Horlogerie de luxe, passion ou folie ?
Gilles Clavareau a fondé L'Artisan du Temps avec un prêt de 400 € à 19 ans ; il est aujourd'hui une référence de l'horlogerie de luxe en Belgique. Il explique pourquoi une montre peut coûter le prix d'une maison, et quelles montres acheter aujourd'hui pour investir demain.
« Horlogerie de luxe, passion ou folie ? » est un épisode de Coucou Ma Biche, le podcast vidéo belge animé par Brice Boland, avec Gilles Clavareau, publié le . Durée : 1:17:34. Terrain : Gastronomie & art de vivre. Transcription intégrale en 15 chapitres résumés et horodatés.
Brice Boland reçoit Gilles Clavareau, fondateur de L'Artisan du Temps, considéré comme l'un des meilleurs horlogers de Belgique. Parti de rien avec un prêt de 400 € à 19 ans, il explique les rouages du business du luxe : la formation des prix, les montres à surveiller pour investir, et l'équilibre entre précision d'atelier et vie d'entrepreneur.

Les questions qui tuent
- 1:14:03 Ma montre qui est marquée 30 mètres étanche, est-ce que je peux vraiment prendre ma douche avec ? Lire la réponse : Trucs et astuces
- 1:13:22 C'est quoi l'erreur numéro 1 que font 90 % des gens avec une montre qui coûte une fortune mais qui finalement la ruine ? Lire la réponse : Trucs et astuces
- 58:27 Est-ce que c'est la mort du luxe par rapport aux matériaux d'avant ? Lire la réponse : Rafale de questions techniques et le jeu du kill, marry, fuck horloger
Les temps forts
- 0:00 Teaser et publicité
Extrait teaser en ouverture : Gilles évoque son chiffre d'affaires de 7 millions d'euros, ses 300 montres en stock et le rythme de 3 à 5 montres achetées par jour. Il répond à la question du "30 mètres étanche" et raconte déjà l'anecdote de la cliente à qui il a fallu payer 50 000 euros en quinze jours pour une collection à un demi-million. La séquence se referme sur une pause publicitaire pour Pulse by Kazidomi.
- 1:17 Les débuts de Gilles Clavareau : de l'apprentissage à la reconnaissance des marques
Brice accueille Gilles, "l'homme qui murmure à l'oreille des Rolex", venu avec deux montres au poignet. Gilles raconte ses débuts d'apprenti horloger dès 16 ans, puis la création de son atelier grâce à un crédit bancaire de 5 000 euros (et non 400 euros comme l'a écrit la presse), jusqu'à atteindre aujourd'hui 7 millions de chiffre d'affaires, 12 employés et un stock permanent de 200 à 300 montres. Il explique aussi que le diplôme d'horloger n'est plus obligatoire en Belgique, et comment il a obtenu au fil des années l'agrément de grandes manufactures comme Omega, Jaeger-LeCoultre et Cartier.
- 8:50 La mécanique, l'atelier et les origines de l'horlogerie suisse
Gilles distingue un simple indicateur de temps d'une vraie montre mécanique, et détaille les différents métiers de l'horloger au sein de son atelier de huit personnes. Il évoque son attachement émotionnel aux objets et à leur histoire, notamment quand un client apporte la montre d'un grand-père disparu. La discussion bascule ensuite vers l'histoire de l'horlogerie : les artisans protestants chassés de France au XVIe siècle se réfugient à Genève, où Calvin leur interdit le port du bijou, ce qui les pousse à fabriquer des "montres" pour contourner l'interdit — origine de la domination suisse actuelle, environ 80% de la production mondiale.
- 17:14 Les trois marchés de l'horlogerie
Gilles détaille les trois marchés de l'horlogerie : le neuf (par exemple une TAG Heuer achetée rue au Beurre), l'occasion et la spéculation (Daytona, GMT et Submariner chez Rolex, surcotés et soumis à une vraie barrière à l'entrée chez les dealers officiels), et enfin le marché de la collection, celui qu'il préfère, plus stable dans le temps. Il raconte alors l'histoire la plus folle de sa carrière : une cliente lui vend une collection à un demi-million d'euros sans qu'il ait l'argent pour la payer, avec la promesse d'un premier virement de 50 000 euros sous quinze jours.
- 24:51 Show and tell : la Patek Philippe à calendrier perpétuel
Premier objet sorti de sa mallette : une Patek Philippe référence 3940 de 1998, à calendrier perpétuel. Gilles explique le mécanisme qui compte seul les mois, les jours et même les années bissextiles sans jamais se tromper. La montre, en boîte et papiers d'origine, est estimée entre 43 000 et 45 000 euros.
- 29:50 Show and tell : la Rolex Daytona "Pikachu" et les surnoms de collectionneurs
Deuxième montre : une Rolex Daytona surnommée "Pikachu" pour sa couleur jaune — un surnom de collectionneurs, jamais utilisé par la marque, au même titre que Batman, Pepsi ou Starbucks. Gilles précise qu'elle n'a rien d'exceptionnel en elle-même hormis sa rareté, estimée à deux pièces vues par an, pour une valeur autour de 50 000 euros.
