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Transcription — Laura Payen : l'artiste peintre qui sort du cadre

Transcription de l'épisode de Coucou Ma Biche avec Laura Payen, publié le et animé par Brice Boland : 15 chapitres résumés et horodatés.

Transcription produite automatiquement à partir de la bande son, puis relue : les noms propres et le découpage en chapitres ont été vérifiés à la main. Des approximations subsistent ; en cas de doute, la vidéo fait foi (nouvel onglet). Les horodatages ouvrent la vidéo à l'instant correspondant, dans un nouvel onglet.

0:00 Teaser : la toile qui voulait voir la mer

Extrait d'ouverture, détaché du fil de l'interview : Laura Payen raconte l'anecdote d'une cliente qui a fait modifier l'architecture de son appartement à la mer pour pouvoir y accrocher une toile, puis explique pourquoi elle n'utilise pas l'IA dans son travail. Elle estime que l'IA ne permet ni l'échange avec l'artiste ni la découverte du désordre de l'atelier. Elle relève aussi qu'un compte Instagram avec peu d'abonnés peut receler plus de sensibilité artistique qu'un compte à 100 000 followers.

Laura Payen 0:00 Et en fait, la toile, elle, elle la voyait dans son appartement à la mer.

Laura Payen 0:03 Sauf qu'en fait, la talmarie qui est un peu en mode « Ouais, mais là, il y a un radiateur.

Laura Payen 0:03 » La dame a dit « Je m'en fous du radiateur, on va tout faire changer.

Laura Payen 0:06 » Et donc, en fait, elle a changé un peu le…

Brice Boland 0:10 L'architecture ?

Laura Payen 0:11 Ouais, de la pièce pour pouvoir mettre la toile à la mer, pour pouvoir la mettre où elle la voyait, quoi.

Laura Payen 0:16 Alors moi, je suis quelqu'un qui n'utilise pas vraiment l'IA, je devrais, mais vraiment, c'est un truc qui me fait peur.

Laura Payen 0:21 L'IA, t'as pas un échange.

Laura Payen 0:22 Tu peux pas être dans son atelier, tu peux pas découvrir les toiles, tu ne peux pas avoir le bordel non plus dans l'atelier.

Laura Payen 0:27 Je trouve que sur Instagram, tu le vois bien, tu peux avoir un artiste qui va avoir 100 000 followers et derrière, un artiste qui va avoir peut-être 4000.

Laura Payen 0:34 Et en fait, celui de 4000 va être peut-être vachement meilleur.

Laura Payen 0:37 Peut-être pas de la technique, mais au niveau du ressenti artistique.

0:41 Jingle, pause pub et lancement de l'épisode

Le jingle "Coucou ma biche !" ouvre officiellement l'épisode. Brice Boland enchaîne avec une lecture publicitaire pour la marque Giga, une boisson pétillante au collagène marin, avant de lancer réellement l'interview avec Laura Payen.

Brice Boland 0:41 Coucou ma biche !

Brice Boland 0:42 Avant de commencer, parlons bien-être.

Brice Boland 0:44 Tu savais qu'à partir de la vingtaine, notre production naturelle de collagène commence à diminuer ?

Brice Boland 0:48 Ah bah ça alors !

Brice Boland 0:49 Ce n'est pas un mythe beauté, c'est de la biologie.

Brice Boland 0:51 Pour compenser ça sans se compliquer la vie, j'ai trouvé la pépite.

Brice Boland 0:54 c'est Giga.

Brice Boland 0:55 Oubliez les poudres, là, c'est une boisson pétillante, ultra fraîche, au citron, avec un petit kick de gingembre.

Brice Boland 1:00 Chaque canette t'apporte de la vitamine C, des fibres, moins d'un gramme de sucre et 5 grammes de collagène marin ultra assimilable.

Brice Boland 1:06 C'est tout bénef, sans y penser.

Brice Boland 1:08 Easy peasy and healthy.

Brice Boland 1:09 Découvre ça sur thegigacompany.com Allez, on lance l'épisode.

Brice Boland 1:12 Let's go !

1:13 Devenir artiste : définition, enfance et déclic

Après les salutations, Brice interroge Laura sur le moment où l'on se considère "artiste" : pour elle, c'est dès qu'il y a une créativité qui se développe et l'envie de la présenter à quelqu'un. Elle raconte son enfance curieuse, les déguisements, les sorties en famille aux expositions du Sablon, et le magazine Elle que son père achetait chaque mercredi et qu'elle recopiait en dessin. Elle décrit ensuite les cours de dessin donnés par des retraités qui l'ont formée au fusain et au pastel, et développe l'idée que la créativité se cultive par la pratique, l'erreur et la rencontre d'autres artistes.

Brice Boland 1:13 Laura, coucou ma biche.

Laura Payen 1:15 Salut ma biche.

Brice Boland 1:16 Ma bache.

Brice Boland 1:16 Ma biche.

Brice Boland 1:17 Comme on dit chez toi.

Laura Payen 1:17 Chez moi, c'est un peu de la région, je suis d'accord

Brice Boland 1:19 à quel moment on se considère ou tu te considères comme étant artiste

Laura Payen 1:23 je pense qu'on peut se dire on est un artiste dès le moment où il y a une créativité qui se développe et dès le moment où on se dit ok j'ai certaines idées et j'ai envie de tout faire pour les mettre en oeuvre et surtout pour les présenter à quelqu'un

Brice Boland 1:34 ok donc c'est quoi c'est la mise en oeuvre

Laura Payen 1:36 c'est la mise en oeuvre ou en tout cas éveiller la curiosité peut-être des visiteurs moi ce que j'aime dans ce travail d'artiste ou en tout cas où je me dis ok ma profession c'est d'être artiste c'est de me dire que je vais provoquer de l'émotion chez quelqu'un à travers des idées que j'ai dans ma tête.

Laura Payen 1:52 Et donc, je pense que la première idée, c'est ça.

Brice Boland 1:54 Est-ce que je peux me considérer comme artiste ou pas ?

Laura Payen 1:56 Je pense que toute personne est artiste, artiste dans une certaine catégorie.

Laura Payen 2:00 Moi, je vais être artiste dans l'art plastique, la peinture, mais je pense que toute personne est artiste.

Brice Boland 2:06 Quand tu étais petite, c'était ton but d'être artiste ou tu avais d'autres lubies, d'autres enjeux, d'autres rêves ?

Laura Payen 2:11 Ce n'était pas mon but.

Laura Payen 2:12 J'étais déjà très curieuse de tout.

Laura Payen 2:14 Donc, je me déguisais, par exemple, énormément.

Laura Payen 2:16 mais j'étais aussi attirée par tout ce que je voyais et donc j'allais avec mes parents faire des expos ça beaucoup, je me baladais aussi, je me rappelle les dimanches au Venet au Sablon ça c'est un truc qui m'émerveillait absolument et en fait ça a développé chez moi je pense une curiosité de certaines choses et je me suis dit, ben voilà c'est toute forme d'art m'attire et donc je pense que petite oui déjà j'avais envie de faire ça

Brice Boland 2:37 Qu'est-ce qui a déclenché, parce que t'étais pas là-dedans comme tu l'es maintenant, qu'est-ce qui a déclenché justement ce professionnalisme, ce projet concret d'être artiste peintre ou artiste plastique ?

Laura Payen 2:47 Ça s'est développé, en fait, mon papa achetait tous les mercredis Elle.

Laura Payen 2:52 Et donc, en fait, je revoyais tous les mercredis.

Laura Payen 2:54 C'était la routine.

Laura Payen 2:54 Je sais que ma mère était hyper contente.

Laura Payen 2:58 Et donc, il y avait ce magazine qui arrivait à la maison et dans le magazine, on retrouve des shootings de mode.

Laura Payen 3:02 Donc, il y a des shootings de mode où on met en scène, que ce soit des vêtements, mais il y a à chaque fois un décor de shoot derrière, où il y avait des publicités de mode, de parfum, etc.

Laura Payen 3:10 Et en fait, moi, j'étais intriguée par ça.

Laura Payen 3:13 et j'ai commencé à dessiner c'était vraiment de la pure reproduction donc ce que je voyais, le shooting j'allais le refaire en dessin et ça a commencé où en fait mon papa est une fois passé voir ce que je faisais et ils se sont dit on tient peut-être quelque chose et j'ai été inscrite en fait à un cours de dessin et le cours de dessin c'était vraiment pas style en mode académie mais c'était un cours de dessin qui était donné par des retraités et les retraités en

Laura Payen 3:35 fait faisaient produire entre guillemets non-stop aux gens et donc en fait tous les participants devaient dessiner la semaine et donc moi je développais ma créativité, mes idées pendant la semaine et on arrivait au cours et en fait on les corrigeait en refaisant les dessins et ça moi ça m'a vraiment appris à développer autant ma créativité mais autant à développer certaines techniques comme le fusain, les pastels et donc je dirais que ça a vraiment commencé à ce moment là

Brice Boland 4:01 Ok, je peux vraiment imaginer que tu développes ou que tu co-construis ton niveau en technicité sur des outils différents sur des méthodes différentes mais comment tu développes une créativité ?

Brice Boland 4:13 Ce n'est pas quelque chose que tu as en toi qui est inné ?

Laura Payen 4:15 Je pense que tu l'as, c'est comme parfois quand on me dit « Tiens, moi, je ne sais pas dessiner.

Laura Payen 4:17 Est-ce que je peux savoir dessiner demain ?

Laura Payen 4:17 » Moi, je ne sais pas dessiner.

Laura Payen 4:20 Je crois que tu as un coup de crayon de base et que tu peux arriver à le développer et à le perfectionner.

Laura Payen 4:25 Je pense que la créativité, c'est pareil.

Laura Payen 4:26 Je pense que tout le monde est créatif, mais plus tu vas la nourrir et plus tu vas t'intéresser, essayer des choses, te planter et en faire d'autres, plus ça va développer ce côté créatif que tu as en toi.

Brice Boland 4:37 Ok.

Brice Boland 4:37 Donc, c'est quoi ?

Brice Boland 4:38 C'est en faisant et en faisant des erreurs que finalement, tu vas retrouver de la créativité ou tu vas co-construire quelque chose ?

Laura Payen 4:45 Oui, je pense.

Laura Payen 4:45 Je pense que plus tu fais, plus tu vas t'améliorer, plus tu vas tester des nouvelles choses.

Laura Payen 4:48 Il n'y a rien à faire.

Laura Payen 4:51 Être artiste, c'est aussi s'inspirer des autres.

Laura Payen 4:53 Et donc, plus tu vas regarder, plus tu vas rencontrer aussi.

Laura Payen 4:54 Moi, je me rends compte que plus je rencontre d'autres artistes, plus tu vas parler de la routine, mais aussi de leur technique.

Laura Payen 5:02 Et ils vont d'office t'apprendre des choses.

Laura Payen 5:04 Et je pense que tout ça, ensemble, fait que tu arrives à non-stop te développer.

5:08 Son style et sa technique

Laura décrit son art comme féminin, graphique et coloré : elle découpe des figurines qu'elle superpose sur la toile pour créer des formes qu'elle remplit en aplats de couleur. Elle explique son passage du dessin à la peinture acrylique après un essai décevant de la peinture à l'huile, trop longue à sécher. La discussion couvre aussi les différents supports (toile de lin, de coton, aluminium) et la distinction entre son métier de graphiste-infographiste et celui de graffeur.

Brice Boland 5:08 Évidemment, j'ai plein de questions, mais on va essayer de faire ça step by step.

Brice Boland 5:11 Donc, toi, c'est quoi ton style ?

Brice Boland 5:11 C'est quoi ton art ?

Brice Boland 5:13 Comment tu dois décrire, deux, trois mots, ta typologie d'art ?

Laura Payen 5:16 J'ai un art qui est très féminin.

Laura Payen 5:19 Alors déjà, c'est de la peinture.

Laura Payen 5:20 Alors, je faisais du dessin avant, mais ici, maintenant, c'est vraiment de la peinture.

Laura Payen 5:25 Et c'est un art qui est très graphique, on va dire, et très coloré.

Laura Payen 5:30 Et donc, je m'inspire en fait toujours des figurines.

Laura Payen 5:33 Alors là, on revient un petit peu sur ce que je dessinais dans Elle que mon papa achetait à ma maman.

Laura Payen 5:37 et en fait je découpe ces figurines que je viens un peu superposer sur une toile, ça crée comme un patron de couture je viens détourer les figurines et ça me crée toutes des formes et ces formes là je viens les remplir de couleurs et donc ça crée pour le visiteur un tableau où il se passe plein de choses il y a comme une histoire qui se crée mais le visiteur peut voir certaines figurines et ne pas voir d'autres et en fait c'est mon art principal c'est

Laura Payen 5:59 ça aujourd'hui c'est la peinture.

Laura Payen 6:01 Ok donc c'est la peinture acrylique ?

