Laura Payen : l'artiste peintre qui sort du cadre
Laura Payen, artiste peintre et entrepreneure, a profité du confinement pour tout changer : assumer son style, doubler ses prix, et transformer sa peinture en véritable business. Elle raconte comment elle collabore avec des marques sans perdre son identité.
« Laura Payen : l'artiste peintre qui sort du cadre » est un épisode de Coucou Ma Biche, le podcast vidéo belge animé par Brice Boland, avec Laura Payen, publié le . Durée : 1:03:53. Terrain : Gastronomie & art de vivre. Transcription intégrale en 15 chapitres résumés et horodatés.
Brice Boland reçoit Laura Payen, artiste peintre et entrepreneure. Ancienne salariée dans la décoration, elle a profité du confinement pour opérer un virage à 180 degrés : assumer son style, doubler ses prix et gérer son art comme un vrai business. Elle raconte ce switch et sa méthode pour collaborer avec des marques sans perdre son identité artistique.

Les questions qui tuent
- 49:06 L'argent dans l'art, tabou ou moteur de liberté ? Lire la réponse : Questions en rafale et anecdotes
- 35:15 Si je te dis, en fait, génial, mais fais-moi une œuvre pour un million d'euros, mais tu prends du noir et blanc, tu dis oui ou pas ? Lire la réponse : Fixer ses prix et rester soi-même
- 48:24 Ton pire client relou, donc celui qui veut que tu changes une couleur pour que ça aille avec son tapis ou j'en sais rien, ça serait quoi ? Lire la réponse : Questions en rafale et anecdotes
Les temps forts
- 0:00 Teaser : la toile qui voulait voir la mer
Extrait d'ouverture, détaché du fil de l'interview : Laura Payen raconte l'anecdote d'une cliente qui a fait modifier l'architecture de son appartement à la mer pour pouvoir y accrocher une toile, puis explique pourquoi elle n'utilise pas l'IA dans son travail. Elle estime que l'IA ne permet ni l'échange avec l'artiste ni la découverte du désordre de l'atelier. Elle relève aussi qu'un compte Instagram avec peu d'abonnés peut receler plus de sensibilité artistique qu'un compte à 100 000 followers.
- 0:41 Jingle, pause pub et lancement de l'épisode
Le jingle "Coucou ma biche !" ouvre officiellement l'épisode. Brice Boland enchaîne avec une lecture publicitaire pour la marque Giga, une boisson pétillante au collagène marin, avant de lancer réellement l'interview avec Laura Payen.
- 1:13 Devenir artiste : définition, enfance et déclic
Après les salutations, Brice interroge Laura sur le moment où l'on se considère "artiste" : pour elle, c'est dès qu'il y a une créativité qui se développe et l'envie de la présenter à quelqu'un. Elle raconte son enfance curieuse, les déguisements, les sorties en famille aux expositions du Sablon, et le magazine Elle que son père achetait chaque mercredi et qu'elle recopiait en dessin. Elle décrit ensuite les cours de dessin donnés par des retraités qui l'ont formée au fusain et au pastel, et développe l'idée que la créativité se cultive par la pratique, l'erreur et la rencontre d'autres artistes.
- 5:08 Son style et sa technique
Laura décrit son art comme féminin, graphique et coloré : elle découpe des figurines qu'elle superpose sur la toile pour créer des formes qu'elle remplit en aplats de couleur. Elle explique son passage du dessin à la peinture acrylique après un essai décevant de la peinture à l'huile, trop longue à sécher. La discussion couvre aussi les différents supports (toile de lin, de coton, aluminium) et la distinction entre son métier de graphiste-infographiste et celui de graffeur.
- 9:12 Le Covid, le virage stylistique et Instagram
Laura revient sur ses débuts dans la décoration, avec un style neutre et passe-partout, très marqué par son emploi de l'époque. Confinée pendant le Covid dans l'atelier chez ses parents, privée de matériel, elle se remet à dessiner comme enfant et bascule vers une palette de couleurs primaires plus explosive, qui devient sa signature. Ce virage, très bien accueilli sur les réseaux sociaux, marque le début de sa notoriété locale, et elle situe Instagram comme le meilleur portfolio actuel d'un artiste.
- 12:22 Le palmarès : expositions, galeries et ventes
Brice retrace le CV artistique de Laura depuis 2021 : expositions collectives au Balthazar (Sablon) et avec We Are Artists à Bruxelles, expo solo au Rœulx (sa ville, connue pour la brasserie Saint-Feuillien), l'hôtel Aloft, la Fondation Papillon, Mobil'Art à Liège, Spa. Laura explique l'importance des expositions pour obtenir des retours et rencontrer du monde, la difficulté de démarcher les galeries en tant qu'artiste émergente, et les compromis financiers (emplacement payant, pourcentage sur les ventes) qu'elle refuse désormais.
- 19:57 Réseau d'artistes : Enfant Précoce et Denis Meyers
Laura décrit un réseau d'artistes qui se tisse surtout via les expositions, sans concurrence directe car chacun a son style. Elle évoque son lien avec l'artiste liégeois Yannick Albert, qui lui a fait connaître d'autres contacts. Comparée à Enfant Précoce (Francis Essoua Kalu), connu pour avoir arpenté Paris avec un panneau "Exposez-moi", elle se reconnaît dans son besoin de légitimité plus que dans sa démarche créative. Elle décrit aussi Denis Meyers comme un "messager" qui utilise les mots et la typographie, à travers une fresque récente à La Louvière.
