Foodiz : la start-up qui réinvente la cantine d'entreprise
Foodiz est la start-up belge qui réinvente la cantine d'entreprise. Ses fondateurs racontent la genèse du projet, la levée de fonds, le lancement de leur activité juste avant une crise sanitaire mondiale, et leur pari sur une alimentation plus verte au bureau.
« Foodiz : la start-up qui réinvente la cantine d'entreprise » est un épisode de Coucou Ma Biche, le podcast vidéo belge animé par Brice Boland, avec les fondateurs de Foodiz, publié le . Durée : 58:37. Terrain : Entrepreneuriat & business (Business Edition). Transcription intégrale en 12 chapitres résumés et horodatés.
Brice Boland reçoit les fondateurs de Foodiz, la start-up belge qui réinvente la restauration en entreprise. Ils racontent la genèse du projet, les défis d'une levée de fonds, le choix d'une alimentation plus durable au bureau, et l'épreuve d'avoir lancé leur activité juste avant une crise sanitaire mondiale.

Les questions qui tuent
- 15:30 Ils ont eu un procès avec des livreurs qui étaient des faux indépendants parce qu'ils ne bossaient que pour Glovo, en fait c'est des employés cachés. Comment toi tu vas éviter que… ? Lire la réponse : Livraison : indépendants, suivi par WhatsApp et le débat des faux indépendants
- 51:27 Une influenceuse foodie reçoit le plat Foodiz et s'aperçoit d'un énorme cheveu dans la commande… Qu'est-ce que tu fais, qui t'appelle, comment tu réagis ? Lire la réponse : Jeux et mises en situation : prix juste, pilule-repas et gestion de crise
Les temps forts
- 0:00 Teaser et générique
Un montage d'extraits annonce d'entrée les grands thèmes de l'interview : la promesse de Foodiz de tout gérer « de A à Z », à la différence d'Uber Eats qui « à part contrôler la livraison, ne contrôle rien d'autre » ; le vrai concurrent selon Thibault Vanhaelen, « la boîte à tartines » ; et le record de livraison de 2000 boxes pour Proximus pendant le Covid. Le générique du podcast Coucou ma biche suit ensuite.
- 1:40 Rencontre avec Thibault Vanhaelen et présentation de Foodiz
Après les salutations et un jeu autour des titres d'épisode écartés (« bouffe de bureau », etc.), Thibault Vanhaelen se présente : 33 ans, fondateur de Foodiz il y a 5 ans avec son ami Quentin, lancé en janvier 2020. Il détaille les trois offres de l'entreprise : la cantine digitale (commande avant 10h30, livraison au bureau), le catering pour les meetings et onboardings, et Coffees, une offre récente de corner barista/lunch. Le constat de départ est qu'il est compliqué de bien manger en entreprise, et Foodiz veut gérer toute la chaîne elle-même, contrairement à des acteurs comme Uber Eats dépendants du restaurateur.
- 5:14 La genèse de Foodiz et le choix de la Dark Kitchen
Thibault revient sur le déclic de 2020 avec Quentin : le côté digital manquait encore face aux cantines physiques traditionnelles, ce qui a mené à un modèle centralisé sur un seul site de production à Bruxelles, démarré à l'origine dans la cuisine de Quentin. Il explique le principe d'une dark kitchen orientée B2B, un modèle qui n'existait pas encore en Belgique au lancement. Le choix de l'implantation a suivi des critères précis : loyer maîtrisé, bonne zone de chalandise, et surtout éviter le centre de Bruxelles saturé par le trafic et les grèves. L'entreprise s'est installée du côté de Tour et Taxis à Laeken, un point d'accès rapide vers Evere, Zaventem, Diegem, Anderlecht, Malines et Anvers.