Laura Payen 6:03 C'est la peinture acrylique, j'ai commencé J'ai essayé de la peinture à l'huile.

Laura Payen 6:07 C'est très particulier.

Brice Boland 6:08 C'est plus difficile que la peinture à l'eau.

Laura Payen 6:09 C'est plus difficile, voilà.

Brice Boland 6:10 C'est bien plus beau que la peinture...

Laura Payen 6:11 C'est très particulier et c'est un sentiment aussi particulier pour la personne qui l'utilise parce que c'est aussi un...

Laura Payen 6:17 C'est beaucoup plus long, la peinture à l'huile.

Laura Payen 6:19 Plus long ?

Laura Payen 6:20 C'est très long dans le séchage.

Laura Payen 6:22 D'accord comme ça, ok.

Laura Payen 6:22 Et donc ça, c'est vrai qu'au niveau du boulot, ça t'apporte de la difficulté en plus.

Laura Payen 6:27 Et moi, j'ai commencé la peinture.

Laura Payen 6:28 Autant le dessin, j'ai suivi des cours, tandis que la peinture c'était de manière autodidacte et donc voilà j'ai essayé et j'ai eu un meilleur ressenti clairement avec la peinture acrylique et surtout dans ce que je veux faire où moi je fais des aplats qui sont vraiment très bien séparés au niveau des couleurs etc

Brice Boland 6:44 des aplats ça veut dire quoi ?

Laura Payen 6:45 des aplats c'est tu vas avoir ta toile, tu vas avoir tes formes et ta forme qui est remplie d'une couleur, ça si tu veux c'est un aplat et donc moi j'ai un meilleur ressenti avec la peinture acrylique que la peinture à l'huile je dis pas que je reviendrai jamais à la peinture à l'huile c'est possible aussi

Brice Boland 6:58 Comme Mondrian, c'est à plat ?

Laura Payen 7:00 Oui, tu n'as pas de relief, en fait, si tu veux, dans certaines toiles.

Brice Boland 7:04 C'est du 2D, en fait ?

Laura Payen 7:06 Oui, c'est ça.

Brice Boland 7:07 C'est quoi la différence entre peinture à l'eau, à l'huile, l'aquarelle, l'acrylique ?

Brice Boland 7:11 C'est quoi finalement ?

Laura Payen 7:12 C'est vraiment le style dans le pigment que tu vas utiliser à la base.

Laura Payen 7:15 C'est la matière première.

Laura Payen 7:16 Après, tu peux le mettre sur du papier.

Laura Payen 7:18 Évidemment, le style aquarelle, tu vas plus le faire sur du papier.

Laura Payen 7:20 Mais c'est vraiment, je dirais, le pigment de base, la matière première que tu utilises.

Brice Boland 7:24 Et toi, c'est quoi ta matière première, du coup ?

Laura Payen 7:25 Moi, c'est la peinture acrylique, donc c'est la peinture à l'eau.

Laura Payen 7:28 Et j'essaye maintenant de faire de plus en plus un mix avec, par exemple, tout ce qui est marqueur.

Laura Payen 7:32 Donc, tu as des marqueurs acryliques et de faire revenir un peu dans ma vie d'artiste le pastel aussi.

Brice Boland 7:37 Pastelant ?

Laura Payen 7:38 Oui, le pastel.

Laura Payen 7:38 Donc vraiment, tu as un style, un pastel assez gras.

Laura Payen 7:41 Et alors, tu viens l'utiliser sur ta toile.

Brice Boland 7:42 Tu mixes les deux ?

Laura Payen 7:43 Oui, tu peux mixer les deux.

Brice Boland 7:44 OK.

Brice Boland 7:44 Et ça ne dépend pas de la matière derrière ?

Brice Boland 7:44 Parce qu'il y a toile, il y a du métal.

Laura Payen 7:48 Tu as différentes toiles.

Laura Payen 7:48 Donc, par exemple, moi, je peins sur toile.

Laura Payen 7:51 Donc, c'est des toiles de lin, tu as des toiles de coton aussi.

Laura Payen 7:53 après tu vas par différents supports moi par exemple je fais aussi des supports sur aluminium et là on est plus dans de l'impression parce que moi je suis graphiste de diplôme et donc j'essaye de mélanger ces deux activités et là à ce moment là ce sont des tirages sur aluminium

Brice Boland 8:08 comment tu fais donc tu fais ton oeuvre sur toile et puis après tu la digitalises pour la mettre sur aluminium

Laura Payen 8:13 alors au début ça ça a été la première étape où un jour j'ai fait une toile et je me suis dit ah ok si je prends en photo si j'assemble différentes choses je peux arriver à créer quelque chose d'autre et en fait après tout bêtement de ma tablette Et en fait, je me suis remise à dessiner et je redessine sur ma tablette et je fais ensuite imprimer avec un imprimeur avec lequel je travaille.

Brice Boland 8:29 OK.

Brice Boland 8:29 Tu parles aussi de graphe, de graphiste, de graffeur.

Brice Boland 8:34 Je ne sais pas comment on dit.

Laura Payen 8:35 C'est différent.

Laura Payen 8:35 Le graffeur va plus être celui qui va faire un dessin sur un mur avec les bombes.

Laura Payen 8:40 Moi, je suis graphiste, l'infographie.

Laura Payen 8:43 C'est ça, OK.

Brice Boland 8:43 Mais tu pourrais faire du graphe sur un mur avec ta technique et tes outils ou c'est vraiment un métier tout à fait différent ?

Laura Payen 8:50 Je crois que le graffeur, il a un coup de poignée, on va dire, qui est à part.

Laura Payen 8:53 parce que par exemple ça c'est quelque chose où moi je pense pas que je pourrais faire alors en tout cas à la bombe je peux pas être aussi précise qu'avec un pinceau par contre je peux très bien faire une fresque murale où ça j'ai déjà fait et où là c'est vraiment avec pinceau, rouleau mais un travail à la bombe je pense que c'est très différent comme approche, en tout cas moi je sais que c'est quelque chose où ce serait très difficile

9:12 Le Covid, le virage stylistique et Instagram

Laura revient sur ses débuts dans la décoration, avec un style neutre et passe-partout, très marqué par son emploi de l'époque. Confinée pendant le Covid dans l'atelier chez ses parents, privée de matériel, elle se remet à dessiner comme enfant et bascule vers une palette de couleurs primaires plus explosive, qui devient sa signature. Ce virage, très bien accueilli sur les réseaux sociaux, marque le début de sa notoriété locale, et elle situe Instagram comme le meilleur portfolio actuel d'un artiste.

Brice Boland 9:12 Ok ok, on va pas directement aller dans les oeuvres un peu plus exotiques que t'as fait parce que elles sont tout à fait uniques et incroyables, mais donc toi t'as commencé comme artiste peintre, tu t'es découverte là-dessus, et t'as commencé à faire une toile qui t'a fait connaître, d'une certaine façon, c'était quoi ?

Brice Boland 9:28 Qu'est-ce qui t'a fait connaître ?

Laura Payen 9:29 En fait, au début, j'ai commencé, je travaillais dans la déco.

Laura Payen 9:32 Et donc, j'avais un style qui était beaucoup plus abstrait, on va dire, plus passe-partout.

Laura Payen 9:35 Et en fait, il y a eu le Covid,

Brice Boland 9:37 et le Covid a fait...

Brice Boland 9:39 Tu faisais, toi, des œuvres de design pour les vendre ?

Laura Payen 9:42 Je faisais déjà des œuvres que je vendais, mais c'était dans un style beaucoup plus neutre, en fait.

Laura Payen 9:47 Et je pense que j'étais déjà influencée par ma vie, parce que ça, je crois que c'est propre à tout artiste, il y a ta vie qui t'influence énormément.

Laura Payen 9:53 Donc, je veux dire, ton quotidien va t'influencer.

Laura Payen 9:56 Tu peux regarder les oeuvres que t'as faites il y a cinq ans, elles seront différentes parce que ta vie a évolué.

Laura Payen 9:59 Et en fait, ces oeuvres, à ce moment-là, étaient, je pense, trop imprégnées du style où je travaillais dans un magasin, où tout était beau, mais c'était neutre, tu vois, tout était propre.

Laura Payen 10:10 Et je pense qu'à ce moment-là, les oeuvres reflétaient tout ça.

Laura Payen 10:13 Et ensuite, il y a eu le Covid.

Laura Payen 10:13 C'était un peu plat, tu veux dire ?

Laura Payen 10:15 C'était un peu plat.

Laura Payen 10:15 En tout cas, moi, là, maintenant, quand je le vois, je me dis c'est plat et donc en fait après il y a eu le Covid et mon atelier se trouvait chez mes parents et en fait j'ai été privée de matériel comme tout le monde tu pouvais pas sortir et je me suis remise en fait à dessiner comme je faisais avant quand mon papa on revient toujours à mon père qui ramène Elle avant et en fait je me suis remise à dessiner et quand je suis revenue

Laura Payen 10:35 à l'atelier en fait je me suis dit j'ai plus envie de faire ce que je faisais avant j'ai envie de faire ce style qui m'affirme qui me ressemble et qui correspond plus en fait à ce que je faisais avant quand j'étais plus jeune où je réfléchissais moins aussi, j'y allais vraiment franco sur le papier et les couleurs sont venues parce qu'en fait la palette de marqueurs que j'avais pendant le Covid, c'était vraiment le jaune basique, le bleu, le rouge et donc en fait quand je suis

Laura Payen 10:59 revenue à l'atelier, les couleurs primaires je me suis dit en fait je vais utiliser que ce panel de couleurs là et évidemment que j'ai un peu amélioré mais je suis passée d'un style qui était beaucoup plus sobre à quelque chose d'un peu explosif coloré, c'est cette transition qui a fait que là ça a commencé en fait à un peu faire parler de moi alors c'est au début régional ça c'est certain mais ou en tout cas au niveau des réseaux sociaux ça a bien fonctionné et que

Laura Payen 11:21 ce soit sur Facebook ou sur mon site internet les retours étaient super positifs donc moi ça m'a aussi encouragé à aller là-dedans.

Laura Payen 11:27 Parce que vous

Brice Boland 11:29 en fait les artistes vous avez différents moyens de vous faire connaître donc soit via des expositions c'est ça ?

Brice Boland 11:33 Soit via les réseaux soit via du bouche à oreille ou des techniques un peu plus niches et là on va faire appel à toi pour faire des oeuvres soit via la ville la région soit c'est ça ?

Laura Payen 11:43 Je dirais qu'à l'heure actuelle, ton meilleur portfolio, c'est Instagram, ça c'est sûr.

Laura Payen 11:47 Je pense.

Laura Payen 11:47 Tu n'as pas le choix.

Brice Boland 11:48 Si tu es artiste, il faut Insta.

Brice Boland 11:48 Tu peux ne pas le faire,

Laura Payen 11:51 je pense, mais je crois que c'est une facilité aussi pour te faire connaître n'importe où dans le monde.

Laura Payen 11:55 Tu peux à un moment te dire, j'ai eu un like de telle personne qui n'est absolument pas ton voisin.

Laura Payen 11:59 Et déjà ça, je trouve que tu te dis, mon art a voyagé, donc ça c'est un truc en plus.

Laura Payen 12:03 Après, les expositions, c'est le meilleur parce que tu as des rencontres et donc il n'y a rien à faire.

Laura Payen 12:08 Via via, tu vas rencontrer d'autres personnes, tu vas pouvoir aussi expliquer à travers une photo, tu expliques moins ce que tu fais et ce que tu as envie de transmettre donc je pense que exposition à l'heure actuelle Instagram, site internet c'est obligatoire

12:22 Le palmarès : expositions, galeries et ventes

Brice retrace le CV artistique de Laura depuis 2021 : expositions collectives au Balthazar (Sablon) et avec We Are Artists à Bruxelles, expo solo au Rœulx (sa ville, connue pour la brasserie Saint-Feuillien), l'hôtel Aloft, la Fondation Papillon, Mobil'Art à Liège, Spa. Laura explique l'importance des expositions pour obtenir des retours et rencontrer du monde, la difficulté de démarcher les galeries en tant qu'artiste émergente, et les compromis financiers (emplacement payant, pourcentage sur les ventes) qu'elle refuse désormais.