- 22:53 Collaborations atypiques : le maillot de hockey et le Pierrot à Spa
Laura détaille sa collaboration avec le club de hockey de La Louvière : contactée par Dimitri Destrebecq, elle a redessiné entièrement la vareuse extérieure avec carte blanche, en mettant en avant le féminin et l'identité industrielle de la région, jusqu'au choix du rose validé par l'équipe. Elle raconte ensuite le projet du Pierrot à Spa, une statue en 3D customisée parmi dix exemplaires exposés dans la ville, sa première expérience de création en volume et en extérieur, avec ses contraintes de conservation.
- 29:24 Fixer ses prix et rester soi-même
Interrogée sur la valeur de ses œuvres et de ses collaborations, Laura explique qu'elle négocie ses prix selon une échelle personnelle qui couvre au minimum son investissement et son temps, sans les adapter au profil du client. Elle développe ensuite son positionnement entre art populaire commercial et art de niche : elle refuse de multiplier des toiles répétitives pour vendre plus et préfère une patte artistique affirmée, quitte à vendre moins. Elle imagine ce qui pourrait la faire évoluer (une rencontre, un mentor) et où se situe sa limite : elle refuse par principe une commande, même très bien payée, qui la ferait sortir de son style.
- 36:09 Routines, création et marché de l'art en Belgique
Laura décrit l'absence de routine fixe dans son atelier, si ce n'est un carnet toujours à portée de main pour noter ses idées nocturnes. Brice apporte des chiffres sur le marché belge de l'art (environ 10 000 collectionneurs actifs, prix médian d'une œuvre entre 800 et 2500 euros) : Laura se situe dans cette moyenne et dit préférer le marché belge, plus attaché à la personnalité de l'artiste que le marché français. Elle explique aussi la difficulté à chiffrer le temps de réalisation d'une toile, entre l'étape rapide du crayon et les nombreuses couches de peinture.
- 39:52 La Louvière, vivier artistique
Brice relève que La Louvière, souvent réduite à son image de "cité des loups", est aussi un vivier artistique historique, citant le sculpteur Pol Bury. Laura complète en évoquant le centre Keramis, installé dans l'ancienne faïencerie Boch, riche en céramique, et le renouveau culturel de la ville autour de ce patrimoine industriel encore trop peu mis en valeur.
- 41:24 L'IA, la différenciation et les collabs de rêve
Face à la question de l'IA générative (Midjourney, Nano Banana), Laura répète sa méfiance : un client qui passerait par l'IA pour imiter son style n'est pas un vrai client, faute d'échange avec l'artiste. Elle défend l'expérience et la flexibilité (hôtel, ascenseurs, vareuse) comme atout face à la concurrence des collaborations artistes-marques, de plus en plus fréquentes. Interrogée sur la collaboration ultime, elle cite les sacs customisés par des artistes chez Dior, et présente sa collaboration réelle avec la marque belge de papier peint Shiny Step, fondée par l'entrepreneuse Ségolène.
- 48:06 Questions en rafale et anecdotes
Dans un jeu de questions rapides, Laura choisit Knokke plutôt que La Louvière pour exposer, affirme ne plus avoir de client difficile depuis qu'elle échange en amont sur les couleurs, et ne voit pas l'argent comme un tabou dans l'art mais plutôt pour les visiteurs qui n'osent pas demander le prix en expo. Elle partage plusieurs anecdotes : la vente mythique d'une toile à un acheteur parisien reçu par ses parents le soir de son accouchement, une cliente ayant fait changer l'architecture de son appartement à la mer pour une toile, sa rencontre marquante avec l'artiste Arne Quinze qui l'a poussée à s'affirmer, et la salle "Payen" à l'hôpital de Jolimont, confondue par les patients avec celle de son père médecin.
- 56:17 Défi dessin en direct
Laura relève le défi de déconstruire en direct, en 60 à 90 secondes, le logo de "Coucou ma biche" avec des marqueurs, en expliquant sa méthode habituelle : prélever des morceaux de formes ou de figurines pour recomposer un ensemble, quitte à ce que certains détails ne soient perçus qu'après plusieurs visionnages de la toile. Elle en profite pour évoquer sa palette de couleurs, volontairement apaisante et jamais agressive, et sa manière de reprendre une toile ratée plutôt que de la jeter.
- 1:01:28 Message de fin et remerciements
Pour conclure, Laura insiste sur l'importance d'encourager la créativité, la sienne comme celle des enfants qu'elle rencontre dans les ateliers qu'elle anime en écoles. Elle indique où la retrouver (Instagram, son site laurapayen.com, Facebook) avant les remerciements de clôture avec Brice.
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Questions fréquentes
- Qui est Laura Payen ?
- Laura Payen est une artiste peintre et entrepreneure belge. Elle est l'invitée de Brice Boland dans Coucou Ma Biche.
- De quoi parle l'épisode de Coucou Ma Biche avec Laura Payen ?
- Laura Payen y raconte comment elle est passée de la décoration salariée à une carrière d'artiste peintre indépendante, et sa méthode pour gérer son art comme un véritable business.