- 9:09 L'entrepôt GreenBizz et le modèle de coûts
La cuisine industrielle de Foodiz est installée dans un entrepôt loué chez GreenBizz, un incubateur à approche éco-responsable qui a dû accepter le projet. Le label Green Key permet à Foodiz de répondre aux exigences des entreprises de plus en plus attentives à ces critères. Après cinq ans de location, Foodiz est devenu propriétaire de sa cuisine début 2025, tout en restant locataire de l'entrepôt auprès de GreenBizz. Thibault détaille ensuite la structure de coûts : loyer et cuisine, salaires, matières premières, électricité, marketing, R&D, et l'essentiel des investissements portés sur la tech et l'IT.
- 11:54 Livraison : indépendants, suivi par WhatsApp et le débat des faux indépendants
Foodiz assurait au départ ses livraisons en interne avec ses propres employés, un modèle abandonné car financièrement intenable à mi-temps. L'entreprise est passée à des indépendants sous-traitants, chacun à la tête de deux ou trois personnes, spécialisés dans la logistique alimentaire et la chaîne du froid. Faute de budget pour un outil de tracking ou un ERP, le contrôle se fait via des groupes WhatsApp où les livreurs envoient une photo une fois arrivés, un système jugé suffisant pour l'instant même si un CTO vient d'être recruté pour internaliser la tech. Interrogé sur le procès Glovo autour des faux indépendants, Thibault explique que Foodiz limite ce risque en travaillant avec une dizaine de sociétés de livraison mises en concurrence plutôt qu'avec des livreurs individuels.
- 17:40 Food as a Service et l'équation économique de la livraison groupée
Thibault préfère le terme « FAS », Food as a Service, à SaaS : la nourriture doit être bonne, mais tout le service qui l'entoure (appli en trois clics, livraison) compte tout autant pour fidéliser les entreprises clientes. Il chiffre l'économie réalisée sur la livraison à environ 40 %, un livreur desservant une centaine de plats dans une même zone plutôt que des allers-retours individuels, ce qui rend la livraison rentable plutôt que déficitaire. La centralisation de la production sur un seul site amplifie ces économies d'échelle. Brice compare ce modèle à celui, très dense, de New York, où un même immeuble de 50 étages peut suffire à remplir une tournée, une configuration que la Belgique ne reproduit pas.
- 20:42 La vraie concurrence : la boîte à tartines et les commerces de proximité
Pour Thibault, le concurrent le plus sérieux n'est pas une autre plateforme mais « la boîte à tartines » : les employés qui ramènent les restes de la veille plutôt que de dépenser pour un lunch. Foodiz cartonne surtout dans les zones sans offre alimentaire à proximité, comme Evere, Zaventem ou Diegem, alors que le centre-ville reste plus compliqué à cause des sandwicheries, petits restos et snacks qui développent eux aussi la livraison ou le click and collect. La différenciation passe par un menu qui change chaque semaine et par l'acceptation de tous les émetteurs de chèques-repas (Monizze, Edenred, Pluxee), un argument clé pour entrer dans des immeubles où chaque étage a une entreprise différente. Le modèle reste avant tout B2B : c'est une fois le deal signé avec l'entreprise que la relation devient B2C avec l'utilisateur final.
- 23:41 Data, planification et lutte contre le gaspillage
Foodiz couvre tous les « food moments », du petit-déjeuner au dîner, et s'appuie fortement sur la donnée pour anticiper les commandes, avec un pic identifié le lundi, mardi et jeudi, en lien avec le télétravail. Les prévisions peuvent être ajustées le matin même en cas de grève ou de gros trafic, réduisant la production de moitié si besoin. Thibault évoque le partenariat avec Too Good To Go (70 à 100 paniers par mois), une part marginale face à une capacité de production allant jusqu'à 1000-1200 plats par jour. Il détaille les chiffres clés de l'entreprise : un pic à 1500 plats livrés en une seule journée, un panier moyen autour de 15 euros, et le record du Covid avec 2000 boxes livrées dans toute la Belgique pour Proximus, une opération surnommée les « paniers gourmands ».