Brice Boland 12:22 Ok, je vais faire ton petit ego moment, ton petit palmarès ton CV artistique, donc 2021 je commence là 2021, il y a peut-être des choses avant exposition collective au Balthazar donc au Sablon, puis t'as fait exposition collective We Are Artists à Bruxelles t'as eu une expo solo à Le Rœulx

Laura Payen 12:43 alors Le Rœulx en fait moi je suis originaire de La Louvière et j'habite Le Rœulx qui est juste à côté donc c'est une ville à côté je ne sais pas si tu connais la bière Saint-Feuillien

Brice Boland 12:49 bien sûr la Saint-Feuillien c'est pas à Bise

Laura Payen 12:52 c'est la bière Saint-Feuillien t'as la brasserie Saint-Feuillien et donc en fait c'est une histoire familiale et si tu veux ça c'est la ville où j'habite

Brice Boland 13:00 ok ok j'aurais pu venir avec d'ailleurs t'as fait une expo solo à Saint-Etudes-Balt ensuite de nouveau à Bruxelles puis t'as fait dans des hôtels, donc l'Aloft mais on en reparlera un peu plus tard t'as fait une autre expo ici, Vielle Rotary à la Louvière t'as fait la Fondation Papillon t'as fait une expo à Hucle, à Mobil'Art, à Liège t'as fait pas mal d'expos déjà t'as fait une expo à Spa aussi parce que t'as une oeuvre à Spa c'est ça ?

Brice Boland 13:28 C'est quoi le but et ta vocation de faire des expositions comme ça et comment est-ce que tu vois la suite par rapport à ton métier, à ton oeuvre ?

Laura Payen 13:36 Je pense que l'importance des expos c'est vraiment c'est de rencontrer et de montrer ton travail quand t'es chez toi à l'atelier la première chose pour moi en tout cas c'est de montrer c'est d'avoir aussi des ressentis, d'avoir des retours y'a rien à faire quand tu fais une expo et parfois t'es devant tes oeuvres, moi ça m'est déjà arrivé et j'entends des gens, t'entends les remarques et les gens ne savent pas que c'est toi et donc c'est hyper positif d'entendre

Brice Boland 13:57 t'es un peu connue mais pas assez connue c'est ça, on connait pas ma tête

Laura Payen 14:00 et t'es un peu là en mode incognito tu vois tu tournes autour du truc et ça je trouve ça hyper riche parce que autant tu ne dois pas te vexer au premier commentaire négatif parce que je trouve qu'au niveau de l'art t'aimes, t'aimes pas, t'as un ressenti où t'en as pas et il faut se dire que c'est comme ça, c'est la vie mais du moment que ça fait réagir pour moi c'est déjà gagné et les expositions, le but premier pour moi c'est ça c'est d'avoir les

Laura Payen 14:22 réactions, de pouvoir aussi me dire ok ça plaît, ça plaît pas est-ce qu'on me comprend ou alors pas du tout après on ne va pas se mentir c'est sûr que tu vends, c'est encore mieux parce qu'il te faut des rentrées et que déjà, créer, ça coûte de base et que si t'as un retour après, c'est génial.

Laura Payen 14:40 Donc les expos, oui, c'est primordial en tout cas pour un artiste.

Brice Boland 14:45 Et qui gère ça ?

Brice Boland 14:45 C'est toi, avec ton agenda ?

Brice Boland 14:47 Ou t'es appelée, t'en refuses parfois ?

Laura Payen 14:49 Moi, je suis à un niveau où je gère.

Laura Payen 14:51 Après, t'es contactée pour les expos collectives, là le plus souvent, ou parfois t'as des appels où tu peux toi-même remplir un petit peu un dossier et les critères.

Laura Payen 15:00 Ou parfois, via via, on te contacte où toi tu prends le parti de dire ok je vais toquer à la porte et dire voilà j'aimerais bien après moi j'ai fait des expos collectives il y a toujours du bon et du pour le pour t'as des rencontres donc ça c'est génial après c'est un peu un milieu où c'est devenu aussi je vais pas dire une industrie mais où dès le départ on va te demander de toi payer une sorte d'emplacement puis tu dois donner un certain pourcentage

Laura Payen 15:21 de ta vente et donc c'est vrai que quand tu commences et que quand t'as un profil un peu d'artiste émergent comme moi j'ai c'est parfois un peu compliqué parce que tu te dis ok je suis tentée moi par exemple je viens d'une région, je viens de la Louvière donc c'est vrai que les expos collectifs que j'ai pu réaliser c'était à Bruxelles et tu te dis ça me permet aussi peut-être de mettre un pied dans la grande ville parce que je viens pas non plus d'un coin

Laura Payen 15:45 perdu mais je veux dire de rencontrer peut-être des gens qui sont susceptibles d'être un levier important pour toi et c'est vrai que là maintenant à l'heure actuelle je ferais plus ce genre de choses parce que je me dis j'ai plus envie de payer un stand ou un truc où tu sais même pas où tu vas être installé je crois qu'il y a un mix de tout qui fait qu'on est tellement d'artistes

Brice Boland 16:04 émergents.

Brice Boland 16:04 Après t'as un peu essayé, tu t'es lancé là-dessus t'as un peu regardé.

Brice Boland 16:06 Voilà c'est ça

Laura Payen 16:07 mais après tout a été, j'ai pas une expérience où je me dis j'aurais pas dû la faire du tout parce que j'ai à chaque fois eu ou un retour que ce soit une vente ou alors un contact qui a fait que par la suite j'ai eu autre chose donc à chaque fois ça a bien rebondi

Brice Boland 16:19 C'est quoi l'expo que tu voudrais absolument faire ?

Laura Payen 16:22 Next go to ?

Laura Payen 16:22 J'ai pas une en particulier mais ce que j'aimerais arriver à toucher c'est peut-être plus un profil galerie un vrai galeriste où je me dirais là maintenant j'ai une confiance en quelqu'un qui décide de s'associer entre guillemets à moi et de promouvoir mon art autant que ce soit bénéfique pour lui que pour moi, mais où moi je me dis en fait moi je dois juste gérer la partie créative et me dire j'y vais à fond, il y a cette partie-là d'une belle mise en valeur qui sera

Laura Payen 16:48 faite par la galerie

Brice Boland 16:49 Et comment ça se passe du coup ?

Brice Boland 16:49 C'est toi qui dois prendre contact avec eux ?

Laura Payen 16:52 C'est un peu compliqué, c'est toujours un peu la question tous les jours, je me dis bon allez ok aujourd'hui ça va être le bonjour Je pense que tu as déjà un via-via qui est hyper utile.

Laura Payen 17:02 Moi, c'est un peu ce qui me manque, ce sont les contacts.

Laura Payen 17:06 Après, tu peux aller pousser des portes.

Laura Payen 17:08 Moi, par exemple, souvent, quand il y a des foires et tout ça, j'ai été sur place avec mon portfolio, avec des cartes de visite.

Laura Payen 17:14 C'est particulier parce qu'évidemment, eux, ils ne sont pas là à ce moment-là pour attendre des nouveaux talents.

Laura Payen 17:19 Eux, ils sont là pour vendre.

Laura Payen 17:21 Mais dans un premier temps, j'ai été voir en me disant « Ok, est-ce que peut-être je suis à l'aise, je me sens légitime de me dire que je peux postuler chez eux ?

Laura Payen 17:25 » et voilà je l'ai fait, tu rencontres t'en as certains qui me disent ok écoute je vois un petit peu ce que tu fais, envoie moi un whatsapp et le truc c'est que parfois t'as pas de suite tu fais ce qu'on te demande tu vois et donc là j'avoue que c'est un peu dur de dire quelle est l'étape en fait à faire pour arriver peut-être à avoir juste un retour or tu peux pas arriver chez quelqu'un comme ça et dire je vais t'exposer direct sauf si

Laura Payen 17:47 t'as un style qui fait que vraiment ça a tapé dans l'oeil et que t'as un truc qui t'amène là mais je pense que juste parfois t'as envie de dire laissez-moi juste 5 minutes en fait assise avec vous et où je peux juste vous expliquer ma façon de créer et ce que j'ai envie de transmettre et c'est juste ça et c'est ça qui est compliqué et on est beaucoup c'est parfois dur de pousser la porte et de se dire ça prend du temps de se dire je

Laura Payen 18:10 suis légitime en tout cas je crois en ce que je fais

Brice Boland 18:12 Tu penses que dans ta niche t'as tellement de concurrence ou t'as tellement d'artistes qui sont similaires ou pas finalement pour les mettre

Laura Payen 18:21 dans une galerie ?

Laura Payen 18:21 Je pense pas qu'on est en concurrence en tout cas moi je le vois pas comme ça je pense qu'on est beaucoup parce qu'il y a beaucoup de personnes qui pratiquent un art, j'espère en tout cas qu'il n'y a pas énormément d'artistes où leur toile ressemble aux miennes maintenant je pense qu'il y a des petits réseaux et que c'est parfois dur d'intégrer un réseau et que parfois de ce réseau là les gens vont passer dans un autre réseau parce qu'ils se connaissent et que ça reste très

Laura Payen 18:43 fermé de cette manière là, maintenant on n'est pas en concurrence moi je le ressens pas comme ça en tout cas

Brice Boland 18:48 Quand tu fais une vente c'est quoi, c'est plutôt via via, c'est bouche à oreille ou c'est via des expos ?

Laura Payen 18:52 Au début c'était beaucoup le via via, maintenant c'est vraiment j'ai des gens que je connais pas du tout qui me contactent c'est beaucoup par mon site internet et alors beaucoup par les expos ou une fois que j'ai fait des expos ou un article de presse là maintenant ça peut être de la presse locale mais je veux dire clairement ça va rebondir et donc tu vas avoir quelqu'un qui d'après cet article avec l'expo va venir chez moi, je fais beaucoup de visites d'ateliers aussi et ça je

Laura Payen 19:16 trouve que c'est le mieux parce que tu rencontres la personne tu vois aussi quand les clients ont un vrai coup de coeur directement et ça je trouve que c'est un point en plus qu'une vente en ligne où tu te dis bon bah voilà ok c'est parti mais t'as pas de ressenti sur la personne

Brice Boland 19:32 t'as des clients fidèles qui te rachètent des oeuvres tous les mois, tous les ans ?

Laura Payen 19:36 j'en ai oui ou en tout cas si eux n'achètent pas parce que peut-être qu'ils ont déjà aussi le beaucoup ou j'ai parfois des gens qui me disent j'ai pas de mur et qu'ils aiment l'art en général et donc y'a pas que moi non plus chez eux mais je sais qu'ils essayent de pousser parfois chez d'autres, chez des amis à eux parce qu'ils disent, je sais qu'elle, elle adore et donc je te l'ai amené parce que je pense qu'il peut avoir une bonne connexion entre vous.

19:57 Réseau d'artistes : Enfant Précoce et Denis Meyers

Laura décrit un réseau d'artistes qui se tisse surtout via les expositions, sans concurrence directe car chacun a son style. Elle évoque son lien avec l'artiste liégeois Yannick Albert, qui lui a fait connaître d'autres contacts. Comparée à Enfant Précoce (Francis Essoua Kalu), connu pour avoir arpenté Paris avec un panneau "Exposez-moi", elle se reconnaît dans son besoin de légitimité plus que dans sa démarche créative. Elle décrit aussi Denis Meyers comme un "messager" qui utilise les mots et la typographie, à travers une fresque récente à La Louvière.

Brice Boland 19:57 Est-ce qu'il y a une sorte de collectif entre artistes, soit de ta génération, soit de ton style, de la même inspiration ?

Brice Boland 20:03 Est-ce que vous parlez entre vous ?

Brice Boland 20:04 Est-ce qu'il y a un écosystème un peu tissé, un peu lié ?

Laura Payen 20:07 Je pense qu'il y a une sorte de collectif qui se fait surtout avec les expos.

Laura Payen 20:10 Et donc, moi, j'ai pas mal d'artistes où, par exemple, l'artiste, je l'avais fait à Bruxelles.

Laura Payen 20:16 Et donc, de là, j'ai créé vraiment un lien avec un artiste qui était de Liège, donc pas du tout de Bruxelles.

Laura Payen 20:21 C'est Yannick Albert, mais que vous ne connaissez pas.

Laura Payen 20:26 Et en fait, lui a fait que j'ai créé le bonhomme, le Pierrot à Spa.

Laura Payen 20:30 Et donc, c'est vraiment via via, mais donc en discutant, j'ai créé un lien avec lui qui, lui, a donné mon nom à une autre personne.

Laura Payen 20:38 Donc ça aide en fait ?

Laura Payen 20:38 Ça aide, ouais.

Laura Payen 20:40 Ça aide et je pense que c'est à travers ce réseau-là, comme ça, qu'on discute, qu'on crée un lien entre artistes et qu'on arrive à se réjouir aussi s'il y en a un qui fait une super collab ou qui arrivent à être propulsés avec une autre oeuvre moi je le vois comme ça

Brice Boland 20:54 justement les confrères, consœurs ou les co-artistes je ne sais pas comment on dit

Laura Payen 20:58 les copains

Brice Boland 21:00 on avait parlé d'Enfant Précoce, Francis Essoua Kalu, qui a une inspiration parfois un peu similaire peut-être

Laura Payen 21:08 je ne pense pas que ce soit une inspiration un processus créatif comme moi mais je ressens vraiment très fort ses origines, son caractère dans cette toile après par contre si je dois trouver une similitude avec lui, c'est vraiment sur son besoin.

