Jon Tyler : les coulisses du clubbing bruxellois
Jon Tyler fait vivre le Bloody Louis, premier club de Belgique à avoir recréé un vrai travail artistique autour du monde de la nuit. Il raconte comment ce club a redonné une âme festive à Anderlecht et démystifie les mythes du clubbing bruxellois.
« Jon Tyler : les coulisses du clubbing bruxellois » est un épisode de Coucou Ma Biche, le podcast vidéo belge animé par Brice Boland, avec Jon Tyler, publié le . Durée : 56:06. Terrain : Entrepreneuriat & business. Transcription intégrale en 15 chapitres résumés et horodatés.
Brice Boland reçoit Jon Tyler, du Bloody Louis. Il raconte comment ce club, premier de Belgique à avoir pensé la nuit comme un travail artistique à part entière, a redonné une âme festive à Anderlecht, et revient sur les mythes du monde des discothèques.

Les temps forts
- 0:00 Intro et jingle du podcast
Générique d'ouverture de "Coucou Ma Biche" annonçant le programme (performance, growth mindset, business, lifestyle) avant l'arrivée de l'invité.
- 0:30 Retrouvailles et paddle entre amis
Brice retrouve Jon Tyler au lendemain d'une nuit de week-end, comme "tous les samedis et dimanches depuis 13 ans". Ils évoquent leur amitié née du sport plutôt que de la nuit, en particulier le paddle, que Jon pratique en compétition (classé P1000) avec l'ambition de battre son rival Pémile, comme le ferait par ailleurs Cyril Hanouna. Brice présente Jon comme quelqu'un de structuré et carré, à l'opposé de l'image chaotique souvent associée au monde de la nuit.
- 2:36 La nuit belge, à la traîne face à Paris, Londres ou Barcelone
Jon reconnaît que la Belgique accuse un vrai retard sur les grandes villes voisines en matière de nightlife, en volume comme en créativité, faute d'attractivité touristique et à cause de la météo. Il évoque un pays davantage tourné vers les festivals d'été que vers le clubbing toute l'année, avec un flux de touristes bien moindre qu'à Barcelone ou Amsterdam. Malgré ce retard, il insiste sur le plaisir et l'accomplissement personnel qu'il retire de son métier depuis treize ans.
- 6:05 Des débuts en 2013 : de la Red Cup Party au Bloody Louis
Jon raconte ses débuts à 20 ans avec la Red Cup Party, une soirée inspirée des campus américains qui a immédiatement réuni près de 2000 personnes alors qu'il n'avait aucune structure pour l'encadrer. Musicien de formation (guitare, basse, rock et metal), il ne se destinait pas au nightlife mais voulait combler un manque : aucun événement hip-hop ne ressemblait à lui et ses amis, souvent refusés des boîtes classiques pour leur tenue. En 2013, il ouvre le Bloody Louis au Loose Gallery, dans les mêmes murs qu'aujourd'hui.
- 11:31 Clichés du milieu, sécurité et reconnaissance comme patrimoine bruxellois
Les deux hommes discutent des clichés associés au nightlife (videurs, VIP capricieux) à travers l'exemple viral du fils de Bernard Arnault recalé d'une boîte de nuit à Saint-Tropez. Jon explique que ce genre de dérive existe peu à Bruxelles, où la sécurité et le respect priment sur l'argent des clients. Il revient enfin sur la reconnaissance du Bloody Louis au patrimoine culturel immatériel de Bruxelles depuis juillet 2023, et sur le soutien croissant des autorités (police, bourgmestre, Brussels by Night Federation avec Lorenzo Serra) envers le secteur.
- 18:11 Construire une marque qui dure, et convaincre les premiers grands noms
Jon se distingue des figures plus tapageuses du milieu (comme Jean Roch ou le VIP Room), en misant sur la discrétion et la durée plutôt que sur la mise en scène personnelle. Lancé en 2013 dans des murs qui avaient vu trois faillites en un an, le Bloody Louis devient rentable puis attire, en primeur en Belgique, des artistes comme Post Malone, Travis Scott ou Migos, avant même les grands festivals, en leur offrant un vrai dispositif scénique et technique digne d'une salle de concert.