- 28:00 Le jeu des concurrents : Frichti, Gorillas/Getir, Uber Eats et Newrest
Brice propose un jeu du plus/moins sur les concurrents du secteur. Frichti, racheté par Gorillas puis par Getir dans une logique de consolidation du marché (« kill the baby »), est salué pour son histoire mais critiqué pour son focus B2C jugé peu viable. Gorillas et la livraison en 15 minutes n'ont jamais vraiment décollé en Belgique, faute de volume et parce que le Belge n'a pas la culture du drive ou de la livraison express. Uber Eats est reconnu pour la diversité et la fluidité de son appli mais critiqué pour son absence totale de contrôle sur le restaurateur et de customer support en cas de souci. Newrest, à l'inverse, est cité comme un modèle de réussite pour avoir élargi son offre étape par étape à l'écoute de ses clients, pendant que Thibault précise que Foodiz est aujourd'hui rentable et autofinancé, sans nouvelle levée de fonds depuis fin 2023.
- 37:54 Recettes, qualité et le succès du Mexican Roll
Thibault insiste sur l'équilibre plutôt que le « tout sain » : le vendredi, un chicken bien gourmand a aussi sa place au menu. Foodiz limite volontairement son offre à une vingtaine de plats par semaine pour garantir la qualité en cuisine, avec un processus R&D nourri par les retours clients et l'analyse du marché, sans oublier la contrainte de la saisonnalité liée au transport (pas de tartare de saumon en plein été). Il raconte ensuite l'histoire du Mexican Roll, né de l'initiative spontanée d'une commis devenue cheffe qui a assemblé poulet crispy, tortillas frites et une sauce maison. Devenu le best-seller de la maison depuis trois ans, il se vend à une cinquantaine d'exemplaires par jour.
- 42:36 Jeux et mises en situation : prix juste, pilule-repas et gestion de crise
Au jeu de la pilule qui remplacerait un repas, Thibault répond qu'il viserait l'équilibre plutôt que le tout-sain, en gardant un moment plaisir le vendredi façon Mexican Roll. Au jeu du juste prix, il juge « fou » le sandwich à 8,50 euros sur une aire d'autoroute, une conséquence du monopole du lieu plus qu'une réalité économique, alors que Foodiz propose un plat « hyper quali » à 5,50 euros ; un plat de cantine correct se situe selon lui autour de 8 à 10 euros, Foodiz misant sur le circuit court et le local plutôt que sur le bio. Deux mises en situation suivent : un problème de livraison réel survenu le jour même (livreur bloqué par un contrôle policier) a été géré par une reproduction et une livraison à 12h30 avec le sourire, et face à une influenceuse qui découvrirait un cheveu dans son plat, Thibault mise sur la transparence, des excuses sincères et un geste commercial plutôt que sur le déni.
- 52:58 Projets futurs et mot de la fin
Brice propose l'idée d'un « Foodiz challenge » : manger Foodiz tous les jours pendant un mois. Thibault évoque le panier moyen actuel, limité par le plafond du chèque-repas à 8 euros (seulement 30 % des paiements se font par ce biais), et espère voir ce seuil monter à 12-15 euros. Il se dit partant pour deux collaborations suggérées par Brice : une avec la nutritionniste Émilie Steinbach, une autre avec le chef étoilé Pascal Devalkeneer du Chalet de la Forêt, partenaire de Foodiz depuis 5 ans. En conclusion, il livre un conseil d'entrepreneur — se lancer sans trop réfléchir, comme lui deux mois avant le Covid — et exprime sa fierté du chemin parcouru avec Quentin en cinq ans.
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Questions fréquentes
- De quoi parle l'épisode de Coucou Ma Biche sur Foodiz ?
- Les fondateurs de Foodiz racontent comment ils réinventent la cantine d'entreprise : la genèse du projet, la levée de fonds, et le pari d'une alimentation plus verte au bureau, lancé juste avant une crise sanitaire mondiale.