Laura Payen 21:21 Quand il s'est baladé dans Paris avec son panneau « Exposez-moi », je pense que c'est le même problème.

Laura Payen 21:25 C'est en mode « Je crée, je suis artiste, je suis à l'aise avec ce que je fais.

Laura Payen 21:29 » Mais en fait, il n'y a personne qui veut peut-être croire en moi ou l'exposer.

Laura Payen 21:35 Ça, c'était un coup de génie.

Brice Boland 21:37 C'est un petit coup marketing, finalement.

Laura Payen 21:39 Un coup marketing, mais derrière, il y a un vrai message.

Laura Payen 21:41 C'est qu'il y a plein d'artistes et je trouve que sur Instagram, tu le vois bien, tu peux avoir un artiste qui va avoir 100 000 followers et derrière un artiste qui va avoir peut-être 4000 et en fait celui de 4000 va être peut-être vachement meilleur au niveau peut-être pas de la technique mais au niveau en tout cas du ressenti artistique

Brice Boland 21:59 Ok, Denis Meyers le roi de la typographie et des collabs est-ce que lui a un comparatif à faire ?

Brice Boland 22:02 Est-ce qu'il y a des choses que tu as pris chez lui ?

Laura Payen 22:07 Moi je le vois comme un messager parce qu'il utilise vraiment les mots je pense pour faire passer des messages et je trouve que ça se ressent quand tu vois par exemple ici pour revenir à la Louvière, il vient de terminer en fait une fresque sur alors en fait on a refait style un peu t'as une salle de spectacle et en fait ils ont refait la façade via un architecte et il a été contacté pour vraiment mettre en scène tout un mélange de ses typos, enfin de

Laura Payen 22:29 son écriture comme il fait et donc tu as son message qui se balade comme ça sur la façade et je trouve que ça a un impact direct quand tu le vois mais tu sens que l'impact il vient des mots qu'il utilise de la façon dont tout est imbriqué donc ça ne rejoint pas du tout le style que moi je fais, c'est vraiment un graffeur, un illustrateur et que lui, moi je le vois comme un messager vraiment

22:53 Collaborations atypiques : le maillot de hockey et le Pierrot à Spa

Laura détaille sa collaboration avec le club de hockey de La Louvière : contactée par Dimitri Destrebecq, elle a redessiné entièrement la vareuse extérieure avec carte blanche, en mettant en avant le féminin et l'identité industrielle de la région, jusqu'au choix du rose validé par l'équipe. Elle raconte ensuite le projet du Pierrot à Spa, une statue en 3D customisée parmi dix exemplaires exposés dans la ville, sa première expérience de création en volume et en extérieur, avec ses contraintes de conservation.

Brice Boland 22:53 En parlant de collab, donc toi tu as eu l'occasion de faire des collaborations un peu atypiques tu es quand même fière de tes origines et de la Louvière, donc tu as fait une collaboration avec une équipe de sport

Laura Payen 23:03 tu peux en dire plus ?

Laura Payen 23:03 Alors en fait c'est l'équipe du hockey, et donc l'équipe de la Louvière, et j'ai été contactée par une personne, donc c'est un joueur il fait partie du comité, c'est Dimitri Destrebecq et en fait lui un jour m'a contacté je le connaissais déjà mais via via donc pas intimement et sa femme m'avait acheté une toile, donc en fait il connaissait déjà mon style il avait déjà vu une toile en vrai et ils doivent refaire la lavareuse extérieure et en fait il passe plusieurs fois devant le tableau

Laura Payen 23:27 et il se dit il y a peut-être quelque chose à faire et donc il m'appelle une fois et il me dit voilà écoute est-ce que tu serais d'accord de refaire complètement la lavareuse, carte blanche, il y a juste deux notions qui sont importantes pour nous c'est le sport est féminin aussi et on veut mettre ce côté féminin en avant moi je me dis ok Banco c'est nickel parce que moi mon inspiration est féminine et ça me porte vraiment à coeur de mettre en avant ce côté

Laura Payen 23:52 là et la deuxième chose c'était mettre en valeur également les points forts de notre entité que ce soit les éléments du centre culturel ou alors chez nous c'est assez industriel aussi t'as les terris etc et donc voilà c'était mettre tout ça en avant mais j'avais carte blanche vraiment surtout et donc j'ai accepté j'étais à la fin quasi à la fin de ma grossesse quand j'ai accepté et donc la deadline était assez short mais donc je me rappelle que je devais c'était avec un fournisseur donc c'est

Laura Payen 24:21 Osaka et c'est un bon fournisseur et en fait eux je sais que par exemple la vareuse ils l'ont mis dans le hall d'entrée parce qu'ils ont dit en fait on n'a jamais vu on n'a jamais fait un truc aussi coloré alors c'est une vareuse qui plaît ou qui plaît pas mais en tout cas elle fait réagir et je trouve que ça c'est hyper important

Brice Boland 24:35 tu l'as amené je pense ?

Laura Payen 24:37 je l'amène alors je pense que tout le monde pense que je joue au hockey mais en fait c'est beau et je l'ai amené

Brice Boland 24:41 en plus c'est S donc c'est vraiment la tienne

Laura Payen 24:44 c'est ça alors eux en fait à l'arrière évidemment ils ont leur nom etc mais c'est le devant je veux dire qui est le plus important mais on retrouve en fait vraiment mon style et donc c'est coloré et t'as vraiment une mise en avant donc ici de la joueuse ici du joueur et de certains éléments de la région et le col est rose alors ça par exemple c'est pour l'anecdote c'est pas du tout moi qui ai proposé cette option il y avait trois choix j'avais proposé il

Laura Payen 25:12 y avait un camel parce que leur vareuse en fait pour les les matchs à domicile est bleu marine et j'avais proposé un turquoise et j'avais fait le rose aussi en me disant ok pourquoi pas et donc en fait ça a été accepté ils ont tous opté pour le rose en fait et donc j'ai dit c'est génial parce que moi de base je m'étais dit ok ils vont partir sur autre chose et donc t'as les hommes qui jouent avec les chaussettes roses et le col qui est

Laura Payen 25:33 rose donc je trouve que c'est un beau maillot en tout cas on a eu un très bon retour et j'ai parfois même rencontré des mamans où t'as des joueurs

Brice Boland 25:43 ça se vend vraiment en plus j'imagine

Laura Payen 25:45 j'ai beaucoup de gens qui au début c'était vraiment que pour eux et il y a énormément de gens qui ont demandé en fait s'ils pouvaient acheter la vareuse donc je pense qu'ici ils ont ouvert à la vente pour les autres joueurs et pour moi je cours par exemple avec et ce qui fait qu'en fait les gens doivent se dire elles jouent ok mais c'est un maillot c'était vraiment un très chouette projet et un projet fait dans la confiance où moi je savais que j'avais carte blanche

Laura Payen 26:10 mais je savais qu'on avait compris mon travail et eux j'avais compris évidemment les idées qu'ils voulaient développer

Brice Boland 26:16 parce que là finalement c'est une collab de collab de collab, t'as une collab avec Osaka plus l'équipe de la guerre

Laura Payen 26:22 oui alors on est passé, t'as eu des réunions etc parce qu'évidemment t'as plein de règles pour la vareuse t'as des normes techniques il y avait aussi un placement de logos t'as des logos qui ont changé au fur et à mesure donc quand moi j'ai créé la vareuse et c'est d'autres logos qui sont venus se mettre après donc c'était plein de normes à prendre en compte c'était un projet moi je suis un peu, quand on me propose un projet où parfois je dis oui direct et je

Laura Payen 26:43 me dis ok la question pratique on verra plus tard et là je m'étais dit ok ça reste faisable parce que ça va être du dessin sur tablette et je sais m'exprimer de cette façon là aussi mais voilà à la fin ça a été réalisable et je devais rendre les fichiers le 20 décembre et j'ai accouché le 25 donc je me suis dit ok nickel c'est bon

Brice Boland 27:01 il y a plus en plus ça c'est pas encore tellement répandu il y a Damso qui avait fait une collab avec Anderlecht puis après t'as Stromae avec Mosaert qui avait fait aussi une collab mais t'as pas tellement tellement d'artistes qui font justement des collaborations et sport et art tu vois c'est encore plus de sens parce que c'est ton métier de base peintre mais moi je trouve ça absolument génial qu'est-ce que t'as fait d'autre comme oeuvre atypique ou dans des lieux atypiques ou dans des espaces atypiques

Laura Payen 27:23 alors j'ai eu le Pierrot à Spa

Brice Boland 27:25 c'est quoi ça le Pierrot à Spa

Laura Payen 27:27 alors donc le Pierrot donc c'est vraiment t'as le logo de la marque Spa alors il faut détacher parce que c'est pas la marque Spa qui a créé le projet.

Laura Payen 27:35 C'est la ville de Spa qui a décidé de faire une sorte de promenade pour les visiteurs, pour les touristes.

Laura Payen 27:41 Et en fait, c'est un pierrot de, je crois qu'il fait 1,50 m.

Laura Payen 27:45 C'est vraiment un pierrot en 3D qui a été fait par une firme flamande.

Laura Payen 27:50 Et c'est le pierrot qui saute, vraiment celui que tu vois sur la marque Spa.

Laura Payen 27:53 Et nous, en fait, on a été invités à customiser ce pierrot.

Laura Payen 27:57 Et donc là, je me suis retrouvée, j'étais un peu la seule artiste qui n'était pas de Liège.

Laura Payen 28:01 à aller customiser.

Laura Payen 28:03 Donc moi, je suis arrivée dans un hangar comme ça et j'avais dix pierrots qui me regardaient sur des socles en béton et tout ça.

Brice Boland 28:07 Ah, donc ils ont fait venir dix artistes ?

Brice Boland 28:08 Ils ont dit, on prend le meilleur ?

Laura Payen 28:09 Non, non, non, du tout.

Laura Payen 28:10 On était dix artistes, en fait, et chacun avait son pierrot.

Laura Payen 28:12 Et donc, chacun, dans son style, créait son pierrot.

Brice Boland 28:15 D'accord, il y avait dix pierrots.

Brice Boland 28:16 D'accord, j'ai compris.

Laura Payen 28:17 On avait dû faire une sorte d'exemple, en tout cas, une ligne directrice de ce qu'on allait faire parce que ça a dû être validé par la marque Spa.

Laura Payen 28:23 Et en fait, t'as le pierrot.

Laura Payen 28:24 ils se trouvent toujours dans la ville, ils sont à différents endroits et les gens se baladent et tu peux découvrir

Brice Boland 28:28 un peu comme les vaches

Laura Payen 28:30 c'est un peu le même principe, c'est d'ailleurs je pense l'idée que la bourgmestre a eu à ce moment là et c'est génial parce que là c'est en lien avec la ville, moi j'ai plein de gens que je connais pas qui m'envoient des photos j'ai plein de gens et il y a aussi évidemment des gens que moi je connais qui y vont

Brice Boland 28:44 et puis ils vont à Spa et puis t'envoient bien sûr

Laura Payen 28:46 moi j'ai l'impression que c'est un peu mon fils où parfois je rêverais qu'il soit dans mon jardin et tout ça mais ça c'était vraiment très chouette et c'était la première fois aussi où je devais me projeter sur un peu une oeuvre en 3D et vraiment un truc qui le support n'était pas du tout de la toile et donc là ça a été compliqué parce que c'est aussi une oeuvre extérieure et donc t'as le souci de te dire il y a la protection par la suite, à

Laura Payen 29:04 la base ils devaient rentrer les oeuvres pour l'hiver, chose qu'ils ont décidé de ne pas faire et donc c'est vrai que là maintenant quand tu les vois par exemple c'est plus le soleil qui est abîmé que le froid donc c'était un peu un stress au niveau de la création parce que tu te dis faut penser à tout ça c'est pas juste je fais mon dessin et puis le truc vit et voilà quoi

Brice Boland 29:22 ça sort un peu d'un sentier battu

Laura Payen 29:23 tout à fait

29:24 Fixer ses prix et rester soi-même

Interrogée sur la valeur de ses œuvres et de ses collaborations, Laura explique qu'elle négocie ses prix selon une échelle personnelle qui couvre au minimum son investissement et son temps, sans les adapter au profil du client. Elle développe ensuite son positionnement entre art populaire commercial et art de niche : elle refuse de multiplier des toiles répétitives pour vendre plus et préfère une patte artistique affirmée, quitte à vendre moins. Elle imagine ce qui pourrait la faire évoluer (une rencontre, un mentor) et où se situe sa limite : elle refuse par principe une commande, même très bien payée, qui la ferait sortir de son style.

Brice Boland 29:24 ça te rapporte plus quoi ce genre d'oeuvre plus d'argent de la notoriété de la créativité des rencontres qu'est-ce que tu retires de ça ?

Laura Payen 29:32 au niveau argent ça te rapporte entre guillemets ce que tu négocies et j'ai été payée évidemment pour faire ce genre de collab

Brice Boland 29:39 et comment tu sizes ça ?