- 24:01 Ce qui distingue le Bloody Louis, et la naissance du concept R9
Face à des clubs comme Spirito, Society ou Jeu d'Hiver, Jon explique que c'est avant tout la musique et le DJ résident, Géo, qui définissent l'expérience, tout en gardant des standards de qualité constants. Il détaille ensuite la création du concept R9, une soirée mensuelle construite autour d'un personnage et d'une identité visuelle en motion 3D, pensée pour être impossible à imiter, contrairement aux soirées classiques où le même DJ rejoue souvent les mêmes tubes d'une semaine à l'autre.
- 28:15 Une programmation flexible : l'exemple Tiakola
Jon refuse de figer son agenda plus d'un mois à l'avance, y compris avec ses DJ et collaborateurs réguliers, pour garder de la marge de manœuvre et rester exigeant. Il raconte comment il a tout réorganisé pour offrir une release party inédite à Tiakola pour la sortie de son album, et comment il gère les conflits de dates entre artistes en évitant toujours de mettre quelqu'un au pied du mur, quitte à programmer plusieurs artistes le même soir.
- 32:46 Anecdotes : les objets perdus les plus insolites
À la demande de Brice, Jon partage quelques trouvailles étonnantes laissées au vestiaire ou remontées via les messages Instagram auxquels il répond lui-même : des chaussures dépareillées laissant deviner qu'un client est reparti pieds nus, et surtout un peigne perdu réclamé avec une photo, comme un objet à forte valeur sentimentale, que le club n'a malheureusement jamais retrouvé.
- 33:54 La collab avec Damso et le maillot du Sporting d'Anderlecht
Jon revient sur sa relation d'abord amicale avec Damso, alors encore inconnu sous le nom de William, bien avant qu'il ne devienne une star. Cette proximité, combinée à sa collaboration avec le Sporting d'Anderlecht à l'arrivée de Vincent Kompany comme joueur puis entraîneur et de Tim Borguet comme directeur marketing, débouche sur le troisième maillot du club, dessiné avec Damso et le graphiste Romain Garcin : le maillot le plus vendu de l'histoire du football belge, avec plus de 15 000 exemplaires écoulés.
- 37:48 Jeu : vrai ou faux sur les riders des artistes
Brice teste Jon sur des riders d'artistes réels ou inventés : vestiaire rose et vodka importée (faux), des "chaussettes" réclamées par un artiste qui désignaient en réalité de la weed, un rider extravagant attribué à Paris Hilton (vrai), et un assistant dédié uniquement à la playlist attribué à Kanye West (vrai). Jon raconte ensuite comment il a fait diffuser un vrai match de playoffs sur une télévision près de la table de Drake, fan des Raptors de Toronto, ce qui a scellé une relation qui l'a fait revenir au club et y chanter.
- 43:37 Jeu : les meilleures anecdotes people
Deuxième jeu où Jon distingue la rencontre la plus marquante, un échange rare avec les deux membres de PNL rejoints ce soir-là par Stromae en loge, la star la plus stylée et naturelle, Chris Brown monté sur une table pendant quatre heures devant 2000 personnes, les gestes financiers les plus marquants, Damso et Drake venus à des cachets très inférieurs à leur valeur de marché, et le contact le plus précieux qu'il ait gardé, celui de Post Malone lors de sa toute première venue en Europe.
- 49:51 Le "goat moment" : trouver l'équilibre
Interrogé sur son "prime moment", Jon ne cite pas un événement particulier mais l'équilibre trouvé aujourd'hui, après treize ans, entre des horaires très difficiles, parfois moins de dix heures de sommeil sur trois nuits de travail, et un vrai bien-être physique et mental avec son équipe, son associé et sa famille.
- 51:34 Conseils aux jeunes et comment le contacter
Jon se dit joignable, notamment via Instagram où il répond personnellement, pour accompagner de nouveaux talents et de nouveaux projets, à condition que la prise de contact se fasse dans un cadre posé plutôt qu'impulsif. Il tire une fierté particulière d'avoir vu grandir, depuis 2013, des collaborateurs du club devenus des références dans leur métier.
- 53:15 La question surprise : le projet de livre
À la toute dernière question, non préparée, Jon révèle vouloir écrire un livre depuis 5 à 8 ans, un projet personnel sans lien avec le clubbing qu'il n'a encore jamais concrétisé, comparant son hésitation à celle qu'il a eue avant de faire son premier tatouage. Il promet à Brice de revenir en parler dans l'année qui vient.