- 32:25 Show and tell : l'Audemars Piguet Royal Oak et repérer les fausses montres
Troisième montre : une Audemars Piguet Royal Oak d'une des premières générations (référence 5402), dessinée par Gérald Genta, estimée à 55 000 euros. La conversation glisse ensuite vers la difficulté de distinguer une copie très bien faite d'une montre d'origine, l'existence de montres hybrides au boîtier vrai et au mouvement faux, et l'importance de toujours faire expertiser un achat avant de payer.
- 37:35 Montres légendaires et prix record
Gilles revient sur des montres devenues légendaires : la Paul Newman Daytona, vendue 17 millions d'euros récemment alors qu'elle valait bien moins dans les années 1970, et une autre exemplaire qu'il a lui-même vendue 510 000 euros dans sa boutique Éveline au Sablon. Il évoque aussi la Graff Diamonds Hallucination à 55 millions de dollars et la Patek Philippe Grandmaster Chime à 31 millions, fabriquée en un seul exemplaire pour l'image de la marque.
- 40:19 Show and tell : la Daytona or et diamants, tarifs de révision et l'épopée lunaire d'Omega
Quatrième montre : une Rolex Daytona en or rose sertie de diamants, autour de 58 500 euros, prétexte à discuter du risque et de l'assurance nécessaires pour porter des montres voyantes au quotidien. Gilles détaille ensuite les tarifs de révision imposés par les marques, comme les 950 euros exigés par Omega pour une Speedmaster, avant de raconter comment Omega a devancé de justesse Bulova pour équiper les astronautes de la NASA grâce à un verre plexiglas plus résistant que le verre classique.
- 45:09 Show and tell : l'Omega à double signature Türler et le rapport qualité-prix
Cinquième montre : une Omega Constellation "Paillepanne" à double signature Türler, célèbre revendeur zurichois, qui vaut 5 500 euros contre 3 500 pour le même modèle sans cette signature. Gilles explique pourquoi il ne travaille presque jamais sur des montres bon marché, une réparation pouvant coûter plus cher que l'objet lui-même, tout en admettant faire parfois une exception par attachement émotionnel.
- 49:03 Histoires humaines marquantes
Des clients viennent parfois avec des montres qu'ils croient sans valeur, et Gilles leur révèle le contraire : l'un repart avec 12 000 euros pour une pièce qu'il s'apprêtait à brocanter, un autre reçoit 25 000 euros pour la Royal Oak offerte par son compagnon décédé. Un restaurateur vend sa collection pendant la crise du Covid pour sauver son établissement, puis la rachète pièce par pièce cinq ans plus tard. Le chapitre se clôt sur l'histoire d'un fils qui, des années après l'avoir vendue à bas prix par rejet de son père, rachète la montre une fois restaurée par l'atelier.
- 56:56 Rafale de questions techniques et le jeu du kill, marry, fuck horloger
Série de questions rapides : le "dot over 90" du bezel tachymétrique, la fragilité du silicium qui casse au lieu de se réparer, les "Frankenwatch" reconstituées à partir de pièces détachées, puis le jeu "kill, marry, fuck" appliqué à Audemars Piguet, Patek Philippe et Vacheron Constantin, et aux Rolex Batman, Pepsi et Batgirl. Gilles désigne les années 1960 comme l'âge d'or de l'horlogerie, explique le tourbillon inventé par Abraham Louis Breguet, le fonctionnement de l'échappement (le "tic-tac"), le rôle des rubis synthétiques, et retrace le génie marketing de Hans Wilsdorf, fondateur de Rolex, autour de l'étanchéité.
- 1:09:03 Radium, tritium et anecdotes de collectionneurs
Gilles revient sur le danger du radium puis du tritium autrefois utilisés pour la luminescence des aiguilles, et le sort tragique des ouvrières qui léchaient leur pinceau pour peindre les cadrans. Il raconte ensuite l'histoire d'une montre GMT des années 1960 réparée dans l'urgence avant un départ au ski, appartenant à un client passionné de voile qui s'en servait pour connaître l'heure à distance plutôt que pour plonger.
- 1:12:12 Trucs et astuces
Dans une série de conseils pratiques, Gilles explique pourquoi le bol de riz ne sauve pas une montre noyée, la différence entre eau douce et eau de mer, pourquoi secouer une montre automatique comme un fou est une mauvaise idée, et quelle est l'erreur numéro un qui ruine une montre de valeur : la porter pour toutes ses activités sans distinction. Il détaille aussi les vrais seuils d'étanchéité (30 m pour la transpiration, 50 m pour les éclaboussures, 100 m pour la piscine) et rappelle que la fréquence de révision dépend surtout du temps réellement porté au poignet.
- 1:16:47 Contact et mot de la fin
Gilles donne ses coordonnées pour être contacté — téléphone, WhatsApp, L'Artisan du Temps et Éveline Concept au Sablon — ainsi qu'un code promotionnel de 50% pour l'achat d'une prochaine Rolex. Brice le remercie pour son temps, son énergie et sa passion, que Gilles préfère qualifier de folie.
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Questions fréquentes
- Qui est Gilles Clavareau ?
- Gilles Clavareau est horloger, fondateur de L'Artisan du Temps, considéré comme l'un des meilleurs horlogers de Belgique. Il est l'invité de Brice Boland dans Coucou Ma Biche.
- De quoi parle l'épisode de Coucou Ma Biche avec Gilles Clavareau ?
- Gilles Clavareau y raconte ses débuts avec un prêt de 400 €, explique la formation des prix des montres de luxe, et donne ses conseils pour investir dans l'horlogerie.