Brice Boland 29:40 parce que finalement les oeuvres c'est toujours ça le point d'interrogation c'est tiens une oeuvre qu'est-ce que ça vaut ?

Brice Boland 29:46 comment tu sizes ça ?

Brice Boland 29:47 comment tu fites ça ?

Laura Payen 29:48 parfois t'as aussi on te dit voilà on a tel et tel budget t'acceptes ou t'acceptes pas, donc ça c'est libre choix, et après moi pour ce genre de projet t'as une expérience qui fait que tes prix évoluent au fur et à mesure, t'es aussi plus à l'aise avec les prix, moi je me dis toujours que les prix que je demande je suis à l'aise avec ça, et donc je me dis pas je vais adapter le prix en fonction de la personne en fonction du profil etc,

Laura Payen 30:10 ça je pense qu'il faut surtout pas faire, et que t'évolues au fur et à mesure et donc tes prix vont augmenter aussi t'as une notoriété qui va peut-être se faire et donc là clairement là c'est comme ça c'est d'office mais je pense que de base moi j'ai un certain budget où je me dis il y a de l'investissement, il y a de la créativité tu vends c'est pas un service mais tu vends un peu ce que toi t'as dans ta tête, ce sont tes idées et

Laura Payen 30:36 donc il faut mettre un prix dessus et donc je pense que j'ai une échelle si tu veux dans mon esprit et j'essaye toujours de me dire le minimum c'est d'office pour que tes heures soient payées pour que ton investissement soit payé

Brice Boland 30:50 Si tu as le choix entre deux chemins, donc l'art populaire qui finalement est accessible à tout le monde ou l'art un peu plus niche, comment est-ce que tu te définis ?

Brice Boland 30:57 Comment tu te positionnes ?

Laura Payen 30:58 C'est justement la transition où moi je me trouve maintenant.

Laura Payen 31:01 C'est que je ne veux pas tomber dans ce milieu de l'art populaire où tu as un peu...

Laura Payen 31:06 Qui est trop déco.

Laura Payen 31:07 Oui, qui est trop déco et qui est peut-être trop en mode commercial où tu ouvres l'atelier et tu as en fait 26 toiles et elles se ressemblent toutes.

Laura Payen 31:15 Et ça, je ne suis pas là-dedans, mais je n'ai surtout pas envie de tomber là-dedans.

Laura Payen 31:18 et moi j'ai envie de, ça me tient à coeur que chaque toile va avoir une histoire, que ce soit une commande ou alors une création pour moi il y a quelque chose derrière, il y a une réflexion et donc je me dis je préfère être peut-être dans une niche, un truc qui va peut-être faire moins vendre directement ou tous les jours tu vas peut-être pas avoir un mail qui te dit j'ai acheté via ton site mais en même temps j'ai un peu plus une patte artistique

Laura Payen 31:40 qui est mise en avant et là je crois que c'est une transition moi en tout cas je suis vraiment dans cette transition là où je j'ai envie de m'affirmer à 100% et que ça va peut-être moins plaire et qu'il y a peut-être des gens qui vont me dire je préférais ce que tu faisais avant mais en fait je m'en fous parce que j'ai envie de faire ce que j'ai envie et là maintenant il y a eu certains épisodes dans ma vie qui font que je parlais

Laura Payen 31:59 tantôt que je pense que ton art évolue avec ta vie quotidienne et là moi j'ai eu plusieurs transitions qui ont fait que ça change au niveau de mes idées, au niveau de mes inspirations et donc je préfère être dans une niche peut-être un petit peu plus petite que l'art commercial où tu auras peut-être plus de followers sur internet ça c'est sûr, mais au niveau de toi, ton esprit d'artiste, je ne sais pas si au final, ça te rapporte vraiment un...

Laura Payen 32:20 Je ne sais pas si tu es mieux, tu te sens mieux avec ça ou pas.

Brice Boland 32:23 Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour ce clivage et ce repositionnement ?

Brice Boland 32:26 Comment est-ce que ce que tu as fait à l'heure actuelle, qui te définit et justement, il y a une transition, comment est-ce que tu vas faire évoluer ça en fonction des couleurs, des collaborations, en fonction des rencontres ou des lieux ?

Brice Boland 32:40 Je ne sais pas.

Brice Boland 32:40 Comment tu vois ça ?

Laura Payen 32:42 Je pense qu'on peut me souhaiter aussi de rencontrer une personne.

Laura Payen 32:44 Peut-être une personne qui va faire que, via elle, je vais rencontrer d'autres personnes.

Brice Boland 32:49 Toi, ton levier, c'est vraiment une rencontre.

Brice Boland 32:52 Soit un galeriste, soit un gars qui va te chambouler sur la manière

Laura Payen 32:56 d'eux, c'est ça ?

Laura Payen 32:56 Peut-être quelqu'un où je vais me sentir accompagnée ou en tout cas...

Laura Payen 33:00 Un mentor ?

Laura Payen 33:03 Peut-être pas un mentor, mais quelqu'un qui sera curieux de ce que je fais et de se dire « Ok, en fait, il y a quelque chose qui m'interpelle dans son art et j'ai envie de l'amener peut-être quelque part ou de l'aider.

Laura Payen 33:10 » Et c'est aussi en sortant de ces expos un peu collectives ou des lieux où tu as non-stop ces mêmes artistes qui tournent et je veux sortir de tout ça c'est pas facile parce que c'est comme on en parlait avant t'as pas beaucoup de personnes qui t'appellent tous les jours et donc moi ce que j'ai envie c'est vraiment de sortir de ça et je pense que ça doit passer aussi par la transition que je suis en train de faire où je vais faire évoluer mon art,

Laura Payen 33:35 je vais garder ce côté coloré parce que c'est ma patte aussi mais je pense que c'est plus la façon dont je vais créer et moi j'ai envie que ce soit peut-être moins réfléchi, que ce soit plus spontané et de revenir à quelque chose que je faisais avant où je réfléchis moins en fait et après ça il n'y a rien à faire, c'est le côté de ma personnalité aussi je suis quelqu'un où je ne veux pas dire strict mais j'aime bien que tout soit bien rangé et

Laura Payen 33:59 tout ça, ce qui est un peu fou parce que parfois j'ai des gens qui me disent mais toi t'es vraiment artiste alors que tout est bien fait et en fait j'ai envie de faire évoluer cette partie là et de me dire tu ne réfléchis pas là maintenant tu y vas direct et tu crées un peu plus et de manière moins réfléchie et je pense que ça va passer par là et que ici je suis sur une nouvelle j'aime pas dire collection mais sur un peu des

Laura Payen 34:18 nouvelles oeuvres et je pense que justement ça peut peut-être me faire atteindre ce côté un peu plus niche

Brice Boland 34:26 qui décale de ce que t'as fait ?

Laura Payen 34:27 il n'y aura pas une transition où tu vas te dire on la reconnait plus du tout parce qu'en fait ce que j'ai fait jusqu'à maintenant ça me correspond toujours mais j'ai envie de faire évoluer et j'ai surtout pas envie de rester enfermée dans ce style où on va se dire ah bah tiens le rapayen c'est des oeuvres où t'as des figurines, des couleurs et voilà, j'ai envie de faire plus mais il y a un processus créatif qui sera toujours le même ou en tout cas qui

Laura Payen 34:48 restera la base de l'oeuvre

Brice Boland 34:50 parce que c'est aussi, il y a toujours un peu une notion de pari finalement, donc tu dis c'est un peu la roulette russe ou random je vais rencontrer quelqu'un ou alors quelqu'un qui a dit ok, I bet on you je vais t'exposer là-bas, peut-être qu'il n'y aura rien, peut-être que ça va te faire décoller, mais ceci un peu le fait la poule c'est-à-dire que, imagine-toi, tu dois un peu changer ta posture ou ton positionnement mais tu n'as peut-être pas envie, mais peut-être que tu vas le

Brice Boland 35:08 faire pour faire évoluer ton art c'est quoi ta limite par rapport à ça ?

Brice Boland 35:15 si je te dis en fait génial mais fais moi une oeuvre pour un million d'euros mais tu prends du noir et blanc tu dis oui ou pas ?

Laura Payen 35:22 un million d'euros t'es quand même tenté mais je le ferai pas tu dis quand même je réfléchis je réponds pas tout de suite non parce que ce serait pas moi

Brice Boland 35:28 parce que

Laura Payen 35:29 je pense que alors t'as la relation évidemment du montant où tu vas dire ok je vais quand même réfléchir deux secondes mais par contre tu vends un peu à ce moment là ton âme où tu vas plus du tout être inspiré parce qu'il te bouleverse etc et moi ça c'est hyper important j'ai mon style, je peux l'adapter mais c'est si je le décide et je pense que c'est important de rester soi-même et il y a des collabs qu'il faut refuser parce que si on ne s'y

Laura Payen 35:50 retrouve pas je pense qu'on est nourri par les collabs et que ce soit des deux parties au niveau des collabs mais je pense qu'il faut ça peut te faire sortir de ta zone de confort ça oui, mais tu dois quand même rester toi-même tu peux t'adapter au style de la personne ou à ce que la personne vend et le support mais tu dois rester toi-même, ça c'est important

36:09 Routines, création et marché de l'art en Belgique

Laura décrit l'absence de routine fixe dans son atelier, si ce n'est un carnet toujours à portée de main pour noter ses idées nocturnes. Brice apporte des chiffres sur le marché belge de l'art (environ 10 000 collectionneurs actifs, prix médian d'une œuvre entre 800 et 2500 euros) : Laura se situe dans cette moyenne et dit préférer le marché belge, plus attaché à la personnalité de l'artiste que le marché français. Elle explique aussi la difficulté à chiffrer le temps de réalisation d'une toile, entre l'étape rapide du crayon et les nombreuses couches de peinture.

Brice Boland 36:09 Est-ce que tu as des routines en place lorsque tu te mets dans ton atelier ou avant typiquement il y avait Honoré de Balzac qui quand il a fait la comédie humaine il a fait 15 heures d'affilée où il était occupé à peindre et il a bu 50 cafés c'était sa routine

Laura Payen 36:22 ah une routine dans ce sens là non moi je veux dire à chaque fois j'arrive où je me dis ok là je vais me mettre dans le silence puis je vais mettre de la musique et puis au final j'allume jamais la musique je reste quand même dans le silence et c'est 3 heures après où je vais me dire j'ai toujours pas mis de playlist rien du tout et donc après au niveau

Brice Boland 36:37 et tu danses avec tes pinceaux sans musique ?

Laura Payen 36:39 Je me parle parfois à moi-même ou ce genre de choses mais je recule un nombre de fois pas possible de la toile etc mais au niveau de routine non pas spécialement je pense que j'ai souvent un carnet même quasi tout le temps avec moi et ça c'est important parce que par exemple moi j'ai plus d'idées ou quand je suis un peu stressée ou alors le soir et donc c'est vrai que parfois la nuit ou tu vois les nuits blanches je vais me réveiller je vais me

Laura Payen 37:03 dire ok il y a ça, ça et ça et donc c'est vrai que maintenant j'écris plus j'essaye de faire des croquis même si c'est moche, mais au moins d'avoir toutes les idées sur papier.

Laura Payen 37:09 Mais en routine en tant que telle, non, ça pas spécialement.

Brice Boland 37:13 Un peu comme Salvatore Dali qui faisait des micro-siestes, des micro-sommeils pour capter les images.

Brice Boland 37:19 Il était assis, il faisait

Laura Payen 37:19 des micro-sommeils.

Laura Payen 37:19 Je pense que ça peut aider et en tout cas, c'est clair que si parfois je ne suis pas inspirée ou je me dis, ok, là je n'y arrive pas et parce que je sature, je pense que c'est important de faire une pause et de se dire, je sors, je m'aère et je ne reste pas dessus comme ça.

Brice Boland 37:33 Au niveau chiffres, je voyais qu'en Belgique, en tout cas en 2026, on estime qui a plus ou moins 10 000 collectionneurs actifs.

Brice Boland 37:39 Je vois qu'il y a une grosse différence entre les collectionneurs français et belges.

Brice Boland 37:44 Le français achète pour le statut, les belges achètent pour la collection, la réputation, le coup de cœur, souvent de manière un peu discrète, ils ne sont pas à show-off.

Brice Boland 37:51 Toi, tu penses que tu es mieux d'être sur le marché français ou sur le marché belge, sans le volume derrière, évidemment ?

Laura Payen 37:57 Je pense que je dirais le marché belge parce que peut-être qu'alors, il y a un attrait un peu plus important pour la personnalité, pour l'artiste en tant que tel.

Laura Payen 38:05 Et ça, moi, je pense qu'en tant qu'artiste, t'es plus touchée par ça.

Laura Payen 38:07 T'as plus envie que quelqu'un qui achète ton oeuvre soit touchée par elle, par toi, par ton parcours et tes inspirations.

