Est-ce qu'il y a peut-être des choses que tu veux partager en plus de tout ce qu'on a dit ?
Laura De Greef 47:35 Peut-être un petit message pour les gens qui ont envie d'être DJ et qui ont envie de se lancer.
Laura De Greef 47:40 Franchement, si je dois regarder la caméra, ça serait fou.
Laura De Greef 47:44 Un petit message.
Brice Boland 47:45 Un petit message pour toi qui m'écoutes.
Laura De Greef 47:47 Pour toi qui m'écoutes.
Laura De Greef 47:49 Non, mais en gros, en vrai, si c'est vraiment...
Laura De Greef 47:51 Parce qu'il y a beaucoup de DJ, énormément de DJ sur le marché.
Laura De Greef 47:55 Il ne faut pas que ce soit un cluster non plus, mais si t'es vraiment passionné fais-le, faut pas que t'aies peur et si t'es vraiment passionné et que tu crois en toi ça marchera
Brice Boland 48:07 c'est magique c'est magique mais du coup là tu vas recevoir beaucoup de demandes parce qu'on peut te contacter on peut te contacter tu réponds à tout ?
Brice Boland 48:20 t'aimes pas les cafés si tu m'as dit t'aimes pas boire des cafés, tu m'as dit boire un café j'aime pas mais si on se voit, on se voit tout l'après mais on mixe ensemble
Laura De Greef 48:25 oui pourquoi pas ok
Brice Boland 48:27 t'as pas vraiment dit ça merde maintenant
Laura De Greef 48:29 j'ai plein de gens qui vont venir venir chez moi non non non
Brice Boland 48:31 dans ton prochain tiktok il y aura plein de gens avec toi ça marche donc il faut y croire il faut y aller à fond d'accord
Laura De Greef 48:40 si on est vraiment passionné il n'y a pas de raison que ça ne marche pas d'accord
Brice Boland 48:43 donc ça a marché pour toi aussi grâce à ça
Laura De Greef 48:45 oui mais je ne suis pas encore mais bon
Brice Boland 48:47 t'es top
Laura De Greef 48:48 c'est en voie
Brice Boland 48:50 ça marche merci beaucoup Laura merci à toi est-ce qu'il y a un petit son que tu vas me suggérer, que je vais écouter tantôt en repartant, est-ce qu'il y a un son que t'as envie de dropper ici ?
Laura De Greef 49:01 Il y a un son qu'un pote m'a...
Laura De Greef 49:03 quand j'étais à Londres, m'a filé la dernière fois et que j'étais en train d'écouter juste avant d'arriver qui est trop bien, qui est de l'artiste euh...
Laura De Greef 49:11 Ouais, Funk Legit.
Laura De Greef 49:11 Tu peux le mettre dans le livre ?
Laura De Greef 49:13 Vas-y, vas-y, mets-le.
Laura De Greef 49:13 Non, non.
Laura De Greef 49:15 Tu sais quoi, je vais pas le mettre.
Laura De Greef 49:15 C'est Funk Legit de Mehdi M.
Laura De Greef 49:17 Je vais pas le mettre parce qu'en fait c'est une longue intro.
Laura De Greef 49:19 D'accord.
Laura De Greef 49:21 Et puis d'un coup, ça pète.
Laura De Greef 49:21 Et c'est ça qui est fou.
Laura De Greef 49:23 c'est vraiment le son, parfois je commence mes sets avec ça et en fait on prend le temps et puis
Brice Boland 49:28 et puis ça pète Laura merci beaucoup c'était très chouette de t'avoir et j'ai appris beaucoup de choses j'ai appris l'hockey garage j'ai appris les BPM j'ai autant appris
Laura De Greef 49:43 franchement t'étais dans le bon
Brice Boland 49:45 et j'espère qu'on pourra venir te voir assez rapidement à Budapest, Istanbul, New York et surtout à Coachella
Laura De Greef 49:51 et à Bruxelles sans doute aussi
Brice Boland 49:53 et à Bruxelles après si tu sais faire coacher là à fond on se fera encore un meilleur plaisir de venir te voir à Bruxelles
Laura De Greef 49:59 ça marche
Brice Boland 50:00 merci beaucoup
Laura De Greef 50:01 merci