Brice Boland 38:14 Ok.

Brice Boland 38:14 Je disais qu'en Belgique, le prix médian d'une oeuvre originelle d'un artiste, c'est entre 800 et 2500 euros.

Brice Boland 38:20 Toi, t'es dans cette moyenne ?

Brice Boland 38:21 Oui.

Brice Boland 38:23 Tu préfères rester dans cette moyenne et vendre X oeuvres par mois et t'as ton business plan qui est fait ou tu préfères te dire, ok, je vais devoir évoluer dans cette moyenne et en vendre peut-être un peu moins ?

Brice Boland 38:33 C'est quoi ton

Laura Payen 38:35 Moi j'ai un peu une seule règle c'est que ce que je crée à l'atelier j'ai pas envie de le garder pour moi et donc je me dis ok la toile elle vit dès le moment où je la commence parfois tu sais pas trop comment tu vas la terminer ni à quelle heure tu vas la terminer je pense que le plus dur parfois aussi dans un artiste c'est de se dire ok elle est terminée

Brice Boland 38:51 tu t'arrêtes là.

Brice Boland 38:51 C'est quoi le plus court et le plus long quand tu fais de la toile ?

Laura Payen 38:53 En création dans le processus le plus court la première étape c'est en crayon et donc là c'est hyper court et le plus long c'est en peinture parce que j'ai énormément de couches à mettre et après le temps de réalisation d'une toile c'est très dur à chiffrer parce que je commence une toile parfois je vais partir sur un croquis, parfois je vais partir sur autre chose puis je vais revenir sur la toile puis il va y avoir trois jours qui vont passer et j'ai pas un quotidien

Laura Payen 39:18 qui fait que je peux créer une toile du matin au soir et me dire ok je fais ça pendant trois jours et elle est faite l'étape la plus facile c'est le crayon de base parce que sûrement d'habitude t'as fait aussi un croquis peut-être sur papier

Brice Boland 39:31 c'est quoi le minimum 20-30 heures et maximum 1000 heures

Laura Payen 39:34 c'est très dur à chiffrer

Brice Boland 39:36 j'imagine

Laura Payen 39:38 en assemblant tout on va dire allez t'as une semaine si t'as une semaine complète et je pense que tu peux avoir une oeuvre terminée en tout cas moi je sais qu'il y a des gens qui créent beaucoup plus vite mais moi j'ai besoin d'avoir au moins une bonne semaine pour faire une oeuvre si je fais que ça

39:52 La Louvière, vivier artistique

Brice relève que La Louvière, souvent réduite à son image de "cité des loups", est aussi un vivier artistique historique, citant le sculpteur Pol Bury. Laura complète en évoquant le centre Keramis, installé dans l'ancienne faïencerie Boch, riche en céramique, et le renouveau culturel de la ville autour de ce patrimoine industriel encore trop peu mis en valeur.

Brice Boland 39:52 ce qui n'est pas le cas t'es en agile tout le temps fun fact je savais pas du tout on appelle souvent la Louvière la cité des loups ça on le sait mais c'est aussi un vivier surréaliste Pol Bury que tu connais donc historiquement les artistes louviérois ont toujours eu ce côté fonceur anticonformiste et donc en fait apparemment là où Bruxelles sature de galerie il y a quand même des viviers dans d'autres types de villes et la Louvière en fait partie je ne savais pas du tout

Laura Payen 40:20 la Louvière c'est une ville assez riche déjà il y a le centre Keramis donc ça c'est par exemple c'est une sorte de je veux dire de musée et en fait c'est l'ancienne faïencerie Boch et là-dedans tu peux retrouver tu as une richesse énorme de céramique et par exemple Tiva tu es en immersion complète tu as des anciens fours etc et tu as un peu des œuvres d'art qui se trouvent à gauche et à droite dans la ville et on l'oublie un petit peu il y a

Laura Payen 40:47 un renouveau dans la ville actuelle qui fait qu'on essaye de mettre en avant cette touche artistique et il y a des artistes qui méritent par exemple Pol Bury a des fontaines dans la ville et voilà là on est en train un peu de refaire les alentours de cette fontaine et je trouve que c'est important parce que c'est peut-être pas assez mis en valeur, on l'oublie un petit peu et il y a des points où il y a moins de galeries par exemple à Bruxelles tu vas

Laura Payen 41:08 avoir beaucoup plus de galeries à la Louvière pas vraiment mais je pense que t'as des excuses, en tout cas des bonnes excuses pour venir à la Louvière et te dire en fait il y a d'autres choses à découvrir que oui ok c'est la cité des loups mais il y a des choses culturelles à découvrir qui sont hyper chouettes.

Laura Payen 41:22 Ok, la question

41:24 L'IA, la différenciation et les collabs de rêve

Face à la question de l'IA générative (Midjourney, Nano Banana), Laura répète sa méfiance : un client qui passerait par l'IA pour imiter son style n'est pas un vrai client, faute d'échange avec l'artiste. Elle défend l'expérience et la flexibilité (hôtel, ascenseurs, vareuse) comme atout face à la concurrence des collaborations artistes-marques, de plus en plus fréquentes. Interrogée sur la collaboration ultime, elle cite les sacs customisés par des artistes chez Dior, et présente sa collaboration réelle avec la marque belge de papier peint Shiny Step, fondée par l'entrepreneuse Ségolène.

Brice Boland 41:24 un peu old school finalement ici maintenant en 2026 on peut générer des oeuvres au niveau digital, au niveau de l'IA donc là je pourrais mettre sur Midjourney ou sur Nano Banana fais moi une oeuvre avec l'inspiration de Laura Payen il va me faire quelque chose de très correct comment est-ce que tu vois la suite comment tu vois l'évolution de ça

Laura Payen 41:43 alors moi je suis quelqu'un qui n'utilise pas vraiment l'IA, je devrais mais vraiment c'est un truc qui me fait peur est-ce que c'est mon côté terre à terre d'artiste ou crayon de couleur et papier est-ce que c'est un concurrent l'IA concurrent en tout cas je pense qu'un client qui va passer par l'IA pour se dire, je vais en fait créer une œuvre de Laura Payen, ce ne sera pas un client.

Laura Payen 42:02 Et donc, cette personne-là, c'est d'office une personne que tu n'as pas envie de toucher.

Laura Payen 42:06 Parce qu'il n'aura pas la curiosité de se dire, j'ai envie d'avoir un vrai, j'ai envie d'avoir un échange avec l'artiste.

Laura Payen 42:12 Je pense que la carte à sortir pour, entre guillemets, peut-être contrer l'IA dans notre domaine, c'est que l'IA n'a pas un échange.

Laura Payen 42:20 L'IA, tu ne peux pas être dans son atelier, tu ne peux pas découvrir l'étoile, tu ne peux pas avoir le bordel non plus dans l'atelier.

Laura Payen 42:26 Tu n'as pas l'expérience.

Laura Payen 42:27 et moi que ce soit des commandes ou alors mes créations il y a une vraie explication de mon ressenti, de ce que j'ai voulu transmettre à travers la peinture et donc ça je pense qu'on peut te faire un copier-coller mais l'IA ne va pas réussir à avoir cet échange avec le client

Brice Boland 42:43 Est-ce que justement ton degré de différenciation c'est pas non plus dans cette expérience de dire moi j'ai fait un hôtel, j'ai fait un ascenseur j'ai fait une vareuse c'est ça le vrai côté artiste c'est pouvoir être flexi par rapport à tout type de demande

Laura Payen 42:55 je pense que c'est un atout de se dire on peut sortir de la toile et faire de nouvelles choses je pense que c'est surtout une carte qu'il faut jouer parce qu'à l'heure actuelle il y a des collabs partout il n'y a pas que du bon ça c'est certain je trouve ces temps-ci où les artistes sont hyper en vogue évidemment et ça fait bien de collaborer avec un artiste mais il y a des choses qui sont hyper riche, il y a des collabs qui sont magnifiques et

Laura Payen 43:17 qui arrivent à mettre en valeur deux choses qui sont complètement différentes et à ce moment-là elles nourrissent autant l'artiste que la marque et ça je trouve qu'en tant qu'artiste actuellement c'est important

Brice Boland 43:30 c'est quoi la collab ultime que tu voudrais avoir ?

Laura Payen 43:33 alors il y a Dior qui fait des sacs et en fait il y a certains artistes et ils customisent le sac et donc je crois qu'ils ont carte blanche pour refaire vraiment le sac à leur manière et donc t'as vraiment t'as un effet évidemment dans les matières qui sont choisies dans les perles etc et ça c'est magnifique et autant je trouve que la collab est bien parce que tu as des artistes qui sont connus, qui sont déjà connus et il y en a d'autres qui le

Laura Payen 43:58 sont moins.

Laura Payen 43:58 Et donc ça, par exemple, quand tu découvres les comptes Insta, etc., tu vas un peu voir le portfolio et tu te rends compte que tu as des artistes qui ont peut-être 2000 followers sur Instagram, mais qui ont fait cette collab.

Laura Payen 44:08 Et en fait, tu te dis, là, la marque, elle a été attirée par le profil de l'artiste.

Laura Payen 44:12 Elle a été attirée parce que l'artiste peut transmettre ou a envie de transmettre.

Laura Payen 44:16 Et là, c'est là que tu te dis que, OK, ça sert aux deux, mais qu'il y a un vrai esprit derrière.

Laura Payen 44:20 Et ce n'est pas juste, on va faire une collab pour redorer notre image ou pour faire sortir un produit et donc là je dirais que c'est la collab ultime ça serait magnifique surtout que ça lie un peu la mode

Brice Boland 44:32 le féminin.

Brice Boland 44:32 Et comment tu fais du coup tu postules ou t'envoies des...

Laura Payen 44:36 Je crois qu'à mon avis ça c'est Dior qui t'appelle et qui te fait un petit DM je pense Ouais ?

Laura Payen 44:40 Mais après...

Laura Payen 44:40 Pourquoi pas envoyer

Brice Boland 44:42 un truc et on se dit ça, on termine et puis

Laura Payen 44:44 on envoie un petit truc.

Laura Payen 44:44 Ouais c'est ça et après je vais déjà faire le message

Brice Boland 44:46 Non tu vois comme mes chaussures là tu vois au lieu d'avoir des trucs un peu vaches, t'envoies un Nike

Laura Payen 44:50 Je pense qu'il faut, il y a une partie de culot ça c'est certain et moi je n'ai pas peur de le faire je me dis que ça peut marcher juste bien sûr il faut se dire est-ce qu'à l'heure actuelle est-ce qu'on va vraiment recevoir ton message est-ce que la personne qui est derrière va se dire je ne fais pas suivre ou bien sûr je passe le message mais je pense que le culot ça doit fonctionner après par exemple moi je pense que ici dans un petit

Laura Payen 45:10 temps je pourrais le faire mais quand j'aurai vraiment de nouveau acquis cette satisfaction de me dire là ok ma transition elle est terminée je suis vraiment fière de ce que je présente de mon style de mon évolution aussi

Brice Boland 45:26 t'es très humble mais t'es quand même fière je suis super fière

Laura Payen 45:31 mon parcours je suis super fière ça bien sûr mais c'est sûr que t'as des attentes qui sont là mais je suis super fière de ce que j'ai déjà pu réaliser et surtout je me dis je suis toute seule en fait et heureusement j'ai aussi un environnement familial qui est hyper important qui m'a toujours soutenue, il y a certaines tâches que je délègue aussi autour de moi et où ça c'est je pense important parce que tu sais pas tout faire non plus mais je sais qu'eux sont

Laura Payen 45:52 fiers, je sais qu'ils me poussent à faire aussi d'autres choses, mais il y a un moment où t'as envie de rentrer dans une autre dimension et te dire je peux y arriver aussi et je crois que tu dois croire en toi ce que moi je fais, mais là j'ai envie d'un petit peu plus

Brice Boland 46:06 Il y avait justement cette tendance pour les marques de luxe, alors pourquoi pas aller Dior c'est une idée, mais pourquoi pas aller vers une marque belge, on brainstorm en direct avec ce côté un peu cheval de Troie et les marques de luxe qui veulent s'humaniser en s'associant avec des artistes donc moi je pense qu'il y a vraiment une carte à jouer là-dessus après je connais pas toutes les marques de sac de mode belge mais il faut peut-être y aller à fond là-dessus

Laura Payen 46:29 en tout cas il y a des collabs et c'est vrai que par exemple ici je suis sur une collab qui sort un peu de l'ordinaire et par exemple c'est une collab sur un papier peint donc là c'est une marque belge et c'est vrai que là c'est vraiment mettre deux univers ensemble

Brice Boland 46:44 et là c'est breveté Laura Payen papier peint

Laura Payen 46:46 c'est style c'est vraiment un mix donc ce sera Shiny Step et Laura Payen et donc c'est une marque belge c'est Ségolène qui est une entrepreneuse je dirais comme moi parce que moi j'aime bien aussi cette casquette d'entrepreneuse artiste et là en fait on fait une collab ensemble où on va créer deux papiers peints elle avait une idée, un thème en fait qu'elle voulait mettre en avant dans les papiers peints qui est un peu plus un thème de bien-être dans l'habitat et elle elle a un peu

Laura Payen 47:10 une niche sur l'enfance ce qui à la base moi est un peu plus éloigné de mon univers mais qui je pense avec la naissance de ma fille a fait que j'arrive à me projeter dedans et en fait on a créé, ici on est sur deux papiers peints, sur cette gamme du bien-être de l'habitat et en fait on arrive moi à partir d'une illustration que j'ai créée qu'elle va mettre en page à sortir comme ça de deux papiers peints qui vont pouvoir être proposés à la vente

Laura Payen 47:37 et on aura aussi un motif qui peut très bien être utilisé par exemple dans l'enfance comme dans un hall ou comme dans un salon, donc voilà et ça par exemple c'est belge et je trouve que c'est important c'est un profil qui est similaire similaires aux miens et donc je pense clairement qu'au niveau de la Belgique il y a des choses à faire et t'as des grandes marques internationales où tu te dis ça c'est un peu le Graal ce serait magnifique mais ça veut pas pour autant

Laura Payen 47:58 dire qu'une petite marque ne va pas faire que tu vas avoir une super collab et tu peux avoir aussi une com autour qui est géniale.

48:06 Questions en rafale et anecdotes

Dans un jeu de questions rapides, Laura choisit Knokke plutôt que La Louvière pour exposer, affirme ne plus avoir de client difficile depuis qu'elle échange en amont sur les couleurs, et ne voit pas l'argent comme un tabou dans l'art mais plutôt pour les visiteurs qui n'osent pas demander le prix en expo. Elle partage plusieurs anecdotes : la vente mythique d'une toile à un acheteur parisien reçu par ses parents le soir de son accouchement, une cliente ayant fait changer l'architecture de son appartement à la mer pour une toile, sa rencontre marquante avec l'artiste Arne Quinze qui l'a poussée à s'affirmer, et la salle "Payen" à l'hôpital de Jolimont, confondue par les patients avec celle de son père médecin.

Brice Boland 48:06 J'ai un petit jeu pour toi, c'est les questions sans filtre, donc il faut faire en mode rafale, t'as l'occasion d'exposer

Laura Payen 48:12 La Louvière ou Knock ?

Laura Payen 48:12 Je dirais Knock parce que La Louvière ils m'ont déjà trop vue après c'est même pas Knok mais une autre ville pour aller ailleurs sortir et rencontrer d'autres gens ok

Brice Boland 48:23 ton pire client relou donc celui qui veut que tu changes une couleur pour que ça aille avec son tapis ou j'en sais rien ça serait quoi ?

Laura Payen 48:32 je pense que là maintenant comme je suis dans le domaine artistique un vrai artiste j'ai plus ces clients là il n'y a pas de choix non déjà il aura un coup de coeur sur la toile ou il ne l'aura pas après même quand je fais des commandes il y a un échange avant qui fait que je vais savoir directement s'il y a une couleur qu'il n'aime pas ou souvent quand je fais un échange sur les commandes je teste un peu ma palette pour voir parce qu'il

Laura Payen 48:52 y a certaines couleurs qui sont plus chaudes, plus froides etc et donc il y a un ressenti qui est différent et donc l'échange avant la commande va faire que je n'aurai pas cette question là de tu peux changer mais au début j'ai dû le faire maintenant je crois que je ne le ferai plus de toute façon

Brice Boland 49:05 L'argent dans l'art, tabou ou moteur de liberté ?

Laura Payen 49:10 Moi je ne vois pas ça comme un tabou je pense que c'est tabou pour les un peu pour les visiteurs et qu'il y a beaucoup de gens qui se disent voilà je vais voir une oeuvre par exemple exposée en expo il n'y a pas le prix, je n'ose pas demander le prix alors qu'en fait je pense que parfois ça reste abordable pour les gens c'est clairement ça peut être un investissement c'est pas un prix que tu vas retrouver sur le tableau chez Maison du Monde ou

Laura Payen 49:29 autre mais ça peut rester abordable si tu vois ça comme un investissement coup de coeur comme quelque chose où tous les jours tu vas passer devant et te dire j'ai un ressenti de fou, je ne regrette pas de l'avoir acheté donc il y a un tabou au niveau des expos où une fois que le prix n'est pas directement affiché ça peut je pense générer une réaction où les gens vont se dire je ne vais pas plus loin je n'ose pas demander après moi je n'ai pas

Laura Payen 49:52 de soucis au niveau du prix à les communiquer ou quoi que ce soit ok

Brice Boland 49:57 la collab rêvée ou le travail en binôme avec ton enfant ou avec Barbara Cox ?

Laura Payen 50:03 avec mon enfant d'office ?

Laura Payen 50:04 oui bien sûr ça parce que déjà alors par exemple elle commence alors elle commence ici elle a 15 mois donc on se calme

Brice Boland 50:12 elle commence à mettre des pattes

Laura Payen 50:15 alors là ça c'est horrible parce qu'au début je pouvais très bien quand elle était en portage ça c'était nickel, maintenant c'est l'enfer mais là elle commence, ou déjà elle est hyper intriguée parce qu'elle a souvent été dans mon atelier et donc je vois qu'elle est curieuse, elle réagit un peu dès qu'il y a des trucs et c'est vrai que là je commence à lui donner un peu des crayons et alors j'essaye qu'elle ne le bouffe pas qu'elle ne se crève pas un oeil, mais elle fait

Laura Payen 50:34 des trucs où je me dis, elle dessine déjà donc là je suis toute émotive, je me dis ça y est ça commence donc je rêve de faire une collab avec elle et de me dire au moins elle aura aussi une spontanéité qui fait que là maintenant c'est peut-être aussi une question sur mes oeuvres où je me dis j'ai envie de revoir ce côté spontané qu'un enfant peut avoir dans une oeuvre

Brice Boland 50:52 T'avais quelques petites anecdotes on avait discuté, donc t'as vendu une toile le jour de ton accouchement

Laura Payen 50:58 Oui, en fait c'était un parisien qui voulait, j'avais en fait une date de visite d'atelier et c'était au moment des fêtes, mais ça devait se faire style, je ne sais pas moi, le 18 décembre, un truc comme ça.

Laura Payen 51:08 Moi, je devais accoucher le 4 janvier.

Laura Payen 51:10 Et en fait, je dis écoute, il n'y a pas de souci, c'est au milieu des fêtes, mais sans problème.

Laura Payen 51:14 Et il vient à la base pour visiter l'atelier.

Laura Payen 51:18 Je lui dis la seule chose pourrait faire que si j'accouche, c'est un peu compliqué.

Laura Payen 51:21 Et en fait, j'ai deux ateliers.

Laura Payen 51:22 J'ai un atelier chez moi au Rue, mais j'ai aussi un atelier en fait à la Louvière, chez mes parents.

Laura Payen 51:26 Et donc, je lui dis si moi, je ne suis pas là, je m'arrangerai pour que mes parents soient là.

Laura Payen 51:30 Et en fait, j'accouche le 25 décembre, je pars la nuit du 24 au 25 et je me dis merde le gars va venir et en fait c'est mes parents qui ont reçu le gars parce que lui il venait vraiment pour deux jours de France et donc il est venu il a acheté la toile qu'il avait vue sur mes réseaux et il a rencontré mes parents qui devaient être en euphorie totale donc à mon avis je crois que mon père a sorti le champagne et tout ça

Laura Payen 51:52 mais pas pour la toile du tout

Brice Boland 51:53 mais en mode

Laura Payen 51:54 je suis grand-père c'est génial c'est une vente qui est mythique donc je n'ai jamais rencontré le gars mais par contre on a échangé après et je ne l'ai pas mis par un de ma fille, pas du tout.

Laura Payen 52:06 Mais voilà, j'ai dans le but où je me dis que ce serait super de le rencontrer et c'est prévu par la suite.

Brice Boland 52:11 Ok.

Brice Boland 52:11 Est-ce que tu as d'autres anecdotes ou histoires un peu loufoques ?

Laura Payen 52:14 Alors, j'ai une fois une dame, j'avais fait une expo solo et en fait, c'est une dame qui rentre, qui a un coup de cœur, c'était sur une grande toile et donc en fait, c'était un diptyque.

Laura Payen 52:22 Donc c'est vraiment, c'était deux toiles de chacune, un mètre sur un soixante et c'est deux toiles qui communiquaient vraiment ensemble.

Laura Payen 52:29 Donc elle s'appelait l'une et l'autre et direct, elle rentre, elle me dit j'ai un coup de coeur, le mari n'était pas là le mari rentre après le coup de coeur est confirmé, il dit ok j'aime beaucoup, entre guillemets c'est bon chéri, on peut et en fait la toile, elle, elle la voyait dans son appartement à la mer et donc ils se disent ok on y va, sauf qu'en fait la talmarie qui est un peu en mode, ouais mais là il y a un radiateur et donc

Laura Payen 52:48 en fait la dame a dit je m'en fous du radiateur on va tout faire changer, et donc en fait elle a changé un peu le de la pièce pour pouvoir mettre la toile à la mer pour pouvoir la mettre où elle la voyait donc ça je trouvais ça assez génial

Brice Boland 53:04 Ok, tu me disais que tu avais eu la chance d'être invitée par Arne Quinze, on dit Quinze

Laura Payen 53:11 Je pense, oui, en tout cas moi j'ai toujours dit Arne Quinze il m'a jamais corrigé

Brice Boland 53:15 Dans sa maison, son atelier, explique un peu

Laura Payen 53:17 En fait, ça c'est il y a des années c'est une super rencontre et ça arrivait un peu à la transition c'était avant le Covid et ça arrivait à la transition justement quand j'étais un peu dans le style déco parce que je travaillais chez Flamand à Rue de Saint-Genèse et en fait je l'ai rencontré on s'était contacté je pense que c'est via Instagram et j'avais été invité à aller chez lui dans son univers et donc il a une maison extraordinaire donc lui il est inspiré évidemment vraiment

Laura Payen 53:39 beaucoup par la nature et donc il a déjà un jardin qui est somptueux et j'ai pu découvrir ses oeuvres, j'ai pu discuter avec lui voir sa manière de créer je suis retournée une ou deux fois et en fait lui m'a vraiment dit il m'a vraiment poussé en mode allez maintenant tu t'affirmes, tu t'enfermes pas dans ce truc là où on va pas vraiment te remarquer mais tu dois t'affirmer à 100% est-ce que t'as envie de transmettre bah tu le fais et tu te poses pas de

Laura Payen 54:05 questions et en fait ça m'a vraiment aidé c'est vraiment une rencontre qui a été super productive pour moi et il a un univers aussi qui est particulier voilà c'était une très chouette rencontre et par la suite je lui ai envoyé un peu ce que je faisais etc et voilà c'est pas dire qu'il m'a dit t'es en bonne voie mais en tout cas je pense que lui il a dû se dire aussi il y a eu un écho qui s'est fait

Brice Boland 54:27 ok j'ai une petite animation en tête là mais je pense à un autre truc tu sais il y a les avions avec S&S avec Tintin ils ont fait Tomorrowland etc donc tu vas pas prendre cet exemple là donc ça serait magnifique d'avoir un avion le rapayen ça serait quoi quelque chose un endroit un espace où tu te dis ok ça ça serait une collaboration avec la région la ville incroyable la charcuterie locale la poste je sais pas

Laura Payen 54:55 alors un endroit, c'est drôle mais par exemple chez nous dans la région, t'as l'hôpital de Jolimont Jolimont bien sûr, très connu et donc là il faut savoir qu'il y a une salle païen

Brice Boland 55:03 ah ouais ?

Laura Payen 55:04 en fait on a fait une expo et en fait il y avait un nouveau une nouvelle machine qui arrivait alors c'est un truc pour des opérations du coeur etc je saurais pas rentrer dans les détails mais on a fait une expo et en fait ils ont contacté trois artistes de la région pour acheter des oeuvres, donc il y avait une oeuvre de chaque artiste à mettre justement dans ce service et après c'est venu par la suite qu'il y avait trois nouvelles salles et que la salle

Laura Payen 55:28 portait le nom de chaque artiste et donc en fait moi il y a la salle païen et il faut savoir que moi mon papa est médecin généraliste et donc il se retrouve à avoir la salle païen sauf que maintenant je pense que tous les patients pensent que la salle est à mon père sauf qu'en fait pas du tout donc voilà ça c'est l'anecdote un peu de ta question mais un lieu je pense que franchement une vraie installation ça pourrait être chouette donc par exemple là tu

Laura Payen 55:49 prends l'exemple de la Tomorrowland mais d'avoir peut-être un, je ne sais pas moi si il t'a une foire et d'avoir un peu carte blanche pour customiser ou pour, voilà les gens vont arriver directement dans ton univers c'est la première chose qu'ils vont voir avant d'aller dans les stands, voilà et d'avoir carte blanche mais de pouvoir jouer sur différents tableaux, de se dire je peux faire des toiles je peux faire des sculptures, je peux faire plein de choses et donc ça, ça pourrait être pas mal

56:17 Défi dessin en direct

Laura relève le défi de déconstruire en direct, en 60 à 90 secondes, le logo de "Coucou ma biche" avec des marqueurs, en expliquant sa méthode habituelle : prélever des morceaux de formes ou de figurines pour recomposer un ensemble, quitte à ce que certains détails ne soient perçus qu'après plusieurs visionnages de la toile. Elle en profite pour évoquer sa palette de couleurs, volontairement apaisante et jamais agressive, et sa manière de reprendre une toile ratée plutôt que de la jeter.

Brice Boland 56:17 Ok, petit challenge en 60 secondes, peut-être 90 secondes je te laisserai un peu dessiner le portrait, le logo Coucou ma biche je t'avais demandé de ramener quelques marqueurs quelques feutres quelques ustensiles sachant que cette oeuvre sera reversée au télévis

Laura Payen 56:36 télévis ou si je suis célèbre un jour pour payer tes travaux ou quelque chose comme ça

Brice Boland 56:41 je préfère au télévis t'inquiète

Laura Payen 56:42 en fait moi ce qui va m'inspirer par exemple dans ton logo je vais pas le reproduire tel quel mais c'est en fait les formes le contour qui va m'inspirer et qui va faire que je vais créer un ensemble à partir de tout ça.

Laura Payen 56:57 Là, si tu ne comprends rien, c'est normal.

Laura Payen 57:00 C'est dans ma tête.

Laura Payen 57:01 On va dire que c'est l'artiste en tant que tel.

Brice Boland 57:03 Je pensais que je devais, moi, t'expliquer comment jouer ça.

Brice Boland 57:05 Mais je ne vois pas du tout.

Laura Payen 57:07 Par exemple, je ne sais pas si là, on me voit, si je fais là, ici.

Brice Boland 57:11 Là, on ne te voit pas trop, mais c'est pas grave, on verra la suite.

Laura Payen 57:13 En fait, par exemple, tu vas avoir le coucou, on va dire.

Laura Payen 57:15 Et donc, moi, si tu veux, je vais commencer comme ça.

Laura Payen 57:19 Ça va être vilain, mais...

Brice Boland 57:21 Non, pas du tout.

Brice Boland 57:22 Déjà, ne le sachez pas faire.

Brice Boland 57:23 Ça va.

Brice Boland 57:24 Non, mais je ne te cherchais pas le faire.

Laura Payen 57:25 Et en fait, tu vois, au lieu de faire le coucou, moi, par exemple, tu vas avoir ton O qui va venir ici.

Laura Payen 57:31 Et puis, de ton U, je vais prendre cette partie-là, que je vais venir comme ça.

Laura Payen 57:37 Et puis, tu vas peut-être avoir la partie du B qui va venir se couper comme ça.

Laura Payen 57:41 Et puis, ici, le I de ma biche, comme ça.

Laura Payen 57:45 Mais tu vas avoir le rond ici.

Laura Payen 57:46 Et en fait, par exemple, là, ce que je fais, je déstructure ton logo.

Laura Payen 57:49 Moi, c'est ce que je fais avec les figurines féminines que j'utilise.

Laura Payen 57:51 Je viens en fait les mettre un peu à gauche et à droite.

Brice Boland 57:53 Tu prends une jambe par-ci, un bras par-là ?

Laura Payen 57:55 Je vais prendre une jambe par-là.

Laura Payen 57:55 Une figurine, par exemple, tu vas avoir, je ne sais pas, le buste en entier.

Laura Payen 57:59 Moi, je vais prendre la partie du bras parce que c'est ça qui va m'intéresser.

Laura Payen 58:04 Et donc là, dans ton logo, c'est la même chose.

Laura Payen 58:07 Dans toutes les toiles, je vais te dire, tu as des figurines que tu vas avoir directement.

Laura Payen 58:10 Et il y a des choses où les gens, c'est en revoyant plusieurs fois la toile qu'ils vont se dire, mais là, en fait, il y a une silhouette, il y a quelqu'un de profil.

Laura Payen 58:17 Et le fait d'utiliser comme ça plusieurs, je dis toujours des figurines mais plusieurs silhouettes mais où t'as pas parfois la partie entière de la silhouette, ça va te donner d'autres formes en fait et t'as une interprétation qui va être aussi différente, j'ai parfois des gens ou alors ça c'est des amis qui ont acheté une toile et elle est exposée leur salon au bout de la table et en fait eux ils m'expliquent que style ils font énormément de fêtes et que la toile à la fin des

Laura Payen 58:40 fêtes t'as toujours au moins un gars qui va dire moi là je vois un sanglier quoi sauf qu'il n'y a pas du tout de sanglier de base

Brice Boland 58:46 il le dit pas au début il le dit à la fin

Laura Payen 58:47 il le dit à la fin après 2-3 verres de vin même plus et après c'est ce que j'aime bien aussi c'est que t'as un côté un peu fourre-tout dans la toile t'as des figurines que tu vas d'office voir et d'autres qui vont passer un peu inaperçues mais qui vont faire aussi ressortir celles que tu vois et là par exemple clairement tu vas peut-être te dire ok je vois plus le haut de Coucou mais là tu vois pas que t'as une partie comme ça du M mais

Laura Payen 59:09 c'est une composition et je crée comme ça à partir de morceaux de certaines choses ok

Brice Boland 59:16 donc là t'as mis le C en noir

Laura Payen 59:17 donc là par exemple t'as le C tu vas avoir le haut ici tu as une partie du haut et après toutes ces parties là moi je vais venir il faut imaginer que c'est à la peinture avec un peu plus de temps et de précision

Brice Boland 59:30 c'est quoi la bonne balance de couleurs à avoir ?

Brice Boland 59:34 on dit qu'il faut X couleurs ou pas vraiment ?

Laura Payen 59:36 moi en tout cas je le fais vraiment comme je le sens j'ai une palette qui est hyper grande c'est ça aussi que je vais essayer c'est de faire des oeuvres où tu as peut-être moins de couleurs et donc avoir un ressenti peut-être un peu plus avec une couleur particulière pas du monochrome mais avoir comme ça peut-être une sélection de 3-4 couleurs après je pense qu'à un moment moi je veux toujours que mes toiles elles soient apaisantes pour le visiteur mais surtout qu'elles soient pas agressives en

Laura Payen 1:00:03 tout cas moi c'est pas du tout ce que j'ai envie de faire paraître

Brice Boland 1:00:07 je te rassure je vois zéro agressivité là-dedans

Laura Payen 1:00:09 non mais je veux dire toi t'as des par exemple le noir, l'utilisation du noir pour moi parfois elle est importante parce qu'elle fait ressortir certaines couleurs, mais t'as aussi des gens qui disent moi je trouve ça hyper négatif, ça m'agresse un petit peu, mais voilà, il faut savoir je pense le doser, et après ça dépend aussi de mes humeurs de mon quotidien, il faut peut-être que si là demain matin je me lève que ça va pas j'aurais peut-être envie de mettre une dose de noir

Brice Boland 1:00:31 de fou.

Brice Boland 1:00:31 Ok, ok.

Brice Boland 1:00:31 T'as jamais eu des oeuvres comme ça où tu te dis au début tiens, je vais peut-être arrêter, puis tu continues et en fait finalement elle est canon et tu la vends ou le contraire, des oeuvres où tu dis en fait c'est canon, et puis à la fin tu dis non, pas du tout et tu les jettes.

Brice Boland 1:00:46 Oui.

Brice Boland 1:00:47 Je ne sais même pas si ça se jette, une œuvre.

Laura Payen 1:00:49 Est-ce que tu refais dessus ?

Laura Payen 1:00:50 Moi, je ne jette pas parce que je me dis, enfin, pas que je refais dessus, mais style, je vais peut-être un peu poncer, remettre une couche de blanc et me dire, voilà, OK, j'ai remis le bon médium et je vais pouvoir repartir dessus.

Laura Payen 1:01:04 Ça m'arrive de commencer et de ne pas trop savoir où je vais ou au contraire, de me dire, OK, c'est une commande et par exemple, je sais que je dois aller vers ça et en fait, au final, je m'éloigne de fou et je me dis, là je suis pas dans le bon mais ça arrive de faire des choses que t'aimes pas, oui, et là à ce moment là y'a rien à faire, ça reste c'est ton portfolio, c'est ce que toi tu ressens et ce que t'as

Laura Payen 1:01:25 envie de montrer, donc dans ces cas là je repasse dessus clairement

1:01:28 Message de fin et remerciements

Pour conclure, Laura insiste sur l'importance d'encourager la créativité, la sienne comme celle des enfants qu'elle rencontre dans les ateliers qu'elle anime en écoles. Elle indique où la retrouver (Instagram, son site laurapayen.com, Facebook) avant les remerciements de clôture avec Brice.

Brice Boland 1:01:28 Qu'est-ce que t'as envie de laisser ici, de partager quel message t'as envie de donc on va laisser, y'a peut-être un sujet que t'as pas t'as pas décrit là pendant cet épisode et pendant cette petite interview est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais ici laisser

Laura Payen 1:01:42 Je pense que c'est important de, si tout le monde peut être créatif, mais que c'est important si on ressent la moindre curiosité autour d'un art, c'est d'y aller à fond.

Laura Payen 1:01:51 Et moi, j'ai eu cette chance d'être encouragée quand, par exemple, j'aimais le dessin.

Laura Payen 1:01:54 Peut-être que sans ça, j'aurais pas été vers un profil, entre guillemets, d'artiste et de me dire, je peux en faire ma profession.

Laura Payen 1:02:00 Et je pense qu'être encouragée, c'est top.

Laura Payen 1:02:03 Et si on peut, en tout cas, approfondir ici, moi, par exemple, je donne des ateliers dans des écoles et c'est vrai que j'ai souvent des élèves qui me disent, à moi ça me calme, j'aime bien ou j'en fais à la maison comme je parle au contraire des élèves qui me disent j'ai pas envie et je vois direct sur sa tête qu'il a pas envie de faire l'atelier et en fait au final c'est celui qui est peut-être le plus calme et qui va bien peindre par la

Laura Payen 1:02:20 suite et ces enfants là je me dis ok on les encourage peut-être via l'atelier ou en tout cas on va leur donner envie de chez eux continuer et j'ai parfois des parents qui vont m'envoyer des photos de leurs enfants qui ont fait à partir de mon procédé créatif des dessins le week-end après l'atelier et ça je me dis c'est génial parce que c'est comme moi j'ai eu avec mon cours de dessin et donc je pense qu'il faut encourager non-stop et qu'à l'heure actuelle une belle oeuvre

Laura Payen 1:02:44 c'est peut-être pas une oeuvre qui est belle mais c'est une oeuvre qui fait ressentir quelque chose et donc je pense que c'est important même quelqu'un qui dit je sais pas dessiner si tu sais pas dessiner entre guillemets ou en tout cas si ton bateau les proportions sont pas belles bah ton bateau la façon dont tu le fais il va faire réagir quelqu'un et je trouve que c'est hyper important d'y aller à fond et de se dire bah j'y crois quand même et il y a moyen

Laura Payen 1:03:04 et à l'heure actuelle être artiste je pense qu'il y a quand même moyen aussi de réussir et de faire sa vie

Brice Boland 1:03:09 bien sûr je crois aussi là c'est ton but c'est ce qu'on peut te souhaiter c'est continuer à fond là-dedans

Laura Payen 1:03:13 c'est de faire ça du matin au soir et dans 10 ans me dire j'évolue toujours je peins et je fais ce que j'aime tous les matins ok

Brice Boland 1:03:21 où est-ce qu'on peut te retrouver ?

Laura Payen 1:03:23 alors j'ai sur Instagram donc ça c'est laurapayenartist j'ai mon site internet que j'actualise le plus souvent et alors j'ai toujours ma page Facebook mais c'est toujours vraiment sur Instagram et mon site internet laurapayen.com ok

Brice Boland 1:03:35 trop bien merci beaucoup je sais pas si t'as fini pas du tout ça peut être une oeuvre inachevée je sais pas comment on dit ça

Laura Payen 1:03:41 pas du tout mais je peux la continuer par la suite

Brice Boland 1:03:43 de toute façon on peut se dire que c'est achevé comme ça c'est très bien

Laura Payen 1:03:47 pour les 60 secondes c'était bien ouais

Brice Boland 1:03:49 canon en vrai j'aime bien merci Laura

Laura Payen 1:03:51 merci à toi merci beaucoup merci

Brice Boland 1:03:53 